28/01/2019

Saint Louis et le sacrifice du chevalier-fée

ornicalc.jpgDans le dernier épisode de cette geste du roi Louis, nous avons laissé celui-ci et ses compagnons alors qu'ils avaient saisi l'occasion de s'enfuir de la salle royale dOrnicalc, le démon. Ils purent un instant se croire sauvés.

Mais, de sa puissance magique, Ornicalc eut tôt fait de venir après eux: il allait comme glissant sur un tapis d'air. Sous ses pieds immobiles, un crépitement faisait jaillir de petits foudres, comme si l'eussent porté les nuées de l'orage.

Il levait sa hache, qu'il avait reprise en main, pour l'abattre sur Thibaut de Bar qui s'était retourné pour lui faire face pour couvrir la retraite de son roi, quand une forme oubliée se dressa, plaçant sous le coup un bouclier étincelant: c'était Ëtalacün. À présent, il avait choisi son camp: il avait changé de bannière. Ayant vu les prodiges accomplis par Louis et son cousin Solcum, il avait décidé d'agir, et de se racheter de ses fautes. Il jeta son épée vers Ornicalc, et lui perça le flanc; mais guère profonde ne fut la plaie. À peine vit-on un filet de sang jaillir du haubert aux écailles dorées. D'un coup de pied fracassant, son ancien maître l'envoya voler, et il ne put se relever: sous le choc, plusieurs de ses os s'étaient brisés. La rage d'Ornicalc, en voyant Ëtalacün, qu'il méprisait, le trahir, avait explosé en un coup meurtrier.

Alors, doutant, peut-être, de pouvoir se saisir de Solcum, de Louis ou de leurs compagnons, et voulant passer sa colère sur un homme, il bondit vers ce chevalier-fée tombé, et s'apprêta à le mettre en pièces. De loin, Solcum vit cela, et son cœur dans sa poitrine bondit, malgré la trahison d'Ëtalacün: car c'était son cousin, le fils du frère de sa mère. Il fit un pas vers lui afin de le secourir, et le bras de Louis, posé sur le sien pour l'arrêter, n'eût pu l'empêcher de connaître un sort fatal, à portée des mains d'Ornicalc, si Ëtalacün même, soudain, ne s'était écrié: Fuis, imbécile! Garde ton prince humain, et permets-lui d'accomplir sa mission. Ne viens pas me sauver, car je suis déjà perdu! Solcum fit halte. Il hésitait. Puis Ëtalacün reprit la parole: Dis à mon père, dis à ma mère que je les aime, et à toute la famille, et à toute la cité, et que je regrette. Laisse-moi réparer le mal que j'ai fait, Solcum, et dis-toi, aussi, que je t'... Il ne put finir ses mots: Ornicalc avait écrasé sur sa tête sa hache, la broyant et la détruisant. Solcum, s'écriant: Non! écarquilla les yeux, et, stupéfait, mais mû par un âpre désir de vengeance, courait à son sort fatal en se rendant sur le lieu de ce Etalacun.jpgcrime, quand Louis, de nouveau venu à sa hauteur, lui prit le bras, et lui dit: Solcum, fuyons! Accomplissons, je vous en prie, la dernière volonté, si sainte, de votre cousin Ëtalacün.

Alors le génie au cheveu d'or et à l'œil de saphir regarda son ami homme mortel, et en baissant la tête soupira. Puis il se retourna et tous fuirent à toute allure. Derrière eux, ils entendirent Ornicalc, la voix tremblante de colère, leur jurer sa vengeance terrible, et d'affreux bruits laissaient supposer qu'il s'acharnait sur le corps d'Ëtalacün, pour n'en laisser rien qu'on pût reconnaître. Le châtiment était profond: son corps ne lui serait pas rendu, lors de la résurrection, et le malheureux errerait dans les éons ténébreux, s'enfonçant dans l'abîme des abîmes durant mille siècles, avant de pouvoir resurgir; et Ornicalc le savait et, hélas! Solcum aussi. Tel était le destin d'un traître, qui néanmoins au dernier instant se racheta.

