15/09/2015

Momulk et le bûcher funéraire

Dans le dernier épisode de cette curieuse série, nous avons laissé nos héros, Momulk et l'Elfe Jaune, alors que trois nymphes de Vouan étaient SB-pyre.jpgparties chercher Fomal - qu'on avait attaché à un arbre parce qu'il était trop difficile à transporter -, et que les autres revenaient de la forêt où elles s'étaient cachées.

Lorsque toutes les Immortelles sauf ces trois furent de retour, Amariel fit placer sur un bûcher les corps rassemblés des victimes de l'Homme Cornu, et elle leva les mains vers les astres - et les yeux aussi, et éleva la voix. Elle entonnait une prière pour que ses mots portassent les âmes de ses sœurs vers le Ciel, où elles avaient vécu: c'était leur patrie vraie, dont elles étaient jadis descendues pour se revêtir d'un corps fait de matière terrestre. Et elle dit:

Montez, montez, âmes de mes servantes!
Que le feu pur de l'amour en vos cœurs
Vous porte haut vers les lueurs brillantes
Dont les rayons vos faces frémissantes
Vont caressant pour en sécher les pleurs;
Et que des mains vous attirent tremblantes
Vers des des pays où luiront cent bonheurs
Se succédant au son de vos clameurs.

Ne jetez point les yeux en bas des pentes
Où vous grimpez parmi mille rumeurs
Pour accéder aux montagnes luisantes
Dont les sommets des maisons étonnantes
Vont dévoilant aux mortels pleins de peurs;
Et que vos pieds vers les éblouissantes
Mers d'or qui vont balançant leurs fureurs
Aux plus hauts cieux, vous mènent sans sueurs.

Loin de ce monde et des hordes rampantes,
Détournez-vous de vos anciens malheurs,
Et conservez le regard vers ces tentes
Qui vont dressant leurs toiles scintillantes
Pour abriter nos immortels Seigneurs.
Ne pensez plus, dans vos envolées lentes,
À mon royaume, à moi, ni à vos sœurs
- Mais découvrez vos vrais libérateurs.

Telles sont les paroles qu'elle chanta, rendues en notre langue; car elle usait de la sienne, mille fois plus belle, et celle des mortels ne peut rendre qu'à peine ce qui alors s'éleva de sa bouche.

Or faut-il savoir que les fées de Vouan ne portent qu'un corps léger – épousant délicatement les plis de leur âme, à la façon d'un vêtement. Il échappe, ainsi, aux démons qui habitent la Terre - et 323_nymphes.jpgen particulier au plus âpre et au plus grand de tous, le terrible Mardon - qui souille depuis l'aube des temps tout ce qui croît ici-bas, et à cause de qui les hommes ont perdu leur antique immortalité; car, par ses mensonges, il a ouvert une porte qui lui a permis de se glisser dans le corps des mortels, et de créer un écart entre lui et l'âme: il a distendu le lien entre l'essence et l'apparence, et s'est emparé, par le biais de ses gens, du corps terrestre.

Mais les Immortels ont su conserver leur corps intact de son emprise, et ils viennent de la Terre telle qu'elle était avant qu'il n'y intervienne. (Si on dit qu'ils viennent du Ciel, c'est parce que la partie de la Terre qu'il n'a pas pu toucher a été celle dont les astres ont été faits - aussi étrange cela puisse-t-il paraître. À l'origine en effet tous les corps cosmiques étaient mêlés, ne faisaient qu'un.)

L'Elfe Jaune comprenait bien ces choses, car à lui-même, un nouveau corps avait été donné, à l'issue de ses épreuves initiatiques; et il épousait idéalement les plis de son âme, était à l'image de ce qu'il avait 6091967a2b3e70cb6f1fcbb9b48563f4.jpgen lui. Ayant été formé au Ciel et tissé dans l'éther, épaissi par sa descente sur Terre, il demeurait à l'abri du Mal. Il était incorruptible. Mais il n'en était pas moins matériel et visible, palpable.

