09/02/2017

L'Elfe jaune et la merveilleuse cascade (Momulk)

91149fa985c8c09a2679458d8e433ecc.jpgDans le dernier épisode de cette mystérieuse geste, nous avons laissé l'Elfe jaune en train de discuter avec Amariel, reine des fées de Vouan. Et elle lui racontait la création de la Lune, à laquelle elle disait avoir assisté, étant née avant. Et elle avouait que, demeurées sur Terre, elle et ses sujettes avaient été gagnées par l'esprit impur. Et elle continua à parler.

Mais nous sommes comme les premières marches vers l'antique Royaume: la terre de la Lune, celle dont les ténèbres sont chassées, et où brille la lumière d'or dont s'emplit l'univers. Là, par delà l'obscurité terrestre, règne Ordolün, là se tient son palais que visita jadis Captain Savoy, et où il épousa Adalïn la fille du roi, et dont il ramena les trésors par lesquels la justice peut briller à nouveau sur la Terre périssable, et le secret d'élever jusqu'à lui des disciples pris parmi les hommes mortels, tel que tu es, toi, au premier rang.

Or, n'as-tu pas le tournis? Les mots que tu utilises d'ordinaire peinent à désigner précisément ces mystères, et les paroles que nous utilisons sont propres à induire en erreur tous les êtres humains, qui ont, hélas! des choses une perception tristement matérielle, grossière.

Bientôt tu apprendras le langage des fées de Vouan, voire celui des génies de Lënipeln, et déjà tu connais quelques mot, enseignés par Captain Savoy, de la langue du pays d'Ordolün. Je pourrai alors te transmettre des vérités plus pures et plus hautes, puisque à présent je suis encore contrainte d'user de langages vulgaires, bassement terrestres. Sache qu'il existe des langages qui nomment mieux que d'autres les choses élevées, qu'il est entre eux une hiérarchie, et qu'il te reste à apprendre ceux qui te permettront, par exemple, de saisir le temps dans sa 92071d42ef5f907597364705735bdb54.jpgsimultanéité, et de voir les différents siècles comme autant de lieux, au sein de l'éternité. Alors tu comprendras mieux les grands événements auxquels j'ai fait allusion, et la nature profonde des fées de Vouan, des génies de Lënipeln à la tête desquels se trouve don Solcum le Génie d'or, et les immortels de la Lune et de la cour d'Ordolün. Tu saisiras même, au-delà, la nature des dieux, des anges, de l'univers!

Sois patient, ô Elfe jaune, et cette science profonde te viendra.

Ayant dit ces paroles, elle s'arrêta. Mais l'Elfe jaune, bouleversé, tenait la tête baissée, et demeurait silencieux. Puis, il releva les yeux, et osa la regarder: des larmes s'y trouvaient. Des images d'une beauté grandiose avaient traversé son esprit, aux mots d'Amariel, et son cœur n'y avait point résisté. Il avait senti des larmes monter à ses yeux comme une source jaillissante, et avait dû les laisser couler.

Il n'aurait su dire pourquoi; mais un récit fabuleux s'était déroulé sous les yeux de son âme, et il avait eu l'impression de se souvenir d'événements oubliés, et auxquels il avait curieusement participé, qui le concernaient plus que toute autre chose au monde. Oui, il avait su ce récit, et l'obscurité s'était emparée de lui, sans doute à la naissance. À présent les actions qu'il narrait lui revenaient en foule, vifs comme s'il les avait vécus récemment, et comme si sa vie sur Terre, depuis qu'il les avait oubliés, n'était que pure fumée, vaine vapeur.

L'émotion peu à peu se dissipa. Les perceptions des choses s'imposèrent à nouveau à son esprit, et la vision du jardin, et la beauté d'Amariel. Il reprit courage, car la reine des fées de Vouan le regardait patiemment, sans le fixer avec ardeur, mais en mouvant les yeux, et en regardant parfois ailleurs, ou en baissant les paupières, afin qu'il ne se sentît pas oppressé, et comme toujours la bienveillance de son regard revenait lui envoyer ses doux rayons, son cœur se raffermit, et il se sentit plus fort, plus libre, plus sûr de lui.

