14/07/2017

Religion antique et Stoïciens

hercule.jpgJ'ai déjà, au sujet du poète romain Lucain (neveu de Sénèque), évoqué les croyances mystiques, ou la doctrine ésotérique des Stoïciens - mal connue: on préfère s'intéresser à leur morale. Lucain présente Pompée comme s'étant reconstitué après sa mort dans le ciel grâce à ses vertus: désormais il vit dans l'orbe lunaire - qui est, au-delà de l'obscurité terrestre, toute lumière.

Or, j'ai lu récemment des pièces romaines tragiques, autrefois réputées de Sénèque, et contenant soit la doctrine stoïcienne, soit, au moins, les vraies pensées religieuses des anciens Romains. À cet égard, la pièce appelée Hercule sur l'Œta est particulièrement intéressante.

On lui a reproché sa tendance au bavardage, à la rhétorique creuse. Mais c'est justement ce qui en fait un document capital: au lieu de ne dire que ce qui est utile pour le drame, les personnages ne peuvent pas s'empêcher de disserter en révélant le fond de la doctrine religieuse de l'auteur.

S'il s'agit de Sénèque, la pièce doit être une œuvre de jeunesse; sinon elle est d'un imitateur. Mais elle a pour remarquable particularité d'être la seule pièce romaine qui soit à la fois sérieuse comme une tragédie et heureuse dans sa fin comme une comédie. En effet, si elle évoque, extérieurement, la mort d'Hercule, elle le place en fin de compte au Ciel, en fait un dieu - et on croirait voir, avant l'heure, une vie de saint chrétien. A-t-elle été réécrite par un chrétien? Je n'ai vu nulle part formulée cette hypothèse, et d'ailleurs, la luxure est un trait trop important d'Hercule pour que cela soit admissible.

Mais le penseur agnostique qui s'appuie sur les anciens Romains pour faire triompher sa philosophie et relativiser le christianisme - voire le dire un tissu de mensonges -, a un démenti clair dans cette œuvre, car si ce n'est la luxure, effectivement peu reprochée aux héros par les anciens Romains, les traits exposés sont conformes au christianisme classique. Trois en particulier ont retenu mon attention.

Le premier est qu'un personnage affirme, à un certain moment de l'action, qu'il n'est pas vrai, comme le prétendent les poètes vulgaires, que les hommes de bien aillent sous terre après leur mort: ils gagnent le tumblr_noy8zsCaZQ1rqqedro1_1280.jpgciel, les astres - rejoignent les dieux! Nous avons vu que Lucain avait développé cette pensée pour Pompée. Mais on sait que Cicéron l'avait théorisé dans son récit du Songe de Scipion, qui assurait que les hommes vertueux étaient accueillis après leur mort - pour y vivre éternellement - dans la Voie Lactée. Or, Ovide faisait de celle-ci la route du pays divin.

Les Romains avaient placé, selon ce dernier poète, beaucoup de leurs grands hommes au Ciel: Énée, Romulus, César, Auguste, notamment. On leur vouait désormais un culte, et ils étaient mêlés aux dieux. Ce qu'affirment Cicéron et Lucain n'a donc rien d'exceptionnel: il s'agit bien de la règle propre à l'ancienne religion romaine.

Le second point d'Hercule sur l'Œta qui m'a intrigué est que le fils d'Alcmène est réputé avoir tué des monstres et déposé des tyrans, mais aussi mis fin à des cultes infâmes, fondés sur le sacrifice humain. En d'autres termes, contrairement à ce qu'ont dit beaucoup de philosophes (notamment Voltaire), les héros de l'ancienne Grèce intégraient bien les questions religieuses à leurs combats, affrontant des déités maléfiques assoiffées de sang humain.

On pourrait même, plus qu'on ne l'a fait en général, interpréter les travaux d'Hercule comme renvoyant symboliquement à des suppressions de religions dégénérées. Les monstres qu'il a combattus pourraient être FrankFrazetta-Conan-the-Avenger-196.jpgdes idoles d'anciens cultes. À ce titre, Hercule rappellerait Conan le barbare, de Robert E. Howard, qui affrontait des démons suscités par des sorciers, chefs de sectes.