Le premier, Captain Savoy avait vécu cette transformation, et l'Elfe Jaune le second - étant son premier disciple. C'est là un des mystères de la véritable nature des Treize. Ils étaient devenus les congénères des Immortels et pouvaient les fréquenter, quoiqu'ayant reçu une mission terrestre ils ne pouvaient converser qu'avec ceux qui étaient sur Terre. (Seul Captain Savoy avait été autorisé, à titre exceptionnel, à rendre visite régulièrement au roi Ordolün de la forteresse lunaire, où il avait pris femme.)

Le feu du bûcher ne fit que caresser les corps des demoiselles; il les effleura, et elles furent libérées, et l'on vit s'échapper, du brasier, des étincelles qui, au lieu de redescendre, s'élevèrent dans les étoiles, portées par la voix, le regard, les mains d'Amariel. Et elle tenait un sceptre, bâton de coudrier revêtu d'or, et une lumière jaune en sortait, notamment du topaze qui sertissait l'extrémité supérieure. Et cette lumière poussait les étincelles vers les hauteurs - car certaines avaient du mal, apparemment, à s'élever très haut; et l'Elfe Jaune crut voir des ombres regarder avec tristesse vers la Terre et vers Amariel même, comme si elles ne voulaient point renoncer à ce séjour qu'elles aimaient. Mais Amariel continuait à œuvrer, et sa puissance à les soutenir. Et dans un soupir, ces groupes d'étincelles dessinant comme des corps, ou du moins des parties supérieures de corps, et y ajoutant des ailes, s'élancèrent à la fin vers le ciel, et s'y perdirent, se mêlant aux étoiles. Celles-ci prirent un éclat nouveau, comme si elles accueillaient ces filles avec joie - et de fait, elles furent accueillies dans le palais de Dordïn, et Alar sourit en les voyant, selon ce que les sages ont rapporté.

Mais il est temps de laisser pour cette fois ce récit, et d'annoncer pour une prochaine fois la révélation de ce qui s'était passé lorsque Fomal l'Homme-Taureau avait été délivré.

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05/07/2015

Momulk et la rédemption des fées

11114173_1601196473497832_2972720672029428328_n.jpgDans le dernier épisode de cette étonnante série, nous avons raconté comment, après avoir vaincu et enchaîné Fomal, nos héros – l'Elfe Jaune, Momulk, Amariel – sont revenus auprès de l'Arbre Saint, et ont vu sortir de la forêt des demoiselles éplorées à l'appel de leur Dame.

Quand Amariel vit ses demoiselles ainsi désespérées, elle les tança d'une voix bienveillante: Venez donc, ô mes filles, dit-elle. Maintenant que Fomal est enchaîné, vous n'avez plus rien à craindre. N'eûtes-vous pas foi en mon appel, lorsque vous ordonnâtes à la forêt de vous laisser passer - après avoir commandé aux arbres de former une barrière infranchissable même pour le géant aux cornes d'or? Car c'est ce que vous fîtes, assurément, les charmes que je vous enseignai le permettant. Et en disant ces mots Amariel regardait l'Elfe Jaune du coin de l'œil, ou jetait les yeux brièvement vers lui, comme si elle avait parlé aussi pour qu'il comprenne ce qui s'était produit. Et une clarté s'alluma fugacement dans les yeux de Momulk - car il l'écoutait aussi. La reine de Vouan reprit: N'ayez pas peur, mes chéries; les deux héros que vous voyez là sont mes amis. Même le géant vert à l'horrible apparence a le cœur adouci par mes paroles, mes mains posées sur son visage, la lumière émanant du mien: ne reflète-t-il pas les étoiles et la maison des dieux? Il en contient l'éclat, en vérité.

