07/04/2018

Captain Savoy: le combat du Léopard des Neiges

09b27f3fa0c206feb3f50a7633743f43.jpgDans le dernier épisode de cette geste insigne, nous avons laissé le Léopard des Neiges, disciple de Captain Savoy parti à la reconquête de Chambéry en même temps que trois autres disciples, alors que trois hommes ailés l'attaquaient, et que lui-même était dans un petit vaisseau spatial poussé par des êtres élémentaires. Ces ennemis venaient de tirer des coups de feu de leurs armes.

Elles avaient beau être puissantes, la coque, protégée d'un champ de force fait d'air épaissi, résista. L'Homme-Léopard fonça vers les deux créatures, et en frappa une de sa carène luisante. Elle fut projetée à plusieurs dizaines de mètres et commença à tomber, mais l'Homme-Léopard put voir, dans le miroir placé à la hauteur de ses yeux, qu'elle reprenait son équilibre et, appuyé sur ses ailes de peau, revenait à la charge. Au reste, celle qu'il n'avait pu frapper de son engin était pressante: elle s'était agrippée, au moyen de griffes d'acier jointes à ses pieds, visiblement mobiles comme des doigts, au revêtement d'argent de sa nef à l'arrière, y enfonçant sa puissance; et le bruit qu'elles firent fit sursauter le Léopard des Neiges, et lui inspira brièvement une crainte qu'il eût aimé ne pas avoir. Il se croyait fort, et ardent, l'esprit cosmique des léopards sibériens étant sur lui, et brillant à son front comme une étoile. Il se pensait courageux, sauvage, sans peur; mais la part d'humanité en lui demeurait, qui fit glisser le long de son échine un frisson.

Dès qu'il en eut conscience, toutefois, il se reprit et rugit, comme l'animal dont il portait à la poitrine l'emblème. Il ouvrit la trappe supérieure, et, laissant les sylphes porter seuls sa machine, il se se mit debout en face du monstre, plantant aussi les griffes de ses pieds dans la coque. Puis il sortit du fourreau son sabre lumineux, pareil à une flamme durcie que commandait une poignée qu'ornaient une garde d'or, et un rubis au pommeau. Le monstre lança un feu de son fusil, mais le Léopard le repoussa d'un coup rapide de sa lame, qui était magique. D'autres feux partirent, mais le Léopard avait déjà bondi dans les airs, et ses pieds frappèrent le monstre à la figure; le coup fut si violent que le masque se brisa, et le crâne de l'autre côté apparut: car 1920x1080_fentezi-robot-fantasy-glowing-svetovoj-fantaziya.jpgl'être, modifié par la sorcellerie, n'avait plus de visage, et son heaume s'était confondu avec sa tête - y avait été incrusté. Ainsi était-il devenu plus sûrement l'esclave de Malitroc.

Derrière le masque, la cervelle, mêlée de fils, de rouages et de bandes de fer, apparut, mais le monstre n'était pas mort pour autant. Il voulut frapper de son poing ganté le Léopard des Neiges, qui s'était replacé sur la nef toujours en mouvement, tout près de lui, mais cet homme-fauve put l'éviter aisément, rapide comme il était. Puis il lança son propre sabre vers le cœur de la créature, et le transperça dans une gerbe d'étincelles. De l'autre côté, au dos, entre les omoplates, la lame ressortit, et d'un mouvement brusque, le Léopard des Neiges fit basculer son ennemi vers la gauche, retenant à lui la lame. Le monstre était mort, ou à l'agonie, ou détérioré, s'il était désormais une machine plus qu'un homme: il se laissa tomber, tentant de mouvoir ses ailes, mais ne parvenant pas à se rétablir, et le Léopard des Neiges le vit tomber jusqu'à terre et y créer un trou dans un jaillissement de fumée, de feu et de boue. Il était, sans nul doute, hors de combat, mais avait certainement eu temps de prévenir les autres du péril que représentait le Léopard des Neiges. Cat tel était son pouvoir, qu'il pouvait communiquer à distance, par les ondes de l'air.

