18/09/2011

La blessure de Momulk

P1010788.JPGLorsque Momulk eut reçu le coup terrible asséné à lui par le noble Captain Savoy, il vacilla: il souffrait; sa blessure était profonde. Et pendant qu'il demeurait immobile et coi, comme pétrifié par la douleur, voici! Captain Savoy le fixa des yeux, l'air implacable, nimbé de foudres: son œil même était devenu un astre. Sa colère était palpable; elle faisait un panache de feu au-dessus de sa tête. Un esprit flamboyant s'y tenait, et on le distinguait, si on était suffisamment attentif; son apparence était propre à terrifier les plus aguerris aux choses terribles, à abattre les cœurs les plus ardents; son aspect était indicible.

Des cornes pareilles à des flammes, il faut le savoir, se tenaient sur son front, et se liaient par des fils lumineux à la tête de Captain Savoy même; mais leur pointe s'élançait vers le ciel et s'y fondait, tant elle était fine et pure, longue et nette. Ces cornes semblaient, de fait, puiser leur force, qui était vibrante et parcourue d'éclairs, dans une nappe ardente des hauteurs, se tenant parmi les astres, qui paraissaient à présent se tenir tout près, et dont l'éclat était rendu comme diffus. Effroyable vision, que cet être avec ses cornes qui remplissait, apparemment, une grande partie de l'espace de l'air! Car le noyau brillant des étoiles semblait orner la pointe de ces cornes: deux, en particulier, mais il m'est trop difficile de dire lesquelles; cela m'est comme interdit.

Par ce biais, quoi qu'il en soit, Captain Savoy était lié au cosmos: pourquoi le cacher? Il tirait sa force des étoiles mêmes. Leurs rayons descendaient maurice-fleche-stGerm17.jpgjusqu'à ses bras, et se concentraient dans sa lance, ainsi que dans son anneau, éblouissant à son doigt!

Mais à ce moment, alors qu'il fixait de ses yeux l'être monstrueux qu'il venait de frapper, il demeura lui aussi immobile, attendant de voir de quelle façon Momulk allait réagir.

Or, celui-ci regarda lentement son épaule, qui saignait; et il prit un étrange air surpris, il semblait étonné de voir son sang, de constater, de découvrir qu'il en avait, et qu'il pouvait couler! Cela parut lui rappeler quelque chose: son œil brièvement s'adoucit, et s'alluma d'un feu nouveau, plus doux que l'ancien; une vague lueur, surgie du passé, lui rendit soudain un semblant d'humanité. Sous la surface verte de l'épais cuir de Momulk, l'âme de Mirhé Maumot revenait, et se distinguait dans son regard! Mais soudain, à son cerveau obscur, la douleur vint, et fit comme une flamme; et alors, la rage, de nouveau, s'empara de lui, inonda tous ses membres. Il tourna la tête vers le héros de Savoie, et, d'un coup, enfonça ses doigts d'airain dans le sol, pour soulever le pan de terre sur lequel son ennemi était sis, avait posé les pieds, et, brusquement, mû par une puissance incroyable, il envoya cette terre dans les airs, afin de faire choir le héros immortel! Alors celui-ci, sans pousser un cri, vacilla, et sembla s'affaisser. Momulk se jeta sur lui, mais, sachez-le, ses bras n'étreignirent que du vide: le héros avait disparu! Il s'était créé, par son anneau magique reçu des dieux et de l'être angélique et divin que les hommes appelèrent, étrangement, saint Maurice, mais qui a bien d'autres noms, une aile de lumière qui l'avait fait bondir plus vite que l'éclair, et, soutenu par cette aile, il était à présent suspendu dans l'air, prêt à frapper, mais toujours imperturbable, et incarnant le seul devoir: car il lui fallait à présent arrêter le monstre et essayer de le circonscrire - si possible sans le tuer, sans le détruire, et cela, fût-ce au péril de sa vie! De quelle façon il frappa et ce qu'il en advint, c'est ce que je m'efforcerai de dire une fois prochaine, si Dieu le veut.

18/07/2011

Momulk contre Captain Savoy

crop.jpgOr donc, lors du dernier épisode des aventures fabuleuses de Momulk, j'ai dit qu'un formidable combat s'était engagé entre celui-ci et le sublime Captain Savoy. Il commença par un coup de lance: celui que le héros à l'émeraude éclatante assena sur le dos du monstre, au moment où il s'apprêtait à faire du mal à un pauvre enfant qui n'avait jamais fait que s'amuser de Mirhé Maumot, l'alter ego de Momulk, quand il lui paraissait qu'il était ridicule. Le colosse à la peau verte se retourna, et dès qu'il vit le héros - luisant, superbe, flottant dans les airs -, il rugit et s'élança brutalement sur lui, pour lui donner le plus terrible coup qu'un être vivant pût donner. Captain Savoy s'attendait à une telle attaque. Il pensait qu'elle serait vive. Mais il ne croyait pas qu'elle fût aussi rapide, qu'il y eût, dans les forces infraterrestres qui nourrissaient les muscles du monstre, autant de vigueur; car il naviguait, en vérité, dans les hauteurs lumineuses de la Grâce, au sein desquelles souvent on oublie la puissance de la Terre, bercé qu'on est par les flots de couleurs qui circulent en ondoyant dans l'éther cosmique: on se laisse aisément griser.

Il ne put, par conséquent, éviter ce terrible coup, et fut envoyé au travers du mur du bâtiment, le brisant une seconde fois: car, pour y entrer, il avait déjà dû y ouvrir une brèche, mais délicatement, de sa lance à la pointe brillante, pareille à une braise: il n'eût pas eu le temps d'intervenir, s'il était passé par la porte!

