01/05/2018

Stace et les relations des hommes avec les dieux

Dante-Homer-Virgil-and-Statius-by-Raffaello-Sanzio-1510-1511.jpgAu Moyen-Âge, on avait une haute opinion du poète latin Stace, qui vivait au premier siècle après Jésus-Christ et dont l'œuvre était goûtée de l'empereur Domitien. Dante l'adjoint à Virgile pour lui servir de guide au Purgatoire parce qu'il avait la réputation de s'être secrètement converti au christianisme, et on l'avait beaucoup adapté en français au douzième siècle. Par la suite, il a été moins à la mode. On lui reprochait un art artificiel, sans imprégnation intime, dénué de sentiments personnels, imitant les Grecs (parmi lesquels, à Naples, il avait toujours vécu) d'une façon trop extérieure. À cet égard, sans doute, la profusion des traductions du grec ancien, après la Renaissance, a pu lui faire du tort, puisqu'il avait traité des sujets déjà traités par Eschyle ou Homère avec plus d'intensité.

De fait, contrairement aux poètes latins du siècle d'Auguste, il n'a pas adapté l'art des poètes grecs à des sujets locaux, mais s'est immergé, en latin, dans la culture grecque, racontant, principalement (dans la Thébaïde), la guerre des sept rois contre Thèbes, épisode qui suit l'exil d'Œdipe: après son départ, en effet, ses deux fils, Étéocle et Polynice, devaient se partager le royaume en alternance. Mais Étéocle, au bout de l'année prévue, refuse de laisser la place à son frère, et Polynice l'attaque avec l'appui d'Argos, dont il avait épousé la fille du roi. Les alliés et lui-même forment sept armées, campées devant les sept portes de Thèbes. eteokles-und-polyneikes-im-zweikampf-vor-theben.jpgLe siège échoue, et les deux frères, s'affrontant en duel, se tuent l'un l'autre. Leur oncle Créon, frère de Jocaste (femme et mère d'Œdipe), prend la couronne, mais refuse aux assaillants tués les honneurs du bûcher funéraire; Thésée, depuis Athènes, est prévenu, l'attaque et le tue. On connaît un peu cette histoire du Créon impie dans sa vengeance grâce aux pièces consacrées à Antigone, fille d'Œdipe qui réclame de pouvoir consumer son frère Polynice sur un bûcher consacré.

Si on a lu les tragédies de Sénèque, à vrai dire, on constate que l'épopée de Stace les complète, car il a évoqué, d'une part, le moment terrible où Œdipe apprend la vérité sur ses parents et s'arrache les yeux, d'autre part, son errance guidé par Antigone. Il réapparaît, toujours vivant, dans la Thébaïde de Stace.

Il n'est pas faux que cette épopée soit moins émouvante que l'Énéide - moins chargée de nostalgie. Elle est plus tragique, et rappelle Sénèque, mais leur atmosphère est aussi moins funèbre et profonde, notamment parce que la relation avec les dieux est plus pensée, moins ressentie que chez ces célèbres prédécesseurs. En effet, ils interviennent constamment, et de façon tout de même assez belle et grandiose. Mais Stace est moins ému par le sort réservé par les dieux aux combattants, que Virgile ne l'était à celui que Jupiter annonce à Rome contre la volonté de Junon, qu'Ovide ne l'était lorsque les héros de Rome sont dans ses vers transfigurés et menés au ciel, que Sénèque ne l'était quand l'univers lui semblait vide de dieux justes. Il se zeus_____arcana________dota_2_by_ang_angg-d9usnwe.jpgsent moins personnellement impliqué. En revanche, il a une intelligence prodigieuse des relations entre les hommes et les dieux, et il les présente de façon somptueuse, toujours convaincante, toujours solide d'un point de vue théorique.

