08/03/2016

Saint Louis et le monstre du passage noir

whelan-wall.jpgDans le dernier épisode de cette terrifiante série, nous avons laissé saint Louis et ses six compagnons alors qu'ils avaient commencé à traverser un dangereux passage que des monstres hantaient.

Les parois de pierre étaient lisses, noires, ruisselantes, et très rapprochées. Elles ressemblaient à des murs que le temps, en les usant, eût rendu tels que des falaises naturelles. Comme le passage était étroit, les chevaliers étaient contraints d'aller les uns à la suite des autres, en une file; s'ils s'arrêtaient, deux pouvaient se mettre côte à côte, mais lorsque les chevaux avançaient, ce n'était point possible, car ils se fussent gênés.

Le chemin n'était pas droit; il ondulait entre des pierres écroulées, et il fallait contourner des morceaux des parois qui s'étaient détachés, ou parfois passer par dessus, en grimpant, ou en sautant. Alors ils devaient prendre quelque élan.

Le long des murs, bientôt, ils virent des ouvertures, à présent irrégulières, mais qui avaient été, jadis des arches soigneusement découpées. Des traces d'ornementation se voyaient encore.

Saint Louis regarda avec étonnement ces sortes de puits latéraux, et Solcum se retourna vers lui et plaça le doigt sur la bouche, afin qu'il ne s'enquière pas de ce qu'il en était, et que nulle parole ne franchît la porte de ses lèvres. Louis pensa qu'il s'agissait sans doute des loges destinées aux gardiens qui se tenaient là au temps glorieux où les Immortels du Ciel et les Immortels de la Terre se rencontraient en passant par cette route. Il se demanda si elles contenaient encore quelque chose, du mobilier, ou des êtres, et si c'est là que vivaient les êtres malfaisants dont avait parlé Solcum. S'il en avait été autrement, du reste, eût-il reçu l'injonction de ne pas prononcer un mot? Il sentit une angoisse pénétrer dans son cœur; un silence pesant régnait en ces lieux. À présent, il lui semblait, même, que le pas de ses chevaux était étouffé, comme s'il s'était posé sur de la terre meuble, ou qu'un brouillard épais empêchât les sons de se répandre. On voyait pourtant clairement devant soi; mais l'air réellement s'était épaissi. Les hauteurs de la montagne paraissaient se rapprocher, à leur sommet, et former un poids sur ses épaules et celles de ses amis.

Il se sentit scruté; un regard fiévreux jetait d'en haut ses flèches. Louis eut de la peine à faire avancer son cheval, qui ralentissait; il n'osait bouger, pour le frapper de ses éperons. Un sort avait dû lui être jeté. Il tenta de se recueillir en lui-même, et d'y trouver la force qui lui avait été ôtée. Il songea à saint Martin, dont les vertus avaient si souvent secouru les rois. Sa puissance rayonnait-elle encore, dans ce pays étrange? Hélas! comment pouvait-il en douter? Ne la tenait-il pas de Jésus-Christ, le roi du monde?

Soudain, d'une des ouvertures latérales vint une odeur infecte, qui bientôt devint insupportable. L'air en fut saturé, et une ombre descendit sur l'âme de Louis. Une obscurité se fit autour des sept braves. Et d'une ouverture, une ténèbre plus noire encore s'exhala. Il sembla au fils de Blanche que l'ombre s'était cristallisée, 6256ab013539c11f94cf674a7f239ebb.jpgsolidifiée, qu'elle avait pris forme et s'était épaissie, pareille à une fumée qu'eût mue une volonté propre. Son cheval recula, hennit, frappé de terreur. Les autres chevaux venus de France eurent la même réaction; seuls les trois chevaux venus des écuries d'Ëtön, et que montaient sire Solcum, sire Charles et sire Alphonse, se tinrent calmement sur leurs pieds, étant de nature fée. Déjà sans doute ils avaient croisé et combattu ces êtres incertains, nés de l'abîme. Et puis n'étaient-ils pas nés de Timaldír, seigneur du vent d'Ouest?

