24/01/2022

Rudolf Steiner, l'anthroposophie et les valeurs éthiques

0000000000000000000000000000000000000000000.jpgSur un site Internet français, on peut lire un article posant la question de savoir comment défendre Rudolf Steiner et sa philosophie, située par lui-même entre la thésosophie et l'anthropologie (voir Alain Tessier, Défendre l'anthroposophie et Rudolf Steiner, in Société Anthroposophique en France).

L'auteur de l'article confesse qu'il est difficile de défendre l'anthroposophie, car elle est très variée. Il énonce seulement une série de valeurs éthiques avec lesquelles je suis bien sûr d'accord: la dignité, la liberté de pensée, de croire ou ne pas croire, d’aimer, de s’exprimer, de chercher des voies inédites pour le futur des hommes et de la Terre, la liberté de s’associer avec tous ceux qui poursuivent des buts similaires, tout cela dans le respect des diversités et des lois générales. C'est ce qu'on pourrait appeler une forme de spiritualité laïque, et j'aime que l'anthroposophie défende de telles valeurs.

Il n'en demeure pas moins que ce n'est pas forcément sa spécificité, car sinon elle se confondrait assez avec les associations humanistes en général pour ne pas être constamment critiquée par les philosophes rationalistes.

De fait, l'anthroposophie a pour profonde spécificité de chercher la source spirituelle des valeurs morales: de sonder l'Inconnu pour y trouver les forces organisatrices de l'univers, et de les reconnaître comme émanant de l'amour divin. En d'autres termes, elle considère que toute valeur éthique, quelle qu'elle soit, a sa source dans l'ordre secret du cosmos - dans l'action divine. Elle considère qu'il est dangereux pour l'humanité et son avenir non seulement d'avoir des valeurs morales mauvaises, mais aussi de ne pas fonder les bonnes dans l'organisation générale de l'univers.

Car si d'un côté on dit que l'être humain, notamment dans le cadre national, doit épouser des valeurs nobles, mais que de l'autre côté l'univers est mû par des forces indifférentes ou même mauvaises qui écraseront ces valeurs nobles et jusqu'aux communautés sur lesquelles elles sont fondées, qu'arrivera-t-il? La vérité est que l'individu ne fera pas l'effort de suivre des 00000000000000.jpginjonctions morales illusoires - qu'il laissera aux autres -, mais agira selon ce qu'il a compris comme étant objectivement le plus efficace. La civilisation n'en sera donc pas moins ruinée.

Il est important que l'univers lui-même soit moral, afin que l'action morale soit fondée dans la réalité cosmique, c'est à dire soit scientifiquement fondée: d'où l'expression de science de l'esprit.

Mais dès lors se posent des problèmes nouveaux, puisque les philosophes rationalistes dans leur majorité soit disent que l'univers n'a aucune force morale particulière en lui, soit disent que s'il en a un on ne peut pas le connaître; donc ils s'en prennent à ceux qui disent le contraire, surtout s'ils ont un certain succès auprès du public, comme c'est le cas de Rudolf Steiner.

C'était le sacrifice qu'il devait faire, car malheureusement le raisonnement est juste: l'homme n'agira moralement que si cela correspond à des forces réellement agissantes dans l'univers, et destinées par conséquent à dominer les phénomènes. Si les phénomènes sont dominés par d'autres forces, on pourra toujours parler dans l'abstrait, au moment d'agir on ne pourra pas se 0000000000.jpgrésoudre à suivre des principes dont on croit qu'ils ne sont les lubies illusoires d'une communauté donnée. On agira selon ces autres forces, inéluctablement.

C'est donc cela, l'anthroposophie, le fondement de l'éthique par la science de l'esprit de l'univers, l'exploration du sens caché des choses. Cela ne plaît pas à tout le monde, car cela fait un peu peur. En effet, quand on agit mal, on veut croire que cela n'aura pas de conséquences réelles, et le fait est que Rudolf Steiner s'efforce de démontrer le contraire. C'est assez fâcheux.

Il y a aussi bien sûr les fonctionnaires qui voulant garder le privilège d'énoncer ce qui est bien et mal essaient de faire apparaître l'État comme la seule instance morale possible. Ils en profitent sans doute, si l'illusion fonctionne; mais qui peut croire, sur le long terme, qu'un État puisse s'imposer à l'Infini? Cela ne tient pas debout. Il faut donc forcément aller plus loin, comme le voulait Steiner.

Ensuite chacun est libre de contester ses idées, ou sa démarche. Mais se mettre en colère contre lui n'est pas très conforme aux valeurs éthiques de la liberté de conscience et d'expression.

