17/01/2013

Captain Savoy et le don des Fées

jack-kirby-eternals-splash-2-small.jpgDans le dernier épisode, nous avons laissé Captain Savoy alors qu’il écoutait avec éblouissement, avec ravissement la parole du roi des Immortels de la Lune - ainsi qu’on le nomme. On se souvient qu’il lui confia un sifflet d’argent orné de diamants brillants permettant de l’appeler à tout moment à la rescousse lorsqu’il serait amené à affronter des monstres sortis des profondeurs - anges déchus et devenus des créatures infâmes et informes, appartenant par conséquent à la race des Immortels, eux aussi. Mais le roi n’avait pas achevé son discours, quand l’épisode se termina; et dans la suite, Ordolün - tel, en effet, était son nom - expliqua à Captain Savoy pourquoi il avait été chargé de veiller sur lui, et même de lui révéler son propre nom véritable - dont on se rappelle qu’il est Lacner.
 
Or, parlant des monstres à combattre, il dit: C’est parce que leur nature est supérieure à la tienne que les dieux voulurent que nous intervinssions dans tes combats: ils veulent garantir à la Terre et aux hommes un avenir de liberté, de lumière. Et pour cela, il faut que nous agissions en descendant dans les nappes de l’air terrestre, empruntant le chemin d’arc-en-ciel qui en bas se lie aux ténèbres et en haut se fond dans la clarté.

Quoique jadis, sache-le, nous ayons habité la Terre, nous vivons à présent dans l’orbe de la Lune, lequel est d’argent. A nouveau, nous devons combattre, par ton intermédiaire, nos vieux ennemis, nos cousins du Gouffre.

Ô je me souviens de la guerre terrible que nous menâmes contre eux en des temps reculés. Depuis la rupture entre nous est complète. Nos deux lignées choisirent alors deux voies radicalement opposées, totalement inconciliables: eux celle du mal, nous celle du bien - tout du moins ainsi le crois-je. Car lorsque les dieux nous firent savoir qu'ils voulaient que la Terre fût laissée aux hommes mortels, nous obtempérâmes, mais nos cousins de l'abîme refusèrent et se rebellèrent, n'ayant que mépris pour des hommes selon eux incapables de faire le bien par eux-mêmes, et ne pouvant l'accomplir qu'assujettis à leur race, qu'ils disaient supérieure. Quant à nous, ils nous traitaient de naïfs, et nous pensions l'être, car les desseins des dieux nous apparaissaient à nous aussi obscurs; mais nous leur faisions confiance, et nous aimions les hommes, quoique nous nous sentissions supérieurs à eux aussi. Une guerre cependant commença, et, grâces en soient rendues aux dieux, nous en sortîmes vainqueurs.
  
Bruegel I - La chute des Anges Rebelles 1.jpgComme nos ennemis étaient puissants, nous dûmes même recevoir l'aide de messagers de planètes plus élevées que celle-ci! Mais je t'en reparlerai un autre jour: car pour le moment, la forme de leur aide te semblerait étrange et incompréhensible; elle est hors de ta portée.

Sache néanmoins que les vaincus furent précipités dans l'abîme, et que je fus chargé d'en verrouiller l'entrée, d'en interdire pour mieux dire la sortie aux démons; les anges m'en confièrent la clef, que je garde encore auprès de moi.

Cela advint il y a de nombreux millénaires, mais le temps pour nous n'est pas ce qu'il est pour ceux de ta race, ô Lacner!

Quoi qu'il en soit, la Lune nous fut donnée pour demeure, et nous nous y installâmes. La Terre fut laissée aux hommes, et à leurs héros, que nous étions chargés de guider et d'aider, si le besoin s'en faisait sentir.

