29/02/2016

Pouvoirs des saints: merveilleux et science-fiction

27996290.jpgDans son Histoire d'une âme, Thérèse Martin (1873-1897) - appelée autrement sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus - raconte comment, selon elle, elle parvenait à deviner les pensées des autres: elles lui étaient livrées par l'intermédiaire de Dieu, non directement. Car elle avait ce don, pensait-elle, mais dans ses écrits elle le justifiait canoniquement, selon la doctrine admise: Dieu seul fait les miracles; sinon ils viennent du diable. Elle devinait les pensées, dit-elle, quand c'était pour le bien de tous.

En principe l'âme se lie à un corps et ne déborde pas sur celui d'un autre: les pensées de cet autre restent donc inaccessibles. Mais Rudolf Steiner (1861-1925) était de ceux qui pensaient qu'en cas de constitution inhabituelle, anormale, des facultés particulières pouvaient se développer. Les mystiques, en réprimant leurs pulsions intimes, s'efforçaient autrefois de gagner le monde spirituel; mais c'était dangereux pour leur santé, et leurs facultés se développaient souvent au détriment de celle-ci. Le fait est que Thérèse Martin est morte très jeune, mais je ne peux dire si cela a un rapport.

La doctrine de l'Église, en un certain sens, avait quelque chose de sain. Elle établissait l'image d'un ange qui transportait les pensées d'une âme à l'autre pour effectuer des miracles utiles et approuvés de la divinité, à la suite de prières expresses de saints. Dès lors, il n'y avait plus de déréglement particulier, ni de dons de la nature: cela restait une exception, et un événement mythologique, passant par la volonté divine. On passait consciemment par les anges et dans un but forcément louable, non pour acquérir personnellement des biens, satisfaire des sentiments égoïstes.

Je me souviens que dans La Légende dorée de Jacques de Voragine, une vie de saint m'avait particulièrement frappé par son merveilleux plein de beauté: celle de saint Benoît. Il y était dit que ce noble fondateur de saint-benoit-de-nursie-par-fra-angelico.jpgl'ordre qui porte son nom avait développé une telle élévation intérieure qu'il pouvait commander d'un seul regard aux objets inanimés: il en éveillait l'âme et les contraignait à se déplacer. Je ne sais plus pour quelle sainte raison il parvint ainsi à contraindre une corde à libérer celui qu'elle tenait lié. Il commandait aux éléments.

On pensait que les saints pouvaient aussi commander aux eaux. Jacques Replat (1807-1866) en donne des exemples, dans Bois et vallons: des prêtres arrêtaient des orages ou des torrents. C'est ce qu'on appelle la télékinésie: commander les objets à distance, comme dans La Guerre des étoiles: les chevaliers Jedi, maîtrisant la Force, cet élément universel qui traverse et baigne toute chose, meuvent les objets, pour le bien ou le mal selon le côté clair ou obscur qu'ils ont rejoint. Car La Légende dorée ne nie pas que par la magie noire on puisse obtenir des résultats comparables; mais c'est par d'autres voies, immorales, et donc ce ne sont plus les saints anges, qui interviennent, mais les méchants démons. Par eux, pensait-on, on pouvait commander aux esprits élémentaires. Dès lors, peut-être, il devenait vraisemblable que Moïse eût commandé à la Mer Rouge.

