23/09/2015

Charles Duits: la Seule Femme Vraiment Noire

charles-duits.jpgÀ la fin de sa vie, Charles Duits (1925-1991), l'auteur de Ptah Hotep (1971), écrivit La seule Femme Vraiment Noire, une sorte d'essai plein d'images mythologiques. Il lui était inspiré, disait-il, par une voix mystérieuse, celle pour lui de la déesse Isis. Il n'a pas réussi à le publier, mais il a été mis en ligne, et je l'ai lu. J'ai été impressionné. Il a confirmé que pour moi il était l'un des meilleurs écrivains francophones de son siècle.

Il y pourfend le rationalisme, qu'il lie au pôle masculin de l'esprit, et y défend la vision d'une divinité essentiellement féminine. Il défendait l'émancipation de la femme, mais rejetait l'idée que l'homme et la femme fussent identiques: pour lui, cette idée était le moyen d'aliéner la femme et de l'assimiler à l'homme. Il disait: La révolution sexuelle a mis un terme à l'oppression matérielle du Principe féminin. Elle n'a pas mis un terme à son oppression spirituelle, bien au contraire. Le concept de l'égalité représente celui de l'identité, lequel se manifeste sous la forme du pénis hallucinatoire ou de la mitraillette infiniment freudienne que le Cruel Maître Blanc suspend au pubis de la Belle Esclave Noire quand, avec un bon sourire stalinien, il l'invite à participer aux viriles délices de la guerilla.

Son expression hiératique et symbolique ne traduit pas en langage vulgaire les idées: se donnant immédiatement en images, elle est propre à pénétrer les mystères.

L'intellect objectif, de nature masculine, ne saurait comprendre un univers créé en réalité selon les principes de la subjectivité féminine: « Ce que je ne comprends pas, personne ne peut le comprendre » : telle est la conviction la plus intime du Principe masculin. Elle est la cause de toutes ses erreurs et, ajoute la Langue infiniment rose, de tous ses crimes. L'agnosticisme, ou la théorie qu'il existe une limite extérieure à la connaissance, est abstraite, et donc masculine par essence; la femme ne pose rien en principe, elle explore avec sa sensibilité le monde même dans ses parties obscures.

La machine était pour Duits la matérialisation du principe masculin: La méthode scientifique se fonde explicitement sur la négation de la subjectivité humaine. Or cette méthode produit continuellement de nouvelles inventions, de nouvelles découvertes qui, en apparence du moins, justifient le Bibendum aux Cheveux d'Or quand il identifie la Divinité avec une machine que règle la nécessité, que dérègle le hasard.

Les figures symboliques n'ont pas ici de traduction explicite; il faut les saisir par soi-même. Elles naissent des sentiments profonds de l'auteur. Mais rappelons que le Bibendum était une figure de I-B-doc3_bibendum_fontaine.jpgl'entreprise Michelin.

Mieux encore, Duits s'en prend à l'idée que la société soit le but de l'homme; pour lui, l'individu compte d'abord et avant tout. Non l'individu égoïste, enfermé dans son corps et sa matérialité, mais ouvert à l'univers et à ses forces cachées, à ce qui des confins cosmiques s'exprime en son âme: Si je comprends, Isis affirme que seule la société est horrible, et que ses représentants, lorsqu'ils nous apprennent que seule la mort est horrible, détournent notre attention du Mal et du Pire, du Diable et des formes innombrables qu'il revêt afin de nous tromper, de nous séduire, de nous posséder et, finalement, de nous détruire.

La société cherche à anéantir l'individualité profonde en la faisant s'arrêter à la mort: le salut n'est pour elle que dans l'esprit de groupe. Duits se dresse contre elle, en digne élève du Surréalisme.