Or te faut-il savoir que nous arrivons à un temps où la porte de cette prison s'est entrouverte: le verrou s'est à demi brisé, et le loquet s'est relâché. Des êtres qui ne sont point trop grands ont pu passer dans les interstices créés au sein du portail de l'Orc. Et la guerre a repris. Elle est appelée à s'intensifier, les créatures de l'enfer qui jaillissent devant être toujours plus puissantes. C'est pourquoi, tu le sais, tu fus toi-même suscité.

Mais bientôt ta force ne suffira plus: il te faudra de l'aide, des disciples, et le secours de ceux de notre race. Les géants sont ressortis de leur tombe! C'est une façon de le dire.
 
Il est parmi eux des mages noirs qui te connaissent et te haïssent, qui ont juré ta mort. Ils s'apprêtaient à régner sur les hommes et tu as mis fin à leur prétention. Ils se faisaient passer pour des libérateurs de l'humanité, et tu as dévoilé leur véritable nature! Voici qu'ils t'en veulent mortellement, et qu'ils entendent lancer contre toi des attaques inouïes. Or, leurs pouvoirs sont très grands. Ils envoient des chevaliers revêtus d'armures qui jettent autour d'eux des éclairs, et foudroient leurs ennemis: c'est un art que nous possédons aussi; nous pouvons disposer d'habits métalliques qui vivent par eux-mêmes et permettent d'effectuer des exploits extraordinaires.

Elles furent tissées dans l'étrange métal que charrient en leur sein les rayons des étoiles! Les forgerons des immortels savent l'art de le capter.
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Certains d'entre ces mages ont réveillé d'abominables monstres des profondeurs: ta vaillance ne sera pas de trop pour en venir à bout.

Notre devoir est donc de te seconder dans ces efforts.
 
Pour l’heure, néanmoins, tu disposes de quelques jours de répit. J’ai chargé ma fille Adalïn de te faire visiter ma cité, et de te faire loger dans mon palais. Honore-la, car elle t'a défendu, quand certains d’entre nous ont émis des doutes, et dit estimer que tu ne méritais pas notre aide, n’étant qu’un mortel parmi cent autres. Elle a dit voir en toi davantage - une nature divine, qui un jour te placerait au-dessus de nous tous, te créerait un trône sur un astre plus élevé que la Lune! Elle l'a vu d'or, et glorieux.

Nous lui fîmes confiance, et nous comptons sur toi: nous espérons que tu t’en montreras digne.

Or, veux-tu dire quelque chose?
 
Captain Savoy, étonné, et même bouleversé par tout ce qu’il venait d’entendre, ne trouva guère de mots à ajouter. Il remercia le roi et toute l’assemblée des chevaliers réunis en ces lieux de bien vouloir risquer leur vie pour sauver la sienne et celle de tous les hommes de la Terre, et il leur annonça qu’il ferait tout pour se rendre digne de la confiance qu’ils lui accordaient, et qu’il était vrai, sans doute, que cela dépassait ses mérites, mais qu’il s’efforcerait, désormais, de multiplier ceux-ci afin de se rendre digne de la confiance que la belle Adalïn lui avait vouée, et de les rendre aussi nombreux qu’elle l’avait dit: car tant de beauté eût rendu infâme tout homme ne cherchant pas à se rendre digne des dieux!
 
Entendant, ces paroles, Adalïn rougit et ses yeux s’allumèrent. Quant au roi, il sourit et approuva ce qu’il venait d’entendre d’un signe de tête. Alors, dans la salle, un joyeux salut résonna, qui venait de la bouche de tous les chevaliers: Gloire à toi, Lacner, ô Captain Savoy! entendit-on dire. Et puisses-tu un jour rejoindre les dieux sur leur trône, puisque notre princesse en a eu la vision! Et ils poussèrent une acclamation.
 
Captain Savoy prit alors la main que lui tendit Adalïn avec infiniment de grâce, et s’apprêta à la suivre: elle l’entraîna dans une autre pièce par une porte latérale. Ce qu’elle lui montra, et ce qu’il en advint, sera dit une fois prochaine, si la destinée le permet!