Olaf Stapledon (1886-1950), dans Last and First Men et Star Maker, affirmait qu'il viendrait un jour où des sortes d'êtres pourraient envoyer leurs ondes cérébrales à travers le temps et l'espace, et que le don de prophétie venait d'hommes du futur parlant en secret à l'âme des hommes du présent par un moyen que, je crois, il concevait d'une façon plutôt matérialiste, sur la base des ondes électromagnétiques. D'un autre côté, il fallait bien qu'il fût plus que cela, s'il permettait de faire voyager la pensée dans le temps. Le langage était matérialiste et scientiste, mais comme il croyait à une entité cosmique absolue et dénuée de corps, il est possible qu'il ait entendu que les facultés psychiques des hommes du futur dussent passer par un seuil spirituel. Cependant il n'a jamais parlé d'esprits sans corps; pour lui l'esprit était dans les choses, même apparemment inanimées (par exemple les étoiles). Il n'a parlé de l'esprit indépendamment des choses que pour le dieu unique et absolu, incompréhensible de la tradition chrétienne. Toutefois, il évoluait, à la façon gome-galadriel.jpgd'un être vivant: il devenait alors une sorte d'ange créateur. Mais il n'est pas entré dans une quelconque hiérarchie spirituelle, contrairement à J.R.R. Tolkien (1892-1973), qui présentait bien des êtres à même de communiquer directement par la pensée: les puissances spirituelles célestes, mais aussi les êtres terrestres profondément liés à elles - tels Gandalf et Galadriel qui, à la fin de The Lord of the Rings, conversent par ce biais et sont pris pour des statues par les mortels qui les croisent.

Isaac Asimov (1920-1992) opposa aussi des êtres doués de télépathie par une forme d'anomalie et des êtres qui les combattaient après avoir volontairement développé leurs pouvoirs, par une discipline qu'il n'explicite pas, mais qui est mise au service de la civilisation.

À son tour H.P. Lovecraft (1890-1937) évoqua des êtres d'une civilisation antérieure, atlantéenne, doués de télépathie. C'est récurrent. Les dieux de l'Olympe, du reste, avaient-ils besoin de prononcer des sons avec une bouche pour communiquer leurs pensées, ou d'oreilles pour entendre celles du monde? L'être humain aspire donc, comme chez Stapledon, à posséder un tel pouvoir.

Encore faut-il que cela soit dans un but louable. Sur ce point les chrétiens médiévaux avaient raison. La science-fiction n'offre pas toujours ces illustrations morales. Dans le catholicisme, c'est à force de sainteté et d'amour que l'homme acquérait des facultés spéciales, concédées par la divinité: qu'il se transformait et se spiritualisait. Dans le transhumanisme, c'est simplement en créant des machines par l'intelligence froide, et en apprenant à mieux connaître les manifestations physiques du psychisme.

Peut-être faut-il voir les êtres humains comme ces insectes qui se transforment dans leurs cocons lorsqu'ils ont accompli leurs saints devoirs durant une vie: ils renaissent métamorphosés, parvenus enfin à l'état parfait, qui serait angélique, et donc permettrait de communiquer directement d'âme à âme.

La perspective en est toujours riche, en littérature; la poésie en est toujours importante, même maladroitement rendue. Elle comble un désir secret.

28/01/2016

Frédéric Mistral et l'épopée provençale

Frederic_Mistral_1.jpgJ'ai lu récemment un livre que j'avais acheté à l'époque où je vivais à Montpellier et où, à l'université, je m'initiais à l'occitan médiéval avec Gérard Gouiran: Mireille, de Frédéric Mistral, en édition bilingue.

J'ai mis longtemps à le lire car autrefois j'étais surtout passionné de littérature médiévale; or, quoi qu'on dise, le style de Mistral est bien différent de celui des troubadours, et sa langue aussi. Au Moyen Âge, les poètes étaient des clercs liés à des seigneurs qui parlaient occitan et avaient une cour. On y chantait des poèmes raffinés, ayant pour essentiel sujet l'amour. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le merveilleux, dans le sud français, était peu présent. Et lorsqu'il l'était, c'était essentiellement sous l'influence de la littérature du nord, narrative et inspirée soit de l'histoire des Francs,soit de celle des Bretons. Car dès l'origine, ces deux cycles contenaient du merveilleux, soit chrétien, soit païen. Et si le paganisme fut surtout breton, des traces de celui des Germains furent également présentes. Elles ont d'ailleurs été reprises sans discrimination particulière dans les épopées en occitan imitées de celles en français, notamment sur Roland de Ronceveaux. La principale étant le fameux Gallant, dont j'ai parlé, forgeron mythique de la tradition germanique.

