17/03/2019

Captain Savoy et la ruse providentielle de l'Amazone céleste

40080768_713272239038469_7468240497522245632_n.jpgDans le dernier épisode de cette étrange saga, nous avons laissé deux des disciples de Captain Savoy, l'Amazone céleste et la Femme-Faucon, au moment où elles combattaient des ennemis dont elles ne réussissaient pas à venir à bout - par lesquels même elles étaient dominées, et qui, ainsi, les mettaient en grave danger. Et nous disions que dans l'esprit de l'Amazone céleste soudain la voix lointaine de son maître avait retenti!

À vrai dire, son langage n'était pas distinct: ce n'était pas une langue humaine - le français, l'anglais, le savoisien, qu'il utilisait; non. Il s'exprimait par figures, en les projetant à distance dans l'âme de l'Amazone. Et ces figures avaient un sens, comme les hiéroglyphes d'Égypte, et pour sa Seconde Disciple elles étaient claires, elles orientaient précisément sa pensée et son cœur.

Et soudain, elle sut: en elle se fit une lumière se fit. Elle connut le moyen de vaincre les motocyclistes démoniaques!

Prenant son envol, elle feignit d'abord de fuir. La nuée des démons la suivit, la croyant vaincue, et tâchant de la tuer, ou de la saisir dans leurs rets. Elle n'en continua pas moins de s'élever, et voici! son vol fut si rapide qu'elle eut tôt fait de sortir de l'atmosphère terrestre. Les ennemis la suivaient toujours. Elle ne s'en étonnait pas.

Bientôt, le croirez-vous? elle atteignit l'arc de la Lune. Or, ce qu'on appelle ainsi, qu'on ne s'y trompe pas, c'est la courbe créée par le sentier suivi par la Lune autour de la Terre, que nul mortel ne peut voir, mais qui, aux yeux de l'âme, brille comme un arc lumineux. Et il se fait que quand on le franchit, on entre dans un monde entièrement fait d'or.

Ce n'est pas qu'en fouillant dans leurs souvenirs, les démons montés sur des motocyclettes volantes n'eussent pas pu le savoir. Mais ils étaient tellement avides de s'emparer de l'Amazone céleste, laquelle ils haïssaient comme rien au monde, qu'ils ne pensèrent plus du tout, en la suivant dans son vol, qu'il en était ainsi.

La Seconde Disciple le savait, elle, parfaitement, puisque Captain Savoy, à la façon d'une révélation, le lui avait appris. Et voici! elle franchit le splendide arc-en-ciel qui limite le monde terrestre du reste de l'univers, et, de l'autre côté, tout était pur et clair, des êtres puissants se mouvaient dans une nuée éblouissante. 43787621_2144011565928224_7781500607340216320_n.jpgLeurs formes à peine étaient sensibles, même à l'œil d'initiée de l'Amazone. Les fleurs, dans ce monde, étaient faites d'étoiles, les rochers étaient des pierres précieuses brillant d'elles-mêmes, les rivières étaient des couleurs qui se mouvaient et avaient une vie. Et des êtres qui y vivaient s'exhalait une force terrible, et même l'Amazone eut peur des plus humbles d'entre eux, ceux qui vivaient à la frontière de leur royaume, et à maints égards rappelaient encore les hommes qui vivent sur Terre.

Or, les êtres montant les motocyclettes enchantées ne pouvaient supporter leur lumière, surtout celle qui jaillissait de leurs yeux, pour eux pareille à des millions de flèches acérées, qui les consumaient. Dès qu'ils les virent, ils tentèrent de rebrousser chemin, mais le regard braqué sur eux des gardiens armés de cette terre supérieure suffit à en anéantir définitivement trois.

Il en restait toutefois quinze: ils s'étaient multipliés, comme on l'a dit, dès que l'Amazone les avait frappés de mort, et leur nombre total avait fini, à partir de quatre, par atteindre dix-huit.

L'Amazone eut cependant une nouvelle idée. Depuis sa tête illumina-t-elle son âme, et son éclat, en elle, était magique. Elle plongea son épée dans la lumière jaillissant des êtres étranges, et en particulier la tint dressée sous leur regard; et la clarté de leurs yeux l'inondait comme des langues, et la faisait étinceler, la rendait plus brillante, plus ardente que n'importe quelle chose du monde. Le plus beau fut quand un de ces êtres, comprenant son intention, et voulant l'aider par bonté, lui fit la grâce de tendre la main, et de toucher sa lame. Alors, elle devint flamboyante comme le soleil. Le bras de l'Amazone vibra, et son corps se remplit d'étincelles qui tournaient. Elle fit une expérience sublime, et connut les profondeurs insoupçonnées du monde. En un sens, cela l'initia au plus haut point.

