04/07/2021

Tertullien et le réalisme spirituel

000000000.jpgQuintus Septimius Florens Tertullianus, dit Tertullien, est un des premiers écrivains chrétiens auxquels la romanité ait donné naissance. Carthaginois écrivant en latin, comme saint Cyprien et saint Augustin, il vivait aux second et troisième siècles.

Après des débuts orthodoxes, il a épousé l'hérésie montaniste. Elle avait pour principale caractéristique d'être pressée: ardente et apocalyptique, elle attendait le retour du Christ pour des temps très proches, et avec lui la fin du monde. L'Église légale l'a condamnée, parce qu'il lui semblait qu'il fallait accorder l'eschatologie à l'histoire extérieure et à son rythme habituel – et ne pas se laisser enflammer par l'ardeur de l'espoir. On attendait, à Rome, davantage de réalisme, de pensée nette.

Pourtant, à lire Tertullien (comme je l'ai fait pour son Apologétique, qui défend le christianisme contre le paganisme), ce qui frappe d'abord est son absence de prétention à écrire en poète, ou même en bel orateur à la mode de Cicéron. Trait général chez les chrétiens, qui ne voulaient pas rabaisser le message auguste qu'ils avaient à délivrer par une forme trop gracieuse, qui aurait donné l'impression que le sujet n'était qu'un prétexte à briller. La vérité ne souffrait pas forcément d'une élégance extérieure, et les chrétiens recherchaient davantage la sincérité, la spontanéité, que le plaisir des sens. Le style est âpre, presque populaire, lourd – et assurément les langues romanes semblent davantage venir de ce latin des chrétiens que de celui 0000000000.jpgde Cicéron. Non que, depuis, on n'ait pas appris à rendre ces langues élégantes; mais que, dans un premier temps, elles étaient issues du peuple chrétien ordinaire, qui peu à peu a pris le pouvoir.

Cependant, ce réalisme apparent n'empêche absolument pas ce que nous nommerions le fantastique, car Tertullien, non seulement répète la doctrine chrétienne du paradis et de l'enfer, de la résurrection des morts, du dieu créateur qui s'est incarné et a ressuscité, mais évoque abondamment les démons, anges déchus. Sous sa plume (ou son stylet), le mot anges (angeli) signifie toujours les anges déchus, les démons, les mauvais esprits qui assiègent l'être humain et vivent sur Terre. Comme plus tard chez saint Augustin, le seul sauveur est Jésus-Christ, et le merveilleux n'existe pas, si on lui donne comme définition les manifestations surnaturelles positives. Les manifestations surnaturelles ordinaires sont négatives, pour Tertullien, et les démons infestent les âmes des hommes.

Mais les chrétiens, assurent-ils, les chassent, et il en parle comme d'une chose objective, reconnue aussi des païens. Il est probable qu'il veuille parler de certaines maladies auxquelles on reconnaissait la présence de démons.

Tertullien a également une vision fantastique de l'histoire. Il pense que les vérités contenues chez les poètes et les philosophes ont été prises chez les Hébreux, qu'on a pillé ceux-ci sans le dire. Il en atteste l'ancienneté et l'antériorité de Moïse et de ses textes. C'est sans doute à cause de telles idées que Voltaire, plus tard, s'emploiera à démontrer que la Bible ne fait que compulser des éléments de l'ancienne tradition égyptienne, et que H. P. Blavatsky, à son tour, la dira maladroitement calquée des grands textes de l'Inde primitive. C'est peut-être encore pour embêter Tertullien que les francs-maçons s'évertuent à montrer que les 000000000000.jpgsaints chrétiens sont repris des divinités anciennes – même quand leur existence est avérée. Mais il est évident que si vérité spirituelle il y a (comme je le crois), les païens n'ont pas manqué d'inspiration, que Dieu leur a accordé des muses inspiratrices aussi. La pureté de l'inspiration juive n'empêche pas les autres inspirations, antérieures ou postérieures. Les anges ne sont pas tous mauvais. Il y en a de bons. Et lorsque Tertullien s'emploie à montrer que le démon de Socrate était mauvais, il est difficile de le suivre aussi loin dans la radicalité.

