05/09/2019

Les chauves-souris du Presbytère

lighthouse-tower-full-moon-dark-fantastic-art-free-stock-photo-image-wallpaper.jpgLe clocher de l'église du village du Quercorb où j'habite est double, il y a une grosse tour carrée et, adossée, une fine tour ronde plus élevée, et je n'en connais pas l'étrange cause – le pays cathare a souvent de ces mystères, et mon ami l'écrivain-éditeur Philippe Marlin dit que le curé de la paroisse fut un ami du célèbre abbé Saunières, celui qui était plein d'argent à Rennes-le-Château, faisait des beaux diables sculptés dans son église et séduisait des paroissiennes. Quand je promenais les chiens de mon amie Rachel la nuit, je voyais souvent la lune briller juste au-dessus de ces deux tours, et je me souvenais de poèmes de Lovecraft. C'était tout à fait l'ambiance.

À présent, j'habite dans le presbytère où a vécu le curé en question, et c'est une maison massive, imposante, la plus importante après le château transformé en ferme, à quelques pas de là. Elle a été rachetée par les membres d'une association dite de développement personnel, et j'y loge. Or, comble de gothisme, des chauves-souris y logent aussi, et j'ai pu les observer depuis mon lit, allant de recoins cachés à ma fenêtre ouverte ou fermée, selon les cas. Elles ne se gênent guère pour moi, et volent volontiers de leur vol bizarre en pleine lumière électrique, ou dans l'escalier ancien. Je n'en avais jamais vu d'aussi près, et j'ai pu me prendre pour un avatar du comte Dracula, de Bruce Wayne alias Batman ou de quelque poète romantique batman bats.jpganglais. Je lis justement en ce moment les poèmes narratifs de Shelley, remplis d'images mythologiques et cosmiques, et je les aime beaucoup...

Rudolf Steiner dit des choses passionnantes sur les chauves-souris, expliquant pourquoi on a pu les assimiler au mal, et produire contre elles des formules de protection. Leurs oreilles difformes indiquent quelque chose, leur refus de voir, et leur peur de tout ce qui les entoure, et de ce qu'ils se contentent par conséquent de raser. Ce sont des animaux habités par l'effroi, et leur vol laisse derrière lui des nuées qui, respirées, suscitent le même sentiment chez les êtres humains – qui est aussi celui qu'on peut avoir face à ses rêves. Car la chauve-souris est un être de rêve, et on ne s'arrache au trouble qu'elle crée qu'en sondant le songe en toute conscience, et en pénétrant la peur jusqu'à l'endroit où, avec courage, elle se déploie en mythologie spécifique – comme chez Lovecraft, ou comme dans les histoires auxquelles j'ai fait allusion, de Dracula et de Batman. S'imprégner de ces imaginations fabuleuses est aussi une manière de conjurer la peur, de la surmonter pour en faire quelque chose de beau, de bénéfique.

Le rêve doit de toute façon être nourri, pour que l'âme accède au monde de l'esprit – et percé dans ses symboles, dans ce qu'il signifie. En ce sens, la chauve-souris, malgré les dangers spontanés qu'elle représente pour l'équilibre intérieur, malgré l'épouvante de son vol nocturne et lunaire, est utile aussi à l'humanité. Ses ailes de peau, profondément physiques – bien davantage que les ailes des oiseaux ou des papillons –, placent le rêve dans la matière, menaçant de l'y enfermer; et en même temps, le rêve ainsi chosifié devient un soutien pour la faculté imaginative et l'élaboration de ce que Steiner appelle l'éthérique, permettant les mythologies nocturnes par lesquelles l'esprit matérialiste de notre temps peut accéder à l'esprit, parce que les mythologies diurnes sont trop contraires à sa disposition intérieure.

Le fait est que les os creux de l'oiseau sont remplis de lumière, dit Steiner, et que les ailes du papillon ont cristallisé la lumière. Mais la chauve-souris n'est aucunement dans ce cas.

