24/01/2008

Lamartine au bord du lac

Cette semaine, dans “Le Messager”, je publie un article sur l’ouvrage “Jocelyn”, de Lamartine, qui se passe en partie en Savoie, plutôt près du lac du Bourget, comme d’habitude avec ce grand poète, chantre d’Aix-les-Bains. J’en parle ici parce que j’ai eu fréquemment l’occasion, non sans dépit, de constater que les gens instruits, notamment à Paris, prétendaient qu’il avait surtout chanté le lac Léman. Il n’était pas assez idiot pour chanter un lac exclusivement savoyard, sans doute !

Au demeurant, d’une façon similaire, j’ai pu lire que le monstre de Frankenstein avait parcouru la rive droite du Léman, alors qu’il s’agit de la rive gauche, en particulier à la hauteur d’Evian.

Cela me rappelle l’époque où on disait que le mont-Blanc était en Suisse. C’est présent chez Gœthe. Joseph Dessaix, un écrivain savoyard du XIXe siècle, écrivit une pièce satirique, à ce sujet : le rapt du mont-Blanc par la Jungfrau, ou quelque chose approchant. C’était assez bien.

Mais c’est ainsi : la Savoie ne paraît jamais assez digne des grands écrivains, auxquels du reste on prête aussi des mœurs et des pensées toujours très aristocratiques, ce qui ne correspond pas forcément à la réalité. En tout cas, Lamartine a fait un éloge embrasé des paysages savoyards, et je vous invite à lire mon article.

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20/01/2008

La Voix des Allobroges

Je suis collaborateur d’un journal interdépartemental savoyard, “La Voix des Allobroges” - lesquels Allobroges, comme vous le savez, avaient Genève et Vienne (en Dauphiné) pour capitales ; mais en général, vous le savez aussi, on assimile les Allobroges aux Savoyards.

Dans le n° 15, disponible dans les bureaux de presse depuis quelques jours, j’ai écrit un article sur l’intérêt qu’il y a à relier la littérature à un lieu qu’on connaît. En s’ancrant dans le réel, elle l’enchante, et elle-même se vivifie. J’en ai appliqué le principe aux écrivains savoyards, ainsi qu’à Lamartine, mais cela aurait pu s’appliquer aux écrivains genevois, qui ont souvent évoqué la Savoie, en particulier la partie qui va du Salève au mont-Blanc. J’ai moi-même, un jour, distribué à des élèves un texte d’Amiel qui évoquait cette région du monde : c’était très beau.

Existe aussi, dans ce n° 15, un poème qui s’inspire d’une légende du mont-Vouan, lequel appartint directement au prince-évêque de Genève, et lui resta quand Genève fit sécession...

Le reste du journal est constitué par des débats sur les élections munipales prochaines, ainsi que sur une mosquée qui a du mal à voir le jour à Annecy.

J’ajoute, néanmoins, que l’excellent Dominique Vuillerot a évoqué une question culturelle qui concerne une grosse partie de la Suisse romande, car il relate que la Région Rhône-Alpes a décidé de prendre en main le recensement du patrimoine linguistique dialectal de son territoire : cela veut dire qu’outre l’occitan (pour les départements méridionaux), c’est du francoprovençal qu’il sera surtout question. Et le fait est qu’à Lyon, de remarquables textes de cette langue furent produits, mais aussi à Genève - en particulier, comme on sait, des chansons dirigées contre les Savoyards et leurs curés comploteurs !

N’hésitez pas à découvrir ce journal, quoi qu’il en soit, en vous rendant à Annemasse ou à Saint-Julien : il y est en vente.

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17/01/2008

L'ombre d'Allobrox

Cette semaine, dans “Le Messager”, principal hebdomadaire de la Haute-Savoie, je publie un article sur la poétesse Danielle Drab, qui est originaire de Saint-Jean-de-Maurienne et vit à Belfort, en Franche-Comté, mais évoque souvent, dans sa poésie, Genève et le Léman, ce qui prouve que même depuis la Maurienne ou la Franche-Comté, Genève apparaît comme une ville importante.

De fait, on dit que le duc de Savoie rêva d’en faire sa capitale. Chambéry n’était pas assez illustre. Même Turin ne l’égalait pas, peut-être. Genève avait été la capitale des rois burgondes, et la légende la disait fondée par un Troyen appelé Allobrox, fils de Lémanus, et père de la nation allobroge. Les chroniques comtoises le mentionnent.

Le duc de Savoie se posait comme l’héritier des rois allobroges, à travers les Burgondes.

Quant à la Franche-Comté, elle eût été fondée par un autre fils de Lémanus, le célèbre Séquanus, père de la Seine, peut-être, mais aussi des Séquanes. Elle fit ensuite partie du royaume burgonde, naturellement, et les moines de Saint-Claude obtinrent du roi burgonde installé à Genève leurs terres dans les monts Jura.

Cependant, tout cela a eu lieu ou est censé avoir eu lieu il y a longtemps. Aujourd’hui, Genève a ses atouts propres. On les ressent jusqu’à Belfort, apparemment.

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