12/07/2021

Captain Savoy et la destinée de l'Amazone céleste

000000000.jpgDans le dernier épisode de cette âpre série, aimables lecteurs, nous avons laissé l'Amazone céleste alors qu'elle venait de créer sa propre base d'action dans le massif des Pyrénées, après avoir rompu avec Captain Savoy et l'avoir laissé seul avec ses disciples dans la ville de Chambéry reprise à l'ennemi.

L'Amazone céleste demeura âpre, durant toutes ses années de règne, combattant sans relâche les elfes et les nains qui lui disputaient sa couronne pyrénéenne – mais s'en prenant tout de même surtout aux gobelins de Mardon, malgré ce qu'elle avait annoncé à Captain Savoy le jour de leur rupture sans retour. 

Toutefois son orgueil la perdit, car, voulant montrer qu'elle était plus efficace que son ancien maître dans la guerre contre le Mal, elle s'aventura trop avant dans les gouffres de Mardon, et y fut piégée, assiégée sans salut possible par la marée noire des hordes adversaires. Elle s'apprêtait à se transpercer, elle-même, de sa propre lame, pour ne pas subir les outrages de la captivité et de la servitude, quand une lumière surgit au travers de la montagne défoncée, et que l'Homme-Corbeau vint la délivrer. Il dispersa les gobelins, et même deux trolls grâce à la surprise créée et à la puissance de ses ailes jeteuses d'éclairs, et put dégager l'Amazone céleste, son ancienne ennemie, de la mer qui la submergeait, armée et sale. 

Il l'emmena à l'abri dans sa base secrète, aménagée sous le pic de Bugarach, et elle-même put à son tour regagner ses Pénates, je veux dire son foyer dans les Pyrénées austères, sous le mont Valier. Elle y rendait hommage aux esprits de ses ancêtres, mais aussi, en vérité, aux Lares, génies du lieu, car elle s'était prise d'amour pour les Pyrénées en général et le mont Valier en particulier, lui si beau, si pur, et encore imprégné de l'âme pieuse et Valier.JPGnoble du premier évêque du Couserans. Elle en était la fée, ou, pour mieux dire, elle était l'expression sensible de son esprit, de sa tutelle occulte.

C'est grâce à cela que l'Homme-Corbeau avait pu venir la sauver: il avait été prévenu par les elfes du mont-Valier, sensibles à l'hommage que leur rendait l'Amazone céleste. Ils étaient venus lui rendre visite, une nuit, dans son logement de Limoux. Il les avait vus, debout, dans son salon, et il ne savait pas comment ils étaient arrivés là. Mais il lui avaient parlé, après qu'il était venu voir qui créait la douce lumière qui se dégageait d'eux, et qu'il apercevait à travers sa porte entrouverte. Ils lui avaient dit qu'il devait venir au secours de l'Amazone céleste, et il s'était transformé en Homme-Corbeau en un éclair, et il était accouru sous les monts d'Olme, où elle avait été piégée, avant de l'escorter jusqu'au mont-Valier, où était sa base. Il avait eu le temps de voir les elfes disparaître par une porte ouverte dans son mur, où il n'avait jamais su qu'était une porte, et où il n'en vit jamais davantage par la suite. Tel était, en effet, le pouvoir des elfes, de pouvoir se créer des portes dans les murs. Il le savait, mais cela l'étonnait toujours.

Seule, l'Amazone céleste avait pu devenir la proie facile des démons des monts d'Olme, et Budüm et ses gobelins, dans sa cité 0000000000.jpgsous ces monts, avaient pu la piéger; mais l'Homme-Corbeau l'avait libérée, comme je l'ai dit. Chaugnar Faugn avait eu beau étendre interminablement son incroyable trompe, pour les saisir, quand il avait vu son lieutenant Budüm échouer dans sa tentative, l'Homme-Corbeau lui avait jeté un rayon de ses yeux qui l'avait fait tressaillir, et ramener la trompe immense à lui. 

