21/07/2020

L'Elfe jaune dans l'antre maudit de la butte douée d'âme

000.jpgDans le dernier épisode de cette insigne geste, nous avons laissé l'Elfe jaune, compagnon de Momülc, alors qu'il venait de se libérer d'un monstre mi-pieuvre, mi-plante, mi-homme, et qu'il se faufilait entre ses branches penaudes, voire marchait dessus rageusement.

Toutefois, alors que l'Elfe ainsi domptait la bête, le sang de son flanc ouvert aspergeait en gouttes le sol et les tentacules durs de l'être. À chaque goutte tombant sur eux, un frémissement léger persistait – la nature hideuse du monstre se maintenant même dans son échec infâme.

Mais l'Elfe jaune se faufila sans problème jusqu'au seuil ouvert, et pénétra dans l'antre obscur en longeant les branches qui désormais n'osaient plus le toucher, tant il avait de vigueur à les briser ou à les trancher. Puis il vit, au loin dans l'obscurité, tout près du sol, un reflet d'yeux malins et cruels, qui clignaient, et où une lueur de peur, à cette apparition lumineuse du Premier Disciple, désormais se décelait. Nombreux étaient-ils, ces yeux ronds et noirs – et sur un éventuel visage disséminés sans ordre clair, comme si cet être eût été multiple – comme s'il n'eût été qu'un informe amas de plusieurs êtres mêlés. Quel père démoniaque de cette masse ignoble avait pu les mâcher et les recracher pour former cette entité unitaire, Dieu seul sait. Puis quelle magie, quel art immonde avait pu donner vie à ce monstre, il serait bien difficile de le dire. Mais aussi, mieux vaut ne pas entrer dans ces mystères, car ils pourraient ôter la raison aux hommes imprudents qui s'y risqueraient.

Cependant, l'Elfe jaune, lui, n'avait point peur. À ses pieds désormais luisaient des ailes formées de fines flammes, car en lui le feu était revenu plus fort que jamais. Même sa blessure, qui avait longtemps goutté et qui avait paru si profonde, déjà se refermait: les forces de vie qui emplissaient son corps accomplissaient cet office. Une bulle de clarté molle, traversée d'irisations mouvantes, l'entourait, éclairant l'air autour de lui.

En vérité l'œil aguerri, ou initié par quelque ange, eût pu voir à sa blessure s'affairer des gnomes, suspendus à son flanc. Y demeurant comme le long d'une falaise aux subtils rebords, ils tissaient de fils mystérieux une 0000000000.jpgcouture inconnue, aussi belle que vivante, et reformaient sa peau. De leur haleine leurs épouses fines et ravissantes vivifiaient ce fil d'or, achevant de faire disparaître sa triste plaie. Car tel était le pouvoir des disciples de Captain Savoy, qu'ils disposaient d'êtres élémentaires à leur service pour les soigner au combat et les rendre quasiment invincibles, et immortels.

Quand ce travail de chair tissée fut achevé, miracle suprême, d'autres gnomes surgirent – d'un rang plus noble, plus élevé, plus digne, semblant plus près du ciel que les précédents, ressemblant davantage aux anges dont ils émanaient. Car il faut le savoir, en passant les anges laissent sur leurs pas ces êtres élémentaires, qui naissent d'eux à mesure qu'ils marchent, et qu'on voit surgir de leurs pieds, de leurs flancs, de leurs mains, de leurs bouches, selon les cas. Cela aussi est un grand mystère, sur lequel nous reviendrons un autre jour.