Mais dans la lyrique des troubadours, on ne trouve pas réellement de merveilleux, même pas chrétien: les poèmes adressés aux êtres célestes, à la Vierge, aux Saints, étaient surtout en latin. Ce qu'on chantait en occitan, c'était l'amour profane, l'être céleste y étant remplacé par une dame, la femme d'un seigneur, une personne du beau sexe, et sur Terre.

On comprend soudain l'idée de Dante, imitateur et disciple des troubadours, de placer une dame de ce type tolkien.jpgau sommet du paradis: son but, humaniste, était de pénétrer en langue vulgaire les mystères de la religion; mais ce faisant, il emmenait avec lui les thèmes habituels de cette langue vulgaire. Cela choqua d'ailleurs J.R.R. Tolkien, plus tard. Celui-ci préférait tisser des liens entre le paganisme et le christianisme, comme on le faisait dans les récits médiévaux d'inspiration germanique ou celtique.

Mistral a une autre perspective que celle de Dante. Il est finalement plus proche de Tolkien.

Son épopée n'est pas féodale, mais paysanne. Il chante un couple qui ne parvient pas à s'unir parce qu'elle est fille de propriétaires, lui fils de pêcheurs sans le sou. Les parents de Mireille ne veulent pas de Vincent. Mireille ne veut pas des propriétaires de troupeaux que ses parents lui présentent.

C'est un récit qui contient du merveilleux - celui des paysans. Le paganisme et le christianisme s'y mêlent, comme dans les épopées médiévales, mais le paganisme n'est pas d'origine étrangère: il est celui du folklore provençal. Il est néanmoins admirablement assumé par le poète, qui en saisit les profondeurs et ne le traite pas avec des idées naïves et simplistes. Il affirme que les fées ont été envoyées par la divinité aux hommes pour les aider, dans les temps antérieurs au christianisme, mais qu'elles ont déchu, qu'elles se sont laissé séduire par la Terre, en s'unissant notamment à des chevaliers. Elles ont donc été maudites et remplacées par les Saintes historiques, celles dont parle l'Évangile et qui ont connu Jésus directement.

C'est là un trait fondamental et particulier du christianisme provençal. Il s'appuie sur l'histoire. Alors que la France du nord avait pour principal patron saint Martin, qui était un visionnaire n'ayant pas connu personnellement Jésus et n'avait fait que le voir de son œil spirituel, à la manière de saint Paul, la France du sud était dominée, psychiquement, par des Saints présents dans la tradition évangélique; leur lien avec le Christ était physique.

Certes, cela fut compensé, plus tard, par l'intrusion de Saints qui au contraire sont purement mythiques, dont le lien avec le Christ était théorique, et qui n'ont pu le connaître - s'ils l'ont jamais connu - que dans l'au-delà, tel saint Josaphat, qui a eu en Provence un certain succès, et qui n'était autre que le Bouddha christianisé. les-saintes-maries-visoterra-21118.jpgMais Mistral se garde bien d'en reprendre la tradition, qu'on a liée au catharisme; il vénère les saintes Marie de la Mer, et les saints hommes qui depuis la Palestine les accompagnèrent en Provence. Il dit de l'un d'entre eux qu'il épousa telle cité en devenant son évêque, et l'expression est belle: pour Mistral, les esprits des cités étaient une réalité.

Il évoque également des esprits follets, des fantômes, des sortes de zombies, et ainsi introduit dans son histoire tout le folklore de son pays, chrétien ou non. Il parle magnifiquement des saintes Marie de la Mer, qui viennent visiter Mireille en descendant d'abord sur la mer, point de passage, à l'horizon, entre le Ciel et la Terre. Il a bien su faire vivre la légende dorée provençale, en insérant le plus possible les êtres célestes dans sa contrée. Cela n'empêche pas Mireille de mourir: la Terre est maudite. Le salut n'est qu'au Ciel.