De cet épisode, l'Amazone céleste tira quelque honte, et des doutes alors l'assaillirent, et elle se demanda si elle avait bien fait de fuir Captain Savoy et les Alpes. Mais elle se dit qu'il était trop tard pour reculer et qu'il lui faudrait surtout, désormais, accomplir dans cette nouvelle demeure sa mission, et faire du mieux qu'elle pourrait, peut-être avec l'aide de ce nouvel allié, l'Homme-Corbeau, dont elle aima le courage et la grâce, ne sachant pas que, sans son costume miraculeux, il n'était qu'un bouquiniste ordinaire ne se déplaçant qu'en fauteuil roulant; mais l'eût-elle su que, peut-être, elle n'eût pas changé de sentiment, si profond et mystérieux est l'amour des femmes, quand il veut se déclencher!

En tout cas elle demeura vivement attachée au gardien secret du Razès, qu'elle invita à rester quelque temps dans sa base du mont-Valier, et qui lui raconta son histoire: sauvé d'entre les morts par de mystérieux anges venus sur Terre sous la forme de femmes lumineuses, revêtu de pouvoir et de dons étranges par leur grâce, il combattait le mal dans le royaume des Pyrénées et à leurs pieds, et sa carrière avait été couronnée de plusieurs beaux succès. En particulier, il avait vaincu, deux ans auparavant, la terrible Sinislën, fée damnée du Canigou, et ensuite avait établi sa base sous le pic de Bugarach, dans le massif sec des Corbières, à la faveur de la soumission des nains qui y vivaient. Depuis, des hommes avaient prétendu qu'il était un chef extraterrestre possesseur d'un 00000000000.jpgvaisseau spatial, mais ils avaient simplement mal compris l'éclat que jetaient ses ailes, lorsqu'il s'envolait comme le tonnerre pour venir en aide aux hommes de bien dans le Razès et aux alentours. En revanche, il admettait qu'ils avaient eu un bon sentiment, lorsqu'il l'avait pensé protecteur, plutôt qu'ennemi de leurs aspirations les plus profondes. Mais il fallait prendre garde, car son siège était assis sur un puits clos, verrouillé dont il était le gardien tout particulier, et au fond duquel était une abomination qui pouvait à tout moment sortit pour envahir le monde, s'il manquait de vigilance. Rien n'est tout d'une pièce, enfin.

À son tour l'Amazone céleste raconta à cet Homme-Corbeau son histoire en cachant les moments les plus pénibles, et s'adoucit en ce faisant, pleurant beaucoup, sous les yeux de son nouvel ami.

Cependant elle demeura pour toujours marquée par ce qu'elle avait fait auparavant. Elle ne revint donc jamais en Savoie, ne revit jamais Captain Savoy et ses disciples, sauf une fois l'Elfe jaune, venu dans les Pyrénées accomplir une mission spéciale. Mais cela ne permit pas de réconcilier l'Amazone céleste et Captain Savoy, qui demeurèrent jusqu'à la fin de leurs vies étrangers l'un à l'autre. Mais or revenons à Captain Savoy et à ses autres disciples, restés en Savoie et à Chambéry reprise.

Ou plutôt, revenons-y dans le prochain épisode de leurs aventures, si vous le voulez bien, car celui-ci commence à être long.

09/05/2021

Captain Savoy et la défection de l'Amazone céleste

2a3a5c0125cf83958c93cf9cad436dfd.jpgDans le dernier épisode de cette furieuse série, nous avons laissé Captain Savoy et ses amis de nouveau maîtres de Chambéry après la mort d'Ortacul et la débandade de ses troupes.

Hélas, le seigneur prévu de la cité, j'ai nommé le vaillant Noton bleu, était dangereusement blessé, et il fut sans tarder emmené vers le Grand Bec, pour être soigné par les fées de Tsëringmel. La joie était donc bien loin d'être vive.

Et puis il y eut l'Amazone céleste, qui, rhabillée, resta longtemps muette: elle avait subi un choc. Elle regardait Captain Savoy avec de la haine dans les yeux et de l'écœurement à la bouche. 