On ne le mesure pas assez. Hercule a chassé d'anciennes dévotions de type aztèque de l'Europe méridionale, pour instaurer une religion plus civilisée, plus évoluée et tendant au fond au christianisme. Les récits qui voient des victimes humaines remplacées au dernier moment par des animaux sur l'ordre d'un dieu, ne sont pas l'apanage de la Bible; la mythologie grecque en contient plusieurs. Le christianisme ne s'est pas imposé d'un coup à des religions totalement différentes; dans le monde méditerranéen, il s'est imposé à des religions qui avaient déjà anéanti des religions différentes - et plus éloignées qu'elles du christianisme.

Le troisième point de la pièce antique qui m'a intrigué est qu'Hercule a une vision, avant sa mort, de ses épousailles mystiques avec Hébé, déesse de l'Olympe, et de sa réconciliation avec Junon. Puis il est rejeté de cette vision, ramené sur Terre par ses souffrances. Mais il apparaît plus tard en vision à ses compagnons, et il est bien là où il avait cru qu'il serait. En d'autres termes, Hercule, tel un saint chrétien, connaît une expérience mystique au sein de sa passion, et cette révélation suprasensible se passe bien comme dans la littérature mystique chrétienne. L'ancienne religion romaine a plus fondé le christianisme et en particulier le catholicisme qu'on ne le croit.

J'ajouterai à ces trois traits un qui m'a sidéré. Je connaissais bien la mythologie scandinave, et le thème de la mort ragnarok_by_nicholaskay-d69tcgg.jpgdes dieux - des Ases -, en son sein. Or, je ne connaissais rien de comparable dans l'ancienne mythologie grecque. J'avais seulement lu, dans un récit médiéval imité de l'antiquité, que les dieux immortels s'ennuyaient, dans leur ciel vide, étant en marge de la divinité authentique. Mais dans cette pièce sur la mort d'Hercule, il est parlé explicitement du Chaos à venir et de la mort des dieux, bien que le poète avoue ne pas savoir exactement comment cela se passera, ni ce qu'il y aura après - si le monde peut renaître. Il dit seulement que le Ciel doit s'écrouler sur la Terre et les dieux, périr.

Cela rappelle un peu le Jugement dernier, et la mythologie grecque avait aussi son eschatologie et son apocalypse, contrairement à ce que croient beaucoup. Il est logique de considérer que les hommes de bien allaient échapper à cette ruine finale, puisqu'ils étaient devenus immortels. Mais on ne peut rien certifier, à ce jour.

Et pour en revenir à la luxure, elle n'était pas si autorisée qu'on le pense. Lucain faisait l'éloge de Caton parce qu'il n'avait jamais fait l'amour que pour se reproduire. Plutarque blâmait ceux qui se mariaient par concupiscence, et il était prêtre d'Apollon à Delphes. En réalité, le christianisme n'a pas tout inventé; il n'a fait que prolonger des tendances préexistantes, en les réaffirmant.

28/06/2017

Littérature occitane

elbereth.jpgQuand j'étais à Montpellier (où j'ai vécu quatre ans, étudiant les lettres à l'Université Paul Valéry), l'occasion se présenta à moi de m'initier à la littérature occitane médiévale: Gérard Gouiran y donnait des cours.

J'ai sauté dessus, car je rêvais de mieux connaître la littérature médiévale en général. En effet, elle était réputée remplie de merveilleux, et je m'intéressais essentiellement à cet aspect de la littérature. J'étais à cet égard, comme à d'autres, guidé par J.R.R. Tolkien.