Cependant, il est passionnant dans son idée que les chrétiens réalisent, dans l'histoire contemporaine, les vertus que les Romains se vantaient d'avoir eues du temps de leurs ancêtres. Tertullien ne manque pas de dire que les chrétiens en ce sens étaient d'authentiques Romains, et que ce que la littérature évoquait, ils en étaient la manifestation. Les philosophes qui avaient fait l'éloge de ces vertus se seraient certainement convertis au christianisme, dans son idée: il pensait en particulier à Sénèque. Il l'aimait beaucoup.

Il révèle que c'est surtout la plèbe romaine qui voulait les exterminer, les haïssait, pendant que les philosophes et les empereurs les plus distingués cherchaient à les protéger. Les bons empereurs (Trajan, Marc Aurèle) empêchaient 0000000000.jpgnotamment que les lois antichrétiennes s'appliquent, dit-il.

Il montre l'absurdité de ces lois, puisqu'elles ne s'appuient sur aucun crime attesté. Lors de la question (la torture), on essayait de faire aux chrétiens renier leur foi, et il rappelle que la procédure de la question est justement faite pour faire avouer les crimes (c'était sa justification légale), et non pour les faire nier! Il rappelle, aussi, que les croyances des chrétiens ne gênent en rien celles des autres, posant le principe de la liberté de conscience.

Comme explication à cette haine du peuple, il donne l'inspiration démoniaque: les hommes ordinaires se sentaient tourmentés et offensés par la présence de chrétiens qui s'interdisaient ce qu'eux se permettaient de faire couramment, bien que ce fût mauvais. Leur mauvaise conscience les torturait, et ils pensaient mettre fin à la torture en supprimant les modèles montrant que l'application des principes vertueux est possible.

Notons que cela existe probablement encore. Les athées voudraient que les chrétiens ne s'expriment pas en public. Rudolf Steiner disait que les vérités du monde spirituel faisaient tourner de l'œil aux matérialistes, leur faisaient faire 000000000000.jpgdes bonds. La haine qu'il suscite parmi les intellectuels ordinaires a sans doute cette cause. Personne n'a envie de voir devant soi ses propres démons, pour ainsi dire.

Tertullien livre enfin quelques traits de l'ancienne Rome qui montrent sa violence. Par exemple, on faisait représenter à des condamnés à mort des scènes mythologiques: on obligeait l'un à monter sur un bûcher comme Hercule l'avait fait sur l'Œta, l'autre à accomplir sur soi-même le sacrifice d'Athys. Je pense que les évêques ont beaucoup adouci les mœurs, et qu'il n'est pas honnête d'attribuer cette évolution à la seule urbanité latine. Comme l'a dit Joseph de Maistre, les papes ont grandement contribué à l'évolution positive des comportements en Occident. Bien sûr, le modèle séculaire romain leur a servi d'appui, ainsi que la sagesse juive. C'est ce que Tertullien montre.

18/06/2021

La Chanson de la croisade albigeoise: lyrisme et Parage

000000000000.jpegIl y a trente ans, étudiant en littérature à Montpellier, j'ai entrepris de lire La Chanson de la croisade albigeoise, le plus grand texte médiéval qui ait été composé en occitan. Pour lire en entier ce poème épique, mal traduit dans mon édition bilingue, j'ai attendu longtemps. Puis, stimulé par mon retour en Occitanie, je l'ai fini, enfin.

Il raconte, sous la plume de deux auteurs successifs, la croisade lancée contre les cathares par le pape Alexandre III et accomplie essentiellement par les Français, bien distincts dans le texte des Languedociens, sujets du comte de Toulouse. Le premier des deux auteurs est hostile aux hérétiques, le second l'est aux croisés – et admire infiniment la dynastie des comtes de Toulouse, des comtes de Foix et toute la noblesse occitane, et c'est lui qui a écrit l'essentiel du texte.

Ne pensez pas qu'il soit favorable aux cathares: il se contente de nier que la noblesse occitane ait été le moins du monde hérétique, prenant soin de rappeler qu'elle a continuellement mis son cœur en Jésus-Christ et en la sainte vierge Marie sa mère.