Il ne faisait pas attention à elle, s'affairant autour des blessés, venant parler aux habitants innocents de Chambéry qui se demandaient ce qui était arrivé, et comment allait évoluer désormais leur sort!

Finalement, elle s'approcha, et prit Captain Savoy par le bras. Il se retourna, et la regarda. Son regard étincelant ne laissait passer aucune émotion: la clarté qui sortait de ses yeux, derrière son masque, ne montrait point la prunelle. 

Elle lui dit: Captain Savoy, tu as choisi de ne pas me sauver de l'humiliation, alors que tu aurais pu. Je crains que pour toi, simple mâle ordinaire, les femmes n'aient pas la même valeur que les hommes. Tu ne comprends pas ce que les femmes vivent, ou ce qu'elles ressentent, quand elles subissent ce que l'ignoble Ortacul m'a fait subir. Tu as même essayé de le sauver: crois bien que, pour ma part, quand j'ai vu les grosses mains blanches des géants le saisir, je n'ai vu là que juste rétribution. J'aurais voulu arracher son cœur de mes propres mains, et le démembrer de ma propre lame.

J'espère que, là où il est, il subit les justes tortures qu'il mérite, et qu'on ne le reverra plus jamais sur la surface de la Terre. Je bénis son maître maudit, qui le punit certainement de m'avoir ainsi déshonorée, quand toi tu ne faisais rien. Mais rien.

Ayant dit ces mots, elle s'arrêta, attendant que Captain Savoy réponde; car elle espérait une réaction compatissante, et des regrets. Mais Captain Savoy, de son côté, attendait qu'elle continue, ne disant rien non plus. Alors la colère monta aux joues rougies de l'Amazone céleste, et ses yeux lancèrent des flammes.

Et elle dit: Sois maudit, toi, et ton équipe de chevaliers savoisiens qui n'honorent point les femmes comme ils devraient, et qui se mettent au service du règne impudique des hommes sur le monde. Moi, je ne me mettrai évidemment pas au service de Mardon le 161029795_1402697330068007_2227229053218002874_n.jpgMaudit, mais je resterai solitaire et libre – ne prendrai plus position ni pour le Bien, ni pour le Mal, et ne ferai que servir celui qui voudra bien venger les femmes des crimes dont elles ont été et dont elles sont encore tous les jours les victimes! Et s'il s'avère que Mardon prend un tel engagement, et que tu le combats, je te combattrai, Captain Savoy, car, sache-le, tu me dégoûtes, et je te hais.

Elle se tut, et, telle une statue de jugement, demeura devant lui, ferme, debout, immobile. Et tout autour les autres étaient inquiets, ils attendaient avec angoisse de voir ce qu'allait faire Captain Savoy. Mais lui une fois de plus ne dit rien. À peine un éclair fusa de son regard impénétrable. 

Puis il leva la main et tenta de la mettre sur l'épaule de l'Amazone céleste. Mais elle fit un bond en arrière, lança son pied en avant vers le ventre de Captain Savoy, qui en fut touché et en plia: non que le coup fût pour pour lui impossible à soutenir – qu'il l'eût été si un autre, un ennemi, le lui eût donné – mais que, venant de sa disciple préférée, il lui semblait plus amer et plus profond que n'importe lequel de ceux qu'il avait reçus, et que sa moelle des os en souffrit, le faisant frémir de tout son être.

Voyant cela l'Amazone céleste tourna les talons, marcha quelques pas, puis, sautant dans les airs, s'y envola pour disparaître à la vitesse de l'éclair. Se fondant dans le ciel du sud, elle laissa derrière elle une traînée de lumière qui semblait teintée de feu noir, mêlée en tout cas de rougeoiements qui rappelaient la couleur du sang.

