13/12/2018

L'Homme-Météore et le rougeoiement de Radsal-Tör

36478181_1671817059580967_5982345769187803136_n.jpgDans le dernier épisode de cette effroyable série, nous avons laissé l'Homme-Météore, gardien secret de Paris, alors qu'il venait de vaincre l'Homme-Glu et que celui-ci, à terre, invoquait le secours de son maître Radsal-Tör.

Soudain, du mur écroulé, jaillit une vapeur noire, et de cette vapeur noire sortit une main, qui prit le corps de Damien Molter, car elle était énorme. L'Homme-Météore, non retardé dans ses actions par la surprise, voulut bondir pour empêcher cette épaisse poigne de saisir l'homme et l'emporter vers on ne sait quel repaire lointain, mais il fut repoussé par un étrange champ de force, et, un bref instant, il vit, autour de la main, des éclairs lui montrant, par morceaux, des ogres hideux, qui l'empêchaient d'avancer et appuyaient de leurs bras noueux, pareils à des branches de chêne, sur ses propres membres. Il avait beau tenter de forcer le passage, cela ne faisait que déclencher des foudres violets ou bleus, montrant, certes, les monstres qui créaient le champ de force, mais ne permettant absolument pas à l'Homme-Météore de rejoindre la main et le corps qu'elle emportait.

Et lorsqu'il voulut abattre son sceptre cosmique sur l'un de ces ogres aperçus brièvement, voici ce qu'il se passa: l'être s'effaça, et son arme ne rencontra que du vent. Mais lorsqu'il voulut passer, de nouveau il fut repoussé: le sortilège était rusé. Il ne put que regarder, sans pouvoir rien faire, la main énorme emporter le corps de Damien Molter encore animé d'un faible souffle à travers l'ouverture noire où elle avait surgi; et, bientôt, celle-ci se referma, et la vapeur se dissipa, devint moins épaisse et sombre, et il n'y eut plus, sous les yeux de Robert Tardivel, que les gravats et la poussière grise, à terre ou dans l'air, suspendue.

Au loin, dans la rue, retentirent les sirènes des voitures de police. L'Homme-Météore hésita un instant, puis, sortant par la vitre brisée, négligeant de regarder l'homme toujours évanoui sur le trottoir où il l'avait lui-même jeté, il leva les yeux et les mains vers le ciel, et s'élança dans les airs: à son bras droit, le sceptre divin, vibrant et étincelant, contenait visiblement la force qui le soulevait, puisque ce bras était tendu, et tout son iron man.jpgcorps déséquilibré par le poids qui l'entraînait vers le haut. Derrière l'Homme-Météore, surgissant du bâton qu'il tenait, un flux d'étincelles se faisait voir, lui créant comme une traîne.

D'en bas, et du coin de l'œil, il vit les policiers arriver, l'arme au poing, puis entrer dans la pièce. L'un de ceux restés déhors le montra. Les autres regardèrent. L'un d'eux tira un coup de feu vers lui. La balle rebondit, vaine, sur son armure luisante. À peine un bruit se fit entendre quand elle le frappa. Les autres balles, tirées par les policiers déchaînés, n'eurent pas de meilleur effet, si même elles le touchèrent: seules deux furent dans ce cas; les autres se perdirent dans l'air noir. Sans plus se soucier de ces fous qui tiraient sans savoir pourquoi, et par peur de l'inconnu, il poursuivit son vol.

Suspendu au bâton de clarté nourri de rayons cosmiques, le gardien secret de Paris passa par-dessus les nuages, sembla se mêler aux étoiles, puis entama une descente vers Vincennes.