Et il sourit.

Amariel, le voyant reprendre ses sens, dit: Il te faut apprendre une dernière chose. Mais elle est à voir: il ne s'agit pas, cette fois, de paroles. Viens avec moi. Ajuste tes pas aux miens. Car je dois t'emmener vers le lieu d'un mystère propre à Vouan. Suis-moi.

Il le fit, et elle l'entraîna.

Ils marchèrent quelque temps, et parvinrent devant des rochers recouverts de verdure; une brume dorée waterfall-jerry-lofaro.jpgs'élevait. Et voici! Amariel lui montra une cascade, et un lac dans lequel elle se jetait et dont l'eau étincelante était semblable à du cristal. Un son argentin en venait, comme si la cascade chantait.

Et la reine des fées dit: Vois, ô Elfe! Vois, ici tombe une source au secret impénétrable. Nul mortel jamais ne pourra complètement le percer. Mais des reflets pourront en venir aux plus sages, s'ils la contemplent longuement, ayant dans le cœur la vertu des saints, et dans l'esprit la lumière de l'intelligence, et dans les membres la patience du roc.

Sache qu'il y a là du péril, car le langage de la source a des mots si purs qu'ils peuvent déchirer les âmes faibles. Pareils à des flèches de cristal, ils peuvent les lacérer, et les réduire en miettes. Une angoisse immense peut en venir, et la folie, voire la mort. Mais tu es prêt, Elfe, je le sais. Mon œil l'a vu. Mon amour l'a perçu.

Entendant ces paroles, l'Elfe jaune sursauta. Il se demanda quelle signification elles avaient. Amariel continua.

Mais, cher lecteur, vous ne connaitrez la suite de ce mystère que la fois prochaine, car l'épisode présent commence à être long. La vision de l'Elfe jaune dans la source de Vouan pourra alors être dite.

08:24 Publié dans Momölg | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2017

Charles Duits et le général De Gaulle

degaulle-225x300.jpgCharles Duits (1925-1991), dans La Seule Femme vraiment noire, semble mépriser beaucoup de choses que la modernité vénère, mais, s'il y a bien une chose qu'il a aimée jusqu'à la fin de sa vie, c'est la France.

Il n'en avait pas la nationalité. Sa mère était américaine, son père néerlandais, et il n'était que né à Neuilly-sur-Seine, lui-même. Mais il était francophone aussi bien qu'anglophone, et il a choisi le français à cause des poètes, de Rimbaud, de Verlaine, de la révolution surréaliste, et l'impression que Paris était la porte de l'infini.

Pourtant, il y était isolé, car on n'y comprenait pas sa tendance à la mythologie qui se mêlait de mysticisme, ne s'alliait même pas à la littérature populaire comme chez Tolkien et Lovecraft et rejetait tout lien avec la science-fiction, malgré l'accueil de Ptah Hotep dans une collection spécialisée. Charles Duits était invité dans des congrès consacrés à la science-fiction, et s'y rendait, mais il n'en lut jamais, et même Frank Herbert, qui ravissait tant d'écrivains français du genre, lui déplaisait par ses excès de machinerie. (Une réplique de l'adaptation filmée de David Lynch, lui non plus guère adepte des machines, y fait du reste curieusement écho.)