Les cinq compagnons étaient si flamboyants, si glorieux, la rumeur de leurs exploits s'était déjà tellement répandue, que tous les gardes fuyaient à leur approche. Ils ne purent emprunter le même chemin que pour monter au sommet de la tour maudite; mais ils trouvèrent un escalier, et le descendirent sans guère solcum.jpgd'encombres: seul un fidèle parmi les fidèles d'Ornicalc prétendit les en empêcher. Il avait un corps étrange, des jambes de serpent; mais il était armé comme un chevalier. Après quelques passes d'armes, Solcum, malgré sa blessure, le transperça de son épée, et l'autre le maudit avant de pousser un râle. Ils arrivèrent bien vite à la porte, dont les gardes géants étaient absents: eux si effrayants, lorsqu'ils étaient montés, n'avaient pas résisté à la peur qu'inspirait Solcum, le génie d'or! Car à leurs yeux, dans sa colère, il brillait comme une étoile, et ses yeux azurés lançaient des feux qui leur étaient meurtriers.

Solcum siffla et chanta une étrange chanson, et on entendit un bruit, comme une porte en bois se fracassant; on vit presque aussitôt surgir les six chevaux qu'on leur avait enlevés, joyeux et hennissants, retrouvant les maîtres qu'ils aimaient! Les trois coursiers immortels d'Ëtön menaient les autres qui, reconnaissant en eux leurs maîtres, et comme des dieux pour leur espèce, les suivaient docilement.

Les chevaliers francs remontèrent sur leurs dos, puis à vive allure revinrent vers l'est, afin de regagner le château d'Ëtön. Ils n'avaient pas pu participer à la bataille grande, mais ils étaient désormais trop fatigués, ancient_evil_armor_by_moonxels-d5ko4zn.jpget il leur fallait se ressourcer, comme on dit, dans le palais du Roi.

Or, cela provoqua l'entrée de celui-ci en guerre. Jusque-là jugé comme se tenant à l'écart, Ornicalc ne l'avait point assailli. Désormais, il ferait son siège jusqu'à raser sa forteresse, car sa haine de Solcum, de Louis et de ses compagnons le dévorait, et ne pouvait le laisser en repos.

Le voyage des chevaliers se fit sans encombres, même lorsqu'ils passèrent le Défilé des Ombres, Imel Tisic, car les monstres, échaudés par leur rencontre avec eux et l'intervention de Sainte-Apsara, n'osèrent les arrêter; d'ailleurs, ils étaient contents qu'ils repartissent dans l'autre sens, car leur mission était d'empêcher le passage dans le sens qu'ils avaient d'abord pris. Puis les chevaliers francs et Solcum atteignirent le château d'Ëtön, où ils furent reçus précipitamment. Au loin, cependant, un nuage de poussière traversé de foudres signalait aux gardes et aux six compagnons l'arrivée imminente d'Ornicalc et de ses troupes du diable...

Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode et de renvoyer au prochain, pour le récit du siège d'Ëtön par les troupes d'Ornicalc.

17/11/2018

Saint Louis et l'attaque d'Ornicalc, le Démon

angel_of_death_by_nosaj7541-d7zedvg.jpgDans le dernier épisode de ce récit de croisade au pays des fées, nous avons laissé notre héros, saint Louis, alors que, délivré du sortilège d'Ornicalc, il affrontait les créatures surgies de sa gueule énorme.

Le premier monstre - au long museau, aux dents acérées, aux yeux de braise, aux ailes de chauve-souris et aux jambes pareilles à des tentacules - se jeta justement sur lui, et Imbert de Beaujeau le protégea en lui plongeant la lame dans le corps. Il poussa un cri, et ses tentacules inférieurs frappèrent Imbert au visage, et il tomba, sonné. Thibaut de Bar se précipita et trancha la tête de l'être abject. Un sang noir se répandit sur les dalles plus blanches que la neige.