Mais il dut changer de chemin, car soudain, au-dessus de Saint-Denis, au nord, il vit, dans les airs, un rougeoiement, qu'il regarda comme un indice sûr: là, songea-t-il, se tenait Radsal-Tör, assis sur un trône d'ivoire. Il en eut la vision: le monstre avait la gueule grande ouverte, comme s'il poussait un cri de dépit, mais dont il ne sortait aucun son. À la place, une fumée noire se dégageait de sa bouche, malodorante et épaisse. Sans hésiter une seconde, l'Homme-Météore se dirigea vers ce signe, qui, aussitôt qu'il l'eut vu, disparut. Réalisant une courbe qui rappela, à ceux qui la virent, celle de la planète Vénus dans le ciel, il survola le cimetière du Père-Lachaise, à portée de la main gauche laissa le parc de Belleville - et passait au-dessus d'Aubervilliers quand des traits de feu jaillirent d'une cité aux immeubles constellés de fenêtres d'or, donnant sur des foyers qui, en ce soir triste d'automne, s'employaient à s'éclairer. Trois missiles étranges, qui s'avérèrent être des hommes volants en armure tirant devant eux des traits de lumière rouge, bleue et verte, vinrent tenter de couper la route au gardien de Paris, effectuant 574758_433483336695572_1666528776_n.jpgd'autres courbes remarquables. Car ils volaient en spirales, tournant lentement dans l'air humide, et agrandissant leurs cercles à mesure qu'ils s'approchaient de l'Homme-Météore, afin de l'entourer, et le bloquer.

Sans hésiter, le protecteur de la capitale de France leva son sceptre cosmique, et du feu en sortit, pur et jaune, étincelant et pareil au feu des étoiles; la rafale d'énergie concentrée frappa de plein fouet le premier de ses assaillant - celui qui volait le plus vite, et qui tirait, de ses mains gantées de fer, des traits de lumière rouge. La puissance de l'Homme-Météore sans doute s'était accrue, depuis la dernière fois qu'il avait affronté des sbires armés de Radsal-Tör, car son jet d'énergie trancha aussitôt un bras de cet ennemi. Cependant, aucun sang n'en sortit, comme si cet ancien homme était en réalité une machine: seuls des fils se virent, et en guise de sang, on ne vit tomber, de son bras coupé, que des filets d'huile. Pourtant, le choc suffit à stupéfier ce robot humain, car il retomba en vrille, assommé. Mais peu avant de toucher le sol, il se reprit, et, d'un vol bancal, parvint d'abord à raser la terre, puis à retrouver de l'altitude, recommençant à tirer vers l'Homme-Météore, avec la main qui lui restait!

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode épique, pour renvoyer la défaite de l'Homme-Météore, et l'apparition de l'Homme-Fétiche, au prochain!

07/12/2018

Michel Houellebecq mythologique

ff28ec3e12811c2499bffa9200deaf24--ghost-in-the-machine-cyberpunk-art.jpgDans les romans de Michel Houellebecq, le mythologique affleure, à travers notamment des figures de science-fiction, mais il n'entre pas tellement dans les intrigues: il flotte comme un réseau d'images qui ornent des trames essentiellement réalistes, s'appuyant, même dans la fantaisie, sur des données prétendument scientifiques. Mais, comme Victor Hugo, Michel Houellebecq, dans sa poésie, tend à créer des images fabuleuses et à les prendre comme sujet essentiel.

Il imagine qu'un jour la mécanique l'emportera exclusivement sur le vivant, et videra toute la Terre de son âme, de sa vie:

Alors s'établira le dialogue des machines
Et l'informationnel remplira, triomphant,
Le cadavre vidé de la structure divine;
Puis il fonctionnera jusqu'à la fin des temps.

(Cf. Poésie, éd. J'ai lu, 2015, p. 92.)

