23/05/2013

Science-fiction: les mondes fabuleux du possible

562967_561564977198587_1599995347_n.jpgLa science-fiction est un genre qui cherche à déployer une imagination dans les limites de ce que regardent comme possible les théories scientifiques actuelles. Elle rejette, implicitement, la distinction entre le vraisemblable et le possible telle que les écrivains, depuis Pierre Corneille, l’établissaient - notamment lorsqu’ils voulaient créer des intrigues cohérentes à partir de la mythologie grecque: dans le monde des croyances antiques, une logique existait, même si elle s’appuyait sur des postulats regardés comme faux. Cette distinction avait pour origine Cicéron, qui opposa la logique de l’histoire à celle de la fable. La première s’appuyait sur la logique du réel même; la seconde suivait sa logique propre. La science-fiction rejette cette opposition: elle essaie de ramener l’imagination vers la logique du réel.
 
Jusqu’à un certain point, le christianisme avait déjà opéré de cette manière. Elle brouillait la frontière entre la fiction et le réel par son histoire sacrée, qui unissait le monde humain et le monde divin. La Bible faisait intervenir les anges dans des faits qu’on regardait comme vrais.
 
Cependant, la Renaissance a ressuscité la pensée de Cicéron. L’imagination ne devait plus être limitée par les principes du christianisme: elle pouvait pénétrer dans la fable, devenir pure fantaisie.
La science-fiction essaie de tisser un lien entre cette fantaisie et le matérialisme scientifique, devenu nouvelle doctrine incontournable. Cependant, à cet égard, elle ne ressemble pas tout à fait au christianisme, qui admettait l’existence de l’Esprit: elle rappelle davantage les anciens sages de Rome qui ne croyaient pas à la mythologie. Mais, contrairement à eux, elle donne un rôle inhabituel à l’imagination. Elle est comme un mélange de christianisme et de philosophie romaine, ou comme une philosophie romaine marquée par le romantisme et voulant accorder à l’imagination une place importante.
 
Du reste on trouve, chez des auteurs antiques, des conjectures scientifiques non dénuées de poésie: on se frazetta016.jpgsouvient de Sénèque imaginant la Terre se dissolvant dans l'ensemble des mers. Il aurait pu en faire un roman, si la fiction n’avait pas été réservée à l'imitation des Grecs!
 
La science-fiction est au fond une Rome qui essaie d’assimiler à son esprit propre la littérature fabuleuse, venue d’Orient. Les dieux y deviennent des extraterrestres qui guident la Cité vers l’éternité, qui sont soumis au devoir de faire progresser l'être humain!
 
Or, le poète chrétien Prudence attribuait cette poussée civilisatrice ultime au Christ: il affirmait qu’il emmènerait Rome au Ciel. On saisit alors le rapport entre la science-fiction et un penseur tel que Teilhard de Chardin, qui voyait, dans la transformation de la matière par la travail humain, une spiritualisation emmenant l’humanité vers Dieu. La différence étant qu’il assumait la croyance en l’Esprit, et que la science-fiction se veut purement matérialiste. Ce qui est pour le moins paradoxal, l’imagination dépassant toujours l’expérience sensible. Que son objet soit présenté comme matériel n’y change rien: à cet égard, il ne faut pas confondre l’image elle-même avec ce qu’on en énonce en théorie.
 
Il en résulte que la meilleure science-fiction est celle qui ne se limite pas, dans ce qu’elle imagine, au monde physique, et qui l’assume: c’est celle de C. S. Lewis et d’Olaf Stapledon - que la critique universitaire, au moins en France, assimile à cause de cela à la fantasy. De fait, il n’est pas réellement sensé d’attribuer à la matière même des principes magiques susceptibles d’emmener l’humanité vers l'absolu Idéal! Lovecraft, qui se disait matérialiste, se moquait de la philosophie du progrès, dans laquelle il voyait avec raison un reste de spiritualisme. Victor Hugo disait que l’évolution de l’homme vers l’infini était soutenue par les anges, dans Plein Ciel:
 
Les êtres inconnus et bons, les providences
Présentes dans l’azur où l’œil ne les voit pas,
Les anges qui de l’homme observent tous les pas,
Leur tâche sainte étant de diriger les âmes
Et d’attiser, avec toutes les belles flammes,
La conscience au fond des cerveaux ténébreux,
Ces amis des vivants, toujours penchés sur eux, 
Ont cessé de frémir et d’être, en la tourmente
Et dans les sombres nuits, la voix qui se lamente.
Voici qu’on voit bleuir l’idéale Sion.
 