Le plus beau est quand ils prennent la place d'un mortel ou l'habitent de l'intérieur pour une raison ou pour une autre, et qu'alors son char se fait plus lourd, portant une sorte de colosse, et que ses traits font constamment mouche; et puis soudain, quand il est quitté d'eux, il se sent quelconque, sans force. Cela est profondément ressenti d'un point de vue psychologique et individuel, et on se retrouve dans les moments où l'on se sent exalté, et dans ceux où une faiblesse inexplicable survient. On retrouve même, en essence, l'idée du super-héros.

Jupiter se prend aussi à foudroyer un héros naturellement gigantesque qui détruisait Thèbes à mains nues et que personne ne pouvait arrêter. Car curieusement, dans cette épopée, on adopte le point de vue de Polynice qui semble avoir raison, mais les événements dirigés par Jupiter profitent à Thèbes, tandis que Junon soutient les sept qui s'attaquent à elle. Les dieux semblent mauvais, d'une façon bizarre, et c'est en cela aussi que Stace paraît inférieur à ses illustres prédécesseurs - cette bizarrerie ne semblant pas l'émouvoir plus que cela.

Cependant, comme je l'ai dit, il n'a pas moins l'intelligence des interventions divines, peut-être même davantage, et quand Capaneus est tué d'un foudre jupitérien, le moment est sublime: tombant alors des Blake_Dante_Hell_XIV_Capaneus (3).jpghauteurs des remparts de Thèbes qu'il a escaladés, son armure recouvrant un corps carbonisé et toujours palpitant, il brûle comme une torche, éclairant sur son lent passage les murs fatals.

Un héros fils d'une nymphe de rivière a une mort somptueuse aussi, les eaux tentant en vain de le protéger. Les scènes grandioses sont nombreuses, et, plus on avance, dans cette grande œuvre, plus on en pénètre les profondeurs sombres, errant avec les personnages sous la lune, contemplant le dieu du Sommeil qui, à la demande (je crois) de Junon, endort les Thébains, les jetant dans un profond silence: il passe dans le ciel, lent et ailé. On a tort de ne pas aimer cette œuvre, bien plus valeureuse qu'on ne le dit en général, et que je voulais lire depuis des années, adorant la mythologie de toute manière.

Je voudrais ajouter un trait qui m'a surpris, et qui montre à quel point les relations entre le paganisme et le christianisme sont bien plus subtiles qu'on ne le croit. Stace parle d'un temple à Athènes réservé aux malheureux, dédié à la Clémence, et n'ayant nulle statue, ni sacrifice autre que des vêtements, ou des objets appartenant aux adeptes. Elle vient en aide aux pauvres gens, ou aux mortels frappés par le malheur. Les panagia atheniotissa.jpgnobles la dédaignent. C'est surprenant, car tout se passe comme si le christianisme avait accepté et prorogé ce type de temples, au lieu de les inventer, comme souvent on pense: on le dit larmoyant et tourné vers la misère; mais cela existait déjà avant lui. On peut seulement dire qu'alors qu'il a exigé que le Parthénon fût dédié désormais à la sainte Vierge (comme il l'a longtemps été avant sa destruction par les Turcs), il a consacré tels quels les temples à la Clémence, les liant à des dames saintes, à des incarnations terrestres de la clémence divine - de l'ange de la Clémence, volontiers assimilé à une allégorie. Que Stace ait été chrétien ou non ne change pas la fidélité du christianisme à son esprit, puisqu'il loue ce temple. Dante avait raison, au-delà des faits avérés.

15/04/2018

Agnosticisme et mythologie: de l'abstraction lyrique à l'esprit des couleurs

peste_001.jpgJ'ai conversé une fois avec un amateur d'art élégant et gracieux qui défendait dogmatiquement (de mon point de vue) la ligne de l'art officiel, et qui avait été choqué par mon idée que les Surréalistes avaient eu tort de s'en prendre à l'art religieux médiéval parce que, en général, il avait donné à voir les Grands Transparents qu'aspirait à représenter André Breton. Même si le cadre doctrinal fixé par l'Église romaine était contraignant, il n'empêchait pas, lorsque l'artiste regardait dans la direction autorisée, de percer le voile du réel et de déceler, dans l'obscurité créée, les êtres célestes baignés d'or. Il n'était pas vrai, comme le prétendait Breton, que les limites imposées de l'extérieur anéantissent toute possibilité de vision suprasensible rendue par l'art, et que la 8c771784ccc6144c504c2da947ade444.jpgclarté théorique fût exigée ne prouvait pas la cécité spirituelle de l'artiste.