Et voici! ces autres lutins de leur art consommé réparèrent son haubert rompu, sans que l'Elfe jaune en fût gêné dans sa marche propre: sans l'empêcher de marcher, de bouger, de lever les bras s'il en avait besoin, ces êtres petits et fins reforgèrent ses mailles d'or qui lui faisaient comme une seconde peau, révélant en même temps sa nature divine cachée, puisque c'est de sa propre énergie sacrée que les gnomes tiraient le métal dont elle était faite. Liée par divers conduits aux étoiles, cette énergie était captée, concentrée et purifiée, pour former les mailles de son haubert, nouveau mystère. De telle sorte que ce qui apparaissait le plus à l'extérieur était en réalité ce qui manifestait le plus l'intérieur de l'Elfe jaune, et que son costume, en un 0000000.jpgcertain sens, lui ressemblait plus que sa propre peau. Entendez cela, âmes de peu d'éveil! Car c'est plus important qu'on pourrait le croire, et en même temps nous ne pouvons, présentement, nous y attarder.

Et le costume était fait de rêves profonds qu'avait le Premier Disciple, de rêves durcis et affinés, et il en était d'autant plus fort et puissant, il en recelait d'autant plus de merveilleux secrets, de ressources incroyables. Une grâce venue de l'arc de la Lune le permettait, et c'est aussi elle qui l'entourait de son feu légendaire, et mettait des ailes de flamme à ses pieds. Adalïn, épouse lunaire de Captain Savoy, intervenait dans l'accomplissement de cet adeptat, et les êtres qui l'entouraient et disposaient des officines à cela destinées, lui obéissaient. Les onze disciples plus un bénéficiaient de ce don des astres, et l'Elfe jaune ne pouvait pas, ainsi, sentant sur lui la main de la belle princesse de la Lune, avancer devant lui avec courage, plein de foi en lui-même et en ses protections saintes. Ce n'était plus de son côté, non, qu'était désormais la peur, mais de celui de cette pieuvre-arbre qui l'avait attaqué, et qui maintenant devant lui fuyait. Elle n'offrirait ainsi plus d'obstacle sur son chemin vers Arcolod le Meurtrier. Et sa traînée sanglante, sur le sol éclairé par la pierre frontale de l'Elfe, était toujours visible, aisée à suivre, jetant sous la lumière des reflets humides.

Fuyant devant l'éclat de ses rayons, l'arbre que douait une âme s'affairait à rétracter ses branches, et l'Elfe jaune les voyait glisser le long des parois de la grotte, emportant avec elle de la glaire venue d'on ne sait où. 0000000000000000.jpgL'être immonde s'enfonçait dans des profondeurs obscures, disparaissait dans des ténèbres insondables, comme s'il avait été accroché à l'abîme par on ne sait quelle queue infinie. Il reculait de plus en plus vite, à la façon d'un crachat avalé, tombant dans on ne sait quel puits – dont l'Elfe jaune lui-même, tout triomphant qu'il était, frissonna à la pensée de son fond. Se pouvait-il, songea-t-il, qu'il était entré dans la gueule d'un monstre énorme dont l'être-pieuvre n'était qu'un parasite, une sorte de ver vivant dans son œsophage et parfois sortant de sa bouche, quand il le lui ordonnait pour ses besoins? L'horreur d'une telle perspective faillit immobiliser l'Elfe jaune, dont le pas hésita: pouvait-il entrer sans crainte dans le corps d'un tel être? Mais il le fallait, et il était prêt à tout obstacle, à tout ennemi.

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette aventure effrayante, et de la chasse de l'Elfe jaune à Arcolod le Traître.

13/07/2020

L'ordre divin est la source des lois

000.jpgIl y a quelque temps, j'ai évoqué l'idée de Cicéron selon laquelle la tâche de l'être humain, âme divine dans un corps mortel, était de placer sur Terre l'ordre divin – tel qu'il s'exprime dans l'harmonie des étoiles, et fait de mesure et de constance, c'est à dire de lois. Les lois sociales sont en réalité inspirées des lois physiques. Mais des lois physiques telles qu'elles se contemplent dans l'ordre céleste, reflétant la volonté des dieux.

Ceux-ci, en apparence, se conduisaient mal, mais Cicéron reprenait l'idée de Platon selon laquelle les histoires qu'on racontait en ce sens étaient fausses, juste faites pour flatter les bas instincts de l'être humain, qui cherchait par ces contes des justifications à ses mauvaises actions.