Le navire humain s’envole vers la liberté absolue, la cité divine, au travers des êtres sidéraux - se révoltant contre les lois antiques et obéissant, ce faisant, à Dieu! C’est l’essence manifestée de la science-fiction, qui ne peut pas réellement se soumettre au matérialisme ou limiter ses imaginations d’avenir aux triomphes de la vieille cité latine! Il lui faut pénétrer toujours de nouveaux mystères…

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07/04/2013

Génies de l'amour

kamadeva_and_goddess_rati_hi66.jpgTraditionnellement, on dit que les Français sont les champions de l’amour. C’est peut-être vrai en Occident. Mais j’ai lu les traités amoureux de la France du dix-huitième siècle, et il m’est apparu que leur orientation était essentiellement technique; les traités amoureux de l’Inde, que j’ai parcourus aussi, m’ont paru faire de l’amour un art.
 
Les traités français viennent d’Ovide et de son Art d’aimer: la préoccupation y est déjà technique. On y cherche la jouissance la plus grande possible, d’une façon mécanique et détachée de toute dimension morale. C’est, je crois, ce qui a amené le christianisme à rejeter l’érotisme.
 
En Inde, les brahmanes pouvaient se marier; il fallait donc établir une différence entre une relation seulement charnelle, réservée aux castes inférieures, et une relation charnelle qui se dépassait elle-même, se transfigurait par le biais du Yoga, et devait être pratiquée par les prêtres et les hommes de bien. Ce qui est apparu en Occident comme séparation nette entre le permis et l’interdit se manifeste en Orient par l’ordre hiérarchique.
 
La suppression de la hiérarchie sociale, en Occident, a tendu à placer les choses sur le même plan, et comme la nature était plus forte que les concepts abstraits, les directives des prêtres se sont dissoutes dans l’éther; la tendance est à une certaine bestialité. Du temps d’Ovide, il existait encore une opposition de classe entre la noblesse qui pratiquait le plaisir de façon raffinée, élégante, sous le signe de Vénus, et la plèbe qui n’était que priapique. Cela reflétait la hiérarchie des castes en Inde. Le souvenir demeurait, de tel hymne à la Déesse composé par exemple par Sapphô:
 
Toi au trône d'arc-en-ciel,
Immortelle Aphrodite,
Fille de Zeus tissant les ruses,
Veuille ne point soumettre mon âme,
Ô Vénérable, aux angoisses et détresses.

Mais viens si jamais plus d'une fois,
Entendant ma voix, tu l'écoutas,
Et quittant la maison de ton père tu vins,
Ayant attelé ton char d'or!

37178.jpgEt c'était de beaux passereaux rapides
Qui te conduisaient!
Autour de la Terre sombre,
Ils battaient des ailes,
Descendus du Ciel à travers l'éther.

Aussitôt ils arrivèrent, et toi,
Ô Bienheureuse, souriant de ta bouche immortelle,
Tu me demandas ce qui m'était advenu,
Et quelle faveur j'implorais,
Ce que je désirais le plus dans mon âme folle.

Quelle persuasion veux-tu donc attirer vers ton amour?
Qui te traite injustement, Psappha?
Car celle qui te fuit promptement
Te poursuivra - celle qui refuse tes présents
T'en offrira, celle qui ne t'aime pas
T'aimera promptement et même malgré elle.

Viens vers moi encore maintenant,
Et délivre-moi des cruels soucis,
Et tout ce que mon cœur veut accomplir,
Accomplis-le et sois Toi-Même mon alliée.
 
En Inde aussi, on invoquait les dieux, en particulier celui de l'amour, dès qu'il s'agissait de passer à l'acte: si on avait décidé de céder à l'appel de la chair, au moins fallait-il conserver le respect de la divinité; on ne devait pas, comme dans l'Occident moderne, se vouer au mal dès qu'on avait franchi une limite: à chaque situation un dieu convenait; une hiérarchie céleste se mêlait à une hiérarchie terrestre. Le Ciel n'avait rien d'absolu; à des degrés différents, il restait présent même dans les lakshmi_devi_by_vishnu108-d2ajlze.jpgcouches les plus basses de l'atmosphère terrestre: ce qui était Lakshmi en haut devenait Kama en bas; mais il s'agissait toujours d'êtres divins. Ovide ne se préoccupait pas tant de pur amour; l’ancienne Rome est à l’origine du matérialisme actuel; même la pensée agnostique des classes distinguées trouve ses racines dans Sénèque ou Cicéron.
 
