11/10/2020

L'Homme-Météore et l'effectif combat de l'Homme-Fétiche

5a79eff3331dbcd663b3deb292fb1e5d.jpgDans le dernier épisode de cette série incroyable, nous avons laissé l'Homme-Météore, nouveau gardien de Paris, alors qu'il écoutait le long récit de l'Homme-Fétiche relatif à son combat contre un certain Tassinga la Couleuvre, horrible sorcier. Il a commencé à évoquer ses terribles pouvoirs en utilisant les termes suivants.

Ceux qu'il ne tuait pas au combat, disait-on, il les réduisait en esclavage, et leur sort était pire que la mort. Vidés de leur âme propre, ils étaient tels que des automates, ou ceux qu'on nomme les zombies – corps sans conscience, animés par des seuls êtres élémentaires, machines vivantes mais coupées du lien qu'a l'homme avec la divinité, véritables esclaves du sorcier maudit.

Ô combien de cauchemars ont fait la nuit, dans leur lit, les enfants qui le soir en entendaient parler, lorsque les vieux murmuraient dans leurs salons, n'osant parler plus fort, n'osant dire ces choses à voix haute.

Le pire était ceci: même quand ces êtres mouraient, même quand leurs corps n'avaient plus de cœur battant, ils continuaient à se mouvoir, dirigés à distance par Tassinga la Couleuvre, mus par des souffles chargés d'éclairs que le sorcier suscitait des gouffres. Et l'on entendait crier ces esprits, qui tournaient autour de ces corps aux yeux vitreux, aux bouches lâches, salivantes et gluantes, pleines de sang séché. Il se servait de ces corps comme de véhicules pour les démons les plus noirs de l'enfer, et leur vue seule était insoutenable. Il était difficile de les tuer, de les immobiliser, et le sorcier leur faisait accomplir dans les ténèbres les plus sombres tâches. Dès qu'ils étaient vus dans une rue, on s'enfuyait. Ils répandaient autour d'eux d'horribles maladies, et le désespoir étreignait ceux qui ne pouvaient pas échapper à leur présence infecte et suffocante. Rien que parler d'eux, aujourd'hui encore, me fait frissonner.

Car je craignais plus que tout que ce sort m'attende. Je craignais plus que tout d'être vaincu par mon ennemi, et qu'il fasse de moi son esclave, qu'il vide mon corps de mon âme, et envoie celle-ci errer dans les limbes, torturée Naga_Sadow_WotC.jpget tourmentée, malheureuse et criante. Je craignais de devenir l'outil passif des passions perverses de Tassinga, et d'accomplir pour lui les actes les plus abjects, sans que ma conscience pût en rien l'empêcher; je craignais d'être sa chose, et que ma vie ne fût plus qu'un long cauchemar, prolongé même au-delà de ma mort.

Or je décidai de chasser ces pensées de mon esprit, car il fallait que je le combatte avec le plus grand courage possible. Je songeai avec fermeté et clarté, rigueur et netteté au mal qu'il faisait autour de lui, à ses innombrables victimes, à son odieuse tyrannie – et aux êtres divins qui immanquablement m'assisteraient dans ce combat, contre cet homme maudit du ciel.

Je songeai à ceux que vous appelez les anges, je songeai à mes ancêtres lumineux dans l'espace cosmique, et à l'aide sublime qu'ils allaient forcément m'apporter dans le cours de cette bataille, si je les en priais de tout mon cœur, de toute mon âme. Je songeai, oui, que les puissances d'en haut désiraient certainement voir abattu, et mis hors d'état de nuire, cet odieux tyran, et, fort de ces pensées nouvelles, et avec à mes lèvres la prière adéquate, je m'avançai vers lui, et voici! le combat commença.

Je vais maintenant te le raconter. Écoute, si ta patience n'a pas trouvé sa limite, Homme-Météore mon ami!

Le premier coup fut donné par Tassinga la Couleuvre; mais ce n'était qu'un amuse-gueule, comme on dit: il allongea brusquement le bras, et tenta de me frapper du plat de la main. Je le parai de mon bras gauche, et file1VFAUYEX.jpgrépliquai par un coup de pied rapide, qui l'effleura à la cuisse onduleuse qu'il portait à sa gauche.

Ah! fit-il, tu es rapide, mais pourras-tu toucher un jour Tassinga la Couleuvre aux cuisses onduleuses de manière à lui faire vraiment mal, et éviter à ton tour ses coups de serpent, qui jaillissent de lui comme le fait l'éclair?

Et ayant dit ces mots, il rit, et tenta de me surprendre en levant la main et en agitant la jambe droite, ce qui attira naturellement mon attention. Mais sa langue alors jaillit de sa gorge, inhabituellement longue, et me saisit au cou, m'attirant à lui.

Il me donna à ce moment des coups de poing au visage et au ventre, faisant jaillir le sang de ma bouche et me coupant dangereusement le souffle. Puis, ne me laissant pas le temps de réagir, il me repoussa d'un coup de pied fouetté qui me fit tomber.

Il éclata bruyamment de rire, me narguant, se moquant de moi et se déclarant surpris que j'eusse acquis contre ses sbires tant de renommée, puisque j'étais déjà vaincu. Il railla ses propres hommes, ses propres troupes, les 2c385c1fa393ae92bf4fec4ea2748005.jpgdisant mille fois inférieures à lui, et serra le poing en signe de victoire, pendant qu'il pointait le doigt de l'autre main sur moi, pour me lancer un foudre impalpable, un rayon magique qui me frappa encore, et répandit en moi l'obscurité fatale.

Je l'entendis toutefois continuer à m'insulter, parmi la douleur et le désarroi, et voici qu'il me comparait à des déjections et à des ordures, et qu'il annonçait des voluptés immondes avec mon corps sans vie – car il avait des habitudes sexuelles que je préfère ne pas te redire, tant elles sont choquantes. Tu ne parviendrais pas à écouter sereinement la suite.

Je bougeai un peu, tentant de me ramasser sur moi-même pour me relever d'un coup, et il se moqua encore, m'annonçant de plus terribles douleurs encore si j'osais me relever contre lui, et m'annonçant sa victoire infaillible.

Mais je ne m'en relevai pas moins, et, me mettant en garde, tentai encore de l'atteindre d'un coup de pied, qu'il para facilement de sa jambe gauche, soudain relevée comme si elle était un fouet brusquement détendu – ou quelque serpent, je le dirai une nouvelle fois.

Mais il est temps, chers lecteurs, d'arrêter là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant au combat légendaire de l'Homme-Fétiche contre Tassinga la Couleuvre, raconté par le premier des deux, victorieux et brave.

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