Le philosophe romain plaçait au ciel surtout les âmes de ses compatriotes vertueux, comme les Juifs plaçaient leurs héros, dignes fils de Yahvé, dans le sein d'Abraham leur ancêtre. Les étoiles signalaient, dans leur éclat et leur ordre, cette vertu – et le visage des héros s'apercevait en leur sein. Comme on disait, ils allaient, à leur mort, ad astra.

Or, comme je l'ai suggéré il y a cinq mois, c'est à peu près la pensée de Pierre Teilhard de Chardin, qui regardait l'univers comme mû en profondeur par Jésus-Christ – lequel était en même temps un homme divinisé, la fleur de l'humanité placée au centre mystique du cosmos. Il croyait que l'œuvre technique et politique de l'être humain avait pour vocation de spiritualiser la Terre, de la transformer, de l'échauffer jusqu'à la rendre divine – jusqu'à en faire pour ainsi dire une étoile.

Rudolf Steiner allait aussi dans ce sens qui n'est pas celui des mystiques rejetant la Terre, ni celui des mystiques qui la divinisent, mais celui qui aspire à sa métamorphose, à la modeler selon le royaume divin tel 00.jpgque l'âme en reçoit l'image, notamment au cours de l'initiation.

Mais dans quel but ultime? Cicéron, à ma connaissance, n'en parle pas. Et quelques siècles après lui, Boèce, qui disait aussi que les lois terrestres aspiraient à refléter les harmonies célestes, ne révèle pas pourquoi il faut œuvrer en ce noble sens. Cicéron en parle même comme d'un réflexe naturel: comme l'homme a une âme divine, il a envie que son environnement terrestre ressemble à son origine céleste. Il a envie, pour ainsi dire, que règnent la liberté, l'égalité et la fraternité! Toutefois, il appelle également l'homme gardien, comme s'il avait une mission à accomplir...

Steiner en dit plus long, sur la question, lorsqu'il affirma que la Terre spiritualisée par l'action humaine noble et inspirée par le Ciel s'arracherait finalement à son enveloppe physique, et créerait une planète nouvelle, dite éthérique. Là, les hommes auront un corps glorieux, seront devenus tels que des anges.

C'est à dire qu'ils auront une forme, et des organes permettant de la distinguer, et de la ressentir comme pleinement réelle, substantielle – permettant aussi de communiquer, pour ainsi dire directement par la pensée. Mais ils n'auront plus de corps physique au sens le plus lourd.

Il a appelé cette planète nouvelle, transfiguration de l'ancienne, la nouvelle Jupiter, sans qu'on comprenne forcément le rapport avec la Jupiter actuelle. Il y en a sans doute un. Et quant à l'élément physique de la 0000000.jpgTerre que ne sera pas parvenu à s'intégrer à cette cité sainte, il s'affaissera sur lui-même dans une pourriture momifiée et apparemment immortelle, un enfer réalisé, une prison pour Ahriman et ses affidés, toujours plus crispée sur ses derniers habitants. De fait, contrairement par exemple à Victor Hugo, Rudolf Steiner ne croyait pas que tout le monde serait sauvé, parce qu'il distinguait des évolutions successives, au lieu, comme le grand poète français, d'opposer simplement la matière au feu qui l'enflamme et la dissout – ce qui est un peu facile, en même temps que d'un mysticisme excessif.

Pour Teilhard de Chardin, il fallait rester optimiste: il l'était apparemment plus que Rudolf Steiner – peut-être en bon jésuite. À moins qu'il ne le tienne d'une incarnation antérieure, qu'il ait été Cicéron dans une autre vie, car celui-ci ne croyait pas non plus à l'enfer, il disait que les âmes vertueuses allaient au ciel, et que les autres ne faisaient rien, disparaissaient. Cicéron était optimiste, il croyait à la divinité de Rome, et qu'Octave n'était qu'un jeune homme sans envergure – que le destin de Rome était de rester une magnifique république. Le résultat est qu'il a été proscrit, et tué sauvagement. En tout cas cette mort semble lui avoir 00000000000000000000000.jpgdonné tort, ainsi que la suite de l'histoire romaine.