Mais je ne mesurais pas, alors, ce que celui-ci rejetait dans l'amour courtois, tel que la poésie en langue d'oc avait pu le développer avant de le transmettre à Dante – que, pour cette raison, Tolkien regardait avec défiance. Dans sa correspondance, ce profond catholique a explicitement rejeté le culte de la femme terrestre, le jugeant une déviance. Il n'admettait cette thématique que s'il s'agissait d'une femme cosmique, telle que l'Elbereth des Elfes, dans The Lord of the Rings: elle laisse tomber les étoiles de ses mains, et siège dans le ciel occidental. Reflet de cet être sublime, Galadriel est une haute entité, dans la terre du Milieu; immortelle et belle, elle a connu les Dieux. Mais elle ne se laisse pas adresser des poèmes d'amour charnel. Boromir, qui la désire et la craint, en est assez corrompu pour devenir la proie du Mal. C'est l'histoire des nobles qui se sont laissés enténébrer l'âme par leurs illusions du paradis terrestre à travers l'adoration des femmes incarnées - ou le ravalement des déesses à celles-ci. Ce n'est pas une forme de misogynie. Il faut l'entendre de la façon suivante: l'homme dans le corps physique de la femme ne cherche pas la femme vraie, mais son plaisir à lui. C'est simplement le refus du matérialisme et de l'égoïsme déguisé en adoration de l'autre.

De mon côté, donc, je lisais cette poésie occitane en tentant d'interpréter de façon mystique ses chants d'amour, en désincarnant leurs objets. D'ailleurs, quelques poèmes s'adressaient à la sainte Vierge, dans les mêmes termes que ceux qui s'adressaient aux dames des cours. Mais force était de constater que c'était une poésie essentiellement profane. Les odes aux saints et aux anges étaient en latin et, à ma connaissance, composées surtout par des gens du nord, français ou allemands. Elle pouvait du reste venir de femmes, comme Hildegarde de Bingen. La littérature occitane était peu mythologique.

Les récits en occitan, pas très nombreux, ne contiennent, eux-mêmes, pas beaucoup de merveilleux. La Chanson de la croisade albigeoise est une des chansons de geste qui en contiennent le moins. Flamenca, le grand roman médiéval occitan, n'en contient pas. La chanson de geste inspirée par le cycle français, dite Roland occitan, en contient un peu, mais repris simplement des chansons de geste du nord.

En revanche, cette littérature occitane avait un charme certain. La langue était raffinée et pure. Elle avait quelque chose d'arabe, d'andalou,fernand-anne-piestre-cormon-french-1845-e28093-1924-le-harem.jpg qui rappelait l'Alhambra de Grenade, la mosquée de Cordoue. On la disait d'origine arabe. Les palais des émirs, fermés au monde extérieur, créaient un paradis terrestre, où les houris n'étaient pas des fées de l'air, mais des femmes de chair. La tendance profonde de l'arabisme n'était pas de placer le paradis au ciel, et de vénérer les anges, comme le christianisme, mais de tenter de créer sur Terre le monde idéal. À cet égard, il était réellement l'héritier de l'antiquité grecque, comme on l'a dit. Il est normal, logique que les philosophes grecs aient d'abord été connus des Arabes.

Cet arabisme est au fond à distinguer du courant islamique proprement dit, qui émane de la Bible. Chacun le sait - d'ailleurs souvent pour préférer l'arabisme à l'Islam.

Mais comme l'Islam était proscrit dans l'Occitanie médiévale, il ne restait que cette tendance orientale, cette façon de créer une langue raffinée et pure - et des cours d'amour recréant le paradis terrestre. Pour le nord, avouons-le, c'était hérétique. Le nord pensait comme Tolkien! Tolkien partageait les vues de saint Thomas d'Aquin, ennemi du courant averroïste.

On racontait que l'Occitanie ancienne accueillait les Cathares et leurs légendes, et je m'attendais à distinguer des traditions mythologiques ou gnostiques, dans la poésie en langue d'oc. Mais le monde des esprits y est, en réalité, peu présent. J'ai lu un jour un récit dit de Barlaam et Josaphat, en fait l'adaptation chrétienne de la vie de Bouddha Sâkyamuni. On y trouve des démons tentateurs, sans doute, mais elle contient quand même moins de merveilleux que l'histoire canonique du Bouddha telle qu'on la trouve en Asie. On n'y trouve pas plus de merveilleux que dans les autres légendes de saints - adaptées ou non de traditions préchrétiennes.

