13/07/2020

L'ordre divin est la source des lois

000.jpgIl y a quelque temps, j'ai évoqué l'idée de Cicéron selon laquelle la tâche de l'être humain, âme divine dans un corps mortel, était de placer sur Terre l'ordre divin – tel qu'il s'exprime dans l'harmonie des étoiles, et fait de mesure et de constance, c'est à dire de lois. Les lois sociales sont en réalité inspirées des lois physiques. Mais des lois physiques telles qu'elles se contemplent dans l'ordre céleste, reflétant la volonté des dieux.

Ceux-ci, en apparence, se conduisaient mal, mais Cicéron reprenait l'idée de Platon selon laquelle les histoires qu'on racontait en ce sens étaient fausses, juste faites pour flatter les bas instincts de l'être humain, qui cherchait par ces contes des justifications à ses mauvaises actions.

Le philosophe romain plaçait au ciel surtout les âmes de ses compatriotes vertueux, comme les Juifs plaçaient leurs héros, dignes fils de Yahvé, dans le sein d'Abraham leur ancêtre. Les étoiles signalaient, dans leur éclat et leur ordre, cette vertu – et le visage des héros s'apercevait en leur sein. Comme on disait, ils allaient, à leur mort, ad astra.

Or, comme je l'ai suggéré il y a cinq mois, c'est à peu près la pensée de Pierre Teilhard de Chardin, qui regardait l'univers comme mû en profondeur par Jésus-Christ – lequel était en même temps un homme divinisé, la fleur de l'humanité placée au centre mystique du cosmos. Il croyait que l'œuvre technique et politique de l'être humain avait pour vocation de spiritualiser la Terre, de la transformer, de l'échauffer jusqu'à la rendre divine – jusqu'à en faire pour ainsi dire une étoile.

Rudolf Steiner allait aussi dans ce sens qui n'est pas celui des mystiques rejetant la Terre, ni celui des mystiques qui la divinisent, mais celui qui aspire à sa métamorphose, à la modeler selon le royaume divin tel 00.jpgque l'âme en reçoit l'image, notamment au cours de l'initiation.

Mais dans quel but ultime? Cicéron, à ma connaissance, n'en parle pas. Et quelques siècles après lui, Boèce, qui disait aussi que les lois terrestres aspiraient à refléter les harmonies célestes, ne révèle pas pourquoi il faut œuvrer en ce noble sens. Cicéron en parle même comme d'un réflexe naturel: comme l'homme a une âme divine, il a envie que son environnement terrestre ressemble à son origine céleste. Il a envie, pour ainsi dire, que règnent la liberté, l'égalité et la fraternité! Toutefois, il appelle également l'homme gardien, comme s'il avait une mission à accomplir...

Steiner en dit plus long, sur la question, lorsqu'il affirma que la Terre spiritualisée par l'action humaine noble et inspirée par le Ciel s'arracherait finalement à son enveloppe physique, et créerait une planète nouvelle, dite éthérique. Là, les hommes auront un corps glorieux, seront devenus tels que des anges.

C'est à dire qu'ils auront une forme, et des organes permettant de la distinguer, et de la ressentir comme pleinement réelle, substantielle – permettant aussi de communiquer, pour ainsi dire directement par la pensée. Mais ils n'auront plus de corps physique au sens le plus lourd.

Il a appelé cette planète nouvelle, transfiguration de l'ancienne, la nouvelle Jupiter, sans qu'on comprenne forcément le rapport avec la Jupiter actuelle. Il y en a sans doute un. Et quant à l'élément physique de la 0000000.jpgTerre que ne sera pas parvenu à s'intégrer à cette cité sainte, il s'affaissera sur lui-même dans une pourriture momifiée et apparemment immortelle, un enfer réalisé, une prison pour Ahriman et ses affidés, toujours plus crispée sur ses derniers habitants. De fait, contrairement par exemple à Victor Hugo, Rudolf Steiner ne croyait pas que tout le monde serait sauvé, parce qu'il distinguait des évolutions successives, au lieu, comme le grand poète français, d'opposer simplement la matière au feu qui l'enflamme et la dissout – ce qui est un peu facile, en même temps que d'un mysticisme excessif.