Les peuples amérindiens, en particulier les Mayas, ont consacré cet animal en donnant son visage à un dieu appelé Camazotz – que j'ai repris dans un conte de Noël se situant à New York, faisant de lui un avatar de Batman. Dans les strates les plus terrestres, les Amérindiens continuaient à pouvoir déceler les êtres spirituels, remarquable faculté qui a provoqué l'admiration des poètes, souvent imaginatifs et athées à la fois, camazotz.jpget en quête de divinités situées dans les vapeurs basses de la Terre, qui pussent y planer, et qu'ils pussent voir. Les chrétiens, tournés vers le ciel intellectuel où les anges se dégagent de la lumière tout en restant volontiers confondus avec des allégories, ont pu assimiler ce dieu chauve-souris au diable, et rejeter les fables de Dracula et de Batman – ou celles des Mayas. Steiner admet la logique de ce point de vue en affirmant que les chauves-souris laissent derrière elles des nuées spirituelles dont se nourrit celui que l'Apocalypse de saint Jean appelle le Dragon – à condition qu'elles passent par les poumons humains, et par l'âme humaine (à laquelle il a accès). Steiner refuse, donc, de diaboliser la chauve-souris prise en elle-même: il la signale seulement comme un danger, pour l'être humain qui ne se protège pas, ou ne fait pas de l'influence de cet animal quelque chose de bénéfique, de positif pour lui.

Le remède est transmis par la figure de l'archange Michael, dit-il encore, et cela se traduit par la quête de sens au sein du mystère, que la pensée consciente de l'homme moderne poursuit, ou doit poursuivre avec courage. Il doit tenter d'y voir clair même dans la clarté lunaire et nocturne, et vaincre sa peur en la regardant devant soi. D'instinct, beaucoup de poètes l'ont perçu, et c'est ainsi que des mythologies se sont créées, qui impliquaient la chauve-souris.

Même Tolkien, dans le Silmarillion, donne au démon cette forme choisie, dans l'histoire de Beren et Luthien, confirmant le sens du mythe de Dracula. En revanche, la qualité positive du héros Batman semble davantage reprendre la mythologie maya, et la religion amérindienne dans laquelle le démon à face de chauve-souris pouvait protéger les hommes, à condition qu'on lui fît des sacrifices.

Mais n'est-ce pas effectuer un sacrifice que de vouer des pensées imaginatives, des imaginations créatrices à l'animal même, et à élaborer des récits fabuleux dans lesquels sa qualité intime est appréhendée, ne serait-ce qu'intuitivement? Beaucoup de sacrifices voués aux saints du ciel par les chrétiens ont consisté en des œuvres d'art, des tableaux, et même des danses: un jongleur pécheur fut sauvé par la sainte Vierge, selon la légende, après avoir dansé abondamment devant sa statue, ne sachant pas comment lui rendre autrement hommage. L'art est un sacrifice, parce que c'est un don fait aux dieux. Et si les écrivains ont consacré leurs pensées au symbole que représente la chauve-souris, c'est parce que, dans leur propre obscurité, ils cherchaient la lumière – parce que, tâchant de maîtriser les ténèbres, ils lui ont donné des contours, et limité ainsi leur puissance secrète.

03/07/2019

L'échec de Jacques Replat

replat.jpgJ'ai toujours pensé que les programmes d'études gagnaient à varier selon les lieux où ils étaient appliqués, à s'adapter à la culture locale, à établir un lien entre la région où l'on vit et la littérature, l'histoire, la géographie. Cela ne peut pas être taxé de limitation chauvine car je crois aussi qu'au fil des années, ces programmes doivent s'élargir en cercles de plus en plus grands, pour finalement embrasser le monde. Mais pour une région frontalière comme la Savoie, cela pose deux problèmes politiques majeurs: d'une part, rattachée tardivement à la France, sa culture propre a peu de rapports avec celle qu'entend diffuser, par souci d'unification des âmes (dit-il), l'État unitaire et centralisé dirigé (en théorie) depuis le palais de l'Élysée à Paris; d'autre part, si les cercles s'élargissent équitablement, ils englobent autant la Suisse et l'Italie que la France, ce qui ne fait pas l'affaire non plus des dirigeants, qui pensent que pour que les impôts rentrent bien, il faut que les gens aient l'âme disposée à bien comprendre ce que ces dirigeants leur disent - ou plutôt à considérer que leur culture est la seule légitime, et qu'ils sont donc les seuls habilités à gouverner!