Il faudrait du reste admettre que l'univers a lui-même une conscience libre, pour être certain d'avoir envie de respecter la liberté de conscience aussi chez l'être humain.

Cela tourne à l'intérieur de soi; cela a de la logique; c'est ce qui est beau.

13/04/2021

Réécritures de la Bible: Mormons et cathariens

00000.jpgIl existe, aux États-Unis, une église protestante bien connue, appelée les Mormons, et ils ont fondé une ville, ils participent à la richesse culturelle et économique du pays, je ne cherche pas à parler d'eux pour les critiquer. Mais il existe chez eux un phénomène fascinant, qui dit beaucoup sur beaucoup de choses, et c'est le suivant: ils ont écrit leur propre Bible, apparemment divinement inspirée, et dont je crois que le véritable auteur est simplement leur fondateur (dont le nom m'échappe). Elle raconte qu'une tribu d'Israël est venue s'installer en Amérique dans l'antiquité, et que les Mormons en ont ressuscité la tradition oubliée.

Cela donne une incroyable force de conviction à leur communauté, à leur installation en Amérique, et cela explique peut-être qu'ils aient fondé une ville prospère. Cela n'a donc pas forcément de mauvais effets, bien que je ne croie pas que cela soit vrai: la seule tribu d'Israël qui ait jamais vécu en Amérique l'a fait en vivant dans leur cœur, en s'insérant dans leur âme. Quant aux êtres humains qui vivaient en Amérique avant l'arrivée des Européens, tout le monde les connaît, et en essence, s'ils ont un lien avec les Européens, il date pour ainsi dire de l'Atlantide!

Mais en Pays cathare, en Occitanie, il y a, curieusement, des écrits proches, des suites données à la Bible. Cela n'évoque pas les tribus d'Israël, l'Ancien Testament et les mystères du passé immémorial, mais le Nouveau Testament et l'histoire récente. Il faut dire que si des apôtres de Jésus-Christ étaient venus s'installer en Amérique, on en aurait des traces. On aurait des traces de passages d'Européens en Amérique.

Peut-être n'en manque-t-on pas. Car si, comme le prétendent les légendes catholiques, Marie-Madeleine et ses amies ont pu dériver sur un radeau de Palestine en Provence, on ne voit pas pourquoi elles n'auraient pas pu dériver, 000000000.jpgportées par l'Ange, jusqu'au continent américain. Certains assurent qu'elle aurait fini sa vie au Pays de Galles; c'est encore trop peu: je vote pour le Delaware.

Des écrivains anglophones, un peu comme le fondateur mystique des Mormons, ont assuré avoir eu des visions sur Marie-Madeleine arrivant dans le Languedoc après être allée en Provence, et c'est la véritable origine de toutes les idées étranges sur son passage au pied des Pyrénées, que ne rapporte pour le coup aucune légende traditionnelle – pas plus que les Indiens d'Amérique n'ont, eux, évoqué dans leurs contes des arrivées d'Israélites parmi leurs tipis.

Assurément les protestants adorent la Bible et leurs visions en sont imprégnées – en sont des réécritures fantastiques, nourries de leurs voyages. Car je ne pense pas que les Mormons aient eu de telles révélations avant leur arrivée en Amérique, depuis la Grande-Bretagne dont je crois qu'ils sont majoritairement issus. Ils sont d'abord venus en Amérique, ont été charmés, et la beauté des lieux les a portés vers de jolies rêveries – mêlées de lectures bibliques. Si 0000000000.jpgmême ils ont inventé ces histoires avant d'arriver en Amérique, c'est sur la base de jolis récits de gens qui y étaient allés: ils n'ont pas, dans leurs rêves, découvert l'Amérique avant Christophe Colomb.

De même, bien des personnes anglophones venues prendre les eaux thermales dans les Pyrénées, et en particulier à Rennes-les-Bains, découvrant dans les alentours que plusieurs églises étaient dédiées à sainte Marie Madeleine, et apprenant qu'elle était réputée avoir séjourné en Provence, se sont dit qu'elle avait bien pu venir aussi là où des églises lui étaient dédiées, peut-être assez ignorants de la manière dont ont lieu ce genre de dédicaces. Après tout c'est le sud de la France, et si les Languedociens n'ont gardé aucun souvenir de ce passage glorieux de la dame étincelante, ce n'est pas forcément plus fiable que la sagesse des Cheyennes et des Sioux.