Elle s'élança vers les Pyrénées, dit-on; là, dans ces hauteurs sauvages et austères, peu peuplées des hommes, elle s'y bâtit un palais dans une montagne, en aménageant d'abord une grotte, après avoir soumis les gnomes qui vivaient là. Ils tentèrent d'abord de lui résister, mais sa colère ne fit pas parmi eux de quartiers, et ils se soumirent, saisis de peur. Au reste, sage et compatissante avec eux, elle énonça de justes lois, et ils n'eurent pas à s'en plaindre, ils devinrent peu à peu heureux d'avoir été vaincus, et fiers de la servir, car elle était puissante et belle. Ils la regardaient comme une déesse, et les mortels à l'entour eux-beniamino-bradi-birdman.jpgmêmes commencèrent à lui vouer un culte, ce dont elle fut fort satisfaite. Car elle assurait, car elle prétendait que, ainsi guidés vers la lumière par une femme sacrée, ils n'en évolueraient que mieux, sur la voie qui menait à l'accomplissement, et pensait, très sérieusement, que leur peuple s'en trouverait bien, et régnerait sur les plaines, qu'ils en acquerraient une gloire immortelle, sans pareille. Et les nains qu'elle gouvernait en tiraient orgueil et souvent tourmentaient les hommes mortels, exigeant d'eux des offrandes et des soumissions que même l'Amazone céleste ne réclamait pas, devenant de véritables tyrans. Mais l'Amazone céleste les laissa faire, comme si la véritable justice ne l'intéressait plus. Elle ne les arrêta que quand, allant trop loin, ils s'exposaient à la vengeance des protecteurs secrets de ces communautés périssables. Car plusieurs existaient, bénis des dieux, notamment l'Homme-Corbeau, protecteur du Razès, et plusieurs fois il intervint pour protéger les hommes de la tyrannie des Nains. Or elle ne voulait pas l'affronter. Et puis il y avait Sinislën, au sommet du Canigou, qui la surveillait de sa tour haute et blanche, et s'inquiétait de la voir grandir, ne voulant point que son règne souffrît aucune ombre, aucun amoindrissement. Toutefois à distance elles se mirent d'accord pour ne pas se combattre, et garder chacune ses prérogatives propres.

Mais il est temps, nobles lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette terrible histoire.

04/03/2021

Captain Savoy et la mort d'Ortacul

000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série monumentale, nous avons laissé Captain Savoy alors qu'il venait de voir blessée à la tête sa chère disciple la Femme de Cristal!

Cependant le Noton bleu, quoiqu'il eût les mains attachées, était libre (ainsi que nous l'avons dit), et il se jeta, la tête en avant, sur le monstre Ortacul – et comme sa rapidité était grande, il fit basculer en avant son adversaire, qui jura. Le disque de feu sauta de ses mains et tomba à terre, hors de sa portée immédiate. 

Il se releva en donnant un coup de poing magistral au Noton bleu, dont la mâchoire fut brisée, le malheureux. Il était hors de combat, et il ne faudrait pas de trop de la science des fées de Tsëringmel pour le guérir. Elles le pouvaient; encore fallait-il emporter cette journée, et venir à bout d'Ortacul et de ses sbires.

Captain Savoy porta le coup de grâce. Bondissant presque aussi vite que le Noton bleu, dans son corps plus massif, plus musculeux, plus grand, il attrapa sa lance, l'arracha du poteau et du corps du soldat qui avait essayé de couper la jambe de son disciple, et, sautant en l'air, abattit brutalement son arme sur le dos courbé d'Ortacul. 

La pointe traversa son corps épais et renforcé par une cuirasse qui ne l'était pas moins, et ressortit de l'autre côté, faisant jaillir une grosse goutte de sang à sa poitrine. Ortacul cria. 

Mais il n'était pas mort. Il bougeait encore, avec la lance en travers du corps. Il se retourna, lentement, vers Captain Savoy à présent debout près de lui, et aussi grand que lui, quoique moins large d'épaules et de hanche. 

Plissant les yeux vers son vainqueur, il fit retentir sa voix rauque: Vous, vous! dit-il. Vous périrez, je vous maudis, et on me 0000.jpgvengera, sachez-le! Oui, on me vengera!

