18/06/2018

Anciens mythes héroïques d'Irlande

deirdre-of-the-sorr.jpgToujours à puiser dans ma bibliothèque les livres achetés dans ma jeunesse relatifs à l'Irlande où je compte bientôt me rendre, j'ai lu un volume d'extraits d'épopées publié sous le titre Early Irish Myths and Sagas, choisis et traduits par Jeffrey Gantz, un spécialiste américain des littératures et langues celtiques.

On y suit les aventures de Cù Chulaind, dont j'avais déjà lu une Geste écrite en français, adaptation plus vague des mêmes textes - mais aussi le triste destin de la belle Deirdre et les affaires de Conchubhur, le roi légendaire, ainsi que quelques mystères liés aux elfes.

De fait, l'autre monde, comme on dit, est toujours proche, mais pas d'une manière particulièrement précise. En général, il est admis que cela vient de ceux qui ont rédigé ces textes, plusieurs siècles, sans doute, après que les histoires mêmes ont été inventées par des bardes attachés à des rois, et qui ne faisaient que se les transmettre oralement. Ces rédacteurs étaient chrétiens, et ne comprenaient plus forcément l'ancienne mythologie. De surcroît, ils se trouvaient face à des traditions contradictoires, les bardes n'ayant jamais fixé CuchulainT1.jpgleurs récits dans le marbre. Le résultat est que la mythologie irlandaise n'est pas extrêmement claire, et surtout, elle reste constamment liée à l'espace terrestre. Il n'y a pas de mention d'êtres habitant le ciel. Les elfes demeurent dans des collines, sur des îles, et les étoiles ne sont pas mentionnées comme contenant des entités spécifiques.

Or, si le christianisme a mis, ad astra, les saints et les anges, les anciens Romains et Grecs y avaient placé leurs dieux, et on perçoit immédiatement le manque d'envergure non pas de l'ancienne religion celtique forcément, mais de ce qu'il en est resté. Même la mythologie germanique situe bien dans le ciel des royaumes divins.

On sent venir l'espèce de néopaganisme curieux, et à mon sens restrictif, d'un Yeats, voire d'un Dunsany, et de tous ceux qui ont essayé de rétablir la vieille religion celte à travers ce qu'il en est resté en Irlande. Cela comporte évidemment un danger, celui de restreindre la vue, et de limiter (comme même la mythologie gréco-romaine le faisait) le monde divin aux éléments terrestres, de telle sorte que le ciel demeure vide. Or, dans les faits, c'est bien le soleil, la lune et les étoiles qui dirigent l'univers dont la Terre n'est qu'une partie relativement passive. Dans un sens, cela donne raison au matérialisme de faire des étoiles des objets se mouvant mécaniquement, et n'ayant pas de rayonnement spirituel: cela lui laisse le champ libre.

Pour autant, il y a le revers positif de la médaille. Que le spirituel soit sur Terre et qu'il imprègne les éléments empêche le matérialisme d'envahir ceux-ci. Or, le monde élémentaire est bien le premier qu'on rencontre sur le chemin de l'Esprit, et, si on le laisse vide, comme tendaient à le faire les Romains et les Hébreux, on ne parvient pas, en règle générale, à accéder au Christ vivant: le Christ n'est plus tant une personne qu'une idée abstraite.

Le monde élémentaire est bien lié aux astres, il en subit l'influence; on peut donc, à partir des rayons qui le modèlent - en les remontant comme des sentiers ou des rivières -, en saisir la source.

Cela ne s'est pas toujours fait. Le néopaganisme a souvent préféré se plaindre que la Terre ait été vidée de ses fées par les chrétiens. C'est une conception erronée, à mon sens, car les Celtes médiévaux tendaient à dire que les meilleurs de leurs mages, tel Merlin, avaient pressenti le Christ - et même les meilleurs de leurs rois, comme Conchubhur. Jusqu'à des fées ont annoncé la venue de saint Patrice, apôtre du Christ: j'y reviendrai, car ce n'est pas présent dans le recueil de Jeffrey Gantz, mais dans celui d'un autre spécialiste des langues et littératures celtiques, Kenneth Hurlstone Jackson.

