17/06/2019

La succession des mondes et l'évolution de l'être humain

Vierge_à_l'Enfant.jpgCharles Duits disait que la femme croyait spontanément à la vie après la mort parce que, lorsqu'elle enfantait, elle ne pouvait pas imaginer que son enfant mourrait un jour: dans son esprit, il était promis à une vie éternelle. Mais, comme elle sait que tout mortel doit mourir, il lui est au fond naturel de prévoir plusieurs vies se multipliant à l'infini, montant dans les natures – allant de l'homme au surhomme, du surhomme à l'ange, de l'ange au dieu. Or, l'homme ne saurait le faire seul, et il est naturel de prévoir aussi des métamorphoses de la Terre, et c'est ainsi, je pense, qu'est née l'idée de la Jérusalem céleste.

Olaf Stapledon disait que l'Évolution se faisait d'une planète à une autre. Quand une atteignait son évolution maximale, le mouvement ascendant de la vie se poursuivait ailleurs. Il ne faisait aucune allusion, c'est certain, aux âmes individuelles; mais l'intuition n'en est pas moins géniale. Peu importe, comme on l'entend dire, que l'humanité ne pourra jamais vivre sur une autre planète – avec le corps qu'elle a, tiré de la Terre. Elle pourra prendre ailleurs un nouveau corps, et poursuivre son évolution! Non en voyageant en vaisseau spatial et en colonisant Mars, comme les Européens ont colonisé l'Amérique – car il y a une différence essentielle: en Amérique, il y avait déjà des hommes, quand les Blancs sont arrivés, avec lesquels même ils pouvaient s'unir, et faire des enfants; sur Mars, il n'y a vraiment personne. Et même sur Terre, les lieux vides d'humanité n'ont pas été remplis: en prévoyant une colonisation de planètes désertes et hostiles, les Blancs continuent de feindre qu'avant qu'ils arrivent en Amérique et en Australie, il n'y avait là personne! Mais eux-mêmes n'ont pas colonisé le Sahara, l'Antarctique ou le fond des mers; à plus forte raison ils ne coloniseront new-jerusalem.jpgpas Mars et Vénus, comme le prétendaient les auteurs de science-fiction. Mais ils pourront s'y réincarner – s'y faire de nouveaux corps, peut-être.

Rudolf Steiner (reprenant, dit-on, H. P. Blavatsky) affirmait que, dans le passé, la Terre avait été un pur état de chaleur, dans lequel étaient mêlées toutes les planètes du système solaire, sans distinction; puis l'air est apparu, et le Soleil s'est détaché, s'est formé; puis l'eau, et ce fut le tour de la Lune: et déjà l'homme était présent – et ce n'est pas, ainsi, qu'il se soit physiquement incarné dans différentes planètes solides, mais que, en changeant de planète, pour ainsi dire, il a aussi changé d'état. Or, Steiner annonçait que dans l'avenir il changerait encore d'état, se spiritualisant à nouveau, et habiterait de nouvelles incarnations de la Terre, qui n'allaient pas, encore, sans rappeler la Jérusalem céleste. Il appelait le premier état de la Terre future la nouvelle Jupiter – et dans celle-ci l'être humain ne serait plus pleinement physique, mais aurait un corps éthérique, c'est à dire une forme pure, un corps glorieux, selon les mots de la tradition rainbow.jpgchrétienne. Et la planète serait telle aussi, aurait une nature appropriée à cet état futur de l'être humain.

Puis une nouvelle Vénus apparaîtrait, accueillant un homme cette fois semblable à l'ange, et enfin une planète encore inexistante nommée Vulcain, et dans laquelle l'homme acquerrait une nature plus élevée encore.

On peut, bien sûr, proclamer que ce sont là simples fantasmagories, qu'il est impossible de les vérifier. Mais, pour Steiner, l'âme portait en elle toute son évolution, passée et future, et il suffisait, si l'on peut dire, de la sonder suffisamment pour établir son histoire au cours des âges – et, par suite, les conditions planétaires de cette histoire. Dans le ciel de l'âme les figures du passé et de l'avenir surgissaient sous l'œil du voyant, qui pouvait ensuite les représenter.

Ce que j'aime, dans de telles visions, c'est que cela n'est pas matérialiste comme la science-fiction spéculative, qui ne fait que raconter des évolutions mécaniques d'un homme éternellement engoncé dans son corps physique: il y a, dedans, un fond moral et mythologique. Mais il ne s'agit pas, non plus, d'un tableau purement mystique, se contentant d'évoquer l'ascension d'une âme vers la lumière, sans se soucier du monde qui l'entoure – non pas seulement des hommes rencontrés durant la vie, mais aussi des terres traversées, des plantes, des animaux, des montagnes, et de ce que dans le monde a créé mystic_light_by_bastet9653-d3g1qpf.jpgl'homme – au moyen de ses arts. C'est intermédiaire et, pour moi, c'est la garantie qu'on s'approche de la vérité. Quand une histoire évolutive paraît logique d'un point de vue spirituel, quand elle frappe le sentiment profond, en deçà des considérations théoriques émanées de l'intelligence, elle s'insère dans l'âme, et devient image vraie. Même si elle ne correspondait pas à ce qui s'est réellement passé ou réellement se passera, elle n'en serait pas moins spontanément formatrice pour l'âme, lui donnant un horizon, et créant, pour ses valeurs intimes, une substance cristallisante – une butée, dans le cours des éons, à ses aspirations secrètes, qui déjà leur donne de l'épaisseur et de la légitimité, par-delà toute pétition de principe.

