15/08/2022

L'Homme-Météore et le combat des épées de lumière

00000000000000000.jpgDans le dernier épisode de cette série intense, nous avons laissé l'Homme-Fétiche, ami de l'Homme-Météore, alors que son âme était en train d'être aspirée par un sorcier très puissant qui avait posé sa paume sur son front meurtri. Il s'apprêtait à en faire un esclave, ou à le tuer s'il ne pouvait parvenir à briser sa volonté mâle.

C'était sans compter sur l'Homme-Météore et sa vivacité d'esprit. Dès que le sorcier eut commencé à se concentrer sur l'Homme-Fétiche, le nouveau gardien sacré de Paris sentit l'étreinte du requin ailé se dissiper, s'estomper. Elle était toujours là, mais il remarqua que le monstre devenait transparent, diaphane – et il comprit, devina ce qu'il en était réellement. Il se libéra d'un coup brusque, le requin n'ayant plus la force de le retenir – et se précipita vers le sorcier, qu'il voyait immobiliser son ami, prêt à le tuer ou à en faire son esclave, selon qu'il parviendrait ou non à dominer sa volonté!

Il leva les mains et, les joignant, en fit partir un rayon d'énergie concentrée, étincelante et vibrante d'étincelles, qui atteignit le sorcier au buste. À peine celui-ci – ayant aperçu, autour des mains jointes, le feu déclenché qui avait précédé le rayon – eut-il le 00000000000000.jpgtemps de faire un geste de sa main libre, afin de tracer dans l'air un champ de force protecteur et limiter la puissance du choc! Il n'en fut pas moins projeté loin en arrière, jusqu'à tomber dans l'eau de la mer – qui l'engloutit, car là, l'eau était déjà profonde.

Cependant il ne se noya pas. On vit sa main sortir des flots, puis son visage, et son corps nager puis tituber parmi les vagues. 

Les porteurs de lances avaient poussé un cri stupéfait, et deux se jetèrent vers le sorcier pour le secourir, pendant que les deux autres se jetèrent sur l'Homme-Météore avec leurs lances, qui soudain s'enflammèrent, comme si une magie les avait soudain imprégnées, les transformant en lances d'énergie pure. Elles crépitaient d'une flamme bleue, et vibraient et bourdonnaient – et l'Homme-Météore comprit qu'il s'agissait d'armes très dangereuses, qui pourraient percer jusqu'à son armure. 

Il se mit en garde et, accueillant sa volonté, son propre bâton de pouvoir s'alluma et se mit à crépiter, à vibrer, à lancer un feu doré et puissant – éclairant l'air autour de lui avec tant de force que le ciel en devint sombre. Les deux guerriers d'Afrique se jetèrent sur lui, faisant virevolter leurs lances de lumière cristallisée. Il s'ensuivit un étonnant combat d'épées de lumière; car 00000000000000.jpgdésormais même la tranche de ces lances était coupante plus qu'un rasoir, rien ne résistant au feu dont elles vibraient. 

Cependant l'énergie de l'une de ces lances arrêtait l'énergie de l'autre, étant d'une puissance à peu près égale, de telle sorte qu'un combat d'escrime était complètement possible. 

Et de fait, il eut lieu.

Sans entraînement particulier, l'Homme-Météore – bénéficiant de l'art martial instillé en lui par son maître occulte l'ange de Paris – combattait avec dextérité, feintant, parant, se fendant, reculant, tournant, sautant – et dès que son bâton enchanté rencontrait l'un des deux autres des étincelles jaillissaient!

Les guerriers camerounais, liés au sorcier crabien de Kribi, avaient reçu un entraînement plus intensif, quoiqu'une grâce moins élevée: la magie qui imprégnait leurs armes et leurs membres était plus sourde, plus sombre, plus obscure; mais ils étaient aguerris et rusés, ayant participé à des centaines de combats, tandis que l'Homme-Météore agissait davantage d'instinct, guidé FWxHVaNWIAUD5lv.jpgpar le bras éthérique de son maître occulte – et si celui-ci avait participé, lui, à des milliers de combats tout au long des éons passés sur Terre, au pays d'Ostön le roi des Elfes, et était supérieur en cela à n'importe quel mortel combattant, il y avait, assurément, une distance entre l'Homme-Météore et lui, un léger écart – certes à peine perceptible, mais réel, qui donnait à l'Homme-Météore un léger temps de retard sur ce que ce Génie d'or aurait fait. Et surtout, les guerriers africains qu'il affrontait étaient deux, et il était seul. Pendant qu'il combattait l'un, l'autre le contournait et l'assaillait par derrière – et il devait sans cesse se retourner, virevolter, bondir dans les airs pour leur échapper, et se dégager de l'affrontement inégal en lequel il était impliqué.

Il finit par prendre un coup de lance enflammée qui rompit les mailles de son haubert d'or, dans son dos. Du sang jaillit, clair, par-dessus les mailles restées intactes. 

Mais il sentit peu sa blessure, échaudé qu'il était par la bataille. Et il continua à se battre – à parer, à donner des coups, et finit, de son côté, tant il était vif, par couper un bras de l'un de ses adversaires. Et il était temps. Car les deux restants, qui avaient aidé le sorcier projeté en arrière jusqu'à tomber dans la mer, se mettaient maintenant en garde, tandis que leur maître, assis et appuyé contre un palmier, reprenait son souffle, regardant ce combat d'yeux clignotants et mal assurés – espérant néanmoins que ses hommes viendraient à bout de son ennemi.

Mais il est temps, chers lecteurs, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite périlleuse de cette âpre bataille; dans le prochain volet, l'on verra le retour de l'Homme-Fétiche au combat. 

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