02/06/2017

Saint Louis et les gardes farouches

fortre.jpgDans le dernier épisode de cette geste obscure, nous avons laissé saint Louis et ses compagnons alors qu'ils étaient emmenés comme prisonniers par le chevalier traître Etalacün vers la forteresse du Maufaé Ornicalc, serviteur d'Ahriman-Mardon, et que, parvenu sous ses murs, ils voyaient le triste spectacle d'hommes, de femmes et d'enfants nus que fouettaient des monstres pour qu'ils en achevassent la construction.

Avec horreur, Louis en vit certains détachés par ces gardiens immondes, et torturés par eux, qui y prenaient plaisir: ils leur faisaient subir d'abominables sévices, puis les tuaient s'ils semblaient ne pas pouvoir retrouver leurs esprits et leur force.

Est-ce donc ainsi que l'on bâtit des empires divins? fit-il.

- Il faut savoir faire des sacrifices et l'on a besoin de ces gardiens immondes, répondit Etalacün. D'ailleurs ces esclaves sont des hommes, des femmes et des enfants qui ont résisté à Ornicalc, et qui ont commis de graves fautes. Ne les crois pas innocents. Personne ne l'est.

- Tu te trompes, et te commets avec ce qu'il y a de pire dans l'univers. C'est toi qui as mille prétextes pour faire le mal, et non Alar ou Ëtön ou son fidèle neveu Solcum.

Etalacün, alors, frappa de son gant ferré le visage de Louis, qui en tomba par terre. Ses compagnons se jetèrent à ses côtés, pour voir s'il était durement blessé, et il avait le visage sanglant: du sang sortait de sa bouche et de son nez. Thibaut de Bar lança: Tu n'es qu'un lâche, Etalacün, un pleutre de la pire espèce! Accepte de combattre loyalement avec moi, et je te montrerai ce qu'il en est!

- Plus tard, répondit Etalacün. Nous arrivons, et je suis sûr qu'Ornicalc a hâte de vous voir.

Les chevaliers de France relevèrent Louis, qui se remit en marche, soutenu par Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou, ses frères. Thibaut soutenait Imbert de Beaujeu, qui n'avait reçu que de brefs soins, et souffrait le martyre, pendant cette marche odieuse. Son teint était pâle comme la mort, et ses yeux devenaient vitreux; il murmurait des paroles insensées, mêlant des souvenirs obsédants et ce qu'il ne percevait plus qu'à peine, autour de lui.

La troupe approcha d'une porte tenue par des gardes, énorme et de fer. Close, elle était sinistre. Des formes étaient gravées dessus, mais saint Louis et ses compagnons ne reconnaissaient pas ce qu'on avait voulu représenter: il s'agissait d'êtres difformes, qui mêlaient plusieurs animaux en même temps, et auxquels on avait donné, par une forme de blasphème, de vagues airs humains, notamment dans la posture ou le visage: car ils avaient fréquemment des yeux qui semblaient fixer avec intelligence les choses, et qui en particulier étaient tournés vers les visiteurs, ceux qui désiraient entrer dans la forteresse. À sa grande horreur, Louis crut voir un de ces yeux s'allumer, un de ces yeux traversés d'une étincelle qui manifestait une volonté, et il se sut scruté, mais il n'eût su dire de quels êtres infâmes.

Les gardes aussi étaient effrayants. Ils étaient trois. Un se tenait de chaque côté de la porte, et un était au milieu, plus grand et plus majestueux que les autres, par son armure et ses ornements. Il était le seul à disposer, à son flanc, d'une épée, qui était longue et dont le fourreau scintillait dans la pénombre qui régnait Cyber_smoke_koncept_mk9_by_pyrodark-d3euzn0.pngau pied de l'immense forteresse. Son pourpoint doré était orné d'une figure gravée de dragon aux yeux de rubis, et son heaume lui recouvrait toute la tête, même le visage. Ses yeux demeuraient sous des lamelles de cristal coloré, et seule une clarté jaune signalait leurs mouvements.

