16/03/2008

Le Larousse de la poésie française

Cette semaine, dans “Le Messager” (Haute-Savoie), je publie un article sur la présence de Jean-Vincent Verdonnet, prince des poètes savoyards (si l’on peut dire), dans l’“Anthologie de la poésie française” rédigée par Jean Orizet et éditée chez Larousse en septembre dernier. Un chapitre y est réservé aux poètes de la Romandie depuis le XIXe siècle. Genève est représentée par Charles-Albert Cingria et Vahé Godel, notamment. Rousseau y est, par ailleurs, présent pour un poème qu’il a fait sur son paradis des Charmettes...

08:12 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2008

Elus au premier tour

Je suppose qu’on pouvait attendre d’un “Savoyard de la Tribune” qu’il évoque ici les élections municipales françaises, au moins en Haute-Savoie. Personnellement, je n’ai pas fait campagne. Ma commune ne proposait que la liste du maire sortant, et j’approuvais son action, faite à la fois d’encouragement à la libre initiative, de souci de cohésion et de partage au sein de la commune, et d’éclectisme culturel, puisqu’il soutient à la fois les traditions locales et les propositions novatrices - le tout étant dominé par une forte connotation écologiste et le désir affirmé de respecter aussi bien la nature en général que la place qu’y occupe l’être humain.

Je parlerai cependant du résultat dans les grandes villes, notamment celles dont je me sens proche, dont j’ai été ou me sens plus ou moins citoyen.

J’ai longtemps vécu à Annecy, et on sait que le dauphin de Bernard Bosson, Jean-Luc Rigaut, l’a emporté haut la main, en prenant dans sa liste des écologistes, et en mettant peut-être un coup d’arrêt aux ambitions du sénateur Pierre Hérisson, qui était plus à droite. Quelqu’un a dit qu’Annecy, comme Lyon, Genève ou Paris, se tournait toujours plus vers la social-démocratie, vers le “boboïsme”. C’est vrai. Jean-Luc Rigaut l’illustre assez bien. Le socialisme traditionnel ne risquait pas de s’imposer à Annecy. Mais la droite dure, conservatrice, orientée soit vers les profits économiques, soit vers la défense des traditions, a elle aussi de moins en moins de chances de s’imposer. Sans doute, c’est plutôt bon signe. En fait, la liste de Jean-Luc Rigaut est celle qui ressemblait le plus à l’unique liste de ma propre commune ! (Sauf peut-être pour les traditions locales, dont à mon avis les Annéciens actuels n’ont que faire, en général : ils préfèrent répercuter au mieux ce qui se fait à Paris ou à Lyon ; comme j’édite de vieux auteurs savoyards, cela ne m’arrange guère.)

Pour ce qui est de Bonneville, Martial Saddier, le maire sortant, a également été réélu dès le premier tour. Il est du camp de Hérisson, mais à Bonneville, cité industrielle au sein de laquelle tout de même la classe moyenne a des propriétés, des biens dont elle vit, c’est un peu normal. De surcroît, Bonneville dispose des logements sociaux les plus nombreux et les plus abordables (pour ce qui est du prix) de tout le département : même la gauche avoue approuver cette politique, qui cherche à équilibrer les choses au mieux dans un contexte pas toujours facile. De fait, l’atmosphère n’est pas forcément aussi détendue qu’à Annecy, mais le maire essaye constamment d’animer culturellement la Cité, et notamment en s’appuyant sur les traditions. Lors des dernières fêtes de Noël, les illuminations étaient d’une profusion inouïe, par exemple. Je suppose qu’il fait ce qu’il peut pour créer dans sa commune une forme de dynamisme : cela facilite toujours les relations entre les citoyens, n’est-ce pas.

