29/08/2022

Le génie du Razès et les monstres du Bugarach, 14: la gloire des deux amis nouveaux

00000000000000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série intense, chers lecteurs, nous avons laissé l'Homme-Corbeau et sa nouvelle amie l'Amazone céleste alors que celle-ci était parvenue à enfoncer la lame de son épée dans le ventre de l'araignée géante qui s'en était prise à eux deux.

Or, non seulement elle toucha une artère majeure de son organisme, mais elle y répandit instantanément l'énergie cosmique qui imprégnait son arme – et un feu aussitôt s'y répandit, destructeur et dévorant. Des flammes jaillirent autour de la plaie, courant ensuite à la façon d'éclairs le long des membres du monstre, et ressortant bruyamment et brutalement d'interstices dans son squelette externe, notamment de sa colonne vertébrale ventrale, commune à bien des bestioles de cette singulière race. Ainsi son corps se disloqua, trois pattes même se détachant du corps sous la violence du choc et des flammes00000000000000000000.jpg jaillies de la lame cosmique de l'Amazone céleste.

Celle-ci n'attendit pas, néanmoins, de voir si cela suffirait à abattre cette ennemie. Laissant plantée l'épée dans le ventre putride, elle bondit vers le cou et la tête épaisses et noires de l'araignée géante, puis sortit de sa ceinture deux poignards étincelants qu'elle y tenait en permanence – et, à coups redoublés, perça le gros cou velu et l'occiput hideux du monstre, y répandant un sang noir, acide et fumant, putride par son odeur, dangereux par ses vapeurs.

Les monstres de Zitec, rendus stupéfaits par cette victoire annoncée de l'Amazone, avaient tourné leurs yeux vers son combat acharné, et les écarquillaient – écartant leurs paupières blêmes et montrant leurs yeux noirs, sans blanc aucun qu'on pût voir en leur sein. Les monstres avaient donc cessé d'assaillir l'Homme-Corbeau, lequel en profita pour reprendre son souffle.

Il voulut cependant participer à la destruction de l'araignée énorme. Il déploya donc ses ailes, puis vola jusqu'à elle, se joignant à l'Amazone céleste – et sans tarder de sa lance, sous les yeux stupéfaits des gens de Zitec, il creva trois des six yeux du monstre 000000000000000.jpgoctopode, qui en bougea et en vibra, et qui en fut secoué de spasmes, et qui hurla son désespoir de sa profonde bouche immonde. 

Car il était, assurément, terrifié par son destin, et la lumière terne et tremblante des trois yeux restants, au regard aguerri, assurément le révélait. Sans pitié toutefois les deux nouveaux amis poursuivirent leur œuvre guerrière. 

C'est alors que les gens de Zitec s'aperçurent qu'en s'arrêtant de combattre, stupéfaits par ce qu'ils voyaient, ils avaient agi bien follement. Ils se reprirent et à leur tour se ruèrent sur le dos du monstre, non évidemment pour précipiter sa fin inévitable, mais pour le sauver, ou, du moins, profiter de ce que leurs deux ennemis à présent jurés fussent occupés à l'accabler pour les prendre à revers et les vaincre à leur tour, si cela était possible.

Mais avant qu'ils n'arrivassent à portée, l'Homme-Corbeau, qui les avait vus, déclara à l'Amazone céleste: Je ne sais qui tu es, belle amazone, magnifique valkyrie de mon cœur (car il n'avait point perdu ses habitudes séductrices, son parler galant de charmeur incorrigible, malgré sa transformation miraculeuse), mais je dois te remercier, de cela je suis sûr, et t'être éternellement reconnaissant. Et je te laisserai achever ce monstre hideux, pendant que je protégerai nos arrières, affrontant ceux qui nous assaillent à présent, parce qu'ils pensent profiter de ce que nous sommes occupés à achever cette araignée pour nous abattre.

L'Amazone céleste, à ces mots, ne répondit point, mais jeta un œil brillant vers l'Homme-Corbeau, bref et pur, et même esquissa un sourire; cependant elle retourna vite à son travail de guerrière, à son œuvre destructrice de l'araignée maudite, ne voulant point se laisser distraire – ni bien sûr laisser l'Homme-Corbeau croire qu'elle eût des sentiments pour lui, et qu'il pût s'imaginer une chose pareille, 00000000000000000.jpgpenser des choses qui n'étaient pas, à son sujet! Puis l'Homme-Corbeau se jeta vers leurs assaillants, qui montaient le long de la carapace affaissée du monstre, et leur fit face, parant leurs coups et leur répondant par d'autres, à la façon très rapide d'un manieur de foudres, mais qui s'en fût servi comme d'épées, ou de lances – si vive était sa nature, et si puissants ses dons.

Car il jetait de ses yeux de cristal vermeil des rayons luisants de couleur rouge qui ainsi que des balles de fusil effectuaient des tranchées dans leurs rangs, coupant leurs bras et leurs jambes à la façon d'obus éclatés, ou de carreaux d'arbalète. Et voici! ils en étaient fort effrayés. 

Certains cependant purent l'approcher, et jeter vers lui leurs tridents aigus, électriques et pâles. Et l'Homme-Corbeau dut parer, ou se protéger de ses ailes aux plumes de fer, car telles étaient-elles: elles lui servaient de bouclier, et il pouvait, en alternance, les placer devant lui ou au-dessus, voire en dessous pour renvoyer les coups reçus sur ses adversaires, les faire rebondir sur ses plumes étonnantes, ou bien allonger les lames qu'il tenait en main, et les enfoncer dans les corps noirs munis de tentacules des ennemis de Zitec, ou couper des membres ou des têtes, lorsqu'il choisissait de frapper de taille. Et pour couronner le tout, ainsi que nous l'avons dit, il lançait de ses yeux un feu solidifié, concentré, cristallisé en flèches meurtrières, et désormais nul ne pouvait plus lui résister.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite de cette étonnante histoire.

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