Je ne suis néanmoins pas sûr que la défense des cathares ait été autre. Ce n'est pas si clair. Car cet auteur à son tour rejette le clergé romain, le disant honni de Dieu, c'est à dire du Christ. Et il le dit aussi des Français, notamment de Simon de Montfort, le célèbre croisé qui a remporté tant de batailles. Comme il échoue sous les murs de Toulouse, l'auteur prend un malin plaisir à montrer qu'il se plaint d'être désavoué par la divinité. Il se complaît également à décrire sa tête brisée en mille morceaux, quand il a reçu la pierre fatale qui le tue.

S'il fait reconnaître par le comte de Toulouse qu'il est bien le vassal du roi de France, il ne lui donne pas moins raison de s'opposer à lui, qui a si mal agi à son égard. À la fin, le fils du Roi (appelé aussi Roi) arrive, et sa puissance semble incommensurable: on devine que les Toulousains ne s'en sortiront pas. Il n'est pourtant pas du bon côté, assure l'auteur, qui fait surtout du fils du comte de Toulouse un être lumineux, angélique – l'appelant étoile sur la cime, éclat vivant du ciel, ce genre de 0000000.jpgchoses: il a des expressions fleuries, qui rappellent à quel point la poésie occitane était raffinée, quand la française était plus simple.

Trop raffinée? Le fait est que le style est pur, d'un rythme incroyable, plein de figures élégantes, mais que le récit peine à avancer, notamment parce qu'il ne se concentre pas sur des héros distincts, dont on puisse retracer les actions à leur début, à leur milieu, à leur fin. Il s'y essaie avec le fils du comte de Toulouse, mais il n'arrive que tardivement dans l'histoire, surtout occupée par le méchant Simon de Montfort. Quand celui-ci meurt, toute la ville saute de joie, cela n'a rien de tragique. Pour autant, la ville n'est en rien sauvée, ses ennuis recommencent vite. C'est sans fin.

On disait au Moyen-Âge que la France du sud était douée pour le lyrisme, que la France du nord l'était pour les récits guerriers. La Chanson de la croisade albigeoise tend à le confirmer. C'est avec passion et talent que son principal auteur fait l'éloge de ce qu'il nomme le Parage – la communauté aristocratique occitane –, avec ses belles vertus d'honneur, de courtoisie, de dignité, de fraternité. 

Pour ces belles qualités il utilise d'autres mots, typiquement médiévaux, en plaçant à leur début des majuscules, pour indiquer qu'il s'agit de forces spirituelles. Face à elles, on voit surtout se déployer l'Orgueil, chez les Français et les prélats romains. Le bien, le mal. Mais il assure, ou fait assurer par ses personnages que Jésus-Christ va donner la victoire aux bons, et nous savons que l'histoire lui a donné tort, et qu'elle a suivi l'ordre féodal, le système vassalique, puisque finalement le comte de Toulouse s'est soumis au roi 000000000.jpgde France son suzerain – tout comme le comte de Foix, le magnifique Roger-Bernard, dont l'auteur fait constamment l'éloge. Donc, le discours est beau, mais apparaît comme illusoire, relevant plus du rêve que du réel – comme souvent chez les troubadours, lorsqu'ils célèbrent leurs dames, peut-être aussi chez les cathares, lorsqu'ils s'imaginent qu'ils vont être rapidement accueillis au Ciel.

C'est émouvant, et en même temps effrayant, car on voudrait que les bons gagnent, comme dans les chansons de geste françaises. Celles-ci sont moins raffinées et lyriques, mais peut-être meilleures, plus convaincantes, mieux composées, plus réalistes.

Ce n'est pas que La Chanson de la croisade albigeoise manque de réalisme, en un sens. Elle décrit avec un luxe incroyable de détails les combats touffus et sanglants auxquels participent non seulement les chevaliers mais aussi le peuple de Toulouse, profondément glorifié. L'absence de réalisme est dans le discours lyrique qui s'ajoute aux faits. Les chansons de geste 00000000.jpgd'inspiration carolingienne sont moins réalistes dans les faits, plus fabuleuses; elles se centrent davantage sur les héros. Leur style en revanche est plus simple, les idées semblent correspondre mieux aux actions évoquées, qui en deviennent plus claires, et mieux ordonnées dans la trame d'ensemble.