08/12/2012

Captain Savoy et le roi des Elfes

d7b81920608248bab94a4d60583f6fd5-CCP_IMG_600x400.jpgDans le dernier épisode de cette série consacrée à Captain Savoy, nous nous en souvenons, nous avons laissé le héros alors qu’il arrivait devant le roi de la terre de Féerie, le père d’Adalïn, la princesse fée qui l’avait guidé en ces lieux pour une raison inconnue. Or, lorsque Captain Savoy fut devant le roi, et qu’il se fut agenouillé devant lui, baissant le front devant sa majesté, ne pouvant soutenir son regard de feu - son œil éclatant, semblant refléter la force, la gloire et la splendeur des dieux mêmes -, il l’entendit, d’une voix puissante, mais douce, lui ordonner de se relever. Il le fit, et osa regarder le noble prince en face: et son visage rayonnait de clarté, comme s’il fût un lumineux phare; mais de l’amour, de la compassion, de la bienveillance aussi s’en dégageaient, et des couleurs dans son œil se mouvaient qui en voilaient l’éclat, à la façon d’auvents soyeux. On eût dit que des paillettes s’y déplaçaient constamment, qui semblaient vivantes, comme si des anges les eussent maniées. Et une joie secrète paraissait y palpiter, y vibrer!
 
Or, en souriant légèrement, ce roi - qui, en vérité, se nommait Ordolün -, s’adressa à Captain Savoy, et oyez ceci, il lui dit: Ô mortel! Tu as l’air d’un noble guerrier. Ma fille t’a amené ici. Nous t’attendions. Car elle l’a fait à ma demande, sur mon initiative. Il est vrai que depuis longtemps elle t’épie et t’admire; elle aime assister à tes exploits, et pense, sans que je sache si elle a raison, que, quoique ton corps demeure celui d’un mortel, tu as les qualités d’un dieu.
 
Elle a participé, sache-le, au choix qui sera fait aujourd’hui. Mais elle n’est pas la seule: nous te savons béni et protégé des êtres célestes les plus élevés, lesquels t’envoient des anges, pour t’armer, dc293e53.jpgt’entraîner, te secourir! Nous le savons, parce un ange est venu nous le révéler de leur part, et nous demander de t’aider à combattre, à le faire directement, à nous mêler aux affaires de la Terre, afin de te seconder en toute occasion.
 
Car tu sais que les anges t’ont laissé seul, au combat, même s’ils t’ont toujours montré le chemin, même s’ils t’ont éclairé de l’intérieur: et devant toi alors un sentier de lumière s’est tracé, que tu as pu suivre! Mais pour nous autres, nous pouvons nous matérialiser sur Terre et affronter directement les monstres qui t’assaillent, s’ils sont trop nombreux, et si tu faiblis devant eux, si le sentier qui a été tracé devant toi ne suffit pas.

J’ai demandé à ma fille d’aller te chercher dans ta demeure afin de te le dire, et de donner ceci: regarde.
 
Et il lui tendit un objet étrange: il ressemblait à un petit sifflet d’argent; il étincelait, et les couleurs de l’arc-en-ciel semblaient se refléter sur lui; de fins diamants l’ornaient, semblables à des astres. Alors le roi Ordolün reprit: Ô permets-moi de t’appeler Lacner - car tel est ton vrai nom, au-delà du titre que tu t’es donné de Captain Savoy et du nom que tu reçus jadis de tes parents. Oui, Lacner est le nom que tu six06c6.jpgreçus des cieux, et il m’a été communiqué! Alors, en te nommant ainsi, je t’apprends en même temps ton véritable nom, par lequel ton âme peut être saisie: car il s’agit de ton nom éternel, celui qui te créa, et que prononça ton ange à l’orée des temps.
 