Louis maîtrisa son fidèle coursier, qu'il nommait Crin de Neige, parce qu'il était blanc, et qui était, tout de même, l'un des plus courageux et vaillants de tous les chevaux mortels, et, de la nuée sombre, il crut voir une forme distincte apparaître, qui le fit se plier en deux. Car dans son ventre s'était créé à cette vue un vide; un froid était entré.

Quatre points flamboyants, rouges et ardents, s'allumèrent au sommet de l'apparition; il s'agissait sans doute d'yeux.

Les contours du corps ne ressemblaient à rien de ce que Louis avait vu sur Terre, ni aux monstres qu'il avait déjà combattus et dont les jambes étaient des tentacules. C'était pourtant un trait commun avec cet être-ci; mais la silhouette générale était différente, et les jambes, effilées, n'étaient point posées sur le sol mais suspendues dans l'air proche.

Au-dessus de ses épaules des jets continus de feu noir figuraient des ailes. Et quand sa bouche s'ouvrit, Louis la vit immense, et luisant d'une lueur de braise, en ses profondeurs.

Avait-il des bras? Il se dilatait sur les côtés en tentacules effilés, qui ne semblaient point avoir une forme régulière. S'agissait-il de ses ongles? Au bout, comme de longues lanières brillantes fouettaient l'air.

Dans ses ailes déployées il vit bientôt des reflets bleus, comme si une puissance secrète les habitait, qui ne fût pas simplement de l'ombre. Un reste de grandeur, de la gloire passée, hantait cette forme qui respirait la haine, le dépit, le goût du sang. Car pour elle, il faut le savoir, les races qui avaient succédé à la sienne n'étaient rien; elles devaient seulement la nourrir, l'alimenter, la maintenir en vie. Et les temps qui l'avaient plongée dans les ténèbres et donné le gouvernement du monde aux hommes immortels étaient injustes, et marquaient la volonté de dieux faux, de dieux traîtres, qu'un jour le destin ferait disparaître. Aussi était-elle sans pitié.

Mais cet épisode commence à être long; la prochaine fois, nous assisterons à une furieuse bataille avec cêt être!

06/01/2016

Saint Louis et les démons du défilé

cthulhu.jpgDans le dernier épisode de cette cosmique série, nous avons laissé saint Louis et ses compagnons alors qu'ils se dirigeaient vers le terrible défilé des ombres et que Solcum leur guide leur expliquait qui étaient les êtres puissants représentés à son seuil et à quoi avait servi le défilé. Il disait qu'Ornicalc le prince des Maufaés s'efforçait d'envahir le règne d'Ëtön par cette voie, jadis abandonnée des dieux. Il continua à parler quelques instants:

De l'autre côté du défilé, nous rejoindrons l'armée d'Ëtön déjà à l'œuvre; car elle a franchi ce seuil. Mais pas sans perdre quelques hommes, car il est défendu et protégé par des êtres hideux, qui sont tout ce qui reste d'une ancienne race, dont les montagnes que tu vois devant toi étaient un immense château, et une cité. Ils vivaient pareils à des géants, antérieurement à l'apparition d'Ëtön même. Les mots ne peuvent qu'à peine exprimer ce qu'ils furent. Mais une guerre les opposa aux dieux justes, et ces Titans tombèrent, minés par leurs péchés. Ils furent alors enfermés dans les ruines de leur cité, qui leur fut comme une prison. Et ils se pressaient fréquemment aux portes verrouillées, mais sans pouvoir les entrouvrir. Ils se nommaient les Immirth.

Et si je dois te dire un secret de la terre, il faut que tu saches que leur présence maintenait ensemble, étrangement, le sol de ces montagnes, car elles sont suspendues au-dessus d'un abîme ; mais entre elles et l'abîme sont ces monstres, ces géants qui eux-mêmes prennent appui sur les profondeurs. Ils le ne font pas avec des jambes ; car ils ont au bas de leur corps des tentacules, longs et filamenteux, dont ils se servent comme les arbres se servent de leurs racines. Vous décrire plus avant leur apparence pourrait vous jeter dans l'épouvante ou la folie.