Le chant du Parage est beau, magnifique, comme aussi l'est l'image d'un peuple uni à ses seigneurs, et l'action des croisés semble réellement mauvaise, vile, atroce. C'est romantique. Sans doute, l'Occitanie ne s'est jamais vraiment remise de ce choc: le réalisme du droit et des armes l'a emporté sur le rêve des Dames et du Parage. La France a gagné, la loi a gagné, dans un monde toujours marqué par la puissance romaine – pragmatique, physique, matérielle. En même temps ce n'est pas ce que raconte la Chanson, qui persiste à cet égard dans une certaine illusion, une mécompréhension des lois du monde. Elle se place dans une sphère où la tragédie devrait prévaloir, et elle maintient son air épique.

C'est un beau texte, mais qui plonge forcément dans des abîmes de méditation sur le secret des siècles qui s'écoulent, et qui peut donner le sentiment que la poésie et l'histoire s'opposent, que Dieu ne protège pas les justes, et que le pouvoir s'impose sans raison. Et, de fait, les personnages peuvent bien se réclamer des Saints du Ciel et des Anges, l'auteur ne prend pas le risque de les faire intervenir dans les événements. Dans les chansons de geste carolingiennes, ils le faisaient. Ici, on reste dans l'attente.

13/04/2021

Réécritures de la Bible: Mormons et cathariens

00000.jpgIl existe, aux États-Unis, une église protestante bien connue, appelée les Mormons, et ils ont fondé une ville, ils participent à la richesse culturelle et économique du pays, je ne cherche pas à parler d'eux pour les critiquer. Mais il existe chez eux un phénomène fascinant, qui dit beaucoup sur beaucoup de choses, et c'est le suivant: ils ont écrit leur propre Bible, apparemment divinement inspirée, et dont je crois que le véritable auteur est simplement leur fondateur (dont le nom m'échappe). Elle raconte qu'une tribu d'Israël est venue s'installer en Amérique dans l'antiquité, et que les Mormons en ont ressuscité la tradition oubliée.

Cela donne une incroyable force de conviction à leur communauté, à leur installation en Amérique, et cela explique peut-être qu'ils aient fondé une ville prospère. Cela n'a donc pas forcément de mauvais effets, bien que je ne croie pas que cela soit vrai: la seule tribu d'Israël qui ait jamais vécu en Amérique l'a fait en vivant dans leur cœur, en s'insérant dans leur âme. Quant aux êtres humains qui vivaient en Amérique avant l'arrivée des Européens, tout le monde les connaît, et en essence, s'ils ont un lien avec les Européens, il date pour ainsi dire de l'Atlantide!

Mais en Pays cathare, en Occitanie, il y a, curieusement, des écrits proches, des suites données à la Bible. Cela n'évoque pas les tribus d'Israël, l'Ancien Testament et les mystères du passé immémorial, mais le Nouveau Testament et l'histoire récente. Il faut dire que si des apôtres de Jésus-Christ étaient venus s'installer en Amérique, on en aurait des traces. On aurait des traces de passages d'Européens en Amérique.

Peut-être n'en manque-t-on pas. Car si, comme le prétendent les légendes catholiques, Marie-Madeleine et ses amies ont pu dériver sur un radeau de Palestine en Provence, on ne voit pas pourquoi elles n'auraient pas pu dériver, 000000000.jpgportées par l'Ange, jusqu'au continent américain. Certains assurent qu'elle aurait fini sa vie au Pays de Galles; c'est encore trop peu: je vote pour le Delaware.

Des écrivains anglophones, un peu comme le fondateur mystique des Mormons, ont assuré avoir eu des visions sur Marie-Madeleine arrivant dans le Languedoc après être allée en Provence, et c'est la véritable origine de toutes les idées étranges sur son passage au pied des Pyrénées, que ne rapporte pour le coup aucune légende traditionnelle – pas plus que les Indiens d'Amérique n'ont, eux, évoqué dans leurs contes des arrivées d'Israélites parmi leurs tipis.