Mon interlocuteur m'a sauté à la gorge en pensée, car pour lui toute représentation du monde spirituel était sacrilège. Il brandissait l'Abstraction lyrique comme aboutissement absolu de l'Art. Or, manifestant un monde psychique dans lequel on ne peut rien discerner, elle s'appuie entièrement sur l'agnosticisme brandi en dogme. C'est la source de l'universel, prétendait mon détracteur en substance - et j'ai vu passer cette idée souvent, dans l'aristocratie culturelle, notamment parisienne. Toute représentation mythologique étant marquée par un courant culturel distinct, elle n'est que leurre local, semblait-il encore dire.

Mais je n'en crois rien. Pour moi, l'agnosticisme renvoie surtout à une incapacité à distinguer les Grands Transparents, qui effectivement sont différents, dans leur première approche, d'un lieu à l'autre, mais dont la nature fondamentale est partout la même, et qui convergent tous, dans le cône qui les tient, vers un point central qui est commun à toute la Terre. La forme de cécité psychique pratiquée par l'aristocratie occidentale, du reste, a aussi son air local, elle émane de la Rome païenne, et, au-delà, de l'aristotélisme et de l'averroïsme. On a beau jeu de poser ce courant comme universel, comme au temps des empires coloniaux, au fond ce n'est pas vrai, cela correspond seulement à la nature des Grands Transparents qui circulent dans les villes d'Occident. Ils se rendent indistincts dans une brume particulièrement épaisse, oserai-je dire. Quand on a les pensées entièrement tournées vers le monde physique, il est évident qu'il est extrêmement difficile de rien distinguer, par les yeux de l'intelligence, au fond du monde psychique. Cela n'est pas forcément à critiquer: cela a aussi son utilité. Mais c'est un fait.

Beaucoup de peuples moins tournés vers les lois physiques et les machines voient spontanément, dans le monde psychique où les Occidentaux élégants ne voient rien, des formes distinctes. C'est évidemment le cas en Asie, où traditionnellement on y distingue le Bouddha, c'est à dire un être humain doré et glorieux - ou bien des femmes célestes venant parler en rêve aux simples gens, et assimilées par eux à nos anges...

Le plus singulier, dans cet universalisme cécitaire de principe, c'est que les mythologies comparées ont montré que les hommes tendaient partout à distinguer le même genre d'êtres, dans l'espace psychique, en particulier une sorte d'être solaire effectivement apparenté au Bouddha. C'est donc au contraire l'incapacité à voir quoi que ce soit qui est locale, et propre à une cellule particulière de l'humanité, quoique matériellement importante par les moyens d'action dont elle dispose - précisément parce qu'elle se focalise sur les lois physiques, et les exploite dans un sens pratique. Tout le monde voit un être qui sourit dans le soleil, même les enfants, et ceux que la lumière du soleil éblouit ne sont pas très nombreux. Ce sont ceux, peut-être, qui ne veulent voir en elle que bataille_keridwen_abstraction_lyrique.jpgle moyen d'obtenir de l'électricité - et s'ils rendent ainsi service à l'humanité, ils ne peuvent pas imposer à tous leur façon de voir.