Mais de la part de l'ange qui avait agi ainsi, ce fut imprudent, car elle acquit trop de lumières d'un coup, et sans en être préparée. Nous le verrons, de cette expérience intense, elle tira un excessif orgueil, et son épée, même, qui avait été ainsi bénie, lui parut la plus merveilleuse chose de l'univers, et elle en tira une merkaba-with-baby.jpgfierté démesurée, et beaucoup ressentirent, hélas, la même chose, et n'eurent plus de cesse que de la lui voler. Cela la jeta dans des batailles sans fin, et la rendit cruelle, cela la corrompit.

Mais n'anticipons pas. Car, pour le moment, toute à sa grâce inattendue, et pleine du désir de vaincre les Maufaïés et de secourir sa chère amie la Femme-Faucon, elle ne fit rien de mal, mais poursuivit à bon droit les motards démoniaques qui s'en retournaient vers la Terre, c'est à dire vers les ténèbres où se tissent les illusions des sens, afin de fuir les rayons lumineux qui les tuaient, sans espoir de retour, sans rémission possible, sans possibilité pour eux de se multiplier encore!

Or, l'épée de l'Amazone céleste avait désormais le même pouvoir que celui des immortels lunaires: ce qu'elle tuait par son moyen parmi les motards démoniaques ne revenait plus, ni ne se multipliait plus, mais se dissipait à jamais, en un instant consumé, transformé en brève fumée grise. Et elle vola derrière eux, les tuant dans le dos, les abattant un à un. Plusieurs, apercevant l'erreur qu'ils faisaient, de fuir sans regarder une telle guerrière et si bien armée, se retournèrent, et tentèrent de résister en lui faisant face. Ils lancèrent, depuis leur motocyclette, des flèches de feu concentré, mais l'Amazone céleste, plus rapide que l'éclair, et dont les forces étaient, elles, à présent décuplées, renvoyaient à droite et à gauche ces rayons en plaçant sa lame enchantée devant elle, en les brisant comme s'il se fût agi de flèches de bois lancées à faible allure; car son épée, désormais, était plus une flamme qu'une lame.

Un seul trait la toucha, un tir nourri l'ayant empêchée de les parer tous. Mais son armure était tellement remplie d'énergie sacrée, elle étincelait si vivement, qu'il ne l'entama d'aucune façon, et qu'elle put accourir aussitôt pour les abattre de face.

Mais il est temps, chers et dignes lecteurs, de laisser là cet épisode déjà bien long, pour renvoyer au prochain, quant à la victoire totale de l'Amazone céleste sur ses ennemis du jour!

12/01/2019

Captain Savoy ou la compassion du télépathe

23621430_353211795139217_2648758616373776040_n.jpgDans le dernier épisode de cette geste fabuleuse, nous avons laissé le Léopard des Neiges, quatrième disciple de Captain Savoy, alors que, soutenu par son ami le Noton bleu, il venait de vaincre les trois hommes-loups de Malitroc.

Le Léopard des Neiges, épuisé, mit ses genoux à terre après avoir sauté de l'échine affaissée de Balishac, et s'appuya sur son épée, respirant ardemment, reprenant son souffle.

Il sentit une main sur son épaule: il leva la tête, inquiet; c'était le Noton bleu, qui souriait. Il avait mis tous ses ennemis en fuite. Le Léopard des Neiges sourit également, et se remit debout en riant.