Et maintenant, Lacner, sens vibrer en toi les profondeurs du monde, lorsque je t’appelle de ce véritable nom qui est le tien. Mais prends aussi cet objet que je te tends. Sens comme il est léger, doux au toucher, lisse, fin.
 
Et Captain Savoy put le constater en effet.
 
Or sache, reprit le roi Ordolün, sache que si tu portes à la bouche cette sorte de sifflet et souffles dedans, oui, nous l’entendrons dans la salle du trône, dans cette salle même où tu te tiens en ce moment. Nous l’entendrons, et nous accourrons, car ce sera pour nous comme un appel! Ce sera Thor 151-10.jpgpour nous comme une prière à laquelle nous ne pourrons pas ne pas accéder. Et nous viendrons à ta rescousse, lorsque tu seras submergé par le nombre, et que dans ce nombre seront des monstres sortis des profondeurs, des démons de l’abîme, des habitants de l’Orcus!

Car tu ne devras pas te servir de ce sifflet pour de simples mortels qui par des moyens secrets seront parvenus à acquérir un pouvoir défiant le tien: même s’ils ont sous eux des démons qui leur donnent ce pouvoir, ce n’est pas contre les mortels que nous pourrons agir, car nous n’en avons pas reçu la permission. Nous avons été requis de t’aider contre les monstres sortis des profondeurs et les démons de l’abîme, les habitants de l’Orc, et seulement eux. Car ils sont de notre race, mais appartiennent à une branche déchue d’icelle, et notre devoir, notre tâche, notre fardeau est de les combattre: par notre incurie sont-ils passés du mauvais côté, sans doute; nous devons à présent nous sacrifier pour les repousser dans les ténèbres de l’abîme!
 
Or, le roi Ordolün dit encore quelques autres petites choses; mais la place pour aujourd’hui manque, et il faudra attendre un prochain épisode de cette série pour savoir quelles elles furent.

30/06/2012

Captain Savoy et les chevaliers d’argent

La_Belle_Dame_Sans_Merci_1865 arc.jpgDans le dernier épisode, on s'en souvient, Captain Savoy, proche du désespoir, avait supplié celle pour laquelle il avait eu un véritable coup de foudre, celle dont les yeux éclatants avaient jeté dans son cœur des éclairs d'une force incroyable, l'immortelle fille du roi des Elfes, comme disait Lord Dunsany, et au lieu de continuer à fuir devant ses mains tendues vers elle, le voyant agenouillé et prêt à mourir d'amour, elle s'était retournée et tenue devant lui.

Souriant et le regardant de son œil doux et semblant refléter des mondes d'une profondeur inouïe, semblant contenir des trônes d'or sur lesquels étaient assis des dieux, elle attendait, pareille à une statue d'émeraude. Alors, il lui parla, et voici, il lui demanda pourquoi elle avait fui. Elle répondit qu'il n'avait fait que la poursuivre, et qu'il ne l'avait pas priée, ne l'avait pas nommée pour qu'elle se dirige vers lui. Mais que maintenant elle était devant lui, et qu'il pouvait se relever, qu'elle ne fuirait plus. Et c'est ce qu'il fit. Elle ajouta alors qu'elle était venue de la part de son père, le roi des Chevaliers Immortels, et qu'elle était chargée de le conduire auprès de lui. - Où vit-il? demanda le digne héros. - Non loin d'ici, répliqua la belle princesse. Viens. Elle lui tendait la main, et il la prit, et elle était douce et légère; une fraîcheur parfumée lui monta au cœur, et il lui sembla qu'autour de lui les arbres fleurissaient, que le gazon verdoyait et se constellait de gemmes luisantes. Ils passèrent bientôt sous une arche de feuillage, et des fleurs éclatantes - qu'on eût pu prendre pour des lampions, tant elles brillaient - étaient tressées en guirlandes, créant des arcs-en-ciel. Il sembla d'ailleurs à Captain Savoy que leurs radieuses couleurs l'emplissaient et absorbaient sa vue, et qu'il marchait dans les teintes mêmes, devenues des voies au sein de l'éther. Autour de lui, pendant ce temps, se mouvaient des étoiles comme des flocons de neige. Il avançait parmi elles, et certaines prirent sous ses yeux l'allure d'êtres lumineux, qui le saluaient en souriant, semblables à des anges, et il en prit d'autres dans la main, et elles l'illuminèrent entièrement. Il ne voyait plus rien du monde qu'il avait connu, celui des simples mortels.