Pour Teilhard de Chardin, il fallait rester optimiste: il l'était apparemment plus que Rudolf Steiner – peut-être en bon jésuite. À moins qu'il ne le tienne d'une incarnation antérieure, qu'il ait été Cicéron dans une autre vie, car celui-ci ne croyait pas non plus à l'enfer, il disait que les âmes vertueuses allaient au ciel, et que les autres ne faisaient rien, disparaissaient. Cicéron était optimiste, il croyait à la divinité de Rome, et qu'Octave n'était qu'un jeune homme sans envergure – que le destin de Rome était de rester une magnifique république. Le résultat est qu'il a été proscrit, et tué sauvagement. En tout cas cette mort semble lui avoir 00000000000000000000000.jpgdonné tort, ainsi que la suite de l'histoire romaine.

Teilhard de Chardin toutefois était chrétien – et donc plus lucide, quoique les philosophes disent. Car il est dans le dogme chrétien qu'il y ait un Jugement dernier, séparant les justes des infâmes, et créant deux mondes distincts – notamment une Jérusalem céleste dans laquelle les justes ressuscités auront un corps glorieux: cela ressemble à la nouvelle Jupiter de Rudolf Steiner, et il est avéré que dans quelques écrits, Teilhard de Chardin a admis cette séparation fondamentale, même s'il voulait croire, en principe, à l'action gracieuse et efficace de la Providence, au travers de ce qu'on appelle l'Évolution.

Il restait un noyau irréductible d'Ahriman, rappelant la façon dont Jésus n'a pas pleinement vaincu ses tentations dans le désert. Une invincibilité satanique demeurait, dans la pensée de Rudolf Steiner, qui justifiait une certaine vision tragique du monde, qui était aussi celle de J. R. R. Tolkien. Ahriman reste présent, plus que les anges du ciel, il reste plus proche des hommes, et dangereux. L'esprit est moins directement accessible que la matière, pour un être humain dont l'âme peut bien être d'origine divine, mais qui n'en vit pas moins sur terre, au présent.

11/06/2020

Voie salésienne du suprasensible à l'Université

00000000000000000000000000000000000000000000000000.jpgUn échange avec un éditeur pour éventuellement publier un texte m'a amené à me replonger dans ma thèse, et notamment le chapitre sur la pensée de François de Sales relative à l'appréhension, par l'âme, du monde divin. Contrairement à des mystiques plus ardents, plus ambitieux (et plus orgueilleux, sans doute), François de Sales prônait la voie imaginative: le premier pas vers Dieu était de se représenter les mystères accessibles à l'entendement, tels que la Bible les avait dépeints. Il proposait plusieurs méditations sur l'autre monde, le paradis, l'enfer, la naissance, la mort, le jugement, l'ange gardien, et ainsi de suite. On pouvait se lier à Dieu par l'imagination vive, affirmait-il.

Mais il y avait plus. La volonté divine se reflétait dans le monde créé et, par la voie des comparaisons et similitudes, la contemplation du second pouvait amener à la compréhension du premier, si du moins on se remplissait d'amour. Par l'amour, on entrait en relation avec la divinité, et on saisissait intuitivement ses mystères.

Cela amenait à avoir du monde sensible une conception symbolique qu'on retrouvera chez Baudelaire: les apparences sont des signes.

Cette vénération des images était dite liée à la rhétorique tridentine, ou baroque, et Georges Gusdorf liait le Baroque au Romantisme; or, on m'avait dit, au début de mon travail de recherche, de 000000000000000000000000000000.jpgm'appuyer sur lui, Georges Gusdorf. Par ailleurs, Friedrich Schlegel liait profondément la poésie à la mythologie – exploration imaginative du monde suprasensible. Et Gusdorf affirmait que c'était là l'essence du Romantisme, et que les Philosophes de la Nature tels que Schelling exploraient imaginativement, par la voie des analogies et correspondances, les secrets de l'univers – le monde des causes divines.