Et Momulk la regarda, l'air étonné; et l'Elfe médita ces paroles, et il vit effectivement une gloire ceindre la face d'Amariel, et des éclairs passer sur son front. Il comprit qu'elle avait en elle le chant d'un être céleste, et qu'elle n'était pas sur Terre seulement pour prendre soin de l'arbre saint des monts.

Lors les jeunes filles s'approchèrent, les yeux baissés, et l'une d'elles, Aselmïn la blonde, fille d'Isilcar et d'Orlontë, leva la tête et demanda ce qu'elles pouvaient faire pour se racheter. Amariel répondit: Il faudra me raconter ce qui s'est passé, mais auparavant, il faut que vous couriez auprès de la porte de Mïngel, où Fomal nous a vainement attaqués, et où nous l'avons laissé sans connaissance. Car avant de partir vite auprès de l'Arbre Etolün pour guérir Etamil blessée et savoir ce qu'il était advenu de vous, à peine avons-nous songé à le lier de cordes que nous possédions, et à l'attacher à un puissant arbre, un sapin séculaire: il était trop lourd, et nous étions trop pressés pour le prendre avec nous, et nous l'avons pensé trop faible et abattu pour qu'il rompe ces liens, et même pour qu'il s'éveille avant que nous parvenions à vous, puis que vous le retrouviez. Nous l'avons traîné quelques mètres en pensant que nous pourrions l'emporter nous-mêmes, mais nous avons dû rapidement y renoncer. Or est-il temps: il faut faire vite. Vous nous narrerez à votre retour les tristes événements qui l'ont vu se délivrer de sa cage. En attendant nous allons voir si nous trouvons d'autres des nôtres ici ou là. Promptement ramenez le géant cornu, par ma foi!

Alors, elles s'empressèrent - heureuses, en vérité, de laisser derrière l'ombre de leurs peines, le souvenir du sang versé et des douleurs atroces infligées à leurs sœurs, pour faire place à l'action. Et elles se saisirent de leurs armes, éparses sur le gazon, abandonnées dans la fuite, et à quatorze coururent vers le lieu qui leur avait été indiqué. Elles trouvèrent Fomal toujours inconscient, et le ramenèrent comme on le leur avait ordonné.

Durant ce temps, Amariel envoya chercher les demoiselles égarées qui avaient fui, et elles revinrent toutes, au nombre de cent trente-trois; seules quelques-unes, qui avaient fui plus loin, demeurèrent introuvables. Certaines, disait-on, s'étaient rendues parmi les mortels - prenant leur apparence, et se mêlant à eux. Et trois ne revinrent jamais, et ne furent point revues. Les sages ont pensé qu'elles avaient épousé des hommes à la vie brève, étaient devenues pareilles à eux, et qu'elles fondèrent avec eux des familles; mais on a aussi affirmé que l'une d'entre elles au moins était devenue religieuse, dans insect_monster_by_lenuk-d5h9y4k.jpgun couvent. Et certains doutèrent de ces dires et assurèrent qu'elles avaient dû périr sous les coups des alliés secrets de Fomal, des ombres maléfiques de l'épaisse forêt - des créatures infectes qui d'habitude par peur se cachent des Immortelles, mais qui avaient pu s'armer de courage, en les voyant seules. Et de fait, d'aucunes furent attaquées par quatre d'entre ces monstres, et eurent les plus grandes peines du monde à les repousser. Ils avaient des tentacules à la place des bras, et leurs doigts étaient des dents, leurs mains des mâchoires. Leurs jambes étaient semblables à celles d'énormes insectes, et leur vue seule abattrait les âmes fragiles, si elles se révélaient au monde périssable: elles bondiraient hors du corps de chair, et le cœur cesserait de battre, tant elles inspireraient d'épouvante! Mais les fées de Vouan ne connaissaient pas ce sentiment, ayant vécu avec ces monstres dans d'autres cercles planétaires. Et lorsqu'elles eurent jeté leurs flèches sifflantes, ils s'enfuirent, car ils haïssent l'argent dont elles font leurs pointes, et aussi le bois d'aulne vert dont elles sont faites: étant bénies par Amariel, elles portent des vertus qui leur sont d'horribles poisons, qui les brûlent et les consument de l'intérieur d'une façon atroce.