Il est symptomatique que, du Kâma Sutra, l’Occident ne retienne généralement que l’aspect technique. On le lit par le filtre d’Ovide et de ses héritiers. Il y a, en son sein, bien d’autres choses. Sans entrer dans les détails avec toujours autant de précision, il n’en contient pas moins ce que contiennent les traités érotiques occidentaux; mais il déploie également une spiritualité, et même une religiosité qui déjà manquaient à Ovide. Or, cela ne consiste pas à répandre sur les voluptés charnelles une sorte de bénédiction abstraite, comme on l’observe dans la littérature sentimentale, mais à montrer de quelle façon la voie corporelle peut, si elle est empruntée avec componction et dans un esprit vraiment civilisé, amener à l’union intime. Il ne s’agit pas d’avoir, au moment de l’acte, un tas de fantasmes sur l’amour qu’on doit vouer à l’autre, mais d’opérer d’une certaine façon qui est plus élevée dans l’ordre moral que les autres, s’appuyant sur le corps pour toucher à l’âme. Ce que le cœur éclairé par la raison place dans la volonté soulève et transfigure la matière qu’on manie. On aurait tort de croire que l’hindouisme est dénué de sens moral parce qu’il place celui-ci jusque dans les actes intimes. Bien au contraire, c’est parce que la vie morale lui paraît fondamentale qu’il n’entend pas limiter son rayonnement, mais cherche à le faire pénétrer les recoins les plus obscurs de l’activité humaine.

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06/06/2012

Vins et vignes de Lavaux

Lavaux.jpgLe 2 juin, plusieurs membres de la Société des Auteurs savoyards, parmi lesquels je me trouvais, furent conviés par l'Association vaudoise des Écrivains à prononcer un texte sur le vin et les vignes au sein du vignoble du pays de Lavaux. Une belle initiative, prise je crois par la Présidente Sabine Dormond, et j'ai moi-même, à cette occasion, prononcé un texte qui n'a pas déplu. En voici la teneur:

Vignes de Lavaux, jadis vous fûtes chantées par Jean-Jacques Rousseau, qui, dans La Nouvelle Héloïse, vous rendit propres à créer tous les cépages de la Terre, ou à les égaler. Julie créait des vins divers à partir des pampres qu'elle possédait parmi vous, et leur goût enchantait Saint-Preux, qui y savourait d'exquises délices. Elles avaient la couleur du terroir, et en même temps touchaient à la nature vraie que Rousseau regardait comme touchant à la divinité même. Quant à Julie, lorsqu'elle confectionnait ses vins, elle était appelée une fée, et la plus belle et la plus grande fête de l'année, au sein de son domaine de Clarens, était réservée à leur création. Bacchus et ses fêtes se voyaient renouvelées dans le Pays de Vaud moderne, et incarnés au travers d'êtres humains ordinaires. Rousseau réalisait ainsi son rêve! Ou créait sa propre illusion. Car Julie avait en elle la beauté, l'intelligence, la vertu, et était plus digne des anges que des hommes, comme le texte même le dit. Dans sa correspondance privée, Rousseau avouait qu'elle était de la nature des houris - les fées des Mille et une Nuits qui dans le Coran accueillent les justes au Ciel! L'avoir placée, avec ses vins merveilleux, nouveaux breuvages enchantés,bacchus_und_ariadne.jpg dans un paysage champêtre et physique, accessible, tel que celui du Pays vaudois, était une manière d'entretenir l'illusion - ou l'espoir.

Cependant, sans donner aux vins de Lavaux le pouvoir de posséder le goût de tous les vins de l'univers, comme le faisait Rousseau, ne peut-on pas, dans le réel même, saisir une clarté magique? Car les grappes de raisin ressemblent à autant de pierres précieuses qui palpitent de la lumière du ciel. Sur ces coteaux, inondés de rayons du soleil, il semble que des fées au sens propre, des êtres célestes, invisibles, aient forgé le cristal lui-même impalpable qui est dans les grains du raisin, et permis à chaque fruit d'apparaître comme une perle tombée d'en haut. Et encore, si cela n'avait dépendu que des fées de l'air! Mais c'est aussi par-dessous que la lumière agit: les reflets du soleil sur le lac élèvent les êtres enchantés de l'eau, et les portent à la rencontre de leurs sœurs de l'air. Où se rencontrent-ils? Parmi ces vignes. Si on avait le don de seconde vue, on les verrait danser, s'embrasser, avec plus d'éclat et de couleurs encore que dans les fêtes paysannes imaginées par Rousseau. Le spectacle en serait si bouleversant, je crois, qu'on serait aussitôt dans le cas de regretter de disposer d'une telle seconde vue! Car ensuite, il n'y aurait pas moyen d'accepter de vivre des fêtes ordinaires d'hommes mortels, ou simplement de vivre parmi ceux-ci. La Providence a donc été sage de ne pas laisser les êtres humains voir les fées du ciel et du lac, de les laisser pour eux dans une telle invisibilité qu'ils peuvent même se persuader qu'elles n'existent pas, qu'elles sont un leurre, et ne leur permettre de les imaginer qu'au travers de bergers, de vignerons joyeux - et de femmes idéales telles que Julie d'Étange!