Le problème est de savoir si on part d'abord de l'intellect pour le baigner de la vie élémentaire, ou si on part des éléments pour les transfigurer, 007f265ca5a399052e2040ebc061c378.jpgà partir de leurs elfes, vers le ciel intelligent des étoiles. Les deux sont valables, sans doute. Et dans les deux cas, ce qui le permet est la mythologie – païenne, ou chrétienne.

J'ajoute que le premier récit retenu par J. Gantz est très étrange et semble montrer que les anciens Irlandais croyaient aux vies successives: une femme vit, entre deux vies, sous forme d'une étrange mouche dans des lieux habités par des immortels. On est alors dans un mélange d'images familières et de mystères qui rappelle les films de David Lynch. Mais la portée en est sans doute encore plus profonde, la grandeur encore plus insigne. Entre deux existences, dit le texte, plus de mille ans s'écoulent! C'est impressionnant.

Cela suggère que le style mystérieux qu'on a vu se développer en langue anglaise avec David Lindsay, William H. Hodgson, George MacDonald (qui d'ailleurs était écossais) vient bien, comme on pouvait le soupçonner, des anciens Celtes. D'autres textes celtiques le confirment, jusqu'à ceux de Yeats, lui aussi amateur d'ambiguïtés mystérieuses entre les objets familiers et les symboles mystiques. C'est fascinant, quoique saint Paul eût sans doute trouvé que cela manquait de clarté, et que peut-être saint Patrice n'a pas mal fait d'exiger des concepts plus nets, issus du christianisme. C'est une question d'équilibre à trouver, mais le voyage au pays des mythes celtiques reste fascinant; il est difficile de s'en lasser. Justement par cette omniprésence du mystère, ils semblent porter tout près d'une masse vivant dans l'Inconnu. Il ne reste qu'à y trouver un soleil ordonnateur - et ce n'est pas, à vrai dire, toujours aisé.

02/06/2018

Saint Patrice, apôtre d'Irlande

st_patrick_statue2.jpgComme je compte me rendre incessamment en Irlande et que je lis tous les jours du latin, j'ai résolu de pratiquer des textes en latin d'Irlande, pour mieux m'imprégner de la tradition locale. La première chose qui me soit venue à la connaissance, à cet égard, est le Livre d'Armagh, qui contient: deux vies de saint Patrice, évangélisateur de l'Irlande (au cinquième siècle), écrites par des moines irlandais; deux textes de la main même de Patrice, assez courts; un dialogue qu'il aurait eu avec un ange; et des extraits du Nouveau Testament. J'ai lu les cinq premiers textes, qui sont tout à fait plaisants. Il est peu d'écrits catholiques anciens aussi remplis de merveilleux.

Le catholicisme s'est rempli progressivement de merveilleux, mais l'influence irlandaise à cet égard est probable, voire certaine.

Saint Patrice était un Breton insulaire emmené très tôt en captivité en Irlande et qui, selon ses propres dires, se serait échappé en suivant une voix, dont il ne savait si elle était intérieure ou extérieure: alors qu'il priait sur une colline, elle lui a ordonné de se rendre au bord de la mer, où, disait-elle, un navire l'attendait! Il s'y rend, mais le capitaine ne veut pas de lui. Il est surpris, tourne les talons, mais on le rappelle; et ainsi sera-t-il emmené en Bretagne.

Plus tard, il fréquentera, en Gaule, saint Germain d'Auxerre, restant auprès de lui trente années. Puis, appelé par une autre voix, et contre l'avis de ses supérieurs, il retourne en Irlande pour convertir le peuple. Les Irlandais, considérés comme situés au-delà de l'Empire romain, n'avaient pas besoin d'être convertis, pour le clergé romain. Patrice en décide autrement.

Il dit être visité chaque semaine par un ange appelé Victoricus, avec lequel il s'entretient. Le Livre de l'Ange s'appuie sur ce dialogue pour justifier une propriété, l'ange étant censé avoir désigné un territoire comme devant être à Patrice et à ses successeurs.