Il fait le tableau de la mort qui prévaut sur tout, de l'ange du néant - ou de son action, du moins. Il faut remarquer que le romancier Stefan Wul (1922-2003) a fait des vers au sens proche; mais il y a des différences significatives. Wul insiste davantage sur le merveilleux, montrant les machines remplies de voyants lumineux et colorés, créant une ambiguïté sur cet avenir sombre, puisque l'illusion de la vie est laissée. D'un autre côté, il utilise des concepts moins explicites, n'évoquant pas de structure divine, par exemple. Si d'ailleurs le concept est en soi explicite, en contexte il n'est pas très clair. Une structure est plutôt une forme et si le cadavre est extérieurement pérennisé, on peut dire que sa structure est conservée. Or, il se peut que la forme du corps humain ait quelque chose de divin. C'est le sens de l'Incarnation: le corps de Jésus a attiré, par sa perfection, l'entité divine. À moins que ce ne soit celui de la vierge Marie. Mais l'évocation de Houellebecq reste suggestive.

Pour, à l'inverse, décrire un monde plus beau, il mêle les sentiments au merveilleux d'une façon poignante. Cherchant à cristalliser le rayonnement solaire, il s'écrie:

b5e9498c09c03a11af7d00c4f9ed701e.jpgIl existe un pays, plutôt une frontière,
Où la lumière est douce et pratiquement solide
Les êtres humains échangent des fragments de lumière,
Mais ils n'ont pas la moindre appréhension du monde.

(Ibid., p. 125.)

Les morceaux de clarté échangés sont mystérieux, tout comme la conjonction d'opposition du dernier vers. Cela crée un tremblement matérialisant l'idéal, le rêve. Le pays qu'il peint rappelle évidemment le Sídhe des Irlandais et des Écossais – le pays des fées. À la frontière des mondes, il matérialise la lumière, éthérise la matière, et les hommes y sont pareils aux anges – maniant des feux comme s'il s'agissait de fleurs.

Or, les simples mortels peuvent se rendre dans ce lieu fabuleux, en passant à travers les falaises:

Nous avons traversé des frontières de craie
Et le second matin le soleil devint proche
Il y avait dans le ciel quelque chose qui bougeait,
Un battement très doux faisait vibrer les roches.

(Ibid.)

Les voyageurs semblent se hisser dans les hauteurs, et se rapprocher des astres. Dès lors, le pressentiment des anges, des dieux se fait jour, même si, ici, le poète se garde bien de représenter des formes. Le e4d33826f858c2c95595adfcbf7d5714--angelic-angel-angel-s.jpgbattement renvoie aux ailes des anges, auxquelles semble répondre le monde minéral, au souffle duquel il paraît s'éveiller. C'est bien ainsi que ce lieu apparaît comme elfique, intermédiaire entre l'humain et l'ange, entre la matière et l'esprit: il est sensible aux haleines divines.

Houellebecq suggère, plus qu'il ne dit; mais le mythologique reste patent, et, à cet égard, quoique avec des philosophies apparemment différentes, il se montre assez proche d'un Christian Bobin – aussi surprenant cela puisse être.

Il affecte toutefois des images plus sombres, démentant que l'univers ait un sens, imitant à cet égard son cher Lovecraft:

À moins d'imaginer que nous allons revivre
Revivre sans conscience, que nos atomes idiots
Répétitifs et ronds comme des billes de loto
Vont se recombiner comme les pages d'un livre

Écrit par un salaud
Et lu par des crétins.

(Ibid., p. 415.)

Il n'affirme pas: il émet l'hypothèse. Il est possible que l'univers ne soit fait que de lois mécaniques arbitraires, dénuées de sens moral. Le dieu affleurant rappelle le diable. L'avenir crée l'attente morbide d'un immense charnier:

death.jpgLes fantômes avaient lieu de leurs mains délétères,
Recouvrant peu à peu la surface de la Terre
Les souvenirs glissaient dans les yeux mal crevés
Qui traversaient la nuit, fantassins énervés.

(Ibid., p. 429.)