Louis pressentit qu'il ne s'agissait pas seulement d'un ornement, et que ces lamelles étaient en lien intime avec les yeux de chair situés derrière, se mêlaient à eux, et étaient vivants comme eux. Il en voyait la lueur palpiter, se mouvoir, comme s'il s'agissait d'yeux ordinaires. Et il devina qu'il s'était agi de donner aux yeux d'origine de nouveaux pouvoirs, et de les mêler à une machine, de leur permettre de voir au-delà de la vue normale, ou au travers des corps, et de jeter peut-être au-dehors un feu plus âpre que celui que l'œil jette d'ordinaire, moins subtil, plus destructeur. Il s'était agi de faire de ces yeux une arme. Cet homme était à demi une machine, mais si prodigieusement faite qu'elle était aussi vivante qu'un homme, aussi souple, et le métal rutilait et se déployait, sur tout son corps, comme s'il était fait de chair, et que du sang le traversât, l'irriguât!

Il tenait, en outre, une grande lance dans sa main, dont la pointe jetait une clarté, parfois traversée de fins éclairs: une grande puissance semblait l'habiter. La main qui la tenait, dans un gant de fer, semblait chauffée au rouge. Un diamant était à la naissance de la pointe, comme la fixant à la hampe, et luisait également.

Les deux autres gardes avaient aussi une telle lance à la main, mais moins longue, et moins luisante. Leur armure ressemblait à celle de leur chef, mais elle était moins ornée. Celui de gauche avait, gravé sur son plastron, un lion, celui de droite, un dauphin. Leurs yeux aussi brillaient et étaient à demi artificiels. Celui de gauche les avait rouges, celui de droite les avait bleus. Mais une puissance moindre, de nouveau, semblait être en eux, à comparer de ceux du garde qui se tenait devant. Ils n'avaient point d'épée à leur côté, ainsi que nous l'avons dit, mais tenaient au bras gauche un bouclier, luisant et orné d'autres gravures, représentant cette fois des plantes, acanthes et lauriers, s'entrelaçant. Ils avaient belle allure, mais pour Louis, il s'agissait là d'une tromperie, car il savait ces gardes méchants, et au service d'un prince vil.

Cependant il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, car il commence à être long, et d'annoncer pour la prochaine fois l'entrée dans la forteresse d'Ornicalc.

29/03/2017

Saint Louis et la forteresse noire

evil_fortress_by_m_wojtala-d5quro5.jpgDans le dernier épisode de ce feuilleton sidéral, nous avons laissé saint Louis et ses quatre compagnons restants alors que, enchaînés par des chevaliers-fées mauvais, ils étaient acheminés vers la forteresse d'Ornicalc leur ennemi. Louis venait de découvrir que le chef de ces chevaliers, Etacalün, était cousin germain de Solcum, qui les avait guidés avant de sombrer dans l'inconscience blessé par le venin d'un monstre. Et il avait vu son regard brillant mais froid, respirant la haine et l'orgueil - le mépris de tous ceux qui n'étaient point de sa lignée.

Le désespoir lui entra dans l'âme, et il en fut de même pour ses compagnons. Tous pensaient à Simon de Nesle et à Solcum, et ils songeaient que leur quête s'achevait rapidement, et dans une grande tristesse. Mais ils étaient résolus à mourir vaillamment, dût-on durement les torturer.

Ils cheminèrent toute la journée, et le soir vint. Ils furent liés à un arbre noir qui se dressait dans la lande triste, grise, qu'ils avaient longuement parcourue, et les chevaliers-fées se reposèrent en attendant le jour et en gardant tour à tour les abords de leur camp.