Selon ses hagiographes, les pouvoirs du saint sont extraordinaires. Car aussitôt arrivé, il est attaqué par les druides qui entourent les rois - et que les textes appellent mages. (Cela, je pense, rappelle étroitement la façon dont les rois thaïs et khmers sont entourés de brahmanes.) Ils veulent le tuer, mais il se défend en levant la main au ciel et en demandant l'aide de Dieu, et le meneur est foudroyé. Les autres se convertissent et deviennent les premiers disciples de Patrice.

Cela pourrait donner lieu, ces affrontements de mages, à de grandes épopées, éventuellement filmées!

À vrai dire, la lutte entre les mages des divinités terrestres et ceux des êtres célestes existe aussi dans le monde asiatique, et les récits consacrés sur Milarépa montrent comment lui, moine bouddhiste, a vaincu les prêtres du bön, relatif aux esprits élémentaires. La ressemblance est frappante. Milarépa accuse ses ennemis de ne frayer qu'avec des divinités terrestres (ce que les chrétiens appelaient des démons). Mais il faut avouer que l'opposition entre Patrice et les druides est plus icon_13.jpgrude, plus sanglante, plus radicale. Peut-être cela vient-il de l'esprit de conquête de Rome. Ou de ce que l'Occident œuvre par oppositions tranchées. Mais le fait est là. Il faut quand même savoir que Patrice, jeune, avait été captif d'un druide, selon la tradition.

Malgré ses victoires et les conversions, il reste constamment en danger, et des princes continueront longtemps à tuer ou à vendre comme esclaves (selon le sexe) des nouveaux baptisés. Patrice s'en plaint directement.

Il échange également avec des défunts, éveillés de leur tombe pour l'occasion, tirant d'eux des révélations, et vide les fontaines sacrées pour montrer qu'elles ne contiennent aucun roi divin. De fait, la confusion entre le spirituel et le matériel se répandait, ou s'approfondissait, et les chrétiens voulaient séparer les deux rigoureusement.

Dans sa Confessio, Patrice est l'auteur d'un merveilleux bien moins populaire, placé dans les secrets les plus élevés du ciel biblique. Il reprend en effet la tradition du Fils consubstantiel au Père, et par qui celui-ci a créé le monde. Il était déjà là à l'origine; Jésus n'a fait que l'incarner. C'est assez grandiose. Un peu abstrait. Mais Patrice était sensible au merveilleux.

Il dit lui-même que le latin n'était pas sa langue maternelle, et qu'il l'a apprise sur le tard; il en a un peu honte. Il avait à sa naissance un autre nom, breton, Suchet. Patricius était en réalité un titre. Il évoque les Gaulois et les Romains comme s'ils étaient plus civilisés que les Irlandais, et d'une haute morale. Mais il ne le fait pas pour le prouver, mais pour enjoindre un méchant roi à imiter les princes gaulois et romains dans leurs 7351cce91814bd4ebc8191dc988053f3.jpgbonnes actions; il s'exprime en fait comme si les Irlandais eux-mêmes admettaient la supériorité des Romains.

La conversion de l'Irlande la rattacha à l'Empire d'Occident par le biais du seul clergé, comme souvent les pays du nord: le Pape prolongeait l'action de l'Empereur. En France, on le sait, la conversion est antérieure à l'effondrement du pouvoir romain. Cela change beaucoup de choses. L'adoption du latin comme langue commune est évidemment impensable pour les Irlandais (dont la langue avait des rapports avec le gaulois, comme on sait). La conversion ne s'accompagne pas au même degré d'une colonisation culturelle.

Le résultat est que le catholicisme irlandais restera très marqué par l'ancienne mythologie, qu'il christianisera sans la supprimer. On mesure peu, en effet, la confusion entretenue entre le christianisme occidental et le rationalisme, voire le matérialisme des anciens Romains, seuls Occidentaux à pratiquer une histoire plutôt dénuée de merveilleux. Les Irlandais en étaient loin: si leur histoire était également en prose, elle était pleine des immortels de la Terre ou de héros fabuleux. Même en latin, cela se ressent évidemment.