La personnification des souvenirs, leur assimilation aux fantômes, animent la pensée vers un tableau ténébreux, philosophiquement classique. On ne sait bien ce qu'il faut croire: l'articulation entre le pays mystérieux où la lumière se fait solide, et la Terre que remplissent les vapeurs spectrales, n'est pas claire. Les deux s'opposent, sans qu'on voie ce qui les unit. Houellebecq, dans sa poésie, fait se succéder les images selon son sentiment, sans forger de pensée unitaire et cohérente. Cela peut expliquer pourquoi ses romans, qui s'appuient sur une philosophie nette, sont peu mythologiques: lorsqu'il veut être clair, il reprend les concepts ordinaires, à la mode, dominés par le matérialisme - malgré son désir de les dépasser. Il y a un tempérament mystique d'un côté, une soumission au dogme collectif de l'autre. C'est ce que je ressens en le lisant; cela explique son succès.

29/11/2018

L'Elfe jaune et Momülc contre les gardiens de Boëge

melkor.jpgDans le dernier épisode de cette geste insigne, nous avons laissé nos deux héros, l'Elfe jaune et Momülc le Preux, aux portes de Boëge, la noble cité dans laquelle ils pensaient se cacher - et que gouvernait, avec ses terribles fils, le hideux homme-sanglier qui jadis déjà avait terrorisé la forêt des Voirons et ses environs.

S'il le pouvait, l'Elfe jaune libérerait Boëge en abattant ce monstre, mais il doutait qu'il le pût, car il était désormais plus puissant qu'il ne l'avait jamais été. Il était de son devoir d'essayer, et son cœur se brisait, quand il songeait aux jeunes filles asservies à cet être abject, et aux pères et aux maris qui craignaient chaque jour pour leur vie, s'ils osaient se rebeller contre ses exigences, et devaient, quoi qu'il en soit, travailler dans d'obscures mines de la montagne pour payer d'offrandes précieuses le nouveau prince de Boëge. Eussent-ils la hardiesse de refuser, qu'ils se verraient aussitôt (comme déjà cela était advenu) jeté aux bêtes que ce monstre gardait avec soi, créatures mutantes et hybrides que nul pinceau ne saurait peindre - aux formes aussi irrégulières qu'effroyables, aussi immondes qu'indicibles! Régulièrement, Borolg les nourrissait de ceux qu'il disait faibles et inutiles à la Communauté libre de la Vallée verte, ainsi qu'il l'appelait, et ces bêtes, douées d'un certain degré de conscience, se réjouissaient diaboliquement, festoyant dans le sang de ces malheureux en s'y roulant, en s'y vautrant.

Par la terreur Borolg régnait, voulant qu'on le pense un être à la puissance illimitée, l'envoyé des dieux dont le premier héraut, 26805173_378425989284464_8806306983786289850_n.jpgprétendait-il, était Malitroc, fils de la grande Pieuvre! Auteur d'un véritable culte, il était un sorcier craint même de ses rivaux, et, en secret, s'efforçait de miner l'autorité des préfets de son maître, afin de rester le seul seigneur de son domaine, et l'étendre au loin. Malitroc le savait, mais la concurrence entre ses alliés ne le gênait pas, car il disposait de la puissance suffisante, le cas échéant, pour les mettre tous au pas. Au contraire, elle le servait, mettant le pays dans un chaos dont il se nourrissait. La peur, parmi les hommes, en augmentait chaque jour, et elle alimentait son âme noire.

Quant à ses hommes, Borolg les dirigeait d'une main de fer, et même ses nombreux fils n'étaient, entre ses doigts, que des pantins - corps vides qu'habitait sa pensée seule.

En vérité, il les méprisait, parce qu'à demi humains, issus de femmes dont il avait fait ses esclaves, ils n'étaient pas, à ses yeux, dignes de lui; et il étouffait en son cœur les ondes de sentiment paternel qu'il y sentait poindre.

Il avait d'autres fils, cachés, qu'il avait eus d'une femme de son peuple, et il les aimait davantage. Enfermés jadis par Dorlad, il attendait l'heure de les libérer, et de les placer au-dessus de leurs frères, dans l'ordre de son armée. Alors, ils briseraient la montagne, qui aurait l'air de marcher, ou de s'écrouler, car ils étaient grands, et puissants, pareils aux Titans de jadis.