Captain Savoy le scrutait sans rien dire, immobile; et, dans la place de la ville, tous les soldats et les combattants s'étaient arrêtés, attendant de voir ce qui allait advenir.

L'instant d'après, le regard d'Ortacul se voila, et sa bouche se tordit. Une détresse immense parut sur son visage. Et il se tourna vers les profondeurs de la terre et murmura: Mardon, Mardon... Il invoquait, il suppliait. Il disait: Pourquoi? Tu avais promis. Et il pleura.

Captain Savoy s'avança d'un pas, et tendit la main, pour le soutenir. Mais avec ce qui lui restait de force, Ortacul sauta en arrière, hors de sa portée. Non, non..., fit-il dans un souffle. Non!

Et, soudain, il se jeta sur Captain Savoy, comme s'il pouvait encore le tuer, par surprise. Le défenseur de la Savoie libre souleva son pied et en frappa son menton puissant. Ortacul s'écroula. Son regard était grand ouvert, tourné vers le ciel. Et une frayeur s'y peignit. Se mua en terreur. 

Non, non! dit-il encore. Non, non, je n'ai pas trahi, non!

Il advint alors quelque chose d'épouvantable. Des mains surgirent du sol, puissantes, blanches et viriles. Il y en avait six. On ne voyait pas les épaules, encore moins les corps auxquelles elles étaient attachées – ni non plus, bien sûr, les visages de leurs possesseurs. Instantanément, la terre pourtant dure s'était soulevée, des pavés s'étaient écartés, et les mains saisissaient le corps d'Ortacul, qui se mit à hurler.

Captain Savoy bondit, et tenta de desserrer l'étreinte d'une de ces mains. D'abord incrédule et stupéfaite, la Femme de Cristal 0000.pngsans tarder l'imita, malgré sa blessure à la hanche qui l'affaiblissait: elle se jeta sur une autre main, et tenta aussi de desserrer l'étau de son étreinte. 

Mais ces mains étaient grosses, fortes, elles appartenaient sans doute à des Géants. Étaient-ils vivants? Probablement pas. Car elles étaient blanches et froides comme celles des cadavres, et leur étreinte en était rendue d'autant plus forte, plus noueuse, pareille à l'acier ou à la pierre, que nulle mollesse n'habitait.

Inexorablement, les mains attiraient Ortacul vers un abîme invisible, s'étendant sous le sol. La force pourtant prodigieuse de Captain Savoy ne l'empêchait pas. Elle ne suffisait pas. À peine freinait-elle le mouvement fatal. D'autres vinrent s'accrocher aux doigts, aux paumes de ces mains grosses. En vain. Le sort d'Ortacul était, semble-t-il, scellé.

Lui criait, gémissait, exprimait sa terreur. Mais Captain Savoy songea qu'il n'était point assez puissant pour le secourir, et il attrapa sa lance, et tira, pour la récupérer. Ortacul cria plus fort encore, et du sang bouillonna de son corps, se répandant jusque sur les mains blanches. Elles en tressaillirent, comme si elles l'aspiraient par d'inconnus pores, et soudain le corps d'Ortacul fut tiré complètement sous le sol, et disparut. Son cri résonna, puis s'éteignit quand la terre se referma, s'effondrant sur elle-même et bouchant le trou qui s'était fait. Seuls l'affaissement du terrain, et les pavés dispersés témoignaient encore de l'horrible événement qui s'était déroulé sous les yeux de tous.

Les cœurs frémirent. Et les hommes d'Ortacul commencèrent à jeter leurs armes et à s'enfuir. Les Elfes les poursuivirent et s'employèrent à les tuer, ou à les capturer. Ils en tuèrent beaucoup, malgré la demande de Captain Savoy de les prendre tous vivants. Et finalement, Captain Savoy et les siens restèrent seuls sur la place, de nouveau maîtres de Chambéry.

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode furieux, et de reporter au prochain la suite de cette incroyable histoire.