Car il en est ainsi, dans les faits, et quelle que soit l'intention affichée, ou même partagée: la culture officielle a pour effet de créer une élite dirigeante, constituée de ceux qui la possèdent. On ne sait pas réellement si elle vaut mieux qu'une autre; l'important est que l'État la déclare telle, ce qui permet à l'ethnie qui se la transmet héréditairement de dominer les autres, de les humilier, de les culpabiliser. Car dans l'immense majorité des cas, cette culture, comme toutes les autres, se transmet par la famille, dont l'école n'est au fond que le prolongement. On peut prétendre que la République, en instaurant l'école gratuite et obligatoire, a permis aux autres ethnies d'accéder à l'ethnie dominante, de se confondre avec elle. Et dans certains cas, cela a eu lieu, c'est vrai; mais généralement, cela a eu pour effet de marginaliser et de rabaisser ceux, majoritaires, qui replat.jpgne parvenaient pas à se convertir à la culture française traditionnelle: avouons-le.

Et je veux croire que l'intention, de permettre à tous d'y accéder de façon égalitaire, a été souvent sincère, chez les républicains exaltés, rêveurs, idéalistes - naïfs. Mais il y en a aussi pour qui l'effet réel n'a rien d'inconnu, et qui agissent cyniquemement, parce qu'ils savent que pour diriger, il faut, d'une part, créer, comme je l'ai dit, une culture d'État qui est celle qu'on a reçue de ses propres parents, qu'on a donc eu peu de mal à assimiler; d'autre part, faire croire au peuple qu'on œuvre à son bonheur, comme l'a écrit Machiavel.

Mais le bien du peuple est celui des individus qui le constituent, et il est simplement pédagogique d'enseigner la culture liée au lieu que ces indvidus habitent - occupent. Peu importe que la structure sociale ne laisse gravir les échelons qu'à ceux qui auront joyeusement adopté la culture de la classe dominante; les individus sont faits pour modifier la société qu'ils constituent, et qui ne les précède pas. Oui, il est possible que des individus énergiquement et intelligemment éduqués imposent à la société l'importance de l'histoire de la Savoie, ou de ses auteurs, par exemple Jacques Replat!

J'ai déjà évoqué cet écrivain savoisien du dix-neuvième siècle qui réécrivait l'histoire médiévale de la Savoie en lui ajoutant, dans ses poèmes et ses romans, ses promenades contées et ses légendes en vers, des rêveries nourries de souvenirs personnels et de mythologie populaire. Dans ma thèse de doctorat, j'ai cherché à le réhabiliter, comme beaucoup de ses compatriotes de la même ligne, et jusqu'au jury de soutenance, globalement hostile à ma démarche, a admis que ce Replat était un bon auteur parmi ceux dont je parlais - un des rares.

J'ai donc pris sur moi, un jour, de proposer à mes collègues professeurs de français d'un petit collège de montagne, en Savoie, d'acheter en série un roman de lui que mon père et moi avions réédité, Le Siège de replat.jpgBriançon, datant de 1836, mais qui narre des événements du onzième siècle, en les mêlant de merveilleux. Cela n'a pas été facile à faire accepter, mais je voudrais citer Florence Fert, qui a une action publique, qui dirige une galerie d'art et produit des films documentaires - je voudrais la citer comme soutien: car c'est grâce à elle que cet achat put être effectué.