Or, lorsque, convertis, les druides irlandais se rendront à leur tour en Gaule, en Italie et en Germanie, ils auront une influence profonde, ravivant en réalité le sentiment du monde spirituel, en deçà des concepts qui, dans la théologie latine, représentaient ce même monde spirituel. Les concepts en ce temps-là parlaient encore au cœur, et saint Augustin l'atteste; mais depuis la tête, pour ainsi dire. Les Irlandais chrétiens se rendant sur le continent enflammeront plus profondément les âmes, régénérant le christianisme et y créant, pour une large part, son merveilleux spécifique - tel que Dante le fit triompher dans sa poésie.

Comme je compte lire des écrits sur et de saint Colomban, j'aurai peut-être l'occasion d'en reparler.

01/05/2018

Stace et les relations des hommes avec les dieux

Dante-Homer-Virgil-and-Statius-by-Raffaello-Sanzio-1510-1511.jpgAu Moyen-Âge, on avait une haute opinion du poète latin Stace, qui vivait au premier siècle après Jésus-Christ et dont l'œuvre était goûtée de l'empereur Domitien. Dante l'adjoint à Virgile pour lui servir de guide au Purgatoire parce qu'il avait la réputation de s'être secrètement converti au christianisme, et on l'avait beaucoup adapté en français au douzième siècle. Par la suite, il a été moins à la mode. On lui reprochait un art artificiel, sans imprégnation intime, dénué de sentiments personnels, imitant les Grecs (parmi lesquels, à Naples, il avait toujours vécu) d'une façon trop extérieure. À cet égard, sans doute, la profusion des traductions du grec ancien, après la Renaissance, a pu lui faire du tort, puisqu'il avait traité des sujets déjà traités par Eschyle ou Homère avec plus d'intensité.

De fait, contrairement aux poètes latins du siècle d'Auguste, il n'a pas adapté l'art des poètes grecs à des sujets locaux, mais s'est immergé, en latin, dans la culture grecque, racontant, principalement (dans la Thébaïde), la guerre des sept rois contre Thèbes, épisode qui suit l'exil d'Œdipe: après son départ, en effet, ses deux fils, Étéocle et Polynice, devaient se partager le royaume en alternance. Mais Étéocle, au bout de l'année prévue, refuse de laisser la place à son frère, et Polynice l'attaque avec l'appui d'Argos, dont il avait épousé la fille du roi. Les alliés et lui-même forment sept armées, campées devant les sept portes de Thèbes. eteokles-und-polyneikes-im-zweikampf-vor-theben.jpgLe siège échoue, et les deux frères, s'affrontant en duel, se tuent l'un l'autre. Leur oncle Créon, frère de Jocaste (femme et mère d'Œdipe), prend la couronne, mais refuse aux assaillants tués les honneurs du bûcher funéraire; Thésée, depuis Athènes, est prévenu, l'attaque et le tue. On connaît un peu cette histoire du Créon impie dans sa vengeance grâce aux pièces consacrées à Antigone, fille d'Œdipe qui réclame de pouvoir consumer son frère Polynice sur un bûcher consacré.

Si on a lu les tragédies de Sénèque, à vrai dire, on constate que l'épopée de Stace les complète, car il a évoqué, d'une part, le moment terrible où Œdipe apprend la vérité sur ses parents et s'arrache les yeux, d'autre part, son errance guidé par Antigone. Il réapparaît, toujours vivant, dans la Thébaïde de Stace.