Et je veux bien trouver pareillement, pour ma part, que les couleurs informes que l'Abstraction lyrique déploie sur la toile sont parfois très jolies - même si elles rappellent des rêves qu'on fait plutôt fiévreux. Mais je m'oppose à sa démarche en tant que principe esthétique général. Je ne prône certainement pas la soumission à des formes conventionnelles, en quelque sorte mortes et artificielles, et en ce sens je comprends André Breton. Je ne défends pas absolument l'art baroque - même s'il était plus imprégné de sensibilité personnelle qu'on ne l'a dit. Mais je suis convaincu que si le calme des pensées prolonge la paix du cœur, l'artiste distingue, dans le monde psychique, des personnes singulières, mystérieuses, non incarnées - ce que David Lynch appelle des abstractions. (Ce cinéaste du reste montre un surréalisme poussé jusqu'au moment où des liens se a7e525cae5a04732cbcddd51baae5debf38856a1.jpgtissent avec l'art médiéval ou asiatique.)

Rudolf Steiner a justement créé une philosophie esthétique allant dans ce sens, estimant que le jeu des couleurs faisait naître inéluctablement, dans l'âme apaisée, des figures d'anges, et qu'il en était ainsi chez toute l'humanité, de telle sorte que le refus de se laisser aller à cette paix clairvoyante émanait d'une forme de crainte plutôt défectueuse. C'est pourquoi il a critiqué l'Impressionnisme, au fond préparatoire de l'Abstraction lyrique. Il en est né un style de peinture dit anthroposophique à la fois abstrait et mythologique que j'approuve totalement, et qui pour moi a donné de grandes choses. C'est peut-être ennuyeux pour les élites qui prônent l'agnosticisme en art, mais au fond on constate que l'art a toujours et partout tendu à cela - à donner une forme harmonieuse et apaisée renvoyant à celles de la nature, aux couleurs mises ensemble. Il n'y a pas d'opposition entre l'imagination de l'artiste et celle de l'univers, et il n'y a aucun universalisme à refuser de peindre des formes que contient réellement l'univers.

Celle de l'homme, en particulier, n'a rien d'arbitraire, elle émane de l'homme tout entier, partout. Où, dans l'humanité, la silhouette humaine ne serait pas universelle? Cela n'a pas de sens. Dès qu'il se tourne vers lui-même, c'est bien sa propre forme que l'artiste voit, nimbée de lumière. En refusant d'assumer son humanité, et donc de se représenter en peinture comme mythe, il ne fait rien de bien naturel ni de réellement universel.

30/03/2018

La Lilith de George MacDonald

lilith_macdonald.jpgGeorge MacDonald (1824-1905) est le père, plus ou moins, du genre de la fantasy, et, contemporain et ami de Lewis Caroll, il fut loué de C. S. Lewis, J. R. R. Tolkien et H. P. Lovecraft. Son dernier grand roman, Lilith (1895), en particulier fit l'admiration du troisième, pour le sentiment d'épouvante cosmique qui parfois s'en dégage - le mélange de rêves et de monstres, de visions cauchemardesques et féeriques.

J'avais déjà lu The Golden Key (1867), conte baignant dans une belle atmosphère symbolique aimé en particulier de Tolkien - et ai mis des années à finir Lilith. Le style en est bizarre, car la narration n'est pas seulement interrompue par des dialogues théologiques ou philosophiques, comme dans les romans de C. S. Lewis, mais aussi par des idées inattendues et surprenantes - tirées, certes, de la tradition chrétienne, mais fondées sur le paradoxe. Elles ne sont parfois pas spécialement développées, s'insérant dans le récit sans justification particulière - et il est difficile d'en donner des exemples, tant elles sont nombreuses et minces dans leur expression, mais une l'est davantage, dont on se souvient aisément: le froid de la mort, affirme MacDonald, est très agréable. Il en parle longuement, ou plutôt il le répète beaucoup, ne le justifiant pas outre mesure, sinon en ce qu'il prépare un réveil divin, dans un monde plus beau. On veut bien le croire, mais le paradoxe est fort, car le froid n'est pas agréable. Dans les vieilles légendes, lorsqu'un homme mourait et que le froid l'envahissait, une autre chaleur s'insérait en lui, qui l'emportait dans le monde divin, et cela se comprenait mieux. Il y avait le froid physique et le froid psychique, et les deux étaient différents. Chez MacDonald, ils se confondent si intimement qu'on est surpris.