Il y a somme toute plus de merveilleux chez Frédéric Mistral, lui aussi un catholique traditionaliste, que dans la poésie médiévale en langue d'oc. Comme si le monde raffiné peint par les poètes - avec ses femmes idéales, sa nature pure - absorbait déjà toutes les aspirations au monde des anges, et même des fées! Le mystère était seulement dans le désir, et ce qui y point.

La poésie française du vingtième siècle a beaucoup aimé cette tendance. On peut la sentir chez René Char, mais aussi chez Louis Aragon, dans son espèce d'épopée Le Fou d'Elsa, qui tente de créer une mythologie autour d'une femme terrestre. Toutefois son appartenance au surréalisme le fait parfois avoir des CX-EV-OTH19.gifimages cosmiques rappelant davantage André Breton, chez qui l'aspiration au mythe nouveau était patente. Je reparlerai, à l'occasion, de Louis Aragon.

J'aimais lire la poésie occitane, m'en gorger, et me promener ensuite dans la campagne montpelliéraine, cherchant comme Philippe Jaccottet à saisir l'âme des éléments, l'espèce d'éclat insaisissable qui luit entre les choses. Mais j'aspirais, tout de même, à ce que, dans cette lumière, apparaissent des fées, des dieux, des anges, des figures! Malgré mon mysticisme spontané, je conservais mon besoin de mythologie.

Il en est sorti mon premier recueil de vers, La Nef de la première étoile. J'y faisais, des femmes belles que je croisais, souvent étudiantes, des houris au sens propre, donnant aux esprits de l'air leur visage - persuadé, comme je le suis toujours, que le corps des femmes est ce qui reflète le mieux sur terre la grâce céleste!

À ce titre, je veux bien être un peu moins âpre que Tolkien. Mais cette beauté pure n'est que de passage, il faut l'avouer. Et - il faut l'avouer aussi - il est un don de la nature dont individuellement on ne se rend pas toujours digne. Le modèle immortel en est bien au-delà de la matière, et l'illusion d'un certain matérialisme mystique est bien à rejeter.

23/04/2017

Longfellow et l'Amérique profonde

Henry-Wadsworth-Longfellow.jpgIl y a déjà de nombreuses années, j'ai acheté un recueil de Selected Poems du poète américain Henry Wadsworth Longfellow (1807-1882). J'avais lu, en traduction, sa Song of Hiawatha, et je voulais la relire en anglais, tellement je l'avais aimée. Il s'agit d'un poème mythologique inspiré par des légendes amérindiennes sur le fond et du Kalevala, poème mythologique finnois, sur la forme. Il est resté très populaire, et c'est sans doute l'un des textes les plus mythologiques qui aient été écrits en Amérique - l'équivalent anglais du Popol-Vuh, texte sacré des Mayas, écrit en espagnol.

Les vents, les saisons et les astres y sont des personnes. Hiawatha est le fils d'une nymphe de la Lune à laquelle s'est uni le vent de l'Ouest. Il affronte d'abord un magicien qui, depuis ses marais gardés par des serpents énormes, envoie sur les hommes des maladies affreuses; il est invulnérable, mais le pivert lui révèle le moyen de le tuer. Il se fait des amis étonnants, l'un étant d'une force herculéenne qu'il contrôle mal – hiawatha.jpgcomme le Kullervo du Kalevala. Il rencontre des fantômes, mais aussi les esprits des maladies, qui viennent dans son wigwam et tuent sa femme. À la fin, après avoir accueilli avec bienveillances les Visages Pâles, il s'en va vers l'ouest au soleil couchant, son canoë se mêlant à la lumière d'or qui se reflète sur le lac et y trace une route, et disparaissant en dernière instance dans la pourpre céleste. Cela aussi est pris sans doute du Kalevala, et de la fin de Waïnamoïnen. Mais cela n'en est pas moins magnifique.