Une belle bataille, mon ami! fit-il. - Oui, répondit le Noton bleu. Tu as fait merveille; je n'ai fait que te seconder. - Mais sans toi, repartit le Quatrième Disciple, je serais mort, à l'heure qu'il est, et détruit. - Est-ce possible? Qui peut te vaincre, Léopard? Tu es trop puissant. - Ah! tu dois plaisanter: aucun de nous n'a la force de ces loups-démons que Malitroc nous envoie, et je doute même que notre maître Captain Savoy eût pu les vaincre seul. La pure chance m'a permis d'en venir à bout, ainsi que la grâce divine. Dis-moi donc par quel miracle tu es arrivé à point nommé. - En vérité, obéit le Noton bleu, j'ai cru entendre un appel au secours, une voix de femme résonnant dans l'air, comme si on l'agressait, comme si on la violait. Je me suis dirigé vers le lieu dont semblait venir cette voix, et j'ai vu le trou dans la coque, et je t'ai retrouvé après avoir suivi la piste des corps sans vie laissés derrière toi par ton bras flamboyant. Comment l'expliques-tu? As-tu aussi entendu cette femme? - Non pas, répondit le Léopard des Neiges, et je crois là que c'est une ruse des anges pour t'attirer jusqu'à moi; car tu sais que jamais je n'aurais appelé au secours, encore moins avec la voix d'une femme! Et les deux éclatèrent de rire, étonnés de ce qui venait se produire, et émerveillés par les fils de la destinée qui se nouaient d'une manière inattendue, mais aussi charmés par la plaisanterie de notre homme-panthère.

Il est temps, cependant, de revenir au combat livré par la Femme-Faucon contre le monstre appelé Oclitit, le plus puissant héraut de Malitroc entre les murs de Chambéry. Il avait commencé sous des auspices incertains, et les deux combattants s'étaient échangé de rapides et vifs coups, parant, tournant, assénant, évitant, sans qu'on pût d'abord dire qui aurait le meilleur sur l'autre. Mais à l'œil aguerri, il devint bientôt clair que la Femme-Faucon avait le dessous, et que son ennemi était trop puissant pour elle. Elle s'épuisait, et sentait que la fin approchait, et que seul quelque prodige pourrait désormais la sauver de l'anéantissement.

Elle crut que ce prodige arrivait quand elle vit, par la grande fenêtre du poste de commandement, l'Amazone céleste volant vers le verre pour le briser. Mais quatre motocyclistes des airs, lançant vers elle des tirs de feu, l'empêchèrent de mener à bien ce projet, et la Femme-Faucon, tout en parant les coups de son adversaire, vit sa maîtresse, celle qu'elle regardait comme sa grande sœur en l'ordre spirituel de Captain Savoy (le successeur de l'Annonciade), répliquer à ses attaquants, qui tombaient, certes, sous ses coups, mais se multipliaient au fur et à mesure, comme si leur mort les dédoublait.

Durant de longues minutes, qui parurent interminables à la Femme-Faucon, qui la surveillait du coin de l'œil, l'Amazone céleste resta aux prises avec ces êtres étranges, qui inlassablement revenaient dédoublés de l'anéantissement provoqué par ses armes. Elle les avait tous mis à terre, mais ils s'étaient relevés, de e1d0edcf91d7460c51e7b14ff68a2ddb.jpgnouvelles motocyclettes volantes étaient nées comme de leurs corps au sein d'une brume, et ils s'étaient élancés vers elle pour l'empêcher de sauver la Femme-Faucon, et tâcher de la tuer. Quel sort, quelle magie leur permettait de se comporter ainsi, c'est ce que l'Amazone céleste ne savait pas; et elle en était fort marrie, et très inquiète, car, tôt ou tard, si ces êtres infatigables continuaient de revenir, elle perdrait ses forces et, submergée par le nombre et la lassitude, mourrait sous leurs coups - ou serait capturée, prise dans leurs filets, tout du moins. Dès lors la Femme-Faucon, sa sœur chérie en l'ordre spirituel de Captain Savoy, serait tuée par le monstre Oclitit. Elle sentit l'alarme monter en son cœur, et douta de la destinée. Toutefois, elle continua d'asséner des coups, qui détruisaient les motards volants, mais conservaient le même effet.

Il est des moments où, dans la vie d'un homme, ou d'une femme, tout paraît perdu. Alors, il ou elle regarde le ciel sans y voir de lueur, et baisse la tête, résigné, sans que la raison ait pu attester qu'effectivement, tout était fini pour lui ou elle, et qu'il ou elle n'avait qu'à se laisser mourir. Pour la Femme-Faucon et l'Amazone céleste, les deux sœurs spirituelles en l'ordre de Captain Savoy qui s'aimaient plus qu'on ne saurait dire, un tel moment était apparu comme un roc dans le cours de leur destinée, et elles ne savaient plus que faire, se croyant condamnées à jamais.

Elles avaient beau lutter, le mal n'était pas repoussé, mais les ceignait inéluctablement, les dominait à force de persévérance - et parce que, pareil à des machines, il ne semblait jamais se fatiguer, mais revenir inexorablement d'entre les ombres, mû par on ne sait quelle loi fatale qu'aucun sage n'a jamais su pleinement expliquer.

