01/07/2016

La renaissance de Captain Savoy

53962-new2bgods2bposter2bdetail.jpgDans le dernier épisode de cette grandiose série, nous avons laissé Captain Savoy alors que, avec son ami l'Homme-Cygne, il s'était attaqué aux monstres qui l'assiégeaient en voyant arriver les chevaliers du lac Léman.

De leur côté, les disciples de Captain Savoy attaquèrent les monstres hybrides, nés de la sorcellerie du Fils de la Pieuvre. Ils firent du mieux qu'ils purent; des éclairs jaillirent de leurs armes, de leurs yeux, de leurs mains, et ils assenèrent des coups dignes de rester dans la légende; mais les monstres étaient plus forts. Les jeunes héros reculaient sous leurs coups et ne parvenaient pas à les abattre. Seule l'Amazone céleste parvint, en ripostant, à trancher la main de l'hybride cornu nommé Ëteurled et qui par son père était de la famille de Fomal, l'Homme-Taureau. Un sang noir jaillit à gros bouillons de la plaie. Mais l'Amazone céleste eût péri sous les coups du frère d'Ëteurled, Apörgog, qui avait des tentacules sous les bras, et qui s'apprêtait à les lancer sur la vierge étincelante et à l'empoisonner de leurs ignobles dards, mais Captain Savoy l'en empêcha en surgissant derrière lui et en perçant de part en part de sa lance l'effroyable créature: car il l'enfonça sous son omoplate gauche et atteignit le cœur. L'Amazone céleste, prise dans sa rage, lui trancha la tête avant qu'il ne s'écroulât et ne chût dans l'eau, la teignant de son sang impur. Cependant, telle était la vie de ce monstre qu'en tombant sa tête jurait encore – jusqu'à ce que l'eau la recouvrît et que de sanglantes bulles en jaillissent.

Le Nouvel Hanuman effectua aussi quelques exploits, dans la mesure de ses forces et de son expérience. Certes, il ne put tuer un seul hybride monstrueux; mais il assaillit avec vigueur les guerriers ordinaires que le 2014-02-15-Catherine-Zarcate1.jpgFils de la Pieuvre avait amenés sur des barges pour qu'ils assiégeassent la base de Captain Savoy, et de sa queue et de sa force, de son agilité et de son habileté, il put éviter les coups des mortels ordinaires et les abattre en les étourdissant et renverser une de leurs barges. Quand les autres disciples de Captain Savoy virent cela, et que cela mettait hors de combat, sans les tuer nécessairement - à moins qu'ils ne se noyassent - les pauvres Annéciens ensorcelés par le Fils de la Pieuvre et possédés par ses alliés démons, plusieurs eurent l'idée de l'imiter, et c'est ainsi que, se mettant à deux, le Léopard des neiges, bondissant d'une barge à l'autre, et le Noton bleu, marchant sur l'eau qu'il dirigeait déjà, même si ses pouvoirs n'étaient pas mûrs - c'est ainsi, dis-je, que ces deux héros en devenir renversèrent les barges, le premier en leur donnant de violents coups de pied quand il sautait sur elles, le second en les soulevant de la main et en s'appuyant sur l'onde qui le portait: et vous eussiez vu, alors, de grandes vagues se mêler à ses mains, et comme prendre leur place, car tel était son pouvoir!

Pendant ce temps, l'horrible Fils de la Pieuvre, libéré des chevaliers de Nalinë, assaillait Captain Savoy, qui fut pris par surprise après avoir tué le monstre Ëteurled; il lui donna un violent coup de queue, alors qu'il s'élevait et bondissait vers lui, masquant cet organe derrière son corps et le faisant jaillir brusquement tel un fouet. Captain Savoy fut envoyé à plusieurs centaines de mètres, et tomba sur le château de la presqu'île de Duingt. Le noble Châteauneuf, qui avait abrité tant de nobles seigneurs et de gentes dames, fut décapité de sa tour maîtresse - jadis bâtie, dit-on, par une fée. Captain Savoy la détruisit en tombant, et brisa le toit en le heurtant.

Les disciples en furent stupéfaits: ils en furent inquiets. Le Fils de la Pieuvre, prudemment, s'avança vers le château en glissant à la surface de l'eau, partageant ce pouvoir avec le Noton bleu. Mais lui ne marchait pas dessus: par dessous, ses pieds et sa queue le faisaient avancer, et il le faisait comme un navire que pousse son hélice dans l'onde. Les hybrides s'arrêtèrent de combattre pour assister à la suite de ce duel, car si Captain Savoy était abattu, ce serait une grande nouvelle, et une grande victoire, et les disciples et l'Homme-Cygne et les chevaliers du Léman fabuleux ne pourraient continuer à résister à leurs assauts.