Cependant, le quatrième disciple de Captain Savoy (puisque tel est le rang du Léopard des Neiges) n'avait pas oublié l'autre garde monstrueux, qui se précipitait vers lui en tirant des salves de feu. Le chevalier les évitait ou les renvoyait de son sabre, mais un tir parvint à traverser sa défense, et le toucha au flanc. Il eut de la chance: le trait ne put percer son costume pareil à un haubert, et, au contraire, comme il avait donné confiance à l'ennemi, il le rendit imprudent, et le Léopard put lui trancher la tête d'un coup sec, en s'élançant vers l'arrière de l'esquif des vents.

Cela lui fit néanmoins perdre l'équilibre, et il dut se rattraper, de la main gauche, à la poupe effilée, pour ne pas tomber à terre. Car il était à plus de trois cents mètres au-dessus du sol, et fatale lui eût été la chute. Le second monstre tomba comme le premier, et, pendant ce temps, le Léopard des Neiges, souplement, balança ses pieds vers le sommet de l'esquif, et se remit debout dessus. Il rengaina son épée, et put voir que, là où l'avait touché un tir de feu, il ne fallait pas qu'un autre allât, car sa chair était à nu, et il eût été blessé mortellement, par un tel trait. Il se remit dans la cabine de pilotage juste à temps pour apercevoir devant lui, non pas, cette fois, des hommes ailés, mais des esquifs semblables au sien, quoique plus lourds et plus big_thumb_d69fac5372db0fbf7d4e111d116f0d9f.jpgremplis de fer, et faisant jaillir davantage le feu à l'arrière, Malitroc ayant avec cet élément un lien spécial, tandis que Captain Savoy dominait plutôt l'air et (par le biais de ses alliés) l'eau.

Les trois bateaux volants firent jaillir sans attendre de leurs canons des éclairs terribles, signes que Malitroc avait pu aussi maîtriser certaines forces de l'air, et cette fois l'esquif du Léopard ne put les éviter tous. Il fut frappé par un foudre, et les sylphes qui le portaient un bref instant dispersés. La nef tomba, mais la volonté du Léopard des Neiges était grande, et il rappela ses serviteurs, ou d'autres pour remplacer les précédents, lorsqu'ils avaient été tués. Il rétablit son altitude et son vol juste au-dessus du sol, et il filait vers la porte occidentale de Chambéry, échappant à la vue des guetteurs des navires qui l'avaient attaqué, quand, soudain, d'une énorme motte de terre jaillit un bras de géant, puis le corps du géant même, qui bloqua son avancée, et le saisit dans sa main droite comme il l'eût fait d'un jouet. Hideux était-il, et rappelait autant le singe que l'homme, quoiqu'il fût habillé et armé. Noire était sa peau, rouges ses yeux, blanches ses dents, et ses poils le signalaient à peine humain. Mais sa force était terrible. Le Léopard des Neiges n'aurait pas cru Malitroc capable d'engendrer un tel monstre, mais il fallait bien, à présent, qu'il l'affrontât, s'il voulait être présent au rendez-vous!

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, pour renvoyer à la fois prochaine la suite et la fin de cette bataille.

02/02/2018

Captain Savoy et la reconquête de Chambéry

1672702-2_15_2011_8_04_31_pm (2).jpgDans le dernier épisode de cette geste sur blog, nous avons laissé Captain Savoy alors que ses disciples nouvellement adoubés s'impatientaient de son inaction, et qu'il venait d'écouter en particulier l'Amazone céleste le presser d'entrer en guerre.

En tout cas elle-même n'en pouvait plus de rester à rien faire, et elle était bien décidée à agir, seule s'il le fallait.

À ces mots Captain Savoy eut encore dans l'œil un vif éclat. Puis il soupira. Il lui déclara qu'il l'avait bien entendue, et bien écoutée. Mais il fallait qu'elle patientât encore, que le moment n'était plus loin, qui serait à l'action propice! Qu'elle ne s'inquiétât pas de l'Elfe jaune: ce n'est pas lui qui était la cause de cette attente. Qu'elle ne le crût pas découragé, non plus. Mais les ressorts de la destinée devaient demeurer secrets, et le signe de l'action, que lui seul connaissait, n'avait pas encore brillé.