Mais il est temps de laisser cet épisode, qui comporte maintes explications étranges; et de donner rendez-vous au lecteur pour une autre fois, qui verra s'élever un grand bûcher funéraire, au sein duquel des merveilles se feront voir à nos héros Momulk et l'Elfe Jaune.

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16/04/2015

Momulk et la dévastation de Fomal

the_death_of_jarella_by_caveatscoti-d4amfgx.jpgDans le dernier épisode de cette incroyable série, nous avons assisté à la colère de Momulk et de l'Elfe Jaune déclenchée par le meurtre, par Fomal l'homme-taureau, de la belle Basiclës, guerrière parmi les fées de Vouan. À la fin de cet épisode, l'Elfe Jaune avouait avoir tant admiré sa beauté qu'il en était presque tombé amoureux: d'où sa douleur.

À ces paroles, Amariel ne répondit rien. Mais elle annonça que le monstre aux longues cornes serait ligoté, et qu’on l’emporterait sous l’arbre de Vie, où une nouvelle prison lui serait donnée; et qu'elle avait hâte de savoir comment il s’était délivré de la dernière, et ce qu’il était advenu des guerrières qui devaient le surveiller.

On se dirigea donc vers le centre du royaume des fées, en emportant aussi le corps de Basiclës, et en soutenant Étamil et en la plaçant sur un brancard, tissé de branches et de feuilles. Momulk voulut porter le corps de Basiclës - quoiqu’il l’exprimât en peu de mots seulement. Mais il apprenait progressivement à parler; il réveillait en lui le langage articulé - et la pensée consciente! Il lui fut accordé de porter la malheureuse nymphe.

Quoique l’Elfe Jaune fût également blessé, il ne voulut pas qu’on l’aidât; au contraire il tint à porter le lit de branches de la belle Étamil. Il se tenait à l'arrière; et devant était une autre noble guerrière enchantée, la rapide Silistiel. Elle avait été une amie proche de Basiclës, et était aussi l'amie intime d'Etamil.

Ainsi revint-on jusqu’au pied de l’arbre sacré, où se trouvaient les loges des demoiselles, et d’Amariel même: car elles se les étaient bâties par les seules forces végétales; nul pierre n’y avait servi, et même nulle branche, nul tronc n’avaient à cette fin été tranchés: d'elles-mêmes les branches s’étaient étirées, allongées et nouées, lorsqu'Amariel les en supplia, créant des abris, et un véritable immeuble végétal. Car elle avait ce pouvoir, d’éveiller l'âme des arbres et des plantes. À son toucher, ces êtres liés au sol sentaient naître en eux une conscience, comme si le dieu qui les animait depuis les astres se glissait dans leurs feuillages. Et lorsqu'en la profondeur de leur sommeil Amariel les appelait, les invoquait, de fait, cela ressemblait à une prière: c'est aussi au dieu qui présidait à leur croissance qu'elle s'adressait; sans lui, elle le savait, rien n'était possible.