Je trouvais que le lien avec François de Sales était patent, et je le confirmai, dans ma thèse, par les idées de Rudolf Steiner, qui présentait sa démarche comme un aboutissement du romantisme allemand – de celle de Goethe, de Novalis et de Schelling. Il s'agissait aussi de mythologie, d'un certain point de vue – dévoilant les secrets de la nature.

Relisant tout cela, j'eus une lumière, et compris que ce chapitre en particulier avait fait bondir mon directeur de recherche, qui y a fait allusion à répétition lors de la soutenance, niant qu'il y eût le moindre rapport entre le Baroque et le Romantisme, ou entre le Romantisme et Rudolf Steiner. Ironisant sur ce que j'essayais d'apporter pour illustrer les liens que moi je voyais. C'était tout bonnement scandaleux, à ses yeux.

À cette réaction excessive, je vois deux causes possibles. La première est que le Romantisme est intégré aux études universitaires laïques, et que le baroque salésien et l'anthroposophie de Rudolf Steiner ne le sont pas. Pour le justifier, il faut couper le lien préalablement à tout examen, et interdire d'essayer de l'établir. La seconde cause est plus viscérale – rejeter aux marges à la fois François de Sales et Rudolf Steiner ressortissant à quelque chose de plus profond que la politique des études. François de Sales donnant la méthode pour pénétrer consciemment le monde spirituel révulsait d'emblée, suscitait un rejet spontané, parce que cela fait peur; l'esprit volontiers chavire, face à cette perspective. Il est plus rassurant de se dire 0000000000000000000.jpgque l'entendement ne peut pénétrer les mystères. Beaucoup, en tentant de les pénétrer, sont devenus fous, dit-on; et mieux vaut rester sain d'esprit.

Mais François de Sales était bon homme, et sain d'esprit.

Le débat de soutenance a fini par se focaliser sur ce sujet. La conception de la littérature en découlait tout entière. Pour moi, elle exprime poétiquement le monde spirituel. Pour mon directeur de thèse, elle n'était pas cela: elle était faite pour exprimer les mille nuances du psychisme humain. Il était disciple de Freud. Il me rappelait, pendant cette soutenance, ce qu'était vraiment la littérature. Je lui répondis que c'était sa conception; mais que moi j'avais la mienne: ce que les auteurs élaborent imaginativement manifeste le suprasensible, et l'ambiguïté de mythologies qui renvoient à la fois aux sentiments de leurs auteurs et aux dieux dont elles parlent est le fond de la littérature, et de l'art.

Entendant cela, mon directeur de thèse fit mine de se cogner la tête sur la table qui était devant lui. Le point de vue qu'il défendait n'était-il pas celui de l'université entière? Et peut-on faire une thèse de doctorat si on ne l'a pas adopté?

Il m'avait reproché de ne pas respecter les règles universitaires; la première et principale règle que je ne respectais pas, peut-être, c'était l'adoption de cette doctrine.

L'Université présuppose qu'on ne peut ni ne doit s'occuper du monde suprasensible, jugé impossible à connaître – si même il existe: c'était l'opinion d'Emmanuel Kant, et on y est resté. Mon directeur de thèse m'avait de toute façon déclaré qu'il était athée. Mais je ne le suis pas; et je pense, comme les auteurs dont je parlais, François de Sales et Joseph de Maistre, qu'il est possible de connaître le 000.pngsuprasensible par le biais de l'Art: la voie imaginative me paraît bonne.