Assurément les protestants adorent la Bible et leurs visions en sont imprégnées – en sont des réécritures fantastiques, nourries de leurs voyages. Car je ne pense pas que les Mormons aient eu de telles révélations avant leur arrivée en Amérique, depuis la Grande-Bretagne dont je crois qu'ils sont majoritairement issus. Ils sont d'abord venus en Amérique, ont été charmés, et la beauté des lieux les a portés vers de jolies rêveries – mêlées de lectures bibliques. Si 0000000000.jpgmême ils ont inventé ces histoires avant d'arriver en Amérique, c'est sur la base de jolis récits de gens qui y étaient allés: ils n'ont pas, dans leurs rêves, découvert l'Amérique avant Christophe Colomb.

De même, bien des personnes anglophones venues prendre les eaux thermales dans les Pyrénées, et en particulier à Rennes-les-Bains, découvrant dans les alentours que plusieurs églises étaient dédiées à sainte Marie Madeleine, et apprenant qu'elle était réputée avoir séjourné en Provence, se sont dit qu'elle avait bien pu venir aussi là où des églises lui étaient dédiées, peut-être assez ignorants de la manière dont ont lieu ce genre de dédicaces. Après tout c'est le sud de la France, et si les Languedociens n'ont gardé aucun souvenir de ce passage glorieux de la dame étincelante, ce n'est pas forcément plus fiable que la sagesse des Cheyennes et des Sioux.

Mais réfléchissons davantage. Car j'ai reconnu que si des dames anglaises visionnaires avaient pensé que Marie Madeleine était venue dans le Languedoc rôder autour des lieux où plus tard on lui a dédié des églises, c'était peut-être parce que son esprit au moins était venu, et que, dans leurs visions, ces dames n'avaient pas bien distingué, puisque c'est toujours le monde du rêve, image projetée dans les nuées.

Priée par des adorateurs fidèles, Marie Madeleine a pu effectivement venir sur des nuages, et bénir les gens. Et bien plus tard, les visionnaires ont cru que les femmes qui étaient éblouies par sa venue, et 00000000.jpgprenaient par adoration l'air de Marie Madeleine sur leur propre visage et dans leurs yeux – ils ont cru que ces femmes étaient Marie Madeleine, et ont donc commencé à la voir partout où de telles femmes vivaient: à Bugarach, à Peyrepertuse, à Rennes-le-Château, que sais-je?

L'exemple de Peyrepertuse et de son château peut toutefois nous éclairer sur la véritable origine de ces apparitions. Car les dames visionnaires assurent que Marie-Madeleine a fondé des communautés gnostiques qui ont suscité plus tard en Occitanie les Cathares. Et elles parlent du château de Peyrepertuse. Oui, mais celui-ci, tel qu'il est à présent, a surtout été bâti par saint Louis après qu'il a vaincu les seigneurs locaux défenseurs des Cathares. Et le fait est que le culte de Marie Madeleine a pu être répandu dans le Languedoc par les Francs victorieux afin de donner l'occasion aux prêtres catholiques de corriger les pensées des Cathares, qu'ils estimaient fausses, sur Marie Madeleine. C'est à cette époque en particulier qu'elle a dû être beaucoup invoquée par les communautés sous l'égide des prêtres catholiques. Et cela prouve qu'elle est venue réellement en Occitanie – en esprit.

On ne sait pas si elle a vraiment pris le parti des Cathares, toutefois; si elle habite spirituellement Peyrepertuse, comme ce château est de style gothique et typiquement français, c'est difficile à croire. Mais on pourra dire que la réalité est plus complexe.

Au reste, l'Ancien Testament expose peut-être, plus qu'on ne croit, des histoires datant de l'Atlantide, et donc les tribus peaux-rouges peuvent bien y être plus mentionnées qu'on ne le soupçonne; aucune vision n'est sans reflet dans la réalité. Le vrai problème est de parvenir à les interpréter correctement.