Le lendemain matin, ils repartirent. Vers midi, ils arrivèrent en vue d'une montagne, sur laquelle se dressait une immense forteresse. C'était le château d'Ornicalc, leur déclara Etalacün: la terrible forteresse de Paliúdh. Louis demanda pourquoi elle se nommait ainsi. Etalacün mit un certain temps à répondre. Finalement, il dit:

Il y avait là un géant, autrefois, qui fut tué par Ëtön et Ëtöl, et qui avait une forme hideuse. Dans son cadavre rigidifié Ornicalc bâtit un château. Il rendait ainsi hommage à un être valeureux, qu'Ëtön et Ëtöl tuèrent indra__king_of_gods_by_molee-d4gq66l.jpginconsidérément, poussés par l'ardeur et les tromperies d'Alar et de Vurnarïm. Car il régnait sur cette partie de la Terre et y faisait fructifier la science, et il livrait des secrets puissants aux hommes, et en savait assez pour que ceux-ci pussent refaire le monde et en créer un qui fût nouveau, et parfait, pareil à celui des étoiles! Par jalousie Alar ne voulut point le laisser faire, et stupidement Vurnarïm le suivit parce qu'Alar le lui avait demandé. Il n'a pas la sagesse qu'on prétend, je t'assure!

Déjà Paliúdh avait créé une cité florissante, puissante, dont les hautes tours touchait aux astres: d'elles s'élevaient dans les airs des nefs glorieuses, traits de feu dans le ciel, et elles gagnaient par l'art de Paliúdh les profondeurs cosmiques, et y emmenaient les élus, les hommes qu'il avait choisis pour servir de pionniers et conquérir le monde. Son but était, en dernière instance, de faire devenir pareille aux dieux toute la gent de Lënipeln!

Mais Alar, sans même en référer à Dordïn son père, détruisit cette cité, et arma mes oncles pour qu'ils abattent son prince. Ornicalc, avec mon aide, est en train de rebâtir cette cité, puisant sa science aux livres perdus de Paliúdh dont il rassemble peu à peu les pages dispersées. Et il projette de faire de moi le seigneur prochain de Paliúdh, le digne successeur du géant, quand lui-même aura acquis assez de puissance pour conquérir Lënipeln!

- C'est là œuvre de Satan, dit Louis.

- Tais-toi. Tu n'y entends rien. Tu ne sais que baver des injures.

Telles furent les paroles de l'odieux Etalacün.

Ils s'approchèrent, et Louis vit une forteresse aussi épouvantable et étonnante qu'elle lui avait paru de loin; et même davantage, car sa taille lui avait fait croire qu'elle était proche: mais elle était loin, et plus grande encore qu'il ne s'en était rendu compte.

Les autres mortels, bouche bée, la regardaient, et dans leurs yeux se lisaient à la fois l'émerveillement et l'effroi.

Des éclairs partaient sans cesse de la cime de cet immense palais, fine et longue aiguille se dressant sur son dôme. Des nefs volantes glissaient au-dessus de cette demeure, et, dans les airs supérieurs, les cinq hommes crurent même voir des êtres munis d'ailes circuler, éclairant les nuées d'étranges torches qu'ils avaient à la queue, et faisant briller une clarté outer space fantasy art spaceships vehicles 1920x1200 wallpaper_www.wall321.com_84.jpgqui rendait sombre le ciel. On ne voyait point les étoiles, elles qui en Lënipeln paraissaient si proches, mais des reflets de la lumière envoyée par les créatures ailées et les navires de l'air, et dont les rayons semblaient vite arrêtés par des vapeurs épaisses, quasi semblables à des fumées. Une méphitique odeur emplissait l'air.

Le bâtiment de la forteresse était lui-même assez semblable à une montagne, mais ses tours étaient placées en ordre régulier sur ses créneaux, et on y voyait des fenêtres éclairées, rougeoyantes ou dorées. Des bannières claquaient au vent, et des flammes jaillissaient des pieds de la forteresse, comme si des fours la sous-tendaient, et que des soupiraux laissassent fuir des gerbes de feu. On entendait de vagues gémissements, venant des profondeurs, mais aussi des cris de joie, venant des hauteurs, et une musique sauvage résonnait aussi, semblant venir de certaines fenêtres. Mais plusieurs airs étaient joués en même temps, de façon désordonnée, et la cacophonie en était énorme. Chaque air, en lui-même, eût pu être beau; mais l'ensemble, dénué d'harmonie, était hideux.