Mais soudain, du château en ruines une grande lumière jaillit, qui était d'or mêlé de vert, et Captain 10500578_1275160115831575_6978772885037517615_n.jpgSavoy se montra, plus éclatant que jamais, faisant luire au loin sa livrée de gueules à croix d'argent après avoir fait voler autour de lui les débris que, dans sa rage, il laissait des bâtiments croulants qu'il avait violemment pénétrés, et avoir donné naissance à un nouveau pont d'émeraude de sa gemme étincelante, sur lequel à présent il gravissait l'éther.

Sa gloire était telle que le Fils de la Pieuvre, à son tour, s'arrêta. La puissance que dégageait ce héros l'impressionna. Il crut voir, descendant du ciel, un rayon splendide, qui l'entoura après avoir traversé les nuages: une nuée d'étoiles semblait s'y trouver. Se pouvait-il qu'il eût bénéficié d'une aide spéciale des dieux, que les anges lui eussent apporté un secours nouveau? se demandait le monstre, qui haïssait les êtres célestes parce qu'ils trahissaient, parce qu'ils trichaient, et parce que sa mère lui avait instillé cette haine - elle qui les avait reniés et s'était séparée d'eux parce qu'elle les trouvait infâmes avec elle et faibles avec les hommes, qu'elle méprisait.

Nous saurons ce qu'il advint alors dans un prochain épisode, néanmoins. La fuite antérieurement annoncée de Captain Savoy sera cette fois racontée.

28/04/2016

Captain Savoy et les monstres hybrides

127ee31ec6b87a4b442f13983fd089d6.jpgDans le dernier épisode de cette série mêlant super-héros et fantasy (et, même, science-fiction), nous avons laissé Captain Savoy, ses dix disciples et l'Homme-Cygne alors qu'ils venaient d'apercevoir les chevaliers-marins de la Dame du lac Léman, venus les secourir sur le lac d'Annecy. Les nefs qui les transportaient, semblables à des cygnes, émerveillèrent le génie de la Savoie, qui pourtant avait vu bien des choses interdites à l'œil mortel.

Captain Savoy se souvint du chant qu'il avait entendu, la première fois que des mortels avaient aperçu ces grands cygnes éclatants de blancheur, ces nefs pleines de majesté:

L’aube à présent sème aux vents ses cent roses:
Au fond du val tombant, elles se posent
Sur du cristal dont s’élève un brouillard;
Là le soleil redevient sur l’argent
Cet orbe d’or qu’un ange fut forgeant
Et dont les feux sont du monde le fard.

Sur le lac pur, sous des monts d’émeraude,
À l’heure où l’eau paraît être plus chaude,
Un cygne glisse et s’avance sans bruit;
Il vient des bords où l’on voit des roseaux,
Et son éclat, en nageant sur les eaux,
Rend pâle un jour soudain tel que la nuit.

Sous son plumage illuminant les airs,
Naissent des feux dorés sur les flots clairs:
Son corps y fait des sillons de lumière.
L’oiseau n’est pas de l’univers mortel:
Il a franchi le seuil d’un portail tel
Que sa clef seule a le prix de la Terre.

Un jeune poète l'avait composé, ébloui par cette vision. Et Captain Savoy l'avait entendu le dire, quand ses mots avaient résonné sur les flots.

Et il lui semblait encore en percevoir l'écho, et voici! il se surprit à le murmurer à son tour. Car même lui, qui avait parcouru les mondes, qui avait séjourné dans le Palais de la Lune, était émerveillé par cette beauté, cette splendeur des nefs pareilles à des cygnes et dont, d'emblée, la première fois qu'ils les avaient vues, les hommes avaient saisi qu'elles pouvaient emmener au delà des limites de la Terre et sur les routes du Ciel, Teleri_Ships_Drawn_by_Swans.jpgfaisant aborder aux divins rivages où vivent les êtres éternels. Ne venaient-elles pas, de fait, de la mer de la Lune, au bord de laquelle s'élève le palais d'Ordolün où Captain Savoy même s'était rendu, et marié?