De fait, le personnage principal est projeté dans un autre monde, qui pourrait n'être qu'un rêve, et même quand il revient dans le nôtre, il pourrait ne faire que le rêver, on ne sait pas - et c'est à devenir fou. Il y a quelque chose de ce genre chez un cinéaste célèbre et assez admirable en son genre, c'est bien sûr David walker.jpgLynch. La troisième saison de Twin Peaks est explicite, à ce sujet: on est dans un rêve dont on ne s'éveille jamais, et qui véhicule les paroles mystérieuses d'une défunte liée au ciel. Je ne sais pas si David Lynch est la réincarnation de George MacDonald, mais les deux artistes sont très proches.

À vrai dire, d'autres auteurs anglophones pourraient être rapprochés de ces deux: David Lindsay et William H. Hodgson, en particulier. Leurs textes sont grandioses, mythologiques, ésotériques, gnostiques, mais pas toujours clairs, car on est dans un rêve visionnaire qui ne s'est pas arraché aux fantasmes personnels du dormeur. Je crois que Tolkien désapprouvait cette tendance, notamment chez MacDonald, car dans son traité sur les contes de fées, il rappelle que le rêve n'est qu'un point de départ, qu'il faut ensuite donner au monde créé the inner consistency of reality. Comme disait Rudolf Steiner des anciennes mythologies et légendes miraculeuses, il s'agit plutôt de regarder le réel avec une conscience de rêve, en état de rêve éveillé, que de se laisser enfermer dans le rêve proprement dit - comme a aussi fait, en France, Gérard de Nerval.

Tolkien a par ailleurs déclaré qu'il n'admirait pas autant MacDonald que ne l'avait fait C. S. Lewis.

Il est pourtant très mythologique, et d'une mythologie singulière, qui, à première vue, peut se rapprocher du merveilleux chrétien, tel que Chateaubriand voulait qu'on le pratiquât. Mais à première vue seulement. En effet, MacDonald raconte l'histoire de la rédemption de la méchante Lilith, première femme d'Adam, corrompue par un être mystérieux, l'Ombre. Et c'est, déjà, tout dire. Car la mythologie est en réalité reprise de la Kabbale, et le lecteur rencontre Adam et Ève, devenus immortels et pareils à des anges, ainsi que des anges proprement dits, des léopardes et des éléphants, dans une atmosphère souvent orientale - volontiers indienne -, mais les saints du christianisme ne sont pas explicitement présents - même pas Jésus. Le christianisme est tout théorique, et ne contredit en rien le judaïsme ésotérique, puisqu'il table sur la rédemption de Lilith, son rachat final - MacDonald, paraît-il, croyant georgemacdonald.jpgen la dissolution du mal, à la fin du monde, comme, en France, Victor Hugo. Les dernières pages, particulièrement belles, décrivent une sorte de cité céleste, qui est en même temps une montagne, et une rivière sublime coule sur les escaliers, et un ange à l'armure étincelante, dont les écailles brillent comme des flocons de lumière, attend les enfants qui montent les marches. On songe parfois à Dante, d'ailleurs fréquemment cité.

L'autre auteur très cité est Novalis, et l'onirisme en témoigne, car MacDonald, nourri de romantisme allemand, crée ses récits comme des trames symboliques dédoublant le réel, à la manière des Allemands: il n'est que de penser, à cet égard, au beau Conte du serpent vert, de Goethe, à la fois mythologique et mystérieux - ou bien aux contes d'Hoffmann.

Le tout baigne dans une ambiance plus lunaire que solaire, plus nocturne que diurne, et on se sent aisément partir très loin, comme dans les poèmes de Lovecraft et certains de ses récits, aussi articulés sur le rêve. C'est impressionnant, mais un peu curieux, et cela explique, en partie, le nombre d'années que j'ai mis à le lire.