Il n'a pas insisté, comme d'autres, sur l'héritage romain de la Provence. Il est d'ailleurs tout entier dans le lien organique entre la Provence et les amies historiques de Jésus de Nazareth, si on y pense bien: si on ne voue pas un culte trop particulier au peuple romain. L'important est le lien historique avec l'antiquité classique; les Romains n'en sont qu'un aspect.

Quant à la langue provençale qu'il utilise, Mistral a déclaré qu'elle seule pouvait encore créer une épopée, qu'en français c'était impossible, parce que c'était une langue trop figée, trop académique: seul le provençal peut ressentir assez de l'intérieur le pays provençal pour y distinguer les fées et les saintes, pourrait-on dire. En français, cela risque de n'être qu'un discours, une théorie. Comme chez beaucoup de romantiques de Paris, cela pourrait n'être qu'une figure de style: non une vision intérieure.

Lamartine, qui chercha toute sa vie à créer des épopées, et qui peut-être avait pour cela une langue un peu trop abstraite, ne se trompa pas, à la parution du poème de Mistral: il en célébra la grandeur.

10/11/2015

La technologie comme rhétorique (science-fiction)

steampunk people machines science fiction 1831x1082 wallpaper_www.wall321.com_38.jpgLa science-fiction reprend des archétypes mythologiques dans la foulée du romantisme, mais comme celui-ci n'est pas parvenu à répandre sa philosophie propre, comme le rationalisme des Lumières a persisté, elle a cherché à justifier ces archétypes par les machines. La technologie était censée réaliser les rêves des poètes, leur donner une substance.

Cela n'est pas sans rapport avec un fait remarquable: en Allemagne le romantisme a pénétré les sciences; ailleurs, il a été confiné dans les arts. Isolée, l'Allemagne a vu le rationalisme scientifique lui revenir, et, en Europe de l'ouest et en Amérique du nord, ce même scientisme a au contraire pénétré les arts, servant de socle théorique aux imaginations de la poésie.

Mais ce qui trahit l'inanité, à mes yeux, de ce scientisme lorsqu'il s'agit de mythologie et de poésie, c'est que les auteurs de science-fiction, pour se justifier, affirment que la logique du romantisme, qui est celle des anciennes mythologies, est obsolète. Quelle certitude en ont-ils? Quand on énonce assez en dogme une conception pour éprouver le besoin de rabaisser les autres, c'est bien qu'on a moins de fondement dans le réel qu'on voudrait.

Et effectivement, il n'y a pas de fondement, dans la conception matérialiste de l'univers, aux rêveries de la science-fiction. Il n'y a pas de preuve qu'il existe des extraterrestres, ou que la vie soit d'origine physique: ce ne sont que des postulats. L'idée qu'on puisse voyager dans le temps est des plus bizarres et invraisemblables, puisque le corps est lui-même soumis au temps: le passé n'est que le présent de la the_voyage_of_life-_childhood-1842-thomas_cole.jpgmémoire, disait saint Augustin; en lui-même, il n'est pas. Le voyage dans le temps n'est qu'une prérogative d'esprits sans corps - comme les nommait Pierre Corneille.

Il en résulte que les plus grands écrivains de l'imaginaire sont ceux qui ont suivi une logique jugée obsolète par les idéologues de la science-fiction: et en particulier, J.R.R. Tolkien. Il est bien celui qui s'est montré le plus convaincant, dans ses mondes inventés. Et pourquoi? Quand on connaît sa pensée, cela apparaît immédiatement: il croyait réellement au monde des esprits, et qu'ils pouvaient se matérialiser à volonté, et que les éléments leur étaient soumis. Il lui était dès lors facile de créer un monde dans lequel des êtres magiques se déplaçaient sur Terre et vivaient, comme il disait, dans deux mondes à la fois, et disposaient de magie. En cela, il faisait suite au Goethe de Faust, à Novalis. Il avait une philosophie qui entretenait avec son imagination une cohérence.