Teilhard de Chardin toutefois était chrétien – et donc plus lucide, quoique les philosophes disent. Car il est dans le dogme chrétien qu'il y ait un Jugement dernier, séparant les justes des infâmes, et créant deux mondes distincts – notamment une Jérusalem céleste dans laquelle les justes ressuscités auront un corps glorieux: cela ressemble à la nouvelle Jupiter de Rudolf Steiner, et il est avéré que dans quelques écrits, Teilhard de Chardin a admis cette séparation fondamentale, même s'il voulait croire, en principe, à l'action gracieuse et efficace de la Providence, au travers de ce qu'on appelle l'Évolution.

Il restait un noyau irréductible d'Ahriman, rappelant la façon dont Jésus n'a pas pleinement vaincu ses tentations dans le désert. Une invincibilité satanique demeurait, dans la pensée de Rudolf Steiner, qui justifiait une certaine vision tragique du monde, qui était aussi celle de J. R. R. Tolkien. Ahriman reste présent, plus que les anges du ciel, il reste plus proche des hommes, et dangereux. L'esprit est moins directement accessible que la matière, pour un être humain dont l'âme peut bien être d'origine divine, mais qui n'en vit pas moins sur terre, au présent.

05/07/2020

Saint Louis face au péril des Fées

00000.jpgDans le dernier épisode de ce récit de croisade du roi saint Louis au pays des fées, nous avons laissé celui-ci alors qu'il entendait de son fidèle Imbert de Beaujeu le récit de la disparition de son frère Robert, comte d'Artois, et de l'implication possible d'une certaine nymphe appelée Silasán, qu'on avait laissée le soigner malgré qu'on sût qu'elle avait ruiné la vie de deux mortels, par excès d'amour.

On l'avait fait parce que, justement à cause de son passé trouble, elle connaissait bien les mortels et ce dont ils avaient besoin pour vivre. Elle était magicienne, Silasán – et savait les secrets par lesquels les blessés étaient remis en santé (voire, dit-on, les morts récents ressuscités).

Mais à présent que Robert d'Artois et elle avaient disparu, on se demandait si on avait eu raison de se fier à la connaissance qu'on pensait avoir de la loi de purification des âmes – et si, par orgueil, on n'avait pas montré un coupable excès de confiance.

On s'en voulait. Mais qu'y pouvait-on à présent?

Il y avait notamment un doute sur ceci, que l'énergie vitale des hommes mortels avait un tel pouvoir d'attirance, sur l'âme de certaines fées, qu'on craignait que Silasán ne fût point parvenue à vaincre à cet égard ses désirs. Car, il faut le savoir, il y a chez les mortels quelque chose qui manque aux génies immortels – une lourdeur qui leur donne de la force, et leur permet de se hisser, paradoxalement, au pur sommet des cieux. C'est à cause de cela, et de monseigneur Jésus-Christ, que saint Louis avait le pouvoir qu'on lui avait 00000.jpgvu exercer dans les batailles, et qui avait tant étonné le peuple des elfes. C'est pour cela, aussi, que beaucoup de nymphes ont cherché à séduire des mortels – désirant s'emparer du feu pur en eux enfoui, dissimulé sous l'enveloppe qu'ils arborent. Car il luit sous d'épaisses couches de charbon, amoncelées sur l'Homme à l'époque de l'effondrement de la Terre, et de la naissance de la Lune. Cette chute s'est en effet accompagnée d'horribles désastres – et des flammes ont jailli, et des cendres ont volé. Et si les Hommes ont pu renaître dans le nouveau sol alourdi, il leur en est resté une nature avilie – et c'est ainsi que ce qu'on appelle le monde physique est apparu.