Cependant l'Homme-Cygne, déjà reconnaissant les siens, s'était élancé, et, appuyant leur assaut, s'en était pris directement à un monstre hybride de grande taille, muni d'ailes de chauve-souris, et au visage noir et hideux, aux yeux de braise: il se nommait Orcatis et était fils d'une mortelle et d'un géant des profondeurs, et il avait été conçu dans les chambres du Fils de la Pieuvre, qui avait permis cette infâme union, et qu'il en sorte un rejeton, par sa magie. Il avait dans sa main un trident, et sur son corps un haubert rouge, avec des lames violettes; et du feu était sur son crâne aux oreilles pointues, formant une crête oscillante.

L'Homme-Cygne jeta sur lui une rafale de feu cosmique, par le pouvoir qu'avait donné à ses mains sa mère, et, comme il savait que cela ne suffirait point à le vaincre, que cela ne ferait que l'étourdir, s'élança dans la foulée pour lui asséner un coup énorme de son aile argentée. Des étincelles jaillirent, et le monstre poussa un cri, mais il ne fut pas tué; un sang noir jaillit de sa bouche, mais ses yeux s'allumèrent d'un feu féroce, et il leva son trident: un éclair jaillit, qui frappa l'Homme-Cygne sur la poitrine. À peine son haubert d'argent put-il protéger son corps; s'il n'avait pas, au dernier moment, fait tourner son buste, afin que l'éclair y rebondît sans le percer, il eût à coup sûr reçu une plaie mortelle.

Captain Savoy, voyant son ami s'élancer, fit de même. Bien lui en prit. Car il eût pu être accusé d'ingratitude et de déloyauté, s'il ne l'avait pas fait. L'Homme-Cygne, en effet, était assaili par deux autres hybrides pareils à des géants, et il ne fallut pas trop de la lance de Captain Savoy pour le dégager: il atteignit l'un de sa pointe, lui perçant l'épaule au moment où il se retournait vers lui pour se défendre, et l'autre d'un rayon sorti de son anneau, qui le blessa lourdement au visage, lui crevant l'œil qu'il avait entouré d'un heaume brillant, de couleur bleue.

Et pendant ce temps les chevaliers de Nalinë s'étaient tous élancés sur le Fils de la Pieuvre, l'avaient recouvert, comme des abeilles recouvrent l'homme qui s'enduit de miel à proximité de leur ruche. Ils l'abreuvaient de coups, mais qui ne l'entamaient pas vraiment, qui ne faisaient que l'exciter et le mettre en colère. Et il les balaya: il les repoussa les uns après les autres, tuant plusieurs d'entre eux de la hache qu'il avait saisie, un autre de ses longues griffes, pareilles à des dagues, un autre encore de sa queue, qui le transperça comme une lance, car elle était pointue au bout, et dure comme du fer.

Mais sur ces mots, ô lecteur, il faut laisser là cette bataille; ce sera une prochaine fois que nous verrons comment Captain Savoy put fuir sans pertes parmi ses disciples, l'ennemi demeurant trop puissant, et s'en aller vers son imprenable base du Grand Bec.

21/02/2016

Captain Savoy et les Elfes du Léman

comics marvel comics archangel xforce angel comics character_wallpaperswa.com_81.jpgDans le dernier épisode de cette série imitée des chansons de geste, nous avons laissé Captain Savoy et ses disciples alors que, assiégés par le Fils de la Pieuvre, ils se tenaient avec l'Homme-Cygne dans la grotte du Roc de Chère, base de Captain Savoy qui avait jadis appartenu au héros Dal. Or, par une projection d'image, la mère de l'Homme-Cygne, la belle Nalinë, Dame du Léman, nymphe immortelle, avait annoncé l'arrivée, pour les secourir, de ses guerriers, qui, disait-elle, passeraient par le Rhône puis le Fier puis le Thiou. Et elle assurait qu'elle conservait assez de guerriers pour la protéger.

Hélas, l'Homme-Cygne savait qu'il n'en serait rien, et que sa mère se garderait de le prévenir si on l'assaillait tandis que lui-même demeurerait dans un âpre besoin: elle préférerait certainement se sacrifier plutôt que de mettre en péril son cher enfant.

