01/08/2021

Saint Louis le roi et la nymphe maudite

00000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série incroyable, amis lecteurs, nous avons laissé saint Louis alors qu'il venait de reconnaître, dans le val fleuri d'une dimension parallèle, son frère Robert courant après une fée, et riant de joie et de bonheur!

Cependant, Ostön, prenant un air inquiet, plaça sa main sur le bras de Solcum, et lui murmura quelques mots d'une langue chantante et inconnue – faisant comme de l'eau au sein de l'air, un flux harmonieux, et pouvant être restitué par les mots: Saluniamën, taïloman. Saint Louis ne put saisir leur sens – mais il vit le visage de Solcum s'assombrir, les ayant entendus.

Le bon roi de France n'en descendit pas moins joyeux la pente qui le séparait de son frère, et il l'appela, cria son nom. Et Alphonse et même Imbert le suivirent prestement – et eux aussi hélèrent Robert, si heureux de le revoir! 

Mais celui-ci ne répondait pas, continuant à courir en riant après Silasán couronnée de jolies fleurs. À son tour Louis se mit à courir, et comme Robert faisait des courbes, ondoyait dans l'herbe à la façon d'une rivière, lorsqu'il courait ensorcelé après sa belle – comme, même, il faisait des boucles, revenant fréquemment sur ses pas en sautant par dessus la rivière argentée –, il l'attendit sur le trajet qu'il devait prendre, puisqu'il prenait sans cesse le même: il était sûr qu'il le verrait et que, le voyant, il s'arrêterait, et le saluerait.

Et voici! il fut très étonné quand Robert passa près de lui et des deux chevaliers de France ses compagnons, sans paraître aucunement les voir. 

Louis reproduisit son manège, se plaçant à nouveau devant lui, afin de le saisir entre ses bras. Mais, il ne sut comment, non seulement Robert ne parut point le voir, mais lui-même fut incapable de le saisir, et ses mains ne se refermèrent pas sur lui, mais ne le touchèrent pas. Il était pour lui pareil à une ombre – et courait toujours, passant à travers ses anciens amis, et son frère même, et il n'avait pour ainsi dire plus d'épaisseur, on ne pouvait le saisir, ou le toucher!

Stupéfait, effrayé, Louis se tourna vers Solcum, qui tira aussitôt son épée. Louis se demanda si c'était pour lui, et si la traîtrise des démons enfin apparaissait, mais Solcum se précipita vers Silasán l'épée levée – et Silasán le vit, et poussa un cri. 

Cependant Robert continuait de la suivre à vive allure, comme si de rien n'était, et de rire stupidement, les yeux éblouis, grands ouverts, la bouche aussi ouverte et souriante sans saisir ce qui se tramait autour de lui – et une grande épouvante pénétra le cœur de Louis, qui comprit qu'il ne reverrait plus jamais son frère, tel qu'il l'avait connu! 