Mais un second monstre - assez semblable au premier sinon en ce qu'il avait des cornes et des ailes munies de plumes - s'élança à son tour, et bouscula Thibaut, qui fut projeté à plusieurs mètres en arrière, en un choc qui ne devait qu'à peine laisser ses os intacts. Ensemble, saint Louis de France et Alphonse de Poitiers essayèrent de s'attaquer au monstre, mais ses tentacules les saisirent tous les deux, au cou et au bras droit, et ils furent maintenus à distance. L'instant d'après, la créature ouvrit sa gueule démesurée, et s'apprêta à avaler et à trancher de ses dents pointues la tête de saint Louis, lequel n'en pouvait mais. Car, ne pouvant résister à la force de la bête, il était attiré inexorablement vers sa bouche immonde, et les trois compagnons éveillés de sa suite n'y pouvaient absolument rien.

C'est alors qu'il se produisit quelque chose d'extraordinaire. Un double feu jaillit, qui transperça comme deux flèches lourdes le corps du monstre. Louis tourna la tête, le tentacule qui l'enserrait au cou s'étant soudainement détendu, et vit le feu venir des yeux désormais grands ouverts du sublime Solcum! Il en fut émerveillé. Qui aurait pu lui connaître un tel pouvoir? Et pendant ce temps, la croix gemmée de son cou brillait plus vivement que jamais, sans que lui-même en saisît aucunement la raison!

Puis ce fut la ruée des monstres: trois sortirent d'un coup de la bouche d'Ornicalc, et ils étaient enragés et furieux. Ils étaient plus laids encore que les deux précédents.

Mais Solcum, pleinement éveillé, cligna de l'œil à l'intention de Louis, abaissa les paupières en souriant, et, les yeux fermés, sortit son épée, qu'on ne lui avait pas non plus ôtée. Et, comme si ses forces avaient été décuplées, et son arme douée d'une grâce inconnue, il bondit, virevolta, passant entre les membres des 36224509_10216376638946612_2890855866037174272_n.jpgennemis à la façon d'un éclair et les blessant mortellement de sa lame flamboyante, devenue un flux d'étoiles dissipant des nuages de ténèbres.

Alors Ornicalc se leva. Étrangement, sa tête se reconstitua, sa bouche se reformant comme si rien dans son visage n'avait été défait par ce passage des monstres.

Immense, il touchait presque de son crâne le plafond de la salle, haute de plus de sept mètres. Il saisit une énorme hache à deux tranchants placée derrière son trône, et se dirigea, plus vite qu'on ne l'eût deviné au vu de sa taille, vers Solcum. Plus qu'il ne descendait les marches de son pas pesant, il glissait au-dessus du sol, ce qui explique sa vitesse. Si grand était son pouvoir!

Le génie aux yeux de feu évita un premier coup de taille de la hache d'armes en sautant par dessus à une hauteur prodigieuse, qui à Louis fit croire qu'il avait des ailes: il lui sembla les voir, flammes transparentes sur son dos éclatant! Mais Ornicalc donna à son adversaire un coup de poing magistral qui l'envoya à son tour à plusieurs mètres en retrait, pour le laisser s'écraser sur un pilier de la salle auguste: le choc fut tel qu'un des cristaux éclairant la salle, et inscrusté dans le marbre de la colonne, se brisa; une grande clarté se fit, puis la lueur s'échappa, s'élançant vers les hauteurs, et le cristal s'éteignit. Or, un de ses éclats entra dans le flanc de Solcum, et la plaie aussitôt saigna. Ornicalc poussa un cri de triomphe. Il se précipita vers sa proie, afin de l'achever. Mais Louis fut plus rapide, et intervint de tout son courage.

Brandissant sa lame à la garde niellée, il tâcha d'en enfoncer la pointe dans le plastron du monstre. Elle glissa dessus en jetant deux étincelles. Le regard d'Ornicalc s'enflamma, comme si la plus grande insolence du monde venait de lui être faite, et leva sa hache, pour enfin anéantir ce roi grotesque, ce mortel présomptueux, et sot. Or, Louis sentit vibrer la croix de son collier, et voici! un jet de feu en sortit, et frappa lugh-vs-balor2.jpgOrnicalc à la poitrine. Le géant poussa un cri, cette fois de douleur et de surprise, et recula, plaçant même un genou à terre. Ses yeux de braise étaient devenus en un instant charbons fumants; son étonnement était sans limites. Il découvrait une puissance de lui inconnue.