À vrai dire la forteresse n'était pas achevée, et cela ajoutait à son air de montagne naturelle. Le flanc gauche était encore en construction. On voyait des échafaudages, et des hommes nus, et des femmes, des enfants, y travailler, enchaînés. Des êtres hideux, noirs et aux oreilles longues et pointues, aux yeux rouges comme la braise, les surveillaient et les fouettaient.

C'est sur ce tableau terrible, ô lecteur, que nous devons laisser cet épisode. La prochaine fois, nous découvrirons le visage d'Ornicalc, s'il en a un.

24/01/2017

Saint Louis fait prisonnier

284bdf15681d41c78bbf5e1927ec0635.jpgDans le dernier épisode de cette geste crépusculaire, nous avons laissé saint Louis et ses cinq compagnons alors qu'ils combattaient des chevaliers-fées au nombre de sept, et que l'issue de la bataille devenait très incertaine. Le roi de France venait juste de refuser de se rendre et d'être raccompagné aux portes de la Terre périssable, parce qu'il pensait que défendre le royaume de Lënipeln du Mal revenait à empêcher que le royaume de France fût balayé par les éléments hostiles (la terre des immortels ayant pour ainsi dire une puissance causale).

Il était prêt, certes, à mourir pour la cause juste qu'il servait, et au service d'Ëtön, par qui les éléments étaient en équilibre, les dieux lui ayant donné cette prérogative, ayant confié à son sceptre cette puissance.

Les dieux, ou les anges, par l'ordre de Jésus-Christ, ainsi que Solcum le disait: car lui aussi croyait au Christ ressuscité, et qu'il était Dieu, lui avait-il assuré, même si les mots qu'utilisaient les clercs pour en parler lui semblaient étranges, et s'il n'aurait pas utilisé les mêmes. Mais il n'était en lui, ni en Ëtön, nulle hérésie, contrairement à ce qu'il en était d'ailleurs pour Ornicalc, qui haïssait le Christ et ne croyait pas qu'il fût celui qu'on disait. Les dieux justes, avait dit Solcum encore, étaient les anges du Seigneur, comme les appelaient les hommes de France, et ils avaient confié son sceptre à Ëtön avant de reconnaître qu'ils avaient le Christ pour chef, mais, bien qu'ils ne l'eussent point reconnu auparavant, déjà ils lui obéissaient, aussi étrange que cela paraisse. À cet égard, Louis ne devait avoir nulle inquiétude!

Le roi de France se souvenait de ces paroles qu'en privé Solcum lui avait dites, et il n'entendait pas se soumettre au Malin, qui, en ce monde, avait pris les traits d'Ornicalc et de ses sbires.

Saint Louis leva son épée, mais son ennemi, vif comme l'éclair, lui donna un coup de pied qui le surprit, et il tomba de cheval.

Il vit ses frères et ses compagnons jetés à bas du leur par les cinq autres chevaliers, et, même, Simon de Nesle transpercé, parce qu'il tâchait de se relever et d'appliquer un coup à celui qui l'avait mis à bas; l'autre fut plus rapide et Simon, malgré sa prière qu'on l'épargnât, fut frappé au cœur; la lame transperça le haubert en jetant des étincelles: elle avait des reflets jaunes étranges.

Puis le chevalier trancha la tête de Simon de Nesle, et Louis en ressentit plus de peine qu'on ne saurait dire.

Les autres chevaliers français furent chargés de liens, et on leur enleva leur heaume, pour les rendre plus vulnérables, et les mettre à merci de l'ennemi.

Louis à son tour fut ligoté. Le chevalier qui s'était adressé à lui dit: Maintenant, nous allons vous emmener auprès d'Ornicalc, qui décidera de votre sort. Tu aurais dû, Louis, accepter la reddition, car j'étais prêt à vous laisser vous en aller sans en référer à mon nouveau maître. À présent je choisis de vous mener à lui, puisque vous ne voulez pas vos soumettre.