On pourrait bien dire que c'est parce qu'il ne pouvait pas supporter l'image glorieuse de Bacchus et de sa troupe enchantée que Rousseau a créé un roman dans lesquels des êtres humains jouent leur rôle. Car il est vrai que Bacchus assemble autour de lui, dans ces lieux, les fées deNymphes.jpg l'air et celles de l'eau pour qu'elles créent ensemble ces grappes fabuleuses. J'ai vu au musée de Nyon une figurine du dieu des vins qui montre qu'il était bien vénéré en pays vaudois. Et, certes, depuis deux mille ans, il a bien pu changer d'apparence: si on le voyait, s'il se manifestait, on ne le reconnaîtrait sans doute pas, et on aurait envie de lui donner un autre nom que celui que lui ont donné les Latins, ou même les Grecs - Dionysos. Mais serait-ce vraiment Julie d'Étange? Ce n'est pas sûr. Charles-Albert Cingria n'était pas loin de lui donner le nom de la reine Berthe, qui a si souvent habité ces bords du Léman, et qui était aussi appelée une fée, bien que ce fût davantage quand elle filait que quand elle présidait à la fabrication du vin! Quant à Ramuz, il n'a pas nommé ces anges qu'il a décrits dans une première version du Règne de l'esprit malin, descendant parmi les vignes vaudoises pour chasser le diable: nul ne sait quel est leur nom! Les chrétiens médiévaux, de leur côté, firent de saint Vincent le patron du vin et des vignes: un prélat né au pied des Pyrénées qui fut martyrisé par les Romains. Car lui-même ayant subi le supplice de la roue, il avait été sous le pressoir, et Dieu en avait tiré le vin du ciel, que boiraient ensuite tous ceux qui prieraient saint Vincent: debout sur un nuage, onVincent.jpg pouvait le voir, dès lors, verser le vin luisant dans la bouche de ses fidèles, des fidèles qui lui vouaient une spéciale dévotion. Quand ils buvaient du vin réel, l'éclat, la saveur, la force du vin céleste de saint Vincent s'y mêlait, par son action invisible. Son sang, en quelque sorte, se répandant sur les vignes, les bénissait et en transfigurait la liqueur.

Aujourd'hui, chers amis, il faut plutôt imaginer une sorte de présence lumineuse et souriante, un ange, mais diffus dans l'air, car nos conceptions ont changé, et un fantôme tel que saint Vincent ou un dieu charmant et sensuel tel que Bacchus ne correspondent pas à ce que nous pouvons nous représenter. Cela apparaît comme trop précis et trop proche du monde physique pour être convaincant! Dans cette présence lumineuse à la forme humaine globale et vague, des traits de couleur figurent les fées qui naissant de lui vont dans les pampres et y créent les grappes de gemmes dorées! Elles y filent des cristaux dans l'air, et alors ressemblent un peu à la reine Berthe, et puis exhalent de leurs bouches le jus sucré, comme les abeilles le font avec le miel, et alors, elles ressemblent à Julie d'Étange!

A vrai dire, chers amis, je ne bois pas de vin, car je crains le pouvoir enivrant des houris. Paradoxalement, qui tombe sous leur joug cesse de pouvoir les imaginer de façon précise, et c'est justement ma volupté à moi, de créer ces images que j'ai évoquées devant vous, et de les contempler. Si on veut les voir, si on veut continuer à les désirer, à les admirer, il faut jusqu'au bout résister à leurs avances: car qui goûte à cette coupe perd ses moyens, a la vue brouillée, ettilleben_mit_nautiluspokal.jpg n'est renvoyé qu'à lui-même, qu'à son propre plaisir. Ainsi dit-on que la plus grande joie, en amour, est de monter les escaliers, qu'ensuite toujours vient la déception d'un acte qui n'a pas atteint la profondeur escomptée. Je ne sais pas si c'est vrai. Chez des êtres exceptionnels, comme l'était Julie d'Étange, l'amour terrestre est aussi céleste, et j'aimerais, sans doute, pouvoir me regarder comme l'un de ces êtres. Mais pour le moment, je n'ai encore rien constaté de tel! Je vous regarderai donc boire avec respect, et tâcherai de voir les fées du vin tourner autour de vos verres, puisque tel est mon plaisir à moi, qui n'est pas de boire, mais de voir, et de sentir en moi non un liquide, mais son rayonnement, son éclat - et même de l'absorber, car je suis persuadé qu'on peut aussi boire la lumière: elle ne s'arrête pas à la surface de l'œil! Mais je serai bien avec les buveurs, à ma manière. Je me contenterai en quelque sorte de ce qui coule des plaies célestes de saint Vincent, sans y ajouter de breuvage sensible.

Voilà les idées dont je voulais faire part à propos du vin et des vignes, sans vouloir dégoûter qui que ce soit.

D'autres textes - très bons, souvent pleins de merveilleux - furent prononcés lors de cette belle journée. Il faisait chaud, le soleil brillait, le lac scintillait, les montagnes flamboyaient.

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