Le cœur de l'être humain, cependant, a des ressources insoupçonnables et, au moment où elle désespérait le plus, l'Amazone céleste crut entendre, en elle-même, la voix de Captain Savoy: il ne l'avait pas abandonnée, malgré sa désobéissance! Dans son infinie compassion, il continuait à la chérir - et à l'aider, à la green-lantern-new-guardian-18-mtv-geekcrop.jpgsecourir. Se pourrait-il que, dans sa sagesse insondable, il eût cherché, en vérité, à ce que l'Amazone céleste lui désobéît, et qu'il eût agi ainsi pour lui donner plus de force, plus d'allant, dans la mission que de toute façon il lui aurait donnée? Était possible une telle chose; mais non certaine. Une telle ruse pouvait être aussi venue des dieux, et Captain Savoy n'eût fait que la constater, dans sa force de prescience. Dès lors, il n'avait plus qu'à se soumettre à leur volonté et veiller, de loin, grâce à la puissance de ses pensées porteuses d'ailes, à ses disciples et à la réussite de leur mission. Ainsi s'adressait-il, depuis sa montagne, de loin, à l'Amazone céleste!

Mais il est temps, lecteur digne, de laisser là cet épisode étrange, pour renvoyer au prochain, en ce qui est relatif au secours apporté par Captain Savoy à sa fidèle disciple l'Amazone céleste.

28/12/2018

Captain Savoy au secours de Santa Claus: conte de Noël

095a7ba21944ea6063c175e8ee5c49ca.jpgLa nuit du 24 au 25 de ce mois, m'a-t-on raconté récemment, il s'est produit quelque chose de fâcheux. Le Père Noël a été bloqué au sommet du mont-Blanc.

En effet, c'est un secret qu'il faut maintenant révéler, qu'il s'y arrête aux alentours de minuit, pour se reposer quelques instants. Ce qui représente quelques instants pour les mortels peut être assez long chez les êtres enchantés, car le temps n'est pas le même pour eux. Dès qu'ils le désirent, ils le remontent, s'arrachant à l'emprise de la Terre. Et puis ils le descendent, quand ils s'y replacent. C'est de cette façon que le Père Noël - saint Nicolas - a tout le loisir d'honorer l'ensemble de ses commandes. Il a d'ailleurs aussi des elfes qui le dédoublent. Il est le maître d'un grand nombre de gnomes.

Chaque année, donc, il séjourne dans le royaume caché de l'Immortelle du mont-Blanc; il lui rend visite, l'assure des bonnes intentions à son égard de l'Assemblée céleste, et c'est un rite qu'apprécie la Dame occulte de notre montagne sainte.

Mais cette année, une vingtaine de voyous du monde immortel étaient passés par une brèche qu'ils avaient pratiquée dans le mur qui entoure la cité de la Fée, et celle-ci, avec ses chevaliers et ses nymphes, avait dû fuir, prise à revers. Ils s'étaient réfugiés dans une partie excentrée de leur ville de givre, et les voyous purent occuper le palais royal qu'ornent mille diamants, et leur chef s'asseoir sur le trône enchanté.

Ces voyous du monde immortel, il faut le savoir, ont une effroyable apparence; ils sont ce que certains nomment des démons, ou monstres. Certains ont les bras doublés de tentacules, parfois aussi les jambes, d'autres ont des cornes, d'autres encore des défenses, comme les éléphants ou les sangliers, les derniers ont des formes si irrégulières qu'on les dirait des arbres arrachés au sol et renversés, leur tête se situant aux racines. Différents noms ont été donnés à ces différents êtres, qu'il est inutile de répertorier. Ils sont si mouvants qu'ils changent jusqu'à leur nom durant leur vie, souvent. La plupart d'entre eux vivent dans les ombres bleuâtres du glacier des Bossons, maintenant avec eux les âmes égarées.

Lorsque le Père Noël, cheminant sur la Voie Lactée, est arrivé dans le royaume de la Fée, il a été très surpris de n'être pas accueilli comme d'habitude; tout était désert. Le garde ordinaire - un fils de Heimdall - n'était point présent, avec sa lance flamboyante. Le patron des enfants est quand même entré, circonspect, faisant glisser son traîneau sur les pavés de cristal.