Il se moquait, à la fin de sa vie, de ses rêveries de jeune homme, de l'idée qu'il avait eue qu'il rencontrerait un Verlaine à tous les coins des rues de Paris, mais il est resté fidèle à sa passion pour la France, ainsi que le montre un passage de La Seule Femme vraiment noire consacré à Charles de Gaulle et qui en fait un homme providentiel au sens propre - intermédiaire du Ciel et de la Terre: Charles XI le Médium mérite d'occuper une place importante dans les annales de la parapsychologie. Le 18 juin 1940, il a surmonté la répugnance que lui inspirait l'absurdité de son nom et déclaré, sous une casquette portant deux étoiles,
que la première de ces étoiles représentait l'Anorme comme la seconde représentait la Norme ou « la force mécanique » et que la défaite avait le pouvoir magique de juger la victoire.
Cette déclaration a provoqué un résultat inattendu dans la forêt de Compiègne: elle a contraint Hitler à éructer un nombre en principe calculable de sonorités hideusement comparables à des cubes de bois. Oui,
Hitler a ri quand il a appris le nom de l'étrange général. Surtout, je pense, à cause du second L. Cette lettre, en effet, représente au sein de l'alphabet le point auquel se croisent deux lignes parallèles: par son intermédiaire, le seigneur du hasard notifiait le guide de la nation allemande
que les Maisons animiques sont indépendantes des vicissitudes politiques,
ainsi que le pensait aussi André Breton qui profitant du bel été de l'armistice pour écrire
Pleine Marge, affirmait lui aussi que la France était une Maison animique et que la force mécanique est à la merci d'une force mécanique supérieure (p. 162).

C'est assez clair. Duits reprend l'idée de Jules Michelet sur l'âme de la France, son génie secret, la faisant confirmer par son maître André Breton. De Gaulle en était l'émanation. Sur le plan moral, il sert de modèle: sa deuxième étoile le relie au féminin cosmique, à ce qui échappe à l'enchaînement mécanique, au rationalisme conscient - et vient des profondeurs de l'Esprit, de l'Inconnu. De Gaulle, certes, utilisait les machines et s'inscrivait dans la logique militaire; mais, pour ainsi dire, il y ajoutait la poésie, et le miracle d'une défaite qui ose juger la victoire - c'est à dire d'une force supérieure, non réductible à ce qui se déroule extérieurement, et qui suit une logique véritablement divine.

À propos de Hitler, Charles Duits s'inspire probablement d'une anecdote authentique, et il faut dire que, à ses yeux, ce chancelier allemand était l'incarnation pure du matérialisme, n'en était que la cristallisation De Gaulle 180640_1.jpgimpersonnelle et dénuée d'âme. Son rire aux sonorités calculables s'explique de cette façon, ainsi que l'image des cubes de bois: Hitler n'était qu'un pantin, une coque vide pour les forces inférieures. Mais on peut aussi estimer que Duits a trouvé cette image spontanément, sans réfléchir.

Comme souvent chez lui, les mots écrits font signe par leurs seules lettres, ce qui rappelle quelque peu le Zohar. Hitler rit, mais le second l du nom de De Gaulle indique que la France vraie, l'âme nationale lui échappe, et qu'elle se réserve le droit de rejeter l'enchaînement historique, de prendre en quelque sorte la tangente.

Cela me donne l'occasion de dire que vers l'âge de vingt ans, j'ai lu les mémoires de Charles de Gaulle avec un certain ravissement. Il y avait le tome troisième de ses Mémoires de guerre chez mes parents, dans la première édition, chez Plon. Par curiosité, et parce que je voulais mieux connaître l'Histoire et, comme Stendhal l'avait fait, lire des mémoires privés, j'ai ouvert ce livre, persuadé que j'allais découvrir un homme inintelligent et fat. Mais j'ai été saisi, et emporté dans l'épopée personnelle que De Gaulle s'était créée. J'ai lu le reste, mais je pense que ce troisième tome est le plus beau, parce que c'est celui qui manifeste le mieux l'idée providentielle: tout s'y met en place pour porter le Héros au sommet, et, par là, sauver la France.

Cela dit, le premier tome contenait le moment où l'homme du 18 Juin se rebellait, et il était frappant que des images le présentassent en profondeur comme le chevalier de la France, l'envoyé secret de l'âme nationale - en quelque sorte le chevalier de la Vierge, à laquelle il assimilait le pays des Francs. Et il passait en Angleterre, et était condamné à mort, et ensuite revenait et s'imposait, comme depuis les ombres. Ce surréalisme mis en histoire a peut-être aidé Breton à soutenir les gaullistes! Le glorieux Général cristallisait l'inconscient de la France.