Mais réfléchissons davantage. Car j'ai reconnu que si des dames anglaises visionnaires avaient pensé que Marie Madeleine était venue dans le Languedoc rôder autour des lieux où plus tard on lui a dédié des églises, c'était peut-être parce que son esprit au moins était venu, et que, dans leurs visions, ces dames n'avaient pas bien distingué, puisque c'est toujours le monde du rêve, image projetée dans les nuées.

Priée par des adorateurs fidèles, Marie Madeleine a pu effectivement venir sur des nuages, et bénir les gens. Et bien plus tard, les visionnaires ont cru que les femmes qui étaient éblouies par sa venue, et 00000000.jpgprenaient par adoration l'air de Marie Madeleine sur leur propre visage et dans leurs yeux – ils ont cru que ces femmes étaient Marie Madeleine, et ont donc commencé à la voir partout où de telles femmes vivaient: à Bugarach, à Peyrepertuse, à Rennes-le-Château, que sais-je?

L'exemple de Peyrepertuse et de son château peut toutefois nous éclairer sur la véritable origine de ces apparitions. Car les dames visionnaires assurent que Marie-Madeleine a fondé des communautés gnostiques qui ont suscité plus tard en Occitanie les Cathares. Et elles parlent du château de Peyrepertuse. Oui, mais celui-ci, tel qu'il est à présent, a surtout été bâti par saint Louis après qu'il a vaincu les seigneurs locaux défenseurs des Cathares. Et le fait est que le culte de Marie Madeleine a pu être répandu dans le Languedoc par les Francs victorieux afin de donner l'occasion aux prêtres catholiques de corriger les pensées des Cathares, qu'ils estimaient fausses, sur Marie Madeleine. C'est à cette époque en particulier qu'elle a dû être beaucoup invoquée par les communautés sous l'égide des prêtres catholiques. Et cela prouve qu'elle est venue réellement en Occitanie – en esprit.

On ne sait pas si elle a vraiment pris le parti des Cathares, toutefois; si elle habite spirituellement Peyrepertuse, comme ce château est de style gothique et typiquement français, c'est difficile à croire. Mais on pourra dire que la réalité est plus complexe.

Au reste, l'Ancien Testament expose peut-être, plus qu'on ne croit, des histoires datant de l'Atlantide, et donc les tribus peaux-rouges peuvent bien y être plus mentionnées qu'on ne le soupçonne; aucune vision n'est sans reflet dans la réalité. Le vrai problème est de parvenir à les interpréter correctement.

04/11/2020

De la première action d'éclat de Capitaine France lors de sa mission terrestre

c9eacf2868f37c5d097ef0949dfdfc25.jpgIl y a seize jours, j'ai commencé à décrire l'apparence du héros Captain France, fils de Charles de Gaulle et de la bonne fée de France – Marianne à l'étoile, comme on l'appelle communément. Et je disais qu'il avait une chevelure curieuse, planant au-dessus de son crâne recouvert d'un masque blanc comme lys.

Elle avait la faculté de changer de forme, et de se détacher de lui, pour enserrer l'ennemi dans ses filets serrés. Il la dirigeait à distance – mais non comme on dirige une machine inerte, plutôt à la façon d'un chien dressé – et plus douée d'intelligence encore qu'un chien, car elle saisissait les pensées de son chef. Les cheveux pouvaient s'en allonger prodigieusement, et saisir les bras, les jambes, le cou des ennemis – ou soulever les amis dans les airs s'il en était besoin, aussi. Ou ils pouvaient s'enrouler en boules solides, et livrer des coups puissants. Cette chevelure était redoutable.

Capitaine France portait un beau collier doré, suspendant à son cou un diamant luisant. Un insigne était à sa poitrine, qui représentait une flamme bleue.

Il s'agissait d'un saphir de forme oblongue, enserré dans l'argent. Plus bas était à sa taille une ceinture de soie, bleue également, et les pans en pendaient le long de sa hanche droite.

Ses gants étaient dorés, et des bracelets vermeils les maintenaient à ses poignets, et ses bottes à rabats étaient blanches et luisantes. Tout son corps se miroitait à la clarté des astres, car son costume tissé de mailles fines et légères était propre aux Elfes, il n'était point fait de toile ordinaire.

De ses mains il lançait des rafales de rayons bleus, dévastateurs pour l'ennemi, et sa force était prodigieuse – il avait, dit-on, celle d'au moins dix hommes.

Sa première mission marqua beaucoup les esprits, même s'il vécut des moments plus difficiles et plus grandioses plus tard. Un sorcier avait soufflé sur la France une vapeur maléfique, qui rendait malades les gens, et leur inspirait de la terreur. Or ce sorcier, malgré son apparence, n'avait rien d'un être humain: un démon l'habitait, de la suite d'Asmodée et du nom de Sirnoth, et il se nourrissait de la peur et de l'affaiblissement des hommes. Voilà pourquoi le sorcier avait répandu son vent infect – qu'il soufflait depuis ses poumons, mais qu'il saisissait en plaçant sa bouche sur une faille du sol.