Solcum en profita pour s'élancer, malgré sa plaie sanglante. Haussant son épée, il l'enfonça dans le visage d'Onicalc, passant par sa joue. La lame ressortit par l'autre joue, brisant au passage quatre dents. De sa main qui de surprise avait lâché la hache, le roi des démons repoussa brutalement Solcum, qui tomba encore, et roula sur lui-même. Ornicalc arracha l'épée de sa mâchoire, et du sang jaillit non seulement de sa bouche, mais de ses oreilles. Il était fou de rage.

Mais il était affaibli. Et Imbert de Beaujeu et Alphonse de Poitiers eurent la présence d'esprit de prendre par le bras et l'épaule leurs trois compagnons, et de leur enjoindre de quitter la place, tant qu'une fenêtre de sortie, si l'on peut dire, s'ouvrait. Ils obtempérèrent, ne voyant pas qu'ils pussent vaincre un titan de la race d'Ornicalc. Solcum encouragea même Louis à suivre ce conseil avisé, dès qu'il l'eut entendu, et tous sortirent en trombe!

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là ce récit de croisade au pays des génies; la prochaine fois, nous assisterons, sachez-le, au sacrifice d'Ëtalacün le Traître!

09/09/2018

La révolte de saint Louis face au Démon-Roi

iron.jpegDans le dernier épisode de cette incroyable et horrifique série, nous avons laissé le roi saint Louis alors que, au cours de sa croisade au pays des fées, entré dans l'antre du roi-démon Ornicalc, il s'était laissé gagner par l'épouvante, avait perdu son frère Charles d'Anjou poussé au désespoir, mais, soudain, avait cru sentir venir vers lui une bouffée d'air frais et fleuri, issu du corps même de Solcum le bon génie-chevalier. Et il s'était remis debout, ragaillardi.

Saint Louis entendit comme une voix qui chuchotait à son oreille, et il crut reconnaître que c'était celle de Solcum, mais, regardant à sa gauche, il ne vit absolument pas bouger les lèvres à celui-ci, ni relever la tête. À peine, sous ses paupières closes, semblait-il y avoir un nouvel éclat, éclairant le bas de ses yeux et passant à travers l'ouverture faible qui s'y était faite. Le chevalier-fée s'éveillait-il? Saint Louis sentit une puissance courir le long de ses membres, et chasser le serpent noir qui serrait son estomac entre ses mâchoires. En lui revint le feu!

Il acheva de se redresser, et un nouveau murmure étonné se fit entendre. Des paroles inquiètes surgirent, çà et là. Ce mortel était-il le glas des génies? D'où lui venait cette force inconnue, qui soulevait ses membres malgré le sort jeté sur eux par le roi des démons?

De la personne même d'Ornicalc semblait jaillir de petits foudres, comme si une colère en lui faisait vrombir les flammes. Aux côtés de Louis Ëtalacün stupéfait reculait, scrutant le roi de France qu'il avait enchaîné comme s'il était un prodige qui eût pris corps - et le chevalier franc, lentement mais sûrement, et sans que nul songeât à l'en empêcher, tira du fourreau son épée, qui, à la clarté des gemmes sertissant les piliers, étincela. Sa lame polie renvoya également l'éclat des joyaux du haubert d'Ornicalc ainsi qu'un défi, et le regard du roi-démon s'ouvrit, comme si l'étonnement le faisait trembler.

Celui de Louis, lorsqu'il eut levé le front, était flamboyant, et les elfes présents crurent voir des étincelles en sortir! Lui aussi défiait la puissance d'Ornicalc, doué d'une force qu'il ne semblait pas même soupçonner.

Un être divin logeait en lui, peut-être par l'intermédiaire de Solcum, dont les dents serrées faisaient désormais palpiter la mâchoire - comme si, malgré ses yeux fermés, il fût tout à fait réveillé, et imprégnât son ami Louis de tout son être. Au cou du roi de France, la croix gemmée suspendue à une chaîne d'or se mit à jeter une vive lumière, qui effraya toute l'assemblée!