Par la suite, j'ai donné à lire des extraits de ce livre à mes élèves, qui les ont trouvés très beaux, qui les ont beaucoup aimés. Ils favorisaient aussi mon autorité, car mon nom était sur la couverture, comme préfacier. Mais maintenant que je pars de ce collège savoyard pour me rendre en Occitanie, j'apprends qu'on décide qu'on n'aura plus besoin de cette série, et qu'on compte s'en débarrasser: la documentaliste me demande même si je veux la récupérer, mais je refuse; j'en ai encore beaucoup en stock, et stocker les livres a un coût, en temps et en argent: tout espace privé a une valeur.

J'ai donc échoué à convaincre mes collègues que Jacques Replat était en soi un bon auteur, et utile, pédagogiquement, aux élèves. Je ne leur ai pas même donné l'envie de feuilleter son livre, je ne suis pas même parvenu à susciter leur curiosité: la machine étatique a évacué mon entreprise dès mon départ.

Mais qu'importe? Je ne l'ai pas initiée pour convertir les fonctionnaires au régionalisme; et les élèves, je crois, ont bien été nourris intérieurement par Jacques Replat et les légendes locales que je leur ai transmises, aussi à travers d'autres auteurs, comme Jacques Fodéré ou Amélie Gex. ils en ont tiré, à leur tour, de belles créations littéraires et artistiques, ils sont entrés, ainsi, dans un monde de poésie que la culture officielle, quoi qu'on dise, laisse hors de portée, parce qu'elle le réserve à une élite minoritaire, à une ethnie, ou une classe (c'est au fond la même chose) dominante. C'est ma conviction, et ce qui, socialement, du point de vue de l'institution, apparaît comme un échec, apparaît humainement comme une réussite. C'est une forme de tragédie, que l'institutionnel puisse s'opposer à l'humain; mais cela arrive souvent - plus souvent qu'on croit, ou qu'on voudrait. Pas seulement en France: partout. Même en Suisse (où l'écart est globalement moins grand).

18/05/2019

Jeanne d'Arc et les Cathares via Joseph Delteil

jeanne d'arc.jpgIl y a un élément étrange, une suggestion de rapprochement secret, entre le récit que fit Joseph Delteil du brûlement de Jeanne d'Arc, et ceux qui sont restés de l'immolation des Cathares, en Occitanie. Le lien est donné par l'auteur lui-même, qui prenait soin de rappeler qu'il était originaire de Pieusse (près de Limoux), où s'est tenu un concile de prêtres cathares: il en parlait, il le jugeait important. Or, jusqu'au bout, il tint aussi à dire que son livre sur Jeanne d'Arc était le meilleur qu'il eût fait, celui où il avait le mieux concilié l'inspiration nouvelle, liée au Surréalisme, et la rigueur formelle, héritée de Frédéric Mistral – celui, aussi, où il avait le mieux communié avec son sujet sans s'y perdre. Il n'eut jamais plus de succès, du reste, qu'avec cet ouvrage.

Or, c'est un fait qu'on dit que les Cathares développaient une riche imagination, estimant que le merveilleux communiquait plus profondément les mystères que la théologie spéculative, ce que du reste plus tard confirmera François de Sales, qui assurait que la dévotion pleine d'amour soutenue par l'imagination des anges permettait de mieux comprendre la Trinité que tous les raisonnements du monde. En un sens, les Cathares préfiguraient bien Joseph Delteil, qui voulait concilier le christianisme et l'imagination riche, libre et belle des temps nouveaux dans l'atmosphère occitane; car si, dans Jeanne d'Arc, il situe son action, conformément à l'histoire, dans le nord de la Gaule, dans d'autres livres, il a chanté le Languedoc. Il composa même une Ode à Limoux.

Le récit de la mort de Jeanne, dans son texte, résonne de façon étrange, car il entend montrer que, devenant torche vivante, elle s'efforce, jusqu'au bout, de conserver sa vertu, de sauver sa pudeur – de cacher sa nudité. Elle a cette perfection propre aux bons hommes. Juste après sa mort, une révélation agite le peuple: elle était une vraie sainte, quoiqu'elle eût été jugée sorcière par des clercs romains. C'est aussi ce qui est pensé des Cathares, et l'Église catholique même a demandé récemment pardon pour ce qu'elle leur avait fait subir, par pure jalousie.