Or, les loges n'étaient point de velours, ni serties de fils d'or et d'argent, ou de pierreries: une mousse parsemée de fleurs et de fruits luisants leur tenait lieu de tapisseries, et leurs motifs n'avaient rien de d1bed0d74c391a4947a84fcb9782b5c6-djomcb.jpghasardeux: avec la conscience les arbres développaient la faculté d'œuvrer à la façon de bêtes, et de créer des formes régulières. Placés directement sous l'influence des astres, leurs ornements, au sein des loges carrées, imitaient leurs figures; et naturellement, selon l'époque de l'année, elles changeaient. Mais toujours se trouvaient restitués les êtres que les étoiles représentent dans le ciel, et ainsi leurs actions étaient-elles continuellement présentes sous les yeux des fées, qui en tiraient une grande instruction. On eût pu dire que les baies rouges, violettes, blanches, en particulier, étaient de petites étoiles forgées à partir des grandes, des morceaux de ces êtres brillants - car jusque dans la nuit elles jetaient des feux, comme si elles disposaient effectivement de leur éclat. En vérité, cet éclat venait des planètes, des étoiles mobiles; dans le jardin d'Amariel, les plantes avaient spontanément la faculté de capter leurs rayons jusqu'au point de pouvoir luire. Ce qui était plus extraordinaire était qu'entre eux ces reflets des étoiles mobiles dessinaient les figures des étoiles fixes, comme si, au-delà du quatrième ciel - qui est celui du soleil -, les cieux se mêlaient, s'accordaient, se fondaient – si grande était l'harmonie du jardin!

Cependant, l’Elfe Jaune ne vit dans toutes ces formes et ces lumières, ces couleurs, qu'un tableau somptueux, à l'ordre mystérieux mais sensible, et il se crut au milieu d'une cité en fête, traversée de guirlandes, de bouquets de fleurs, de corbeilles de fruits, de feux colorés, telle qu'on en trouve à Noël, quand les hommes d'Occident choisissent de célébrer avec faste la naissance de Notre Sauveur; et en Asie, en vérité, les cités ont fréquemment cet air de fête, et aussi les temples. Mais l'Elfe de toute façon n'eut guère le loisir d'admirer cette beauté née de l'ordre végétal même; car un air de tristesse et de malheur pesait sur le lieu, et du sang était répandu sur l'herbe vert émeraude, et coulait des loges enchantées. Autour de l'arbre, il vit une horreur qui manqua de lui briser le cœur: plusieurs demoiselles fées gisaient sans vie, tuées par le monstre cornu. Certaines avaient des membres coupés, et leurs traits étaient déformés par la souffrance. Et en dehors de cela, nul bruit, nulle rumeur, nulle voix ne se faisaient entendre: les autres demoiselles avaient sans doute pris la fuite.

Amariel n'eut pas d'autre pensée, en tout cas, lorsqu'elle se tourna vers la montagne du nord, recouverte de forêts, et se mit, pour les appeler, à chanter de sa voix claire et pure; et le langage qu'elle utilisait était celui des immortels, qui n'était que mal connu encore de l'Elfe Jaune, et pas du tout de Momulk; mais l'enchaînement de ses consonnes et voyelles créait en eux une lumière intense, et des images enfouies, comme resurgies du fond de la mémoire, ou de rêves à jamais oubliés. Le charme en était si puissant que quelque chose semblait s'ouvrir, à son écoute, dans la nappe de lumière du monde manifesté - et des créatures étranges paraissaient se mouvoir dans les profondeurs de cette faille cosmique, à la fois grandioses et effrayantes. L'Elfe Jaune reconnut en elles des divinités, semblables à images.jpgcelles qui l'avaient investi de sa puissance occulte - qui l'avaient rendu pareil aux immortels; mais de les sentir si proche l'émerveilla. Quant à Momulk, il ouvrit des yeux effarés, et demeura muet, coi, stupéfait, immobile; un monde paraissait naître dans son regard! Ses traits de nouveau s'adoucirent.

Au loin, sur la montagne, la forêt trembla, oscilla, les arbres se murent. Et au pied, là où commençaient les prés, l'Elfe Jaune vit apparaître les demoiselles, en pleurs, hésitantes. Mais elles reconnaissaient la voix de leur maîtresse, et saisissaient le sens de ses paroles rassurantes. Aussi vinrent-elles, et voici! leurs pleurs redoublèrent, et leurs gémissements, et elles se frappaient la poitrine, et leurs cheveux étaient en grand désordre; certaines se les arrachaient, de honte et de désespoir.

Mais il est temps de laisser pour cette fois ce récit.

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