Louis ne répondit rien. Il gardait la tête baissée. Il fut lié aux autres.

Les chevaliers mauvais créèrent avant de s'en aller un bûcher funéraire pour leur compagnon mort. Ils prononcèrent des paroles, afin de soutenir son âme et lui094626e0e530ca5d3ee52ea79971bc7e.jpg permettre de s'élancer vers l'ouest divin, vers le royaume des êtres célestes. Ils autorisèrent, à sa demande, Louis à donner à Simon de Nesle une sépulture chrétienne. Chargé de liens, les Français creusèrent une tombe, au moyen d'épées et de dagues, et ensevelirent leur compagnon. Ils lui adressèrent des prières et un adieu, et son épée fut plantée sur le tertre, à côté d'une croix que les chevaliers firent de deux branches qu'ils trouvèrent dans un bois qui se dressait auprès. Les six chevaliers-fées les regardèrent, attendirent, puis les emmenèrent.

Sur le chemin, Louis demanda au chevalier qui s'était le premier adressé à lui s'il croyait vraiment que son compagnon rejoindrait les êtres divins du ciel occidental, comme ils l'avaient chanté en leur langage, que Louis était parvenu à comprendre en partie. Ne craignait-il pas, au vu de ses péchés et de sa mécréance, qu'il allât plutôt en Enfer, dans le royaume de Satan?

Le chevalier mystérieux répondit qu'en aucun cas celui qu'il appelait Satan, et qu'eux appelaient Mardon, n'était leur ami, et qu'ils n'avaient fait qu'agir pour le bien du royaume de Lënipeln. Que fous étaient les mortels qui avaient suivi dans sa folie le sénile Ëtön.

Mais Ornicalc ne sert-il pas Satan en secret? demanda Louis.

- Ne parle point, pauvre Louis, de choses qui te dépassent, répondit le chevalier. Que sais-tu des mystères du monde caché? Le lien qu'Ornicalc et Mardon entretiennent est au-delà de ton entendement. Ne mêle pas tes paroles à ces secrets, si tu ne veux pas être l'homme le plus ridicule de toute la Terre.

Le cortège poursuivit son chemin. Devant étaient les Français, à pied, derrière les chevaux, et Solcum, toujours sur le sien, inconscient, était aussi emmené auprès d'Ornicalc par un des chevaliers.

Louis demanda s'ils ne pourraient, lui et les siens, récupérer leurs chevaux, et cheminer liés sur leur dos, pour leur épargner les grandes fatigues de la marche à pied. Alors le chevalier qui était le chef, et qui déclara se nommer Etacalün, rétorqua des mots profondément insultants, affirmant que les mortels ne méritaient pas de monter des chevaux, et surtout pas ceux que leur avait prêté Ëtön, qui étaient fils du vent. Qu'on ne pensât pas à renouveler cette demande, si on ne voulait pas être foulé aux pieds et battu!

Saint Louis demanda à Etacalün s'il avait un lien avec Ëtön et, s'il en avait, lesquel, et l'homme aux yeux de gemme, dont l'éclat vert et froid le précédait dans l'air, dit:10990020_1550832898534190_6403727288428129400_n.jpg Je suis des grands de Lënipeln et comme Solcum, neveu d'Ëtön, quoique je sois le fils de sa sœur, tandis que Solcum est celui de son frère. Ainsi sommes-nous cousins germains. Louis ne s'en étonna pas. Ils se ressemblaient. Mais les yeux d'Etacalün, s'ils étaient brillants, n'avaient pas la même chaleur, le même amour que ceux de Solcum: ils ressemblaient à des cristaux trouvés dans la terre, et même à de la glace. En les regardant, Louis frissonnait. Ils avaient la dureté des cœurs sans pitié, qui ne cherchaient, dans le monde, que leur propre profit.

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, et, pour la prochaine fois, de s'attendre à ce que saint Louis parvienne devant la terrible forteresse d'Ornicalc.