Il voulut lui parler, mais Nalinë dit: Et maintenant, je te dis au revoir, ô mon fils, et garde-toi bien; il faut que je te quitte, car cette communication m'épuise, et mes pouvoirs, tu le sais, ne sont pas illimités. - Nalinë! s'écria l'Homme-Cygne, et il se jeta vers la source et la forme de sa mère, pour essayer de la saisir dans ses bras; mais il ne rencontra que de l'eau pure et blanche, toujours ornée de reflets lunaires, mais sans cette fois la lumière étrange qui s'y était ajoutée. Car elle s'était évanouie, et l'ombre de sa mère avait disparu: il crut en saisir des pans chatoyants, des lambeaux colorés, mais ils se dissipèrent à leur tour sous son étreinte. Bientôt ils ne furent plus que des flocons qui également s'en furent, pareils à une neige dans une main chaude.

Captain Savoy posa la main sur l'épaule de l'Homme-Cygne, et dit: Ne t'inquiète pas, ô ami; ta mère est une grande reine, et elle saura se garder face au mal, si jamais il l'assaille. D'ailleurs il ne le fait pas encore: inutile de craindre ses propres conjectures, avoir peur des images de son propre esprit. C'est là pure folie, et il faut à présent se tenir prêt. L'Homme-Cygne se retourna et: Bien sûr, dit-il, tu parles d'or, noble génie de la Savoie! Mais mon cœur me tire toujours vers ce cher auteur de mes jours, et il n'est personne au monde que je chérisse autant; elle est ma lumière et ma chaleur, et, je dois l'avouer, aussi ma faiblesse. Donc suis-je heureux de t'avoir avec moi pour me réveiller à mes tâches d'homme, à mes devoirs de Gardien de la Justice et de la Liberté - ces deux chers anges du Ciel que je me dois d'aimer autant que ma mère, et tous les hommes qui sont sur Terre.

Captain Savoy alors rit, et n'ajouta rien. Les dix, les entendant, comprirent qu'il fallait se préparer, et ajustèrent leurs armes.

Puis ils attendirent, assis et calmes, s'efforçant de trouver la paix intérieure, et d'aller chercher au fond 701008-marvel_universe.jpgd'eux-mêmes la source de leur invincible courage, si elle existait.

Mais n'existe-t-elle pas chez tous les êtres pensants? Les héros ne sont-ils pas d'abord les hommes qui ont réussi à la trouver, et se sont ainsi unis au dieu qui vit en eux - à l'ange qui les guide, à l'archange qui les dirige, à l'archée qui les éclaire?

Dans le silence de leur cœur ils partirent loin, écoutant le grondement de la Terre, le chœur des planètes, la voix des constellations. Ils sentirent s'approcher d'eux des êtres, pensèrent les entendre leur dire des mots. Le temps autour d'eux sembla se suspendre.

Soudain, un bruit sourd retentit, qui les arracha à leur torpeur. Ils entendirent des cris, et comme des coups de tonnerre. La caverne trembla. La bataille, au-dehors, avait commencé. Des foudres étaient lancés!

Aussitôt, Captain Savoy se leva, et dit: Allons, les amis! Les jeunes disciples le suivirent, et il fit ouvrir la porte; car il parla, et elle s'ouvrit seule, un Nain invisible présidant à son ouverture. Il suffisait de dire le mot qu'il attendait.

Au dehors, ils virent le spectacle saisissant d'un âpre combat. L'eau giclait, et il en jaillissait des guerriers d'argent qui se jetaient sur le Fils de la Pieuvre et les douze guerriers-sorciers. Ceux-ci, pris par surprise, ne sachant d'où venaient les attaques, reculaient, et prenaient peur.

C'était les éclaireurs de l'armée de Nalinë. Par dessous les ondes ils avaient nagé, ou avaient pris des routes sèches inconnues des mortels. Le gros de l'armée suivait: elle apparut sur les ondes du lac. Elle était portée par trois nefs pareilles par leur forme à des cygnes. Elles glissaient sur l'eau comme des bulles de savon, semblant à peine la toucher, s'enfonçant de façon presque imperceptible. Elles étaient sorties d'une brume qui jusque-là les avait cachées: elles avaient traversé la ville sans être vues. Brillantes, jetant des feux, elles avaient la splendeur des anciens jours. Une gemme à leur proue, figurant un cygne, éclairait devant elles la brume et les eaux. Des rayons de feu en jaillissaient, atteignant les monstres, et les repoussant et les dispersant. Les simples soldats venus soutenir les douze monstres en étaient meurtris mortellement.

La suite de cette bataille ne pourra néanmoins être livrée qu'une fois prochaine. Nous verrons alors comment les héros pourront affronter les douze monstres du Fils de la Pieuvre.