Et Silasán se mit à fuir devant Solcum, pendant que Robert la poursuivait toujours. Et si rapide était-elle que Solcum peut-être ne l'aurait jamais rattrapée, s'il n'avait pas levé la main puis fermé le poing – et n'avait fait, on ne sait comment, trébucher instantanément à distance la nymphe maudite. Elle s'affaissa, et Robert se jeta sur elle. Mais elle l'écarta d'un geste, et il se dissipa dans l'air lumineux, sans que Louis pût voir où il s'en était allé. Il l'entendit rire une dernière fois, avant que brusquement le silence se fît. Et Solcum fut en un instant au-dessus de Silasán, et elle leva la main, et le supplia, l'implora, mais furieux Solcum brandit l'épée, s'apprêtant à la frapper. Et Silasán ouvrit son sein, le plaçant nu sous les yeux de son assaillant – et Louis n'avait jamais rien vu de plus beau que ce buste enchanté, que ce sein d'immortelle: il brillait, rayonnait, éclatait à travers les voiles de la belle – jetant comme devant lui une lumière –, et il pensa que Solcum hésiterait avant d'y enfoncer le fer – que malgré lui il éprouvait de la pitié pour cette sorcière! Celle-ci dit quelques mots dans la langue inconnu des génies, suppliante et tentatrice, montrant ses seins rayonnants, et saisit la cuisse de Solcum dans sa main blanche, légère et douce, et le futur génie de Paris hésita. Mais voici, il regarda cette main, et, au doigt fin, vit l'anneau de Robert, avec son sceau; et Louis le vit aussi, et poussa un cri, comprenant ce qu'avait de maléfique l'ignoble sorcière. À son tour Solcum se secoua, dégagea sa cuisse, repoussant la belle Silasán, et enfonça horriblement le fer dans son sein pur. Elle poussa un cri, et du sang jaillit de sa bouche, coulant aussi sur sa chair blanche; mais bientôt une fumée aigre vint de la plaie, et le corps de Silasán se recroquevilla, se renfrogna, s'assombrit, s'assécha, et la nymphe se mit à hurler comme une goule, et de fait elle s'élança dans les airs en crissant, et disparut à son tour 0000000.jpgcomme une fumée, noire et laide. Solcum jura, comprenant qu'il avait été joué, et que ce corps parfait avait dissimulé une horrible démone.

En tremblant Louis s'approcha, lui posa la main sur l'épaule. Il voulut lui parler, mais il le vit tremblant de colère, le visage rouge vif – plus que ne peut l'être un homme mortel, et comme si c'eût été sa couleur naturelle: les génies, en effet, avaient la faculté de changer de couleur, sur leur peau, même s'ils n'en usaient pas souvent, afin de ne pas dérouter les mortels. Ainsi trouvait-on des génies bleus, verts, violets, jaunes, rouges. Mais souvent ils ne faisaient qu'arborer ces couleurs sur ce qu'on pensait être leurs habits – laquelle les mortels ne distinguaient que difficilement de leur chair. Ou ils les assimilaient à leurs bannières. Cela dépend de leur degré de ressemblance avec les êtres humains; car ils aimaient leur ressembler, les imitaient, et en ce cas cette qualité de couleur était atténuée. Toutefois ces teintes pouvaient-elles être vives, comme elles le sont dans les plantes, chose étrange à dire. Et c'est ainsi que certains ont été appelés génies bleus, génies jaunes, génies rouges – surtout quand ils n'apparaissaient que comme des ombres, sans corps épaissi. Mais c'est un mystère propre à la manifestation des génies dans le monde, et il nous faut revenir à notre sujet, afin d'éviter l'égarement.

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette étrange histoire.

25/05/2021

Saint Louis par-delà la Tapisserie

0000000000 (2).jpgDans le dernier épisode de cette série sacrée, nous avons laissé le roi saint Louis alors qu'il s'approchait, avec ses compagnons, d'un arbre divin qui se dressait sur une colline sainte.

Louis en admira les feuilles fines, leur trouvant un air métallique, mais s'apercevant, en approchant, qu'elles avaient une transparence inattendue, comme si elles fussent faites de fine émeraude. Et il les toucha en ayant peur de se couper, mais elles étaient légères et molles, et dès qu'il les effleura elles se retirèrent en frémissant, comme si, douées de sensibilité, elles eussent eu une répugnance à se laisser toucher par sa main. Solcum sourit, et son œil lança un éclair. Louis curieux tourna vers lui un œil interrogateur, mais Solcum continua à marcher sans y faire attention, tournant autour de cet arbre comme s'il cherchait un endroit précis. Ostön le suivait de près, il se hissa même rapidement à sa hauteur, partageant ses connaissances, son assurance, et semblant savoir ce que faisait Solcum, où il se dirigeait et dans quel but. 