L'évêque de Genève a été clair, sur ce point: il a défendu la peinture religieuse comme amenant l'âme à mieux connaître Dieu – à entrer dans sa sphère. On sait qu'il utilisait les figures poétiques abondamment, et certains esprits petits ont prétendu que c'était pour séduire ses ouailles, comme un marchand le fait par la publicité; mais François de Sales a été clair sur ceci, que l'art, les figures, les métaphores, amènent l'âme vers le Suprasensible, où Dieu se fait sentir en présence et en substance – et que c'est à ce titre que la poésie est importante. Il préfigurait André Breton et le Romantisme, Victor Hugo et le Surréalisme – même s'il n'avait rien, comme eux, d'un rebelle à l'autorité traditionnelle.

L'Université devra un jour en tenir compte, si elle ne veut pas être dissoute par l'Histoire.

08/04/2020

Spinoza et le corps automatique

00000.jpgSpinoza était un homme très intelligent, et le lire est agréable, même si c'est souvent incompréhensible. Il a un style mathématique même pour les concepts philosophiques, et il y a dedans à la fois la hauteur et la noblesse de la logique pure, et l'abstraction vide de sens de la pensée moderne. On ne sait pas toujours si on lit ce qu'on lit, si on comprend ce qu'on croit comprendre. Parfois cela paraît absurde, mais on n'est pas sûr que ça le soit, et on sait d'avance que les adeptes de Spinoza, un peu comme ceux de Kant ou de Marx, vont affirmer qu'on n'a rien compris, si on ose énoncer l'absurdité de ses thèses.

Cela dit, j'ai cru lire dans son Éthique l'idée que l'action des corps n'a jamais de cause première, si ce n'est en Dieu en tant que créateur absolu, car il affirme que l'esprit d'un homme n'a aucune influence sur l'action du corps, et que celle-ci a des causes qui remontent dans le passé à l'infini, mais qui ne sont pas dans la pensée humaine. La pensée, renchérit-il, a son propre cheminement causal, parallèle à celui du corps, mais ne se croisant pas avec lui.

Il pressent l'objection facile: c'est bien avec son esprit que l'homme fait des temples, ou même des livres comme ceux de Spinoza! Ce à quoi le noble philosophe répond qu'on ne connaît jamais les profondeurs de la nature, qui peut aussi bien être l'auteur des temples et des livres. Il a même un exemple frappant: quand on rêve, on croit qu'on agit, alors qu'on dort, et que le corps est immobile; donc, conclut-il, ceux qui, dans la vie éveillée, croient agir à partir de leurs pensées, rêvent.

Le raccourci est plaisant, et rappelle ceux qui se demandent si l'homme ne passe pas tout son temps à rêver, ou même à croire qu'il existe. Il y a là une forme d'humour, de subtile raillerie, dont ses biographes disaient 0000.jpgSpinoza spécialiste, dans sa vie. Cela a aussi quelque chose de fantastique, d'effectivement drôle.

Ma fille, qui étudie la philosophie, me dit que l'existentialiste Merleau-Ponty avait des idées comparables: tout est déterminé dans l'action corporelle, disait-il; la seule liberté est celle d'en avoir conscience. Mais là, je l'arrête: c'est moins courageux et rigoureux que Spinoza. Car comment puis-je prouver que la prise de conscience qu'on est déterminé n'est pas aussi déterminée? C'est complètement arbitraire.

Il y a là quelque chose qui relève de l'adoration exclusive du Père créateur. Dans le christianisme, on peut admettre que les actions sont déterminées par la divinité, mais celle-ci n'y a rien d'uniforme, puisqu'elle est constituée d'anges et de démons, donc de bonnes et de mauvaises actions. Or, le Christ donne le choix entre rattacher son action aux anges, ou bien au diable. Dès lors, le choix rend l'homme auteur avec les anges, au moins, de son action. C'est ce qui faisait dire à Boèce que l'homme était libre, qu'il était bien l'auteur de ses actions, qu'il n'y avait aucune détermination, et que Dieu connaissait l'avenir non parce qu'il le déterminait, mais parce qu'il vivait aussi dans le futur, au bout du temps, et qu'il connaissait par 00000.jpgconséquent les actions librement choisies par l'homme.