Il proteste contre la propagande qui nie l'intérêt de la question de l'immortalité personnelle: L'aspiration à l'immortalité personnelle est un fait, ce fait est indépendant du jugement que porte sur lui la raison, c'est-à-dire des efforts que nous multiplions afin de nous persuader que la coupole de l'Académie est le Giron maternel et que l'habit vert est l'unique représentation logique de l'immortalité. Il s'inscrit en faux contre l'immortalité créée par les institutions, par l'État. Ce faisant, consciemment ou non, il s'oppose à tout ce qui demeure de l'ancienne Rome.

Loin d'avoir affranchi l'humanité, le dogme matérialiste n'a fait que remplacer le dogmatisme catholique: Lorsque nous remplaçons le Pape par le Génial Camarade, nous ne faisons que remplacer stal.jpgune idole, c'est-à-dire une caricature de la Divinité, par une autre. Il en va de même lorque nous remplaçons le Génial Camarade par le Colonel Messianique, et l'anus de l'Homosexuel Absolu par le Dollar Transcendantal. Mais pourquoi ? Justement parce que l'homme sans religion est une invention de la mentalité primitive, que la conscience humaine et la conscience religieuse sont une seule et même chose, et que nous ne pouvons les séparer l'une de l'autre sans les tuer l'une et l'autre.

L'Homosexuel Absolu est le Père éternul, le dieu unique qui est un homme et n'a pas d'amour pour sa création, tel qu'il apparaît dans le rationalisme, y compris chrétien. Duits rappelle que toute conscience est spontanément religieuse, et qu'il est fallacieux de séparer la culture de la religion. Et ce qui le prouve est que la femme, dont le corps donne la vie, est spontanément portée à croire à l'immortalité personnelle, aux forces évolutrices; si elle s'écoute dans sa nature et met en accord son esprit et son âme, elle ne peut croire autre chose, elle ne peut pas être matérialiste: elle ne peut croire qu'elle donne naissance à un être qui est destiné à mourir. Le matérialisme est donc une invention masculine.

Pour imposer le matérialisme, la société crée une forme de peur, l'instille dans les âmes: Pour formuler une proposition tout aussi pénible dans un style tout aussi pénible, les représentant officiels du Sérieux font, à l'instar de tous les snobs, un usage particulièrement efficace de l'intimidation.

De la sorte, ils empêchent leur lecteur de se demander quel intérêt l'« élite intellectuelle » a-t-elle d'insister comme elle le fait sur l'horreur de la condition humaine, de répéter jour et nuit que l'homme est un singe qui se prend pour un homme, une machine qui se prend pour un singe, une nullité, un trou du cul sans cul, un zéro, que nous n'avons strictement rien à attendre de l'avenir hormis de nouveaux médicaments susceptibles soit de prolonger notre existence, soit de nous soulager et de nous tranquilliser durant ce que les spécialistes appellent avec une significative pudibonderie la « période terminale ».

Le moment n'est pas encore venu de nous interroger sur les mobiles occultes des autorités contemporaines. Nous avons seulement à considérer les résultats d'une propagande inlassable, qui se diffuse par tous les moyens que met à la disposition des autorités l'informatique, et dont l'unique but discernable est de nous humilier, de nous mortifier, de nous angoisser, de nous désespérer, de nous précipiter dans la folie, la violence ou le suicide. Cette propagande se justifie toujours en invoquant la lucidité incomparable des autorités contemporaines, leur courage, leur amour lilial et pharamineux de la vérité. Ses résultats sont évidents: personne n'ose plus avouer ouvertement qu'il conserve la moindre illusion au sujet de la mort. Allons plus loin: nous n'osons plus nous avouer à nous-mêmes l'horreur que nous inspire la perspective de perdre notre identité affective et intellectuelle, et de la perdre lentement, 11212368_611497775654252_453502884_n.jpgdurant les années de notre vieillesse, les mois de notre ultime maladie et les semaines d'une agonie dont la prolongation est, semble-t-il, le principal souci de la science médicale.

Que se passe-t-il alors? Au lien de mettre en doute l'autorité dont jouit l'Esprit de Prose, nous refoulons, dans l'acception freudienne du verbe, notre aspiration à l'immortalité, exactement comme un enfant refoule ceux de ses souvenirs qui menacent de perturber la représentation qu'il se fait de ses parents.