Il ne se trompait pas: il n'attendait pas en vain. Qu'on lui fît confiance; car, s'il ne pouvait rien dire, la science de ces choses dépassant encore les capacités des Disciples, il ne parlait pas dans le vide, mais s'appuyait sur des mystères relevant de la volonté des dieux. Il fallait encore patienter, même si louable était l'intention du Noton bleu: le trône occulte que Chambéry lui réservait se forgeait dans l'ombre, et quand l'heure de s'y asseoir aurait sonné, il le pourrait. Pour le moment, qu'il demeurât dans le Grand Bec, guettant le signe céleste!

L'Amazone céleste, à ces mots, se sentit d'abord décontenancée; mais bientôt elle sentit une sourde colère monter en elle. Toutefois, quand il eut fini de parler, elle s'inclina, et s'en fut.

Or, plusieurs semaines passèrent, sans que rien advînt. Captain Savoy, même, ne se montrait plus!

Un matin, excédée, l'Amazone céleste alla voir les Disciples, et leur déclara que, autorisée ou non par le maître, elle tenterait un coup d'éclat, avec ceux qui le voudraient, s'il en était. Une discussion eut lieu, et trois disciples déclarèrent qu'ils accepteraient de la suivre: le Léopard des Neiges, toujours ardent à combattre, le tech_valkyrie_by_jorsch-d7bdkn1.jpgNoton bleu, qui brûlait du désir de libérer Chambéry, et la Femme-Faucon, qui vouait à l'Amazone céleste une affection sans limite. La disciple non adoubée qui devait s'appeler la Femme-Comète voulut se joindre à eux mais l'Amazone céleste en eut scrupule, et refusa. Elle lui intima l'ordre de rester auprès de Captain Savoy tant que, non adoubée, elle ne pourrait pas se dire une Égale. La Femme-Comète dut obtempérer.

Les quatre Disciples s'armèrent, et, après avoir obtenu des autres la promesse qu'ils ne préviendraient Captain Savoy de leur entreprise que le soir, ils s'en furent sous les coups de midi. L'Amazone céleste et la Femme-Faucon pouvaient voler, le Noton bleu se déplaçait à la vitesse de la lumière, et le Léopard des Neiges emprunta à Captain Savoy une de ses nefs des vents, par lesquelles il est possible de parcourir les airs et même, par un dispositif spécial, rejoindre l'orbe lunaire. Mais de ce dispositif, le Léopard des Neiges ne connaissait point le mystère. Il avait seulement appris à piloter l'engin dans les limites de l'air, ce qui n'était pas si simple qu'on pourrait croire, car il s'agissait de commander directement aux esprits des vents, et de faire porter la nef par les sylphes. Mais à cela aidait une grâce de lumière, et voici! la nef laissait derrière elle un sillon d'or. Dans le ciel, elle était pareille à un char de feu, et, la nuit, elle était prise pour une étoile filante.

En vérité, la puissance des étoiles avait été placée dans ses flancs dorés, et il s'agissait, pour son pilote, de la maîtriser; mais le Léopard des Neiges en avait la faculté. Il pouvait même la faire jaillir, afin que des rayons de feu, pareils à des flèches, éventuellement s'attaquent aux ennemis!

Les quatre se donnèrent rendez-vous à la porte occidentale de Chambéry, et partirent. La Femme-Faucon et l'Amazone céleste volèrent ensemble, pendant que, à terre, le Noton bleu, passant comme une flamme à nova.jpgtravers les brumes noires répandues depuis la gueule de Malitroc, courait en faisant jaillir de ses membres de temps en temps des éclairs. Quant au Léopard des Neiges, il suivait de loin le vol souple et rapide des deux femmes, et ce fut lui le premier attaqué.