Mais pas seulement. Plus en profondeur, a-t-on remarqué, il y avait le désir de poursuivre le divin au féminin, c'est à dire, comme le rappelait André Breton, ce qui dans l'âme se lie à l'intuition et à l'imagination, de préférence à ce qui se lie à la spéculation et à la raison. Ce n'est certainement pas un raisonnement qui a cathares.pngpoussé Jeanne d'Arc à agir, et c'est ce qu'aimait en elle Delteil – le coup de génie, l'éclair intime, l'instinct qui pousse l'âme vers Dieu, son but final, à travers l'image fantasmée d'un roi de France.

J'ose du reste affirmer que François de Sales avait aussi quelque chose en lui de féminin, qui manquait par exemple en profondeur à Bossuet, comme l'attestent ses liens avec Jeanne de Chantal ou madame de Charmoisy, pour lesquelles il a écrit ses livres.

Mais on peut également l'affirmer des Cathares. Il est puéril et superficiel de rappeler que, comme les Bouddhistes, ils disaient (par exemple par la bouche de Bélibaste) que les femmes devaient d'abord se réincarner en hommes, avant de connaître la Perfection. Le fond de la chose se situe bien ailleurs, car l'Église catholique ne prétendait pas que les prêtres dussent tous aller au paradis, et pourtant ils n'admettaient pas la femme à la prêtrise: cela n'a pas de logique. Non, la question est bien celle des vies successives. Comme l'affirmait Charles Duits, une femme, lorsqu'elle donne naissance à un enfant, n'imagine pas qu'il puisse mourir un jour: pour elle, il commence une succession de vies s'étendant à l'infini. Elle est donc spontanément religieuse, puisqu'elle croit toujours à la vie éternelle, à travers la vision de son fils.

Mieux encore, les vies successives s'appuyaient dans l'Égypte ancienne sur la figure du Serpent, aux mues infinies, et lié à l'eau qui ondoie, et revient toujours après avoir coulé. Il est en alternance sous et au-dessus de l'eau, tantôt caché, tantôt visible. Or, la femme est aussi cet ondoiement, par laquelle la vie revient toujours. Elle aussi a des courbes qui se dérobent, elle ne connaît pas la ligne droite comme le mâle la mireille.jpgconnaît. Elle est souple et sirène – et on dit que le serpent était lié au sacerdoce de Marie Madeleine, qui justement se réfugia et s'installa en Provence après la mort de Jésus. Frédéric Mistral fait reposer toute son épopée de Mireille sur les saintes Maries de la Mer, parmi lesquelles était Marie Madeleine. Or, précisément, elles sont liées à la mer. Et, à la fin de son poème, il les montre descendant du ciel sur les ondes d'en haut, debout sur une barque qui naturellement et souplement se pose sur les ondes de la mer, avant de venir chercher l'âme de l'héroïne. Puis, bien sûr, elles repartent par le même chemin, assez comparable, remarquablement, à celui suivi par les Elfes de Tolkien, à la fin du Seigneur des anneaux.

Les Cathares sont réellement liés à l'élément féminin, au sacerdoce des vies successives qui est aussi le sentiment des femmes, et renvoie à leurs intuitions. Et ils sont morts comme Jeanne d'Arc dans le livre de Delteil.

Pourquoi celui-ci était-il lié aux Cathares et en même temps à Jeanne d'Arc, c'est un de ces mystères que seule la lecture dans l'Akasha peut dévoiler. Mais Delteil était bien de ceux qui, rejetant l'intellectualisme masculin, passaient par la femme pour gagner la divinité, et c'était aussi par la province, par le pays natal, l'Occitanie. C'était aussi sa femme propre, plus âgée que lui et admirative de son talent, et qu'il vénérait à son tour. C'était enfin les saintes Maries de la Mer – car il était un immense admirateur de Mistral, aussi grand à ses yeux que Victor Hugo.