Bientôt, ils arrivèrent à un portail d'or; et devant, se tenant un guerrier fier, que Captain Savoy ne devait pas tarder à apprendre à connaître:Asgard Heimdall.jpgil tenait un cor d'argent dans la main gauche, une lance étincelante dans la main droite, et il portait une armure sertie de pierres précieuses qui jetaient cent feux autour d'elles. Or, ce gardien preux les vit, et demanda à la princesse Adalïn qui amenait-elle en ces lieux sacrés, dans le propre palais de son père! Elle le lui dit, et voici! il les laissa entrer. Devant eux, sans bruit, et sans qu'on vît personne tenir les battants, la porte s'ouvrit, comme si un, mot les eût mues, comme si elles avaient été douées de volonté propre. Alors, Captain Savoy vit la cité la plus incroyable qu'il fût donné de voir à un mortel.

De hauts bâtiments s'élevaient, qui étaient semblables à des pierres vivantes, qui paraissaient palpiter, respirer, et qui avaient quelque chose de diaphane, comme s'il s'agissait d'ambre. Les vitres des fenêtres étaient de pierres précieuses, et luisaient. Les pavés miroitaient comme s'ils avaient été d'argent.

Nos deux personnages augustes traversèrent la place centrale, et montèrent des marches de marbre teinté. Ils entrèrent dans la grande salle et Captain Savoy vit, au fond, au bout de deux rangées de guerriers en armures brillantes, le plus majestueux prince qu'on ait jamais pu voir. Il était sur un trône d'or, et le perron en haut duquel il se tenait était de rubis; un dais le surplombait, de velours pourpre, et des colonnes torsadées d'émeraude le tenaient, ceintes de lauriers d'or. Sous le dais, contre la pourpre du velours, avait été placé un assemblage de saphirs quadrillés de diamants, et on eût vraiment dit le ciel étoilé: les diamants en particulier semblaient avoir une lumière propre, mais il en était également ainsi des saphirs, dans une moindre mesure. Le front du roi en était illuminé. Une étrange clarté, d'ailleurs, semblait tomber du haut du palais, comme si elle était venue d'au-delà du toit: on ne distinguait pas sa source, et là elle brillait, le toit disparaissait. De chaque côté du roi et de son trône, se dressait une porte vermeille surmontée d'un ange semblant sculpté dans l'or mais dont les yeux brillaient comme s'ils eussent été vivants; le mystère de ces deux portes était profond: elles semblaient vibrer d'une présence inconnue, d'une force indicible. Là étaient les appartements privés du roi, où, Captain Savoy l'apprit plus tard, un autel particulier se trouvait, qui permettait à ce roi de se rendre au pays des dieux. Il y retrouvait la déesse qu'il avait épousée dans sa jeunesse, dont était née Adalïn, et qui n'avait pas voulu demeurer dans le pays des immortels de la Terre, de telle sorte qu'une fois l'éducation d'Adalïn achevée, elle était retournée parmi les siens. Mais il n'y avait pas eu de divorce: le roi et elle continuaient de se voir. Un jour, le roi la rejoindrait: ce serait quand sa mission auprès des siens et des mortels serait achevée. Mais au moment où Captain Savoy lui rendit visite pour la première fois, cette heure n'était pas encore venue.

Je dirai un autre jour la suite de cette incroyable histoire.