Car les femmes étaient fines et agiles et les gardes ailés de Chambéry ne les virent d'abord pas, cachées qu'elles étaient dans les nues. Ils avaient beau disposer d'yeux de braise qui voyaient à distance les mouvements et les corps chauds, les femmes enchantées leur échappaient, comme si leur armure avait réfracté les rayons de leur regard, les rendant invisibles. Mais tel ne fut pas le cas de la nef de l'homme-léopard, et bientôt deux hommes dont le dos avait de grandes ailes de peau ainsi que des chauves-souris, et les mains des fusils lançant des jets de flamme concentrée, s'élancèrent pour venir à sa rencontre.

Leurs heaumes noirs avaient des orbes rouges à l'endroit des yeux, et des pierres bleues et vertes les ornaient, à l'éclat tremblant. Leur vol était mâle, et ils allaient droit - mais il manquait de souplesse. Toutefois la nef de l'homme-léopard était dans le même cas, et il ne pouvait espérer les éviter.

Il caressa une gemme rouge, pareille à un rubis, et des êtres élémentaires se jetèrent sur les deux gardes, portant avec eux le feu de leur maître céleste. Les gardes les évitèrent et tirèrent des coups de leurs propres armes.

Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode: nous verrons la prochaine fois comment le Léopard des Neiges se sortit de ce pas.

25/11/2017

Captain Savoy et l'impatience de l'Amazone céleste

3ebb161b7ef210f2a2f64de36b933b9c.jpgDans le dernier épisode de cette série cosmique sur blog, nous avons laissé Captain Savoy et ses disciples alors que trois d'entre eux venaient d'être adoubés et faits chevaliers, au cours d'une fête d'autant plus grande que deux avaient noué des liens d'amitié avec les Elfes et les Nains de la montagne.

Cependant, dès que le Noton bleu fut adoubé, il exprima le désir de reprendre Chambéry, dont il devait garder l'âme, à Malitroc. Car pendant sa métamorphose, il avait entendu une voix, et elle lui avait appris que telle était sa mission, qu'il devait protéger la Cité des Ducs, comme on l'appelait. Et, voici! le désir lui en était aussitôt venu.

Captain Savoy refusait toujours de mener la moindre entreprise de reconquête, mais l'Amazone céleste, pressée d'en venir à un combat décisif, sauta sur l'occasion pour presser l'Aîné des Douze à intervenir plus nettement, et à descendre dans la vallée. Les autres Disciples brûlaient de le faire aussi, sauf le Nouvel Hanuman, toujours proche de Captain Savoy et lui vouant une confiance absolue, ainsi que le Démon des glaces, qui demeurait en retrait par tempérament.

Captain Savoy savait que, dans la vallée, il ne bénéficierait plus de l'aide et de la protection de Tëringmel, ni de celle de Nalinë et de son fils l'Homme-Cygne, qui non seulement étaient épuisés de leur précédente bataille, mais étaient de toute façon trop loin de la Tarentaise, devant passer, pour la rejoindre, par Annecy toujours tenue par Malitroc. Il continuait d'attendre et, apparemment, d'espérer la venue de l'Elfe jaune, ou simplement qu'un effet de surprise fût possible; or, peu de temps avait passé, depuis la fuite vers le Grand Bec.

Il ne répondit donc pas aux prières des Disciples et du Noton bleu, ni aux regards insistants de l'Amazone céleste, et, plus souvent que précédemment, il s'enferma dans sa loge privée. Là, dit-on, il contemplait les étoiles, plus claires en ces hauteurs, et cherchait à communiquer avec son épouse, la princesse de la Lune Adalïn.

Le temps passait, les escarmouches avec les hommes de Malitroc se raréfiaient, et les Disciples s'impatientaient, en particulier l'Amazone céleste. Ils discutaient entre eux et, certes, n'étaient pas d'accord, 46aa6736ebd8b8d3877db460b4554105.jpgmais la plus virulente était toujours cette noble guerrière. Un jour, n'y tenant plus, elle demanda à Captain Savoy, devenu invisible depuis plusieurs jours, une audience particulière, et il la lui accorda.