Cette fois, cependant, la brèche n'eut rien de délicatement tracé: il la brisa de son corps et de ses bras d'acier, propulsé par le monstre, et tout le bâtiment trembla. De plusieurs lieues à la ronde, on entendit le bruit comme d'une explosion, et comme Captain Savoy était flamboyant et rutilant, comme ses coups de lance eux-mêmes se confondaient avec des éclairs, beaucoup d'hommes crurent à une explosion ordinaire, à un accident survenu dans le centre de recherche atomique, et ne surent jamais ce qu'il en avait réellement été, que des êtres pensants, sentants et voulants s'étaient affrontés, dans ce déluge de feu!

Michel.jpgMomulk n'en avait néanmoins pas encore fini, avec Captain Savoy: par la même brèche créée dans le mur, mais en l'agrandissant à son passage, il bondit à la suite du héros, afin de l'achever. Déjà Captain Savoy se relevait, essuyant de sa manche gantée la salive qui avait jailli de sa bouche sous le coup de massue qu'il venait de recevoir, et il guettait l'arrivée du monstre, prévoyant qu'il ne s'arrêterait pas de sitôt, et que, dans ses ténèbres, il n'aurait de cesse qu'il ne l'eût réduit en poudre, anéanti. Alors, vif comme la lumière même, Captain Savoy, serrant les dents et bandant ses muscles, brandit sa lance, et en donna un tel coup à son ennemi qu'il lui transperça l'épaule, et qu'un jaillissement d'éclairs, ceint d'une nuée d'étincelles, survint, créant un souffle qui balaya plusieurs maisons proches et souleva plusieurs voitures automobiles qui passaient sur la route également proche. La terre trembla légèrement, et la terreur s'empara des hommes mortels.

Ce qu'il advint ensuite sera rapporté dans un épisode ultérieur des aventures fabuleuses du terrible Momulk.

04/06/2011

La destinée de Momulk

world-war-hulk-most-powerful-superhero.jpgNous avons laissé, dans le dernier épisode des aventures de Momulk, le monstre face à un élève pour lequel Mirhé Maumot éprouvait de l'antipathie et qui, par conséquent, était dans le plus grand péril qu'on pût concevoir. Car spontanément, dans sa nature devenue immonde, Momulk éprouvait désormais, hélas! le désir de réduire en miettes ce pauvre enfant entre ses mains énormes - d'en faire une bouillie affreuse, à présent que tout éclat, au sein de sa conscience, s'était éteint: le mal l'habitait tout entier.

Toute proportion gardée, cela n'est pas sans rapport avec ce qui agita le crâne de Jean Valjean, lorsque ce héros de Victor Hugo posa son pied de géant sur la pièce brillante de ce petit Savoyard qu'il spolia de la manière la plus méchante. Mais l'issue, orientée vers le salut du forçat, sera-t-elle la même, en ce qui concerne l'atroce Momulk, c'est à présent ce que nous devons scruter. Et pour cela, il nous faut continuer à explorer les marais d'abîme dans lequel désormais rampait l'esprit de Momulk, en même temps que nous rapportons ses actions.

Car, n'écoutant que ses impulsions les plus bestiales, il commença par avancer d'un pas, en tendant ses mains monstrueuses, effroyables, difformes, vers sa proie. Alors, le pauvre élève (qui se nommait, de son prénom, Oscar) sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et, dans les yeux rouges et flamboyants, pareils à la braise, de Momulk, il vit sa mort arriver: Mar-Vell.jpget voici! elle était ceinte d'épouvantables flammes. Il voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Comme si le temps s'était figé, il voyait arriver avec une infinie lenteur, vers lui, le monstre horrible. Déjà celui-ci allait le toucher quand, soudain, il sentit, dans son dos, comme une intense piqûre: il rugit, à la fois surpris et saisi de douleur, et se retourna brusquement: devant lui, debout sur sa planche de lumière, suspendu au-dessus du sol, éclatant, semblant faiblement osciller - comme s'il était sur un lac, dans une barque -, se tenait, prêt au combat, Captain Savoy!

La piqûre que le monstre avait sentie avait été produite par la lance du héros, du chevalier du ciel à l'armure éclatante. Car je dois dire que, depuis l'époque évoquée dans le cycle de ses aventures, il avait modifié son costume, y ajoutant des parties renforcées, pour mieux affronter les moyens d'armement modernes de ses ennemis; et désormais, il portait une armure aux teintes diverses, et elle luisait, reflétant la lueur constante de sa pierre verte, de l'émeraude qu'il portait à son collier. A la fois fort et léger, Captain Savoy, dont le visage et la posture demeuraient impassibles, aussi sereins et inexorables que la Justice même, avait quelque chose de clair, comme si ses longs cheveux, qui flottaient dans les airs, contenaient la clarté des étoiles - et ses yeux aussi, qui brillaient d'un éclat fabuleux, et une sorte de lumière était répandue sur lui, comme s'il eût été un ange. Cependantgeorges 2.jpg, ses membres étaient solides comme le roc, voire davantage encore.

Momulk rugit une seconde fois, et un combat formidable s'engagea. Car il est inutile de redire comment Captain Savoy avait pu être au courant qu'un drame effroyable se dessinait: il avait le don de Seconde Vue, il lisait dans l'avenir, et un esprit divin lui montrait le Chemin; il voyait, dans le regard d'un ange ou dans l'éclat de son aile, les événements avant qu'ils n'advinssent: nous en avons parlé ailleurs.

Mais comment se passa ce terrible combat, et s'il resta ensuite quelque chose des bâtiments du Centre d'étude et de recherche nucléaires appelé vulgairement CERN (car on se doute qu'une telle puissance libérée par une telle bataille ne put pas laisser tout intact, autour des combattants), c'est ce dont nous parlerons la prochaine fois.