Soudain, trois des monstres ci-dessus décrits se précipitèrent vers lui et le ligotèrent. Ils l'emmenèrent auprès de leur chef, le terrible Rangür. Lequel, vicieusement, se réjouit de le voir à sa merci, pensant qu'il pourrait en tirer une grande rançon, voire lui arracher le secret de ses pouvoirs, pour accroître les siens: car saint Nicolas peut matérialiser les rêves des enfants, mais c'est pour mieux les leur rendre: ses cadeaux sont faits de cela; tandis que ce monstre voulait les leur arracher et s'en nourrir, donc les vampiriser, les assécher intérieurement, boire leur feu vital. Il exigeait en quelque sorte, de ces innocents, un horrible sacrifice!

Par bonheur, un homme qui servait la bonne fée du mont-Blanc, et était parti épier l'ennemi, vit de loin enlever le Père Noël, et l'emmener au palais royal; dès lors courut-il prévenir sa Dame, passant par un souterrain secret que ne connaissaient point les méchants.

La bonne fée du mont-Blanc, Asagmë, eut alors l'idée de faire prévenir Captain Savoy par sa sœur, la propre épouse du héros, Adalïn. Elle envoya vers la Lune une de ses nymphes armées, qui put, sur le dos d'une rapide licorne qui bondissait d'étoile en étoile, échapper aux cinq voyous du monde occulte qui tentèrent de la capturer; elle leur donna, à droite et à gauche, des coups de son épée claire alors qu'ils s'agrippaient à la bride de sa monture, ou lui prenaient en main la crinière, et ainsi put se dégager. De cette manière la belle épouse de Captain Savoy fut-elle prévenue.

On sait qu'elle entretient à distance une relation privilégiée avec le gardien secret de la Savoie immortelle son mari, qu'elle lui parle à distance, lui apparaît dans ses rêves. Ils vivent séparément, mais ont ce lien spécial.

Captain Savoy donc s'éveilla de son sommeil, prévenu par une apparition de sa femme, et s'arracha à son lit avant de s'élancer de sa base secrète du Grand Bec, en Tarentaise, et d'accourir vers la première montagne de la Savoie, pour y délivrer à la fois le Père Noël et la fée du mont-Blanc.

Muni de la lance et de l'anneau de saint Maurice, le héros attaqua furieusement les Démons, qui quelques instants prétendirent résister, mais 988418_717006645055264_4058087367881277633_n.jpgrapidement n'en purent mais. Il leur envoyait la foudre, depuis sa lance éclatante! Et eux en étaient transpercés, rompus, réduits en cendres. Une fois, l'un d'eux, propre frère de Rangür, parvint jusqu'à lui en se protégeant de son bouclier; il l'avait enchanté, cela explique sa résistance. Il tenta de lui infliger un coup de son épée sombre, mais Captain Savoy para de sa lance, et de son poing muni de son anneau il l'abattit, lui assénant un rude crochet du gauche. Il allait l'achever de la pointe de sa lance, qui brillait comme une étoile, mais le monstre demanda grâce, et Captain Savoy eut pitié.

L'ennemi crut pouvoir se réfugier dans le palais de la Dame, mais c'est alors que celle-ci, suivie de ses guerriers, effectua une sortie. Sa nymphe préférée, s'aventurant en secret pendant que contre Captain Savoy la bataille faisait rage, utilisa un passage secret qui lui permit d'ouvrir la porte du palais de l'intérieur, et tous se ruèrent vers Rangür. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la garde de celui-ci fut mise hors de combat, et ce chef capturé.

On courut aussitôt délivrer le Père Noël, qui put continuer sa mission; une petite fête fut donnée en l'honneur de Captain Savoy, mais il ne put pas y rester longtemps, car d'autres missions l'appelaient, et il demeurait mélancolique, car cela lui rappelait ses noces sur le palais de la Lune, et il se languissait de sa femme. Les nymphes eurent beau s'efforcer de le dérider, il ne voulut point se laisser aller; il ne le pouvait!

Et c'est ainsi que cette nuit les enfants eurent leurs cadeaux. Car même s'il était vrai que le Père Noël n'existe pas, comme certains le prétendent, il faudrait bien savoir que c'est lui, saint Nicolas, qui inspire aux femmes et aux hommes le désir de faire des cadeaux aux enfants. Il agit invisiblement dans leur cœur! En quelque sorte il prend leur place, habitant à leur insu leur corps. C'est ce que voient les enfants en vision.