Pour Annemasse, la liste de l’héritier de Robert Borrel a aussi été consacrée dès le premier tour. La politique suivie y a été également assez équilibrée. Le contexte frontalier n’y est pas facile non plus. La cohésion sociale, dans une telle situation, est difficile à créer. La culture y est donc de type généraliste, comme on pourrait dire : un peu comme à Annecy. Il s’agit d’enseigner la tolérance, peut-être en ne s’impliquant pas trop, en ne prenant pas trop de risques, et en ne cherchant pas trop à innover. C’est la tradition propre aux fonctionnaires, pourrait-on dire.

Au bout du compte, les raisons pour lesquelles des listes sont élues au premier tour sont souvent plus intéressantes que de savoir si c’est bien ou mal. La politique ne se fait pas dans l’absolu, je crois. On peut parler d’un pur point de vue logique et général, on peut aussi réclamer des rééquilibrages en faveur de ce à quoi on croit, mais ensuite, il s’agit justement de toujours trouver le meilleur équilibre entre la stabilité et l’évolution, dans une situation donnée. Je crois que les listes dont j’ai parlé aujourd’hui allaient globalement dans ce sens.

21:05 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

10/03/2008

Le Chat botté

“Le Messager” (en Haute-Savoie) contenait une publicité pour une représentation adaptée du “Chat botté”, à Genève, et je suis allé y assister. Les acteurs sont bons et savent animer une scène : c’est certain. La mise en scène était de qualité.

Les traitements que l’on a fait subir au texte m’ont laissé plutôt perplexe, en revanche. J’avais l’impression que, pour Perrault, le roi du conte était un de ces petits rois des temps antiques ou barbares, à peine chefs de tribu (malgré la présence d’un carrosse) : cela explique qu’il ait volontiers accepté comme présents un lapin de garenne et une perdrix. Or, ici, le choix a été fait d’appeler ce prince Louis XV, roi de France. Comme je me souvenais mal du texte original, je me suis dit qu’un tel monarque allait forcément mépriser des présents aussi modestes. Mais non : car l’intrigue suit fidèlement le conte de Perrault, d’une manière plutôt illogique.

On a visiblement voulu rajouter de la satire. Je ne suis pas persuadé qu’elle ait été bien présente au départ, sinon de façon très allusive, indirecte. (En tout cas, Perrault n’a pas pu penser à Louis XV, qui n’était pas encore roi, quand il fit paraître son recueil de la Mère l’Oye. Louis XIV a sans doute gardé assez de prestige pour qu’on ne puisse pas facilement ironiser sur lui ; avec Louis XV, la situation est différente. Mais cela ne vient pas de Perrault même : évidemment.) Le fond du conte est plutôt centré autour du chat même, de sa ruse : c’est un avatar de maitre Renart.

Au reste, l’univers du conte était quelque peu détourné et rationalisé, et l’Ogre est peu crédible : on ne voit que son ombre, derrière une vitre opaque. Cela sent l’idée qu’on peut avoir d’un ogre à notre époque : c’est un peu un spectre, une abstraction. Évidemment, la question de la transformation de cet ogre en lion puis en souris posait des problèmes particuliers, à la mise en scène.

Les effets de lumière et les coups de tonnerre, le rendu du fantastique, m’ont rappelé une adaptation du “Don Juan” de Tirso de Molina (la version du mythe la plus chargée de merveilleux) que j’ai vue à Annemasse : d’un mystère baroque écrit par un prêtre jésuite, la troupe avait fait une fantaisie spectaculaire et colorée. Le fond en était en quelque sorte allégé : le plaisir d’un folklore plutôt dépassé était présent surtout pour l’œil. Il perdait de sa signification intrinsèque. (Walt Disney fit subir aux contes de Grimm - ou de Perrault même - globalement la même évolution, à vrai dire.)

Quoi qu’il en soit, ce fut une pièce animée, et on ne s’y ennuie pas. Les acteurs ont bien su matérialiser une action, et le théâtre est avant tout cela, n’est-ce pas.

07:25 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)