Or ces montagnes servaient de passage entre ce pays et celui des dieux, des immortels célestes : sans le vouloir, ces êtres rendaient d'inestimables services à Ëtön, en lui permettant de passer chez les êtres d'en haut sans être saisi par Mardon, qui a sa loge au fond de l'abîme.

Mais il y avait un revers de la médaille : il fallait surveiller les portes constamment, les réparer inlassablement, et tisser sans arrêt à nouveau les charmes qui les maintenaient scellées. Des gardes, des nains et des mages étaient préposés à cette tâche, les premiers devant repousser les monstres qui parvenaient à glisser un poing - 4257315964.jpgvoire une langue, un œil, car ils pouvaient détacher leurs membres, les allonger, et projeter certains organes devant eux, les tenir en main, et les faire voler dans les airs ou ramper sur le sol, après avoir entrouvert une porte. Mais les guerriers devant garder cette voie refermaient ces portes, qui étaient souvent des trappes, sur eux après les avoir frappés de coups d'estoc, et les maçons sages qui étaient des nains s'empressaient de les verrouiller, de leur liant, de leur ciment spécial, et les mages à leur tour bénissaient cette fermeture et la scellaient de leurs charmes.

Cependant Ornicalc vint, et il était de son intérêt d'aider les Immirth à passer leur barrière. Il corrompit les hommes préposés à leur garde, les rendit négligents, orgueilleux, en tissant autour d'eux ses infâmes illusions. Les hommes, devenus las, fats, manquèrent de vigilance.

On a vu sur le long de la voie des murs se fissurer, s'effriter, et la guerre a été déclarée, car certains êtres, parmi les plus chétifs, mais suffisamment puissants pour soumettre bien des immortels d'Ëtön, se sont arrachés à leur prison, et il a fallu les combattre d'autant plus ardemment que longtemps on avait négligé de veiller. Certes, pour l'essentiel, le passage a été tant bien que mal reformé, réajusté, réparé, mais il est à présent hanté de monstres, avec lesquels Ornicalc, comme je l'ai dit, s'est allié pour qu'ils terrorisent les pèlerins qui tâchent comme qui dirait d'aborder à l'autre rive.

Le pas est désormais le royaume de ces êtres hideux, qui, sans pouvoir, grâce aux dieux, ouvrir les portes de nouveau scellées, refusent à tout homme la possibilité de passer sans encombre par ce chemin s'il n'a pas laissé derrière une part de sa vie. Car ils se nourrissent du sang des êtres de la Terre, et ils aiment les hommes d'Ëtön tout particulièrement, mais aussi ceux du monde périssable. Et s'ils n'en ont pas à disposition ils se contentent de ceux d'Ornicalc, qui les craint, s'il essaie de les utiliser.

Regarde, termina-t-il en montrant les deux statues: à droite tu as le grand Alar, et à gauche son vigilant neveu, ami intime et second constant au combat, fils preux de Vürnarïm! Il a été préféré par Ëtön au propre fils d'Alar, Teldur, parce qu'il était l'auteur de sa lignée, après qu'il se fut uni à une nymphe de Chartres - et parce que, auprès des gens d'Ëtön, Ëtöl 13110802554514756411712370.jpgpasse pour être le compagnon d'armes préféré d'Alar, à tort ou à raison. Teldur fit souvent son chemin seul, ayant hérité de la fierté de son père.

Mais je dois faire silence, à présent, car les gardiens occultes de ce pas maudit nous entendraient, et nous devons rester cois, afin qu'ils soient saisis de surprise dans l'indolence: car il est peu probable, ô roi saint, qu'ils ne nous aperçoivent pas, mais ils peuvent réagir trop tard, s'ils ne nous ont pas distingués; et au demeurant plus tard ils agiront, mieux nous nous en porterons. Aussi, mes amis, je vous le demande, soyez le plus silencieux possibles.