Cependant, il appréciait de voir son sang couler dans les veines de ses fils à demi humains, et il plaçait ceux-ci tout de même au-dessus des autres hommes. Il les jugeait seuls dignes d'exécuter proprement sa pensée, et il projetait celle-ci dans leurs membres, et ils la réalisaient aussitôt. Pareils à de vivantes machines, ils étaient d'une redoutable efficacité. Semblables aux treize doigts de Borolg, ils dépassaient en stature et en force n'importe quel mortel ordinaire, et l'Elfe jaune savait que les abattre ne serait pas une affaire mince.

En arrivant à la vue des murs, les deux héros se dissimulèrent dans les bois dont s'ornent les bords de la Menoge, puis observèrent longuement les allées et venues des sept fils de Borolg qui gardaient les remparts, ainsi que leurs serviteurs humains, au nombre d'une vingtaine - s'ils les voyaient tous, de là où ils étaient. mordor_00296282.jpgTantôt ils marchaient sur le mur, tantôt descendaient à son pied, discutant et scrutant les lieux autour d'eux. Un escalier, sans doute, permettait de monter et descendre, de l'autre côté, car souvent l'Elfe aperçut les mêmes fils tantôt en haut, sous le toit de la tourelle ou de droite, ou de gauche, tantôt en bas, sortant d'une étrange porte située au pied du mur, et qui s'ouvrait curieusement, en glissant parmi les pierres dans un mouvement lent et oblique. Une fumée en sortait, qui semblait munie d'ailes, et lorsque, prenant son envol, elle s'était dissipée, les hommes hideux, déformés par la magie noire, apparaissaient, comme précédés d'un signe de mort, et suivis d'une cape d'obscurité. Il semblait étrangement à l'Elfe jaune que quand la porte s'ouvrait, un monstre difforme élargissait sa gueule tordue, laissant paraître en un hideux sourire le fond de sa gorge putride, comme si le mur eût été bâti autour de son visage sans yeux. Mais au lieu de vomir des aliments sanglants, tels le cyclope combattu par Ulysse lorsque, dormant, il éructait, c'était des monstres à figure humaine qu'il faisait sortir de son ventre, quel que fût l'endroit utilisé par eux pour entrer dans ce corps sans forme, qui leur servait de passage. Celui-ci était-il nécessaire à leur vie, leur donnait-il la force de se mouvoir, l'Elfe jaune, encore moins Momülc, n'eussent pu le dire avec certitude; mais le premier, éclairé par l'enseignement occulte de Captain Savoy puis d'Amariel, le pressentait. Par quelle magie cela était-il resuperman_by_jim_lee_by_mayantimegod-d9bf1mv.pngndu possible, cela dépassait toutefois son entendement.

Or, une fois qu'ils eurent bien observé les allées et venues de ces gardes maudits, les deux alliés de Captain Savoy Momülc se regardèrent, et, de leurs yeux, se comprirent. L'Elfe jaune, alors, se dématérialisa, et voici! il réapparut au sommet du mur; d'un jet de feu de son œil droit, il abattit le fils de Borolg appelé Hortoc, le transperçant d'une flamme soudaine, qui avait l'allure d'une flèche. Puis il se dématérialisa encore, disparaissant dans la ville, où il reprit corps sans que nul ne sût dans quelle rue, ni en quelle maison.

Un cri de stupeur s'éleva des mortels qui avaient assisté à la scène, et les Voirons tremblèrent, car Borolg, qui y avait son antre, ressentit la honte de la perte de ce membre proche, et il secoua son corps, donnant autour de lui de puissants coups de queue, de telle sorte que la montagne parut un instant vaciller.

Mais il est temps, lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, racontant la prise par ruse de Boëge, ou du moins le franchissement, par nos deux héros, des remparts qui avaient paru si bien gardés, de cette ville bénie.