Louis les suivit, de nouveau méfiant. Il précédait le fidèle Alphonse de Poitiers, qui, lui, se fiait à l'homme dont il suivait les pas, ne doutant point du Roi, auquel il était voué complètement. Imbert de Beaujeu, restant en arrière et n'avançant qu'à pas lourds, avait toujours l'impression qu'un mauvais sort s'était irrémédiablement emparé de son âme, et que son corps était dirigé de l'extérieur par une force inconnue.

Solcum parvint jusqu'à un endroit où les branches faisaient comme une arche, avant toutefois d'être encombrées d'autres branches très feuillues, entre lesquelles luisaient des fleurs, tandis que des fruits brillaient à une hauteur plus grande, plus proche de la cime – et saint Louis se dit que sans doute l'arbre fleurissait et fructifiait par paliers, et non d'une façon 000000000.jpgdésordonnée et erratique, comme de loin il lui avait semblé. Et Solcum leva la main, et d'autres branches s'écartèrent, comme si, son commandement, elles le laissaient passer. Et Louis s'attendait à voir, derrière, le tronc de l'arbre, mais il n'en fut rien.

Car soudain Solcum fit un geste étrange, dessinant dans l'air comme un cercle barré d'un éclair, et entre les branches comme un voile se tendit, montrant, comme brodé, un paysage inconnu, aussi étrange que singulier. Le feuillage enroulé sur lui-même traçait de nouveau une arche, au-dessus de ce voile, qui était aussi comme un rideau, une toile peinte. Mais une curieuse qualité était en lui. Il miroitait, et la clarté qui était sur lui se mouvait, comme s'il était vivant. Il avait quelque chose de vaguement ondoyant, comme si en réalité il s'était agi d'une nappe d'eau, reflétant un paysage qui n'existait pas, que Louis ne pouvait pas voir derrière lui. Du reste, elle ne renvoyait aucunement son image, ni celle de ses compagnons, comme on peut s'en douter.

Soudain Solcum jeta en arrière, vers Louis et ses deux compagnons, un regard rapide, puis regarda Ostön dans les yeux, et sans mot dire s'enfonça dans cette image, où il disparut.

Louis poussa un cri, et Ostön se tourna vers lui, et lui montra Solcum qui, en haut d'une colline lointaine, dans l'image, se tenait debout, face à eux. Louis sursauta, en voyant ajouté cet élément dans la tapisserie. Même s'il s'était agi d'une réalité, et que l'image ne fût qu'une vitre, il ne comprenait absolument pas comment Solcum avait pu se déplacer aussi vite, était allé, en un instant, aussi loin. Car la colline que montrait Ostön était à plus d'une portée d'arc. 

Mais Ostön, sans rien dire, invita d'un geste Louis à la suivre, et celui-ci s'approcha, partagé entre la crainte et l'envie. Il désirait essayer ce tour, mais avait peur qu'il ne le damnât, et ne l'emmenât dans un monde d'illusion et de tromperie. Toutefois, comprenant que pour revoir et retrouver Robert d'Artois, il lui fallait aller dans ce monde, il se signa, plaça son âme sous la protection de Jésus-Christ, confiant que même parmi les songes mensongers sa lumière saurait le guder, et s'avança, et plongea les mains, le visage et le corps dans l'image, qui l'aspira aussitôt. Un souffle le prit, s'empara de lui, et il se sentit comme tiré vers un étrange tourbillon. Il tourna en volant, et l'instant d'après il était aux côtés de Solcum, debout aussi, comme s'il n'avait point bougé; et le protecteur secret de Paris lui sourit, posant même sa main sur son épaule, tâchant de le rassurer. 

Alphonse n'attendit pas qu'Ostön lui fît signe, mais s'élança vers l'image et, la traversant, se retrouva aux côtés de son roi, joyeux. Imbert resta immobile, mais Ostön leva la main, et Imbert sentit ses pieds le tirer vers l'image, dans laquelle il disparut à son tour, avant de se retrouver auprès des trois autres. Enfin Ostön les suivit, sans hésiter.