Et les six hommes mortels aussitôt s'exécutèrent, regardant avec effroi, vénération, respect, les deux êtres sculptés, qu'ils prirent pour des anges de Jésus-Christ, encore que Simon de Nesle se demanda, dans son cœur, s'il ne s'agissait pas d'idoles creuses qu'habitaient des démons, ou des démons que Solcum et les siens prenaient pour des dieux, des êtres divins; car ce culte respirait le paganisme. Mais comme il voyait que son maître ne réagissait pas et semblait avoir confiance en les dires de Solcum, il ne protesta pas et chassa de son esprit ces pensées - quitte, se disait-il, à en reprendre plus tard le fil, et à en parler à son seigneur. En tout cas il ne souhaitait pas le faire en présence du chevalier immortel, qui lui faisait vaguement peur, et certainement pas en cet endroit, qu'il sentait maudit, et habité par de mauvais esprits, et hanté par des monstres.

Devant le défilé, sombre et obscur, dont le bout ne se voyait pas, Solcum s'arrêta, et Louis, aussi; Solcum regarda son ami, et pressa les flancs de son cheval. Louis le suivit. Venait ensuite le méfiant Simon de Nesle, le joyeu Imbert de Beaujeu, le grave Alphonse de Poitiers et le sage Charles d'Anjou, frères du Roi, et le puissant Thibaut de Bar fermait la marche, surveillant les alentours.

La suite de cet étrange récit ne pourra cependant être donnée que la fois prochaine; alors un affrontement aura lieu avec les créatures du passage noir.

02/11/2015

Saint Louis et le défilé des ombres

e60c654cbad9f9c72a5ea7ccde717ef7.jpgDans le dernier épisode de cette série de pure fantasy, nous avons laissé saint Louis et cinq de ses compagnons (quatre mortels et Solcum le futur génie doré de Paris) alors qu'ils attendaient le retour d'Imbert de Beaujeau, parti escorter Robert d'Artois blessé. Solcum venait d'annoncer qu'il l'avait aperçu au loin.

Louis tourna la tête vers l'est, et d'abord ne vit rien; il songea que Solcum devait avoir de bons yeux, pareils à ceux d'un aigle. Ou s'était-il trompé?

En vérité, c'était peu probable. Et, dans la clarté du soleil levant, il lui sembla voir la forme d'un cavalier. Il reconnut Imbert - et il rit, car la lumière du soleil rayonnait autour de son crâne, comme s'il l'eût béni et couvert de gloire. Il y vit un augure.

Lorsque le chevalier fut parmi eux, tous purent voir que les deux chevaux qu'il amenait en plus du sien étaient bien tels que l'avait dit Solcum: magnifiques, élancés, semblant à peine toucher le sol quand ils couraient.

Celui qu'on donna à Charles d'Anjou, bai-brun, se nommait Rouge Tempête; celui qu'on confia à Alphonse de Poitiers, alezan, avait reçu le nom de Danseur de l'Air. Ils avaient un autre nom dans la langue du royaume, mais Solcum les traduisit, et les mortels appelèrent le premier Tempête, le second Danseur.

Dès qu'ils se furent sustentés de quelques morceaux d'un pain que les sacs donnés sur l'ordre d'Etön contenaient, ainsi que de légumes et de fruits secs, et qu'ils eurent bu une eau que Charles avait fait chauffer et mêlée à des herbes qu'il avait trouvées sur les flancs de la colline, ils montèrent tous sur leur cheval et s'apprêtèrent à affronter les périls du défilé étroit qui se tenait devant eux et que Solcum nomma du nom d'Imel Tisic - soit défilé des ombres, en sa langue étrange.