Il n'est pas faux que cette épopée soit moins émouvante que l'Énéide - moins chargée de nostalgie. Elle est plus tragique, et rappelle Sénèque, mais leur atmosphère est aussi moins funèbre et profonde, notamment parce que la relation avec les dieux est plus pensée, moins ressentie que chez ces célèbres prédécesseurs. En effet, ils interviennent constamment, et de façon tout de même assez belle et grandiose. Mais Stace est moins ému par le sort réservé par les dieux aux combattants, que Virgile ne l'était à celui que Jupiter annonce à Rome contre la volonté de Junon, qu'Ovide ne l'était lorsque les héros de Rome sont dans ses vers transfigurés et menés au ciel, que Sénèque ne l'était quand l'univers lui semblait vide de dieux justes. Il se zeus_____arcana________dota_2_by_ang_angg-d9usnwe.jpgsent moins personnellement impliqué. En revanche, il a une intelligence prodigieuse des relations entre les hommes et les dieux, et il les présente de façon somptueuse, toujours convaincante, toujours solide d'un point de vue théorique.

Le plus beau est quand ils prennent la place d'un mortel ou l'habitent de l'intérieur pour une raison ou pour une autre, et qu'alors son char se fait plus lourd, portant une sorte de colosse, et que ses traits font constamment mouche; et puis soudain, quand il est quitté d'eux, il se sent quelconque, sans force. Cela est profondément ressenti d'un point de vue psychologique et individuel, et on se retrouve dans les moments où l'on se sent exalté, et dans ceux où une faiblesse inexplicable survient. On retrouve même, en essence, l'idée du super-héros.

Jupiter se prend aussi à foudroyer un héros naturellement gigantesque qui détruisait Thèbes à mains nues et que personne ne pouvait arrêter. Car curieusement, dans cette épopée, on adopte le point de vue de Polynice qui semble avoir raison, mais les événements dirigés par Jupiter profitent à Thèbes, tandis que Junon soutient les sept qui s'attaquent à elle. Les dieux semblent mauvais, d'une façon bizarre, et c'est en cela aussi que Stace paraît inférieur à ses illustres prédécesseurs - cette bizarrerie ne semblant pas l'émouvoir plus que cela.

Cependant, comme je l'ai dit, il n'a pas moins l'intelligence des interventions divines, peut-être même davantage, et quand Capaneus est tué d'un foudre jupitérien, le moment est sublime: tombant alors des Blake_Dante_Hell_XIV_Capaneus (3).jpghauteurs des remparts de Thèbes qu'il a escaladés, son armure recouvrant un corps carbonisé et toujours palpitant, il brûle comme une torche, éclairant sur son lent passage les murs fatals.

Un héros fils d'une nymphe de rivière a une mort somptueuse aussi, les eaux tentant en vain de le protéger. Les scènes grandioses sont nombreuses, et, plus on avance, dans cette grande œuvre, plus on en pénètre les profondeurs sombres, errant avec les personnages sous la lune, contemplant le dieu du Sommeil qui, à la demande (je crois) de Junon, endort les Thébains, les jetant dans un profond silence: il passe dans le ciel, lent et ailé. On a tort de ne pas aimer cette œuvre, bien plus valeureuse qu'on ne le dit en général, et que je voulais lire depuis des années, adorant la mythologie de toute manière.

Je voudrais ajouter un trait qui m'a surpris, et qui montre à quel point les relations entre le paganisme et le christianisme sont bien plus subtiles qu'on ne le croit. Stace parle d'un temple à Athènes réservé aux malheureux, dédié à la Clémence, et n'ayant nulle statue, ni sacrifice autre que des vêtements, ou des objets appartenant aux adeptes. Elle vient en aide aux pauvres gens, ou aux mortels frappés par le malheur. Les panagia atheniotissa.jpgnobles la dédaignent. C'est surprenant, car tout se passe comme si le christianisme avait accepté et prorogé ce type de temples, au lieu de les inventer, comme souvent on pense: on le dit larmoyant et tourné vers la misère; mais cela existait déjà avant lui. On peut seulement dire qu'alors qu'il a exigé que le Parthénon fût dédié désormais à la sainte Vierge (comme il l'a longtemps été avant sa destruction par les Turcs), il a consacré tels quels les temples à la Clémence, les liant à des dames saintes, à des incarnations terrestres de la clémence divine - de l'ange de la Clémence, volontiers assimilé à une allégorie. Que Stace ait été chrétien ou non ne change pas la fidélité du christianisme à son esprit, puisqu'il loue ce temple. Dante avait raison, au-delà des faits avérés.