Louis, regardant autour de lui, demanda à Solcum comment ils feraient pour retourner dans leur pays d'origine, puisqu'il ne voyait ni l'arbre sacré, ni aucune porte par laquelle ils eussent pu passer. Autour de lui en effet n'était qu'un enchaînement verdoyant de collines à l'herbe tendre et rase, sans arbres, mais traversées de bandes de couleurs qui étaient des fleurs, et en même temps semblaient s'élever du sol comme une brume. Dans le ciel le soleil brillait comme une grosse boule d'or, tout proche de la terre, mais, contrairement à ce qu'il en avait été avant de franchir le seuil de la tapisserie vivante, on ne voyait pas les étoiles ni la lune ensemble. Le ciel était curieusement plus doré que bleu, comme rempli de la lumière du soleil, qui pourtant 0000000000.jpgn'éblouissait pas.

Solcum, en souriant, lui dit, rassurant, de ne pas s'inquiéter, et que lui, Solcum, lui montrerait bien assez tôt le chemin du retour, dès que cela s'avérerait nécessaire. Qu'au reste il était temps, pour lui, de se préoccuper de tout autre chose! Et ce disant, il lui prit le bras, et doucement l'invita à regarder au bas de la colline sur laquelle ils se tenaient, tous les cinq. Il lui montra alors du doigt le fond du val fleuri qui sous eux étendait le serpent argenté d'une rivière riante. Et, là, saint Louis, baissant les yeux, et rendait aigu son regard, vit un homme nu qui poursuivait en riant une jeune fille aux voiles mauves et transparents, et nue sous eux aussi, ainsi qu'il n'était point difficile de s'en apercevoir. Il reconnut, immédiatement, son frère Robert et la belle nymphe Silasán, correspondant en tous points à ce qu'on lui en avait dit. Et ils avaient l'air joyeux, et saint Louis se réjouit, car ils semblaient heureux, et il n'y avait, apparemment, nulle crainte à avoir pour la vie de Robert d'Artois.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette singulière histoire.

20/03/2021

Saint Louis près du saint arbre elfique

0000000.jpgDans le dernier épisode de cette inquiétante série, dignes lecteurs, nous avons laissé saint Louis et ses compagnons alors qu'ils gravissaient une pente fleurie dans un jardin enchanté et qu'Imbert de Beaujeu sentait sur lui peser un sortilège qui l'empêchait d'avancer.

Pourtant le roi saint sentait, au contraire, toujours plus de feu dans ses jambes et ses pieds – et sa vision s'éclairait, il distinguait chaque détail. Et en scrutant les beaux arbres qui s'élevaient au faîte de la colline, il en remarqua en particulier un, somptueux et grandiose, aux larges branches, aux fleurs étincelantes, aux fruits lumineux. Car il en fut surpris, mais cet arbre d'un genre unique portait en même temps des fleurs et des fruits!

Il s'enquit de ce mystère auprès de Solcum, après l'avoir montré du doigt à Alphonse de Poitiers et lui avoir signifié ce qui l'avait étonné. Alphonse poussa un cri d'admiration, partageant complètement les sentiments du Roi, quoique n'ayant ni son cœur pur, ni son regard aigu.

Il n'avait point non plus sa flamme – mais il faisait ce qu'il pouvait, puisant dans ses propres forces l'énergie de le suivre, voire de rester à sa hauteur, ainsi que de regarder ce qu'il lui montrait, et comprendre les choses qu'il lui disait. 

Car il voyait bien que, plus que jamais, Louis était habité par une force supérieure – qu'il en rayonnait, en flamboyait, qu'un dieu s'était uni à lui en secret, à coup sûr. Et pourtant il ne se servait certainement pas de lui comme d'un simple véhicule – le chassant de son propre corps, comme le font les démons. Non: il s'unissait à lui en le laissant l'accueillir librement et en n'obscurcissant point sa pensée propre, mais au contraire en l'illuminant, en la renforçant – demeurant discret et au service des hommes, comme seuls le font les anges de Jésus-Christ!