Les images de la décrépitude physique, répandues par la culture moderne, amplifiées par la rhétorique, ont pour but d'effrayer l'être humain et de le détourner des pensées sur son immortalité. Duits croyait à une sorte de complot contre l'Esprit.

Et il n'est pas faux que la culture officielle est fondée sur la peur de l'avenir; l'État apparaît alors comme un recours, une voie de salut. De Gaulle ne disait-il pas: C'est moi ou le chaos? Le pouvoir s'exerce avec plus de force sur celui qui a peur, et avec moins de netteté sur celui qui croit en un salut individuel, indépendant du corps social. Rousseau a même donné raison aux anciens Romains d'avoir persécuté les chrétiens à cause de cela.

Bref, Duits était un grand homme.

24/04/2015

Littérature carolingienne

Louis_le_Pieux.pngDernièrement, j'ai lu deux poètes latins du neuvième siècle: Ermold le Noir et Abbon de Saint-Germain-des-Prés. Le premier a composé un Poème sur Louis le Pieux et deux Épîtres au roi Pépin; le second une petite épopée sur le siège de Paris par les Danois, ou Normands: car c'est à la suite de ce siège que ces Vikings vont se voir donner la Neustrie, qui prendra le nom de Normandie, le pays des Hommes du Nord, Northmanni.

Rémy de Gourmont, l'ami de Blaise Cendrars, fit l'éloge d'Ermold le Noir, et aussi Huysmans; cela n'empêche pas Edmond Faral, l'éditeur-traducteur, professeur au Collège de France, d'en dire pis que pendre. Il déteste son latin, qui certes n'est pas condensé et synthétique, élégant comme celui de Virgile et Ovide, pourtant ses modèles. Et il écume de rage dès qu'il évoque la tendance d'Ermold au merveilleux chrétien.

Mais il faut dire ceci: premièrement, le latin d'Ermold ressemble au français médiéval, dont il est en quelque sorte la vraie source. Car le français est lié à la volonté des Francs de parler latin. Existe-t-il une langue romane aussi septentrionale que le français? Aux mêmes latitudes – en Suisse, en Autriche, en Angleterre -, les Germains ont imposé leur langue - comme les Francs eux-mêmes avaient commencé à le faire en Flandre. La soumission complète des fils de Mérovée et de Charlemagne à Rome et au Pape a modelé une langue romane originale, la plus germanisée des langues latines. En second lieu, le merveilleux chrétien d'Ermold et d'Abbon remplace admirablement la mythologie antique, exactement comme plus tard le voulut Chateaubriand. Troisièmement, Edmond Faral appartenait à cette école néoclassique de la France républicaine, et la Sorbonne le citait encore dans ma jeunesse comme un grand homme, mais en réalité, il était (comme Victor Bérard, sur lequel j'ai fait un livre) ennemi du romantisme.

Ermold le Noir présente Louis le Pieux comme soumis à la religion chrétienne, comme voulant n'agir que selon les voies de Dieu, donnant leurs chances aux rebelles bretons de s'amender, cherchant à convertir les païens danois et saxons, pardonnant le plus tôt possible aux chrétiens, et ainsi de suite. La postérité l'a dit faible, Ermold le dit saint. Il agrémente son récit de miracles et de visions du monde divin, dans lesquelles les saints du Ciel descendent sur Terre à la rencontre des hommes pieux. Et puis le plus beau est qu'il décrit les costumes et les mœurs de la cour des rois francs, qui n'ont fait que se convertir à une religion: ils ont appris le latin pour pouvoir lire la Bible et n'avoir qu'elle comme référence culturelle, 1268148217111.jpgmais ils continuent à se vêtir et à se comporter comme de vrais Germains, plaçant sur leurs fronts des bandeaux d'or, sur leur dos des tuniques brodées, sur leurs épaules des baudriers sertis de pierreries, à leurs côtés des épées brillantes: et c'est l'origine des costumes de la noblesse française. Ces Germains n'avaient rien de pouilleux, ils étaient glorieux! Leur coutume était, également, de baiser les pieds du roi: ils le faisaient au sens propre. On découvre l'origine de l'expression.