Il est resté l'un des écrivains français que je préfère, pour le vingtième siècle. Je suis plutôt content que Charles Duits l'ait consacré. Il ornait sa légende de l'espèce de mythologie qu'avait créée Maurice Barrès et qu'au fond Breton a approuvée, aussi étrange que cela paraisse.

De Gaulle avait gardé en lui du romantisme, et l'inspiraient les figures de Chateaubriand, de Michelet – ainsi que les vers de Corneille.

24/01/2017

Saint Louis fait prisonnier

284bdf15681d41c78bbf5e1927ec0635.jpgDans le dernier épisode de cette geste crépusculaire, nous avons laissé saint Louis et ses cinq compagnons alors qu'ils combattaient des chevaliers-fées au nombre de sept, et que l'issue de la bataille devenait très incertaine. Le roi de France venait juste de refuser de se rendre et d'être raccompagné aux portes de la Terre périssable, parce qu'il pensait que défendre le royaume de Lënipeln du Mal revenait à empêcher que le royaume de France fût balayé par les éléments hostiles (la terre des immortels ayant pour ainsi dire une puissance causale).

Il était prêt, certes, à mourir pour la cause juste qu'il servait, et au service d'Ëtön, par qui les éléments étaient en équilibre, les dieux lui ayant donné cette prérogative, ayant confié à son sceptre cette puissance.

Les dieux, ou les anges, par l'ordre de Jésus-Christ, ainsi que Solcum le disait: car lui aussi croyait au Christ ressuscité, et qu'il était Dieu, lui avait-il assuré, même si les mots qu'utilisaient les clercs pour en parler lui semblaient étranges, et s'il n'aurait pas utilisé les mêmes. Mais il n'était en lui, ni en Ëtön, nulle hérésie, contrairement à ce qu'il en était d'ailleurs pour Ornicalc, qui haïssait le Christ et ne croyait pas qu'il fût celui qu'on disait. Les dieux justes, avait dit Solcum encore, étaient les anges du Seigneur, comme les appelaient les hommes de France, et ils avaient confié son sceptre à Ëtön avant de reconnaître qu'ils avaient le Christ pour chef, mais, bien qu'ils ne l'eussent point reconnu auparavant, déjà ils lui obéissaient, aussi étrange que cela paraisse. À cet égard, Louis ne devait avoir nulle inquiétude!

Le roi de France se souvenait de ces paroles qu'en privé Solcum lui avait dites, et il n'entendait pas se soumettre au Malin, qui, en ce monde, avait pris les traits d'Ornicalc et de ses sbires.

Saint Louis leva son épée, mais son ennemi, vif comme l'éclair, lui donna un coup de pied qui le surprit, et il tomba de cheval.

Il vit ses frères et ses compagnons jetés à bas du leur par les cinq autres chevaliers, et, même, Simon de Nesle transpercé, parce qu'il tâchait de se relever et d'appliquer un coup à celui qui l'avait mis à bas; l'autre fut plus rapide et Simon, malgré sa prière qu'on l'épargnât, fut frappé au cœur; la lame transperça le haubert en jetant des étincelles: elle avait des reflets jaunes étranges.

Puis le chevalier trancha la tête de Simon de Nesle, et Louis en ressentit plus de peine qu'on ne saurait dire.

Les autres chevaliers français furent chargés de liens, et on leur enleva leur heaume, pour les rendre plus vulnérables, et les mettre à merci de l'ennemi.

Louis à son tour fut ligoté. Le chevalier qui s'était adressé à lui dit: Maintenant, nous allons vous emmener auprès d'Ornicalc, qui décidera de votre sort. Tu aurais dû, Louis, accepter la reddition, car j'étais prêt à vous laisser vous en aller sans en référer à mon nouveau maître. À présent je choisis de vous mener à lui, puisque vous ne voulez pas vos soumettre.