Il se fit une agitation, et on regarda perplexe Ornicalc. D'autres se mirent à reculer; quelques-uns, épouvantés sans savoir pourquoi, s'en furent, empruntant les portes de la salle. Une confusion s'installa dans les rangs des guerriers et des dames ordonnés naguère. Super_September_superior_hero_concept_art (2).jpgUne lueur était répandue autour de Louis, rayonnant de son heaume, de son armure, de son épée, de ses mains, de ses yeux, comme s'il avait été transformé par une force inconnue. Elle se communiqua bientôt aux autres mortels qui l'accompagnaient.

Sentant se dissiper le sort sur eux jeté par le sorcier royal se tenant devant eux, Thibaut de Bar d'abord, Imbert de Beaujeu ensuite, Alphonse de Poitiers enfin se redressèrent, écartant de leurs épées sorties du fourreau les ombres qui les avaient jusque-là oppressés! Comme le long de leurs lames couraient de singulières étincelles, les spectres fuyaient, comme blessés par elles. Une étrange onction s'était répandue sur les chevaliers francs. Leurs liens mêmes avaient été rompus, nul ne savait par qui. On n'avait rien vu. Était-ce Ëtalacun qui, effrayé, et comme en état second, les avait libérés? Sa conscience avait-elle opéré ce miracle? Ou quelque ange était-il venu? Même les génies l'ignoraient: cela s'était passé trop vite pour leurs yeux pourtant surhumains.

Et voici! les quatre chevaliers survivants se tenaient face à Ornicalc, devenu un géant ordinaire, un chevalier à combattre comme les autres, et nul n'osait intervenir. La bave que conservait Alphonse de Poitiers au menton ne comptait plus; la sueur qui trempait encore Imbert de Beaujeu ne le rendait en rien moins puissant aux yeux de l'assemblée; les yeux encore sanglants de Thibaut de Bar n'entamaient en rien sa splendeur, dans cette salle où les merveilles des elfes semblaient s'être assombries, pour ne laisser luire que les mortels venus de France!

D'abord Ornicalc ne dit rien, méditant sans doute les faits qui devant lui se déroulaient, et le portant à délibérer dans son cœur. Puis, il ouvrit la bouche, et, voici! ce fut comme si un puits avait été privé de son couvercle. Curieusement, si dans un premier temps la taille en avait paru normale, l'instant d'après elle était cthulhu 5.jpgdémesurée: ainsi la couleuvre, qui dévorant un mulot, veut l'engloutir d'un coup, déboîte sa mâchoire et place sa proie directement dans son ventre! De même, le mâchoire d'Ornicalc semblait déboîtée et sa gueule était désormais de la taille de sa tête, qui avait disparu sous l'ouverture noire.

Il en jaillit dès lors des êtres maléfiques, qui écartaient les parois comme si Ornicalc n'avait été qu'une statue de bois, de cire ou de chiffons! Au début, on ne vit sortir que de longs tentacules; puis des membres plus gros se firent voir; enfin des visages, des corps entiers, rabattant les joues comme des tissus, malaxant une tête désormais comme postiche, montrèrent leur forme hideuse! Si le courage n'était pas revenu comme un flot d'étoiles dans le cœur des quatre chevaliers, ils auraient été à nouveau frappés d'épouvante. Mais cette fois ils étaient prêts.

D'abord les longs tentacules, pareils à des langues noires, s'étaient précipités vers eux et leur allié Solcum - saisissant l'un au cou, l'autre au bras, le troisième à la jambe, le quatrième au corps, et le dernier à la taille. Mais leurs épées tirées tranchèrent ces vivantes cordes, et des sifflements horribles se firent entendre dans le sein d'Ornicalc, et les démons que j'ai évoqués sont alors sortis entiers, affreux et terribles. Seul le câble visqueux entourant Solcum à la taille était encore tendu, le génie de Paris ne s'éveillant toujours pas; mais Louis le trancha d'un coup sec, pour délivrer son ami parmi les elfes!

Mais il est temps, ô lecteurs, de laisser là cet épisode déjà long, et de renvoyer à la prochaine fois le combat contre Ornicalc même, par delà les créatures qu'il abrite!