Elle le trouva assis sur son fauteuil de velours, armé et noblement vêtu. Elle fut impressionnée par l'éclat qu'il avait, et qui semblait avoir renouvelé sa puissance; mais, se souvenant de la raison pour laquelle elle était venue, elle se plaignit de l'attente insupportable qu'elle et les autres subissaient, et se déclara plus que jamais prête à entrer en matière avec Malitroc, à lui déclarer une guerre ouverte et sans limites, et à descendre sur Chambéry, dont le Noton bleu brûlait de prendre la garde secrète, qui lui avait été vouée. N'était-ce pas légitime, qu'il agît sans tarder pour sauver l'ancienne capitale de ses tyrans? N'était-ce pas louable, qu'il en eût le désir?

Certes, elle savait que lui, Captain Savoy, avait une haute sagesse, et qu'il attendait l'Elfe jaune et les forces qu'il amènerait avec lui, quelles qu'elles fussent; mais viendraient-elles jamais? Devaient-ils attendre de vieillir et de mourir, avant de tenter leur chance au combat ouvert? Maintenant que sept d'entre eux étaient adoubés, si on ne comptait pas l'Elfe jaune indisponible, n'était-il pas temps de passer à l'action? Leur puissance s'était décuplée, et les immortels de la montagne avaient même fait des dons précieux à deux d'entre eux: bien que trois disciples restassent à consacrer, pourraient-ils jamais être plus prêts? L'attente n'étiolerait-elle pas au contraire leurs forces? Cet attermoiement n'était-il pas une erreur? Voire une grave faute?

Certes, elle ne parlait pas au nom de tous les Disciples, certains demeurant réservés; mais de la majorité d'entre eux, de cela pouvait-il être sûr!

Pourquoi donc ne pas agir? Malitroc et les Savoisiens restés fidèles ne penseraient-ils pas qu'ils avaient peur, bien que cette pensée, elle le concédait, fût dénuée de fondement? D'ailleurs, même s'ils venaient, l'Elfe jaune et ses nouveaux amis ne feraient pas forcément la différence, face à leurs ennemis. S'ils devaient vaincre, deux de plus ou de moins n'y changeraient rien. D'ailleurs l'Elfe jaune pouvait revenir seul, et dès lors, malgré toute sa vaillance, pouvait-il faire basculer la bataille dans un sens ou dans l'autre?

Elle, l'Amazone céleste, ne le croyait pas. N'était-elle pas devenue l'une des plus vaillantes des Disciples, ne l'avait-elle pas montrée, au cours des combats? Peut-être même était-elle la plus vaillante de toutes, peut-être même dépassait-elle en vaillance le noble Elfe jaune, premier des Disciples! Captain Savoy pouvait compter sur elle: GalleryComics_1920x1080_20161109_Space-Ghost_580a673b313c58.37704790.jpgjamais on n'avait vu de guerrière si puissante, depuis la disparition de Dal et son départ vers l'astre d'argent! Du moins elle le pensait, l'espérait, et comptait bien le prouver par son courage, sa persévérance, son ardeur dans la bataille.

Captain Savoy l'écouta attentivement, et lorsqu'elle mentionna sa propre vaillance, ses yeux se plissèrent, et lancèrent un éclair. Il ne répondit pas, cependant. L'Amazone céleste, attendant qu'il parlât, lui demanda pourquoi il n'en faisait rien, et s'il l'avait entendue; car elle avait l'impression de s'adresser à une statue. Son âme était-elle présente, ou n'y avait-il plus que son corps, son esprit étant parti parmi les guerriers divins de la Lune, rejoindre sa belle? Était-il attristé, plein de chagrin d'avoir perdu Annecy et sa base du Roc de Chère? Était-il découragé? Elle ne pouvait le croire. Il fallait se secouer, se lever, et prendre la tête de l'armée de libération!

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser cet épisode, pour attendre la suite jusqu'au prochain.