Ou Jésus-Christ lui-même, depuis le Ciel? 

Alphonse comprenait que c'était là vaine pensée, car même s'il ne s'agissait que d'un ange, il avait pris le visage de Jésus-Christ, et même s'il s'agissait de Jésus-Christ, il s'était émané lui-même, envoyant à Louis une simple image, qu'animait un esprit qui lui 00000000000000.jpgétait subordonné et fidèle – donc un ange –, tandis que lui restait au plus haut des cieux – aux confins de l'espace, dans les lointains de l'univers, que les ailes de l'amour cosmique entourent et font voler.

Alphonse en effet était si émerveillé qu'il concevait soudain de grandes et belles choses, qu'il se sentait inspiré et disert – devenu un grand orateur mystique –, comme si lui aussi était, tout de même, habité par un pur esprit. Mais, il le sentait, il n'était pas, cet esprit, à la mesure de celui qui logeait dans l'âme de son maître Louis, devenu sous ses yeux tel qu'un géant – tel qu'un de ces héros anciens dits fils des dieux par les poètes aux mille fables plaisantes. 

Louis était devenu le fils d'un dieu – mais longtemps après sa naissance, dès que l'état de sa sagesse le lui avait permis. Rétroactivement, comme on dit, un dieu l'avait engendré – après avoir remonté le temps, dès que le front de Louis se fût pour cela suffisamment illuminé. 

Mais ce mystère dépassait l'entendement d'Alphonse, qui ne formula clairement en ce sens aucune pensée; il se contenta de sentir la chose, et de constater, de ses yeux, les flammes qui sans le brûler ceignaient les pas de Louis le long du sentier gravissant la colline sainte.

Car elle en était une! Et Solcum répondit à la question de Louis par ces mots mystérieux: Roi, dit-il, tu es ici sous le charme de la Lune. Tiens-toi bien, et écoute! Ce jardin date de l'époque où la Lune et la Terre n'étaient point séparées, mais ne faisaient qu'une. 0000000000000.jpgOr à cette époque les mois n'existaient point, la Lune jamais ne s'était encore levée. Contenue dans la Terre elle faisait mûrir les arbres, et les faisait aussi fleurir par simple alternance de quatorze jours – ce qui les amenait à se côtoyer, à être ensemble sur les branches. Tu en as là un exemple, car un cercle a ici été tracé, un charme jeté, qui conserve l'ancien état de la Terre – et c'est pourquoi en ce lieu les hommes sont immortels, et les arbres étoilés. Ne vois-tu pas, au-dessus de ta tête, la Lune, le Soleil et les étoiles ensemble, dans un même ciel? Réfléchis, et tu en sauras le sens.

Mais saint Louis eut beau réfléchir, aucune idée sensée ne lui vint à l'esprit. Le rapport entre le dernier fait évoqué par Solcum et ce qu'il avait dit juste avant ne lui apparaissait pas du tout.

Toutefois, il se dit qu'il n'avait point encore assez songé à la chose – ou plutôt, qu'il lui faudrait, ce soir même, juste avant de se coucher, prier Jésus-Christ, ou bien sa Mère sainte, qu'il ou elle voulût bien, pendant son sommeil, l'éclairer, et qu'il s'éveillât, le lendemain matin, avec la vérité en tête. Oui, il le ferait, il y penserait.

Mais pour l'heure, que pouvait-il faire d'autre sinon ne pas persister dans un échange que visiblement son guide, le protecteur secret de Paris, ne souhaitait point poursuivre – sans doute parce qu'il n'était pas en mesure de dire les mots qu'eût pu saisir son interlocuteur, dans son faible esprit de simple mortel? Il se tut, donc, et, bientôt, toujours émerveillés, ils parvinrent tous les cinq près de la lumière dégagée par l'arbre dont nous avons parlé, et qui était d'une sainteté incomparable.

Mais il est temps, chers, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à l'aventure qui advint dans le pays de l'arbre saint.