Là où Abbon est impressionnant est dans le récit grandiose des interventions miraculeuses de saint Germain, qu'il fait le véritable patron spirituel de Paris: il apparaît aux uns, guérit et ressuscite les autres, protège tout le monde, et si Paris ne vainc pas les païens du nord, c'est parce que les Francs pèchent excessivement. Ils aiment trop Vénus, dit Abbon, mais aussi trop les riches costumes! Saint Germain est une personne lumineuse, a un corps glorieux; il est tel qu'un dieu, quoique son souvenir soit historique. Il faut dire qu'Abbon était moine à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Mais à l'en croire, ne dirait-on pas que le rayonnement intellectuel de cette paroisse naguère champêtre vient de cet homme fabuleux, saint Germain – et pas du tout des philosophes et des poètes qui l'ont ornée de leur présence au vingtième siècle? Ne dirait-on pas que ces hommes mêmes ont été en réalité inspirés, quoique inconsciemment, par cette figure immense? Que toute l'inventivité de Jean-Paul Sartre est due Siege_of_Paris_(885–886).jpegà ce soleil, cet astre? L'imagination de Boris Vian, pareillement? Comme le monde est ingrat! Car une fois la lumière acquise, on renie volontiers sa source.

Et puis quelle admirable preuve Abbon n'apporte-t-il pas qu'il est faux que la France n'ait pas la tête épique, comme on l'a dit! Il suffit de se référer aux Francs chrétiens pour y retrouver le fil de l'épopée. C'est parce que ces barbares ont été reniés qu'on l'a perdu; mais les poèmes d'Abbon et d'Ermold contiennent plus de merveilleux que la plupart des chansons de geste. Et le premier se passe à Paris, et fut écrit par un homme qui vivait à Saint-Germain-des-Prés! Tout ce qui s'est écrit dans ce faubourg en vient, au fond.

Je suis originaire de Fontenay-sous-Bois, qui a aussi saint Germain pour patron; ma famille y a un caveau; ne lui dois-je pas une dévotion spéciale? Ne mène-t-il pas mon lignage aux cieux?

L'éditeur-traducteur du texte d'Abbon, Henri Waquet (un contemporain d'Edmond Faral), se plaint de son mélange de merveilleux chrétien et d'expressions mythologiques païennes - sans voir que celles-ci sont réservées aux phénomènes naturels: Abbon reconnaissait la valeur des dieux anciens pour le monde élémentaire; mais pour le monde moral, il fallait les hommes voués au Christ, supérieurs aux éléments, et donc aux dieux de l'Olympe - du moins sous la forme transfigurée qui était la leur après leur mort. C'est sublime, et je crois que c'est ce qui a déplu, en profondeur, aux positivistes qui ont édité ces textes. Mais il faudrait en mesurer l'importance, le caractère fondateur.

08:11 Publié dans France, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

24/03/2015

Charles Duits et la grande Déesse

Seraphita.JPGJ'ai pu évoquer la figure de Charles Duits (1925-1991), écrivain francophone d'origine américaine qui se fit connaître par des épopées nourries de la doctrine de Gurdjieff (Ptah Hotep, 1971, Nefer, 1978), des récits psychédéliques relatant l'expérience du peyotl (Le Pays de l'éclairement, 1967, La Conscience démonique, 1974), une évocation magnifique d'André Breton (André Breton a-t-il dit passe, 1969), des récits érotiques aux images flamboyantes (La Salive de l'éléphant, 1970, Les Miférables, 1971), un essai sur Victor Hugo dans ses rapports avec les tables tournantes (Victor Hugo, le grand échevelé de l'air, 1975), des pièces de théâtre courtes de nature symboliste et mythologique (Il la menace, Afrique Afrique), des poèmes, des tableaux, et un traité ésotérique que ses éditeurs ont tous refusé, mais qui est disponible sur Internet, La Seule Femme vraiment noire.