Rudolf Steiner disait que la qualité d'une philosophie se prouvait à l'expérience, selon ce qu'on accomplissait quand on la partageait. L'ami de Tolkien C.S. Lewis ne croyait pas comme lui que le Mythe exprimait des vérités spirituelles: il pensait plutôt qu'il était allégorique, qu'il exprimait des vérités intellectuelles; on peut se demander si son univers de Narnia est plus convaincant que celui de Tolkien: il est évident pour moi que non.

Une autre preuve par l'expérience est donnée à mes yeux par l'écrivain de science-fiction Gérard Klein. Quand il était jeune, il était plein de feu, plein d'imagination; et il se sentait plus ou moins obligé de justifier ses inventions par de la science, mais une science plutôt occulte, qui disait que les étoiles pouvaient avoir une conscience, et les lunes animer les êtres vivants à distance. Plus tard, devenu directeur de collection, il a rédigé de la théorie; et comme il lui a fallu être clair, il a émis l'idée que la sternennymphekallisto.jpgscience-fiction devait forcément s'appuyer sur des hypothèses officiellement admises par les savants. Mais restait-il dès lors de la place pour l'âme des étoiles, pour la vitalité cosmique? Gérard Klein n'a plus créé de fictions fabuleuses.

L'auteur qui a créé le monde imaginaire le plus convaincant, en France, c'est Charles Duits. Certains, persuadés que la science moderne est toujours nécessaire à la solidité d'un monde fictif, croyaient qu'il avait des pensées sur les univers parallèles, qu'il se nourrissait de science moderne; loin de là: il la honnissait, la rejetait, il était l'ennemi irréductible du matérialisme théorique, et sa philosophie était ésotérique et mystique.

Un autre aveu implicite est celui de Serge Lehman dans son roman graphique La Brigade chimérique: les super-héros y sont des archétypes à la mode de Jung, mais ne se matérialisent qu'à la faveur de la radioactivité. Or, l'auteur admet lui-même qu'il n'a utilisé ce radium que pour se placer dans la perspective du merveilleux scientifique, mais qu'il ne croit pas réellement que la radioactivité puisse créer un monde plus beau, ou des surhommes. Mais les créateurs des super-héros, eux, y croyaient. Et quand ils ont cessé d'y croire, qu'ont-ils fait? Qu'a fait Jack Kirby? Il a créé des héros d'un nouveau genre, plus près des anciens dieux, dotés par la providence de facultés grandioses. Des X-Men il est passé aux New Gods.

Est-ce que Serge Lehman n'a pas compris que les auteurs de science-fiction donnaient des causes issues de la science moderne à leurs merveilles parce qu'ils voulaient être crus d'un public matérialiste et nourri au sein du scientisme contemporain - d'un public qui vénère naïvement les machines, et qui, à cet égard, est crédule? Les auteurs pouvaient y croire aussi: tous ne sont pas à même de développer une philosophie qui leur soit propre. Tous ne sont pas Goethe. Ils pouvaient vouloir se convaincre eux-mêmes.

Mais la mythologie n'a de sens que si la logique en est spirituelle, et de leur point de vue les philosophes de Paris ont eu raison de rejeter la science-fiction, et de n'y voir que la mythologie traditionnelle extérieurement justifiée par le culte populaire et spontané de la technologie. Agnostiques, ils savaient que la science-fiction au bout du compte retombait sur les anciennes fables, voire les anciennes religions, aboutissant à l'Esprit - comme chez le grand maître du genre, Olaf Stapledon. Est-ce que Teilhard de Chardin ne le prouvait pas? L'imagination aboutit toujours à l'Esprit: c'est fatal, parce qu'elle-même est déjà esprit.