Ils s'avancèrent, et Louis put voir que ce défilé s'élevait à une hauteur prodigieuse. Une brume l'empêchait de distinguer exactement les contours de la montagne; mais quand il fut tout près, il eut la fantasy_mountain_rendering_by_jbconcept-d3g85g7.jpgsurprise de voir, de chaque côté du défilé, une statue, représentant un géant, un guerrier, mais qui avait des ailes. Lesquelles il n'avait point vues, les confondant avec des irrégularités dans la paroi rocheuse. À présent, elles lui apparaissaient clairement. Et voici, l'aile droite de celui qui était à droite, l'aile gauche de celui qui était à gauche, se touchaient et formaient une arche, comme le dessus d'une porte. Et les deux êtres ailés, vêtus d'armures, levaient la main droite pour celui qui était à droite, gauche pour celui qui était à gauche, montrant le ciel; et de l'autre ils montraient la terre, de telle sorte que l'ensemble avait la forme d'un triangle.

Un instant, Louis crut voir les yeux des deux êtres briller; mais sans doute, c'était les rayons du soleil, encore obliques, qui s'étaient refletés sur la pierre. D'ailleurs il lui sembla que, à l'endroit des yeux, des diamants étaient incrustés.

Et l'armure était en or véritable: elle avait été liée à la pierre, qui était blanche. Des pierres précieuses ornaient le pectoral, et il en était une encore à leur front, attachée à un bandeau d'or.

Mais des signes de déliquescence se voyaient: des morceaux d'armure avaient été arrachés, il manquait un doigt à l'ange de gauche, et la mousse recouvrait leur tête, et l'or était terni. Des traces de coups d'épée, ou de feu, se distinguaient çà et là sur ces prodigieuses images.

Louis demanda à Solcum qui étaient ces êtres, et qui les avait placés là. Solcum demeura silencieux un instant, contemplant les deux statues, et dit: Ce sont là Alar, le fils de Dordïn, et son neveu Ëtöl, le fils de Vurnarïm dont est issu notre roi Ëtön: car il fut le père de son père. Et c'est notre roi qui, au temps jadis, dans les temps de prospérité et de paix, fit bâtir ces statues en l'honneur des dieux. Car c'est par ce défilé qu'ils venaient visiter les immortels de la Terre.

En ce temps-là, sache-le, la Lune ne s'était pas encore levée dans le Ciel, elle n'était pas encore apparue; elle était mêlée à la Terre, de telle sorte que le royaume d'Ëtön peut être dit levé antérieurement à la Lune. Cela peut te paraître incroyable, mais il en est bien ainsi. La route entre la 1885ducthr16bjpg.jpgTerre et le Ciel n'était point coupée, alors, et un pont pareil à l'arc-en-ciel reliait les deux royaumes; et Ëtön prenait conseil des dieux, et ceux-ci lui rendaient visite.

Lorsque les dieux cessèrent de venir sur Terre, Ëtön eut pour quelque temps encore le droit de les visiter par le même chemin qu'ils avaient emprunté. Mais bientôt cette voie fut rompue: le pont fut brisé, et un gouffre s'étendit entre les deux mondes. Dès lors le déclin du royaume d'Ëtön commença, et il cessa de disposer des forces dont il avait disposé, et de pouvoir résister aux assauts d'Ornicalc.

Tu dois savoir que les hommes mortels sont issus de ceux qui, trahissant leur peuple originel, ont causé la rupture de ce lien, et permis à Ornicalc de vivre sur Terre. Mais c'est une histoire que je te raconterai un autre jour. Tu auras du reste du mal à la croire vraie, ne voyant pas le rapport avec ce que t'ont enseigné les sages de ton monde - et qui n'est pas faux, pourtant, mais ne regarde les choses que par un angle restreint.

Ornicalc vit dans l'abîme qui se tient au-delà de ce défilé, et c'est de cet abîme que ses hordes viennent, sa puissance débordant du bornal comme une marée, comme l'eau boueuse d'un puits lors des crues souterraines que l'hiver connaît. Il faut que nous y pénétrions, et que nous refermions cet abîme, ou placions du moins un mur qui empêche la puissance maléfique de déborder.

Mais cet épisode commence à être long; la suite du discours de Solcum et l'entrée dans le défilé doivent être remis à une fois prochaine!