Louis ne répondit rien. Il gardait la tête baissée. Il fut lié aux autres.

Les chevaliers mauvais créèrent avant de s'en aller un bûcher funéraire pour leur compagnon mort. Ils prononcèrent des paroles, afin de soutenir son âme et lui094626e0e530ca5d3ee52ea79971bc7e.jpg permettre de s'élancer vers l'ouest divin, vers le royaume des êtres célestes. Ils autorisèrent, à sa demande, Louis à donner à Simon de Nesle une sépulture chrétienne. Chargé de liens, les Français creusèrent une tombe, au moyen d'épées et de dagues, et ensevelirent leur compagnon. Ils lui adressèrent des prières et un adieu, et son épée fut plantée sur le tertre, à côté d'une croix que les chevaliers firent de deux branches qu'ils trouvèrent dans un bois qui se dressait auprès. Les six chevaliers-fées les regardèrent, attendirent, puis les emmenèrent.

Sur le chemin, Louis demanda au chevalier qui s'était le premier adressé à lui s'il croyait vraiment que son compagnon rejoindrait les êtres divins du ciel occidental, comme ils l'avaient chanté en leur langage, que Louis était parvenu à comprendre en partie. Ne craignait-il pas, au vu de ses péchés et de sa mécréance, qu'il allât plutôt en Enfer, dans le royaume de Satan?

Le chevalier mystérieux répondit qu'en aucun cas celui qu'il appelait Satan, et qu'eux appelaient Mardon, n'était leur ami, et qu'ils n'avaient fait qu'agir pour le bien du royaume de Lënipeln. Que fous étaient les mortels qui avaient suivi dans sa folie le sénile Ëtön.

Mais Ornicalc ne sert-il pas Satan en secret? demanda Louis.

- Ne parle point, pauvre Louis, de choses qui te dépassent, répondit le chevalier. Que sais-tu des mystères du monde caché? Le lien qu'Ornicalc et Mardon entretiennent est au-delà de ton entendement. Ne mêle pas tes paroles à ces secrets, si tu ne veux pas être l'homme le plus ridicule de toute la Terre.

Le cortège poursuivit son chemin. Devant étaient les Français, à pied, derrière les chevaux, et Solcum, toujours sur le sien, inconscient, était aussi emmené auprès d'Ornicalc par un des chevaliers.

Louis demanda s'ils ne pourraient, lui et les siens, récupérer leurs chevaux, et cheminer liés sur leur dos, pour leur épargner les grandes fatigues de la marche à pied. Alors le chevalier qui était le chef, et qui déclara se nommer Etacalün, rétorqua des mots profondément insultants, affirmant que les mortels ne méritaient pas de monter des chevaux, et surtout pas ceux que leur avait prêté Ëtön, qui étaient fils du vent. Qu'on ne pensât pas à renouveler cette demande, si on ne voulait pas être foulé aux pieds et battu!

Saint Louis demanda à Etacalün s'il avait un lien avec Ëtön et, s'il en avait, lesquel, et l'homme aux yeux de gemme, dont l'éclat vert et froid le précédait dans l'air, dit:10990020_1550832898534190_6403727288428129400_n.jpg Je suis des grands de Lënipeln et comme Solcum, neveu d'Ëtön, quoique je sois le fils de sa sœur, tandis que Solcum est celui de son frère. Ainsi sommes-nous cousins germains. Louis ne s'en étonna pas. Ils se ressemblaient. Mais les yeux d'Etacalün, s'ils étaient brillants, n'avaient pas la même chaleur, le même amour que ceux de Solcum: ils ressemblaient à des cristaux trouvés dans la terre, et même à de la glace. En les regardant, Louis frissonnait. Ils avaient la dureté des cœurs sans pitié, qui ne cherchaient, dans le monde, que leur propre profit.

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, et, pour la prochaine fois, de s'attendre à ce que saint Louis parvienne devant la terrible forteresse d'Ornicalc.