Dans ce dernier, il se disait inspiré par un esprit qu'il assimilait à Isis, laquelle a été faite par beaucoup la patronne antique de Paris: l'idée se trouve chez Voltaire, Gérard de Nerval, Hugo. Le premier l'avait trouvée ailleurs: elle avait été publiée à la Renaissance.

Le propos de Duits était essentiellement de défendre l'idée du sexe féminin de la divinité. Le débat lui paraît essentiel: il refuse de le trouver secondaire, comme on voudrait qu'il fût.

De fait, à la polarité mâle il lie l'intellectualisme et le rationalisme, la tendance à l'abstraction, le rejet de la sensualité dans l'approche philosophique et métaphysique. La théologie nourrie au sein de la raison, iPtah-Hotep-Duits.jpgnfluencée par Aristote, était issue d'un dieu père; mais la poésie des voyants, l'inspiration artistique, le sentiment mystique étaient liés à une déesse mère. Or, digne élève du Surréalisme, Duits voulait que le divin soit appréhendé par l'intuition, l'amour - et même les pulsions obscures, et ce qui en elles reflète un monde supérieur.

Breton, avant lui, avait, rejetant Dieu, chanté l'immortelle Mélusine! Elle était l'âme du monde, et ne demeurait point dans une pure sphère intelligible - dénuée de réalité.

Il est remarquable qu'à l'aube du Romantisme, un certain poète français appelé François Parseval (1759-1834), aujourd'hui oublié, composa une épopée à la gloire de Philippe-Auguste (1825), premier grand roi centralisateur français; car alors que celui-ci y incarnait la divinité au sens absolu, le dieu monothéiste de la théologie classique, Mélusine était évoquée comme étant l'esprit même du féodalisme. Or, elle vivait dans les Alpes, régnant sur des fées qui n'étaient que d'horribles démons déguisés. On ne pouvait pas faire plus étroitement catholique que Parseval. C'est contre lui que se dresse, consciemment ou non, Breton, et à sa suite Charles Duits. Victor Hugo ne l'avait pas osé: il avait fait son éloge. Il faut dire qu'il donnait à Mélusine et à ses fées une force qu'elles avaient perdue depuis longtemps - même si c'était pour en médire.

Duits fait remarquer que ce que les chrétiens appellent le Saint-Esprit était dans les anciens mystères assimilé à l’Épouse cosmique - laquelle on avait ainsi rendue mâle. C'est un fait indéniable, rapporté par Édouard Schuré dans sa magnifique restitution du Drame sacré d'Éleusis (1890) - l'enchaînement narratif intérieur que vivait le candidat à l'initiation dans la principale école de mystère de l'ancienne GFra_Angelico-corridor.jpgrèce. De même, dans les traditions d'Asie, les divinités messagères ont généralement des traits féminins.

Néanmoins, chez les mystiques chrétiens, l'assimilation du Saint-Esprit à la sainte Vierge est patente; elle fut son premier réceptacle: le pôle féminin lui convenait. Saint Amédée de Lausanne ne laisse pas de s'exprimer de cette manière. La divinité entrant dans la sphère terrestre prend la forme d'une Femme!

L'allégorie de Marianne, qui doit inspirer tous les enfants de la république de Paris, est-elle cette seule femme vraiment noire dont parlait Charles Duits – le seul être véritablement spirituel du cosmos? Il lui attribuait des dents de lumière, des formes somptueuses: elle est une divinité terrestre rendue absolue par le rejet du dieu céleste de la tradition. Elle a dû le remplacer sur son trône - et intégrer ses qualités propres. Car la France est rationaliste, non fondée sur les intuitions, la féminité.

Il y a là comme une contradiction majeure: la glorification d'une femme qui se comporte comme un homme.