Mais voyez le paradoxe: sous ces enveloppes amoncelées, un feu pur, originel et vrai, fut conservé, qui souvent chez les Génies fut dissipé ou entaché. Ceux-ci, au corps léger, étaient à la merci des vents mauvais, des souffles puants de l'abominable Mardon – quoiqu'il n'en parût rien à l'extérieur, parce que leur nature restait noble, faite d'une forme libre, et, comme qui dirait, d'un arc-en-ciel déployé.

Mais en l'être humain, caché au fond de lui, est un feu qui date de l'époque où Saturne était le seul maître du monde, et où l'âge d'or, par conséquent, régnait partout. Et si le corps de l'homme mortel est, lui, à la merci de Mardon, qui le meut presque comme il veut – et comme s'il l'avait créé lui-même, ce qui est un peu le cas; s'il est entre ses mains comme un pantin, il faut savoir qu'en ses tréfonds est une vertu qu'il ne peut atteindre, justement parce que les couches qui l'entourent sont trop épaisses. Et le pouvoir qu'il exerce sur ces couches l'empêche paradoxalement d'atteindre ce feu, tandis qu'il lui est plus accessible chez les Génies, dont la nature est plus proche de la sienne – et donc plus haute mais aussi plus frêle, même si cela paraîtra curieux à plus d'un.

Les Génies avaient d'abord méprisé ces hommes mortels revêtus de boue, d'ordure, de cendres – nés de la fange et entachés. Mais durant les derniers siècles, et l'essor inattendu des Mortels, ils s'étaient penchés sur ce mystère, et certains, parmi les plus sages, avaient deviné leur secret, et compris pourquoi Mardon s'intéressait tant à eux, et ce qu'il essayait en eux de saisir.

Se trouvait aussi expliquée la fascination exercée par les Mortels sur les Fées, qui pressentaient ce feu pur sous leur enveloppe forte. Car il reflétait le feu dont l'univers même s'animait – et l'autorité du père divin. Or, il n'est rien qui exerce davantage d'attraits chez la femme, si elle parvient à le déceler, et il n'est rien qu'elle désire davantage pour elle-même, parce que la légèreté et la netteté de son corps tendent à la rendre vulnérable aux souffles de l'air et au pouvoir de Mardon, qui à son tour la désire pour lui – cherchant à 00000000000000000.jpgpeupler de fées son château, pour qu'elles deviennent toutes ses amantes. Même s'il voile ce désir sous le mensonge qu'il aime en elles le reflet de la divinité, et qu'il aspire à travers elles à regagner les étoiles dont il a été chassé, il a pour but véritable d'asservir ces dames et de leur voler leurs feux. Mais il cherche aussi à voler le feu enfoui en l'être humain, devinant que là se trouve en partie le moyen de regagner les royaumes étoilés, et de s'y asseoir sur le trône des mondes, et d'y saisir le sceptre par lequel se créent les choses, comme le fait le Père divin.

C'est là pour l'être humain un double péril: attaqué à la fois par le monstre des profondeurs qu'est Mardon, et les fées de l'air pur que sont les nymphes tentatrices, il les a plusieurs fois crus alliés, ce qu'en un sens ils sont, quoique entre eux ils s'affrontent aussi. Le mal a en effet plusieurs visages qui semblent s'opposer, mais il a de surcroît des degrés divers – de telle sorte qu'on ne peut pas considérer que le péril représenté par Silasán et ses semblables soit aussi grand ni aussi atroce que celui représenté par Mardon et ses affidés, en particulier Ornicalc. Car dans un cas il y a une souffrance purificatrice dont on sort grandi et, dans l'autre, une damnation dont on ne voit pas le bout, une réduction à l'esclavage dont on ne voit point le remède, et le souffle sale des maux dont viennent les derniers désespoirs.

Le rejet de l'esprit pur est en effet fatal à l'être humain, ont dit tous les sages.

Ce sont toutes ces choses qu'Ostön expliqua ce jour-là saint Louis, quoiqu'il fût pressé de retrouver son frère en danger.

Mais il est temps, lecteurs, de laisser là cet épisode, renvoyant à l'action entreprise au prochain, après ces étranges explications.