Un épisode raconté par un personnage évoque un voyage sur l'étoile du soir, Vénus. Un certain Osseo, fils de cette étoile, est hissé par son père jusqu'à lui, amid celestial splendours. On en sait peu, sur ce monde, sinon que tout y est plus brillant, plus jeune, plus beau.

La Terre et le Ciel sont en lien constant. La mythologie fondamentale de tous les peuples est présentée avec simplicité, comme un jeu, mais elle l'est aussi avec fidélité.

Peut-être qu'au fond la science-fiction américaine n'a rien fait d'autre que d'essayer de justifier avec la science européenne ces légendes indiennes, même inconsciemment. Elles établissaient déjà des ponts entre les sphères; la littérature américaine les a occidentalisés, mais est restée dans une tradition qui la précédait sur son sol même! Est-ce un mystère de la persistance de l'âme précolombienne?

Cependant, le recueil de Longfellow - lu récemment en entier parce que je devais me rendre en Amérique et que je voulais me laisser baigner par sa culture propre - contenait d'autres poèmes, à l'inspiration plus lourde, moins bondissante, mais tout de même intéressante, car personnifiant souvent le soleil et la mer, d'une part, fondé sur la morale chrétienne et évoquant le monde des anges, d'autre part. Par ailleurs, quelques pièces célèbres en Amérique s'y trouvent, considérées comme fondatrices notamment parce qu'elles contiennent des références incontournables pour l'histoire de la colonisation américaine - des repères qui localement parlent.

À cet égard, l'œuvre la plus connue est Evangeline - et j'ai été surpris qu'elle ne soit pas plus connue en France, car cette nouvelle en vers se passe dans une communauté française d'Acadie, avec l'atmosphère av.jpgcatholique et normande propre à cette province, telle qu'elle fut. À vrai dire, le récit est fameux au Québec, ce qui se comprend assez. Il y a été adapté, notamment par Pamphile Le May.

Il raconte que l'heureuse colonie d'Acadie (semblable à l'Arcadie) a été dispersée par les Anglais (qui voulaient sans doute éviter que demeurassent en Amérique des noyaux durs français et catholiques). Evangeline, jeune fille belle et douce, est fiancée avec le fils du maréchal-ferrant, mais lors de la déportation ils seront placés dans des bateaux différents, et se perdront de vue.

Elle le cherche partout et c'est l'occasion, pour Longfellow, de faire visiter les colonies du temps, notamment la Louisiane, où le père du fiancé s'est installé, répandant des vaches dans des prairies ravissantes et nues, faisant librement fructifier sa force de travail, ce qui est typique de l'Amérique et de sa mentalité - qui regarde l'enrichissement comme toujours possible à celui qui veut s'en donner la peine. Mais le jeune homme est parti et, sous les étoiles, face aux innombrables mouches de feu (lucioles) qui recouvrent la prairie, Evangeline prie Dieu de pouvoir le retrouver.

Elle le poursuit, le manque de peu, les anges leur jouant des tours pour accomplir des desseins impénétrables, et finalement s'installe dans une ville de Quakers non nommée mais apparemment connue (peut-être en Pennsylvanie), où elle devient nonne au service des pauvres et des malades.

Plusieurs années plus tard, maintenant âgée, elle retrouve son fiancé à l'article de la mort, pris d'une peste, lit-de-mort.JPGet elle meurt à sa suite: ils sont enterrés ensemble!

C'est sentimental, et on l'a reproché à Longfellow. Mais cela résonne de façon tellement proche du cinéma classique américain! Soudain on en distingue l'origine. Gone With The Wind doit certainement quelque chose à cette tradition.

Un autre récit en vers se passe dans le milieu des puritains amenés par le Mayflower et regardés comme la source des États-Unis d'Amérique. Longfellow restitue leur psychologie rigide, mais montre que la nature en eux s'est imposée aussi; et que ce fut pour le bien de l'amour et de la famille! Il les montre braves, en outre, notamment contre les Indiens, peints ici comme perfides. Et, finalement, il les dévoile joyeux et aimant la vie, pleins d'espoir en l'avenir.

Un recueil des plus instructifs, pour comprendre l'Amérique anglophone de l'intérieur.