À coup sûr il s'agissait d'un vent infernal, dont il n'était que l'infâme intermédiaire.

Et il se nommait Radsal-Tör, et il avait un autre ennemi en la personne de l'Homme-Météore, mais Capitaine France était intervenu pour le remplacer alors qu'il était occupé ailleurs (par un combat contre un terrible allié de Radsal-Tör, en compagnie de son ami l'Homme-Fétiche: tous deux étaient partis au Cameroun pour y libérer le 000000000000.jpgpeuple d'un malfaiteur atroce au visage de crabe, lequel ravageait les villages et exigeait de l'or, des femmes et des enfants en échange de sa prétendue protection, mais en fait contre lui-même, la seule menace réelle du pays).

Pendant ce temps, à Paris et en France, Radsal-Tör agissait, et lançait de sa bouche énorme et infecte d'étranges boules couronnées d'éclairs – ou qu'au moins ceignaient d'ardentes flammes crépitantes, à l'état de repos. Elles touchaient les gens, qui tombaient à terre consumés, vidés de l'intérieur, et remplis de terreur. Capitaine France devait agir.

Il quitta son apparence ordinaire de simple représentant en logiciels libres, ôtant son manteau, et resurgit dans la rue sous la forme que j'ai décrite. Alors, le combat commença, et des immeubles en furent détruits, des hommes tués, mais il le fallait, car sinon Radsal-Tör aurait étendu son empire de manière illimitée, et la civilisation en aurait été ruinée.

Le premier, sans prévenir Capitaine France lança un feu de son gant doré, pour faire cesser le ravage que commettait le monstre. Il lui vint à l'épaule, et de fait il ferma la bouche, et se retourna vers son agresseur.

Il rouvrit la bouche, et lança contre Capitaine France ses boules enflammées, plus rapides que les autres – plus meurtrières aussi, plus entourée d'éclairs que jamais on ne les avait vues. Captain France fit jaillir de ses yeux des rayons qui les détruisirent et les brisèrent, et il frappa celles qui avaient échappé à son regard dévastateur de ses gants dorés, à droite et à gauche, les envoyant sans dommage vers le sol où il n'était pas, et où ne se trouvait personne.

Alors Radsal-Tör se mit en colère et, comprenant dans le même temps qu'il ne pourrait atteindre directement Capitaine France, il se tourna vers l'immense trouée du boulevard des Champs-Élysées, à l'ouverture duquel il se tenait, et fit partir d'un coup des milliers de ses boules meurtrières, pour détourner de lui son ennemi. Des immeubles en furent détruits, et des hommes tués, comme je l'ai dit.

Capitaine France ne s'en laissa pas compter, il n'eut pas la faiblesse de son détourner de son but, car il savait que plus tôt il l'atteindrait, mieux cela vaudrait pour tout le monde. Il bondit sur le monstre, et lui asséna un coup magistral du tranchant de la main sur le cou, qui l'abattit sur le sol. Et ensuite furieux il le traîna, comptant le 0000000000.jpgfaire passer par une des portes qu'il connaissait, et qui menaient au pays de sa mère enchantée – car il s'y trouvait, sachez-le, des geôles dont aucun sorcier né mortel ne pouvait s'échapper.

Il s'envola en le tenant par une jambe, et sonné le sorcier ne pouvait rien faire, sinon gémir comme un enfant giflé – puni de quelque père sévère et juste, ne voulant point laisser l'enfant se faire du mal à lui-même en laissant le démon grandir en lui par ses nombreuses bêtises. Car tel est le sens véritable de l'éducation.

Cependant Radsal-Tör avait un allié. Il était mystérieux, mais Capitaine France reçut un rayon violet qui lui fit lâcher prise, et quand il eut retrouvé ses esprits, il chercha sur le sol Radsal-Tör, mais ne le retrouva pas. Toutefois sa chute avait dû assez le blesser pour qu'il ne pût plus commettre ses méfaits, car ceux-ci ne recommencèrent pas avant un bon bout de temps, pendant lequel Capitaine France put reprendre son apparence ordinaire. Jusqu'au jour où il dut combattre un monstre apparenté aux dinosaures. Mais c'est une autre histoire. Un jour aussi sera révélée l'identité de l'ennemi qui sauva ce jour-là Radsal-Tör. Mais pour le moment il faut mettre fin à ce texte. Il est déjà bien assez long.