Il est vrai que beaucoup d'actions sont le fruit des choses qui précèdent, et que l'homme est souvent spectateur de sa vie, même quand, comme le disait Spinoza, il s'imagine qu'il en est l'auteur, parce qu'il l'invente après-coup. Mais si la pensée de l'homme devient élevée et vivante, et si elle se lie aux anges, en réalité, il devient libre, et c'est son action qui est créatrice. C'est ce à quoi on reconnaît les grands hommes, et Joseph de Maistre s'exprimait de cette manière: il est vrai que les révolutionnaires français, en 1789, croyaient conduire les choses, et qu'ils n'étaient que conduits par elles, Dieu voulant une évolution dont ils ne se doutaient pas, mais nécessitant qu'ils eussent leurs illusions, pour qu'elle puisse se réaliser. En un sens, comme dans l'histoire de Job, Dieu avait laissé le diable envahir la Terre pour ses desseins secrets.

Mais pour Joseph de Maistre, il n'en était pas moins possible de connaître la volonté divine, et de l'accompagner de ses actions humaines, donc de l'exécuter. Dès qu'on fait cela, la pensée en plein accord avec Dieu se confond avec l'action des anges, et l'homme devient leur visible envoyé, un héros. Le paradoxe est alors celui de sa liberté, quoiqu'il ait décidé de n'exécuter que la volonté de Dieu, à laquelle désormais il participe.

Joseph de Maistre désignait ainsi les véritables initiés, ou princes éclairés, dont il donnait des exemples grandioses, au sein de l'histoire européenne: Charlemagne était pour lui au premier rang d'entre eux, et globalement les anciens rois francs, et de nombreux papes. Il attendait qu'à son époque de tels hommes 0000000.jpgréapparussent à Paris et à Rome. Il croyait que la divinité avait ce dessein!

Autant dire qu'il a été plutôt déçu. C'est d'ailleurs curieux que lui-même se soit regardé comme un tel initié, et qu'il n'ait pas songé qu'après tout, il pouvait se créer des républiques d'initiés soumis aux dieux comme au temps de la république romaine – avec les Cicéron, les Pompée et les Caton, qui passaient pour des héros et des mages dès l'antiquité. Jusqu'à un certain point, c'était l'idée de Rousseau, qui croyait bien aussi que les hommes pouvaient agir en se mettant en relation intime avec l'Être suprême.

Maistre conseillait le roi de Sardaigne, et à mon avis, il en est sorti des rois, notamment Charles-Félix et Charles-Albert, qui ressemblaient plus à des initiés que Louis XVIII et Charles X, les rois français un peu nuls qui ont succédé à leur frère décapité.

Pour en revenir à Spinoza, je crois absurde de considérer que la pensée ne peut pas influer sur l'action, même si je crois intelligent d'admettre qu'elle le fait bien moins qu'elle ne se l'imagine: là est la raillerie. Oui, la pensée de l'homme, si elle passe par l'imagination, peut être créatrice, et avoir de l'influence sur le monde extérieur. Et le problème de Spinoza est qu'il n'avait pas d'imagination, qu'il n'avait qu'une pensée mathématique – doublée de la faculté d'observation des phénomènes que tout le monde a partout. Dès lors, sa pensée, perdue dans sa propre logique, ne voyait pas d'influence possible sur le monde extérieur, car le secret de la magie de cette influence est cette imagination créatrice qui passe par l'amour, le cœur et l'art. À la rigueur, Maistre en fut plus conscient, lui-même tendant bien à imaginer des choses, à prophétiser. Et en cela, il ne fut pas l'esclave d'un dieu lui inspirant des pensées pures, mais bien l'auteur inspiré qui se mettait consciemment en relation avec les anges, et qui en sortait un discours audible, et compréhensible.