La nécessité de se pencher avec attention sur le monde environnant – sur le quotidien, comme on dit – apparaît de façon claire, et prive le mystique de la possibilité de mépriser ce qui le touche au jour le jour – les besoins de son estomac, ou de sa maison, de son sommeil, de sa santé –, car c'est aussi ce que l'homme réalise dans le monde au long de sa vie qui peut recevoir son onction, devenir béni, et subir la métamorphose qui lui permettra, une fois spiritualisé, d'entrer dans la planète nouvelle – la Jérusalem céleste. L'homme comprend alors que, même dans les nécessités du quotidien, de la sphère pratique, il lui faut agir en artiste, c'est à dire avec amour, pour rendre toutes les marques qu'il imprime dans la matière belles et pures, et que jamais on ne puisse avoir le sentiment qu'il n'a agi que soumis à des lois extérieures, à un devoir auquel il ne participait pas intérieurement – et qu'il n'accomplissait, au fond, que parce que c'était dans son intérêt (celui d'avoir une bonne réputation, par exemple). Car ce qui transforme le monde et prépare les nouvelles planètes, c'est l'art, et non la technique, qui tourne en rond dans la sphère où elle œuvre.

Commentaires

En ayant lu pas mal sur la réincarnation on peut comparer la vie à une école avec des classes à l'infini et ce que nous appelons la mort, en réalité, serait un temps de vacances de fin d'année en attendant la rentrée avec le passage à la classe qui succède à celle de l'"année écoulée" (le "temps d'une vie").

Mais, exactement comme à l'école si l'année écoulée, le temps d'une vie, n'a pas été satisfaisante il faudra redoubler c'est-à-dire se réincarner et se réincarner autant de fois qu'il faudra pour avoir enfin accès à la classe suivant la précédente.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/06/2019

Certes, mais si l'espérance ne sert que de benzodiazépine face aux rugosités de la réalité ordinaire, qu'aurez vous gagné au change une fois réincarnée en rat de laboratoire ? Rien, c'est kif-kif...

Écrit par : rabbit | 19/06/2019

La réalité ordinaire, même rugueuse, a aussi quelque chose de rassurant sur le plan intellectuel...

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/06/2019

rabbit,

On imagine qu'en fréquentant les classes de l'Ecole de la vie, du Vivant, un être humain ne retomberait pas en classes plus primitives telle celle des rats par ailleurs fort intelligents

mais en hommes et femmes allant évoluant sans ambition autre que s'améliorer (Matthieu Ricard: s'"améliorer"!

Nous avons tous besoin de tendresse et d'amour, d'attention et de respect:

voir l'ensemble ouvrages d'Arthur Janov promesse de grand changement de paradigme.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19/06/2019

Arthur Janov a pratiqué la psychanalyse très longtemps puis a approfondi l'abréaction c'est-à-dire en mémoire le revécu des traumatismes avec le ressenti de ces traumas.

Pour une simple situation: la personne qui vit une sexualité active intense en retournant par ce traitement en sa petite enfance derrière l'excitation de l'ensemble de ses sens redevient le petit enfant qui ne reçoit pas l'amour, la tendresse vitale pour lui et supplie sa maman: "Mets tes bras autour de moi pour me serrer tout contre toi"!

Abréaction: la pensée ne connait pas les limites du temps ce qui permet au patient de vivre le passé au présent.

Le passage dans la filière pelvienne du bébé en route vers la sortie du corps maternel peut être effroyablement douloureuse pour lui avec oubli total des années durant voire pour toujours.
Mais s'il y a "réveil" l'adulte peut en vouloir à mort à sa mère sans savoir pourquoi. Si, par traitement, il revit l'histoire de ce passage en la filière pelvienne il se roule par terre avec des gémissements et des cris sans pouvoir parler (Janov, LE CRI PRIMAL) puisque son cerveau, le cortex, ne fonctionnait pas encore à sa naissance.

Pour un exemple: prenant régulièrement sa voiture avec sa mère un homme voulut la tuer sans savoir pourquoi.
Par le traitement il découvrit que la solitude avec sa mère, en ce "trajet" (comme le passage dans la filière pelvienne) allait rejoindre toute la souffrance refoulée en son inconscient... sa mère, par la souffrance imposée, ressentie comme responsable du mal

alors que les deux, le bébé à naître comme sa maman qui ne décident de rien ne font que subir le passage dans la filière avec la petite tête cherchant la sortie mais sans pouvoir raisonner ni s'expliquer quoi que ce soit.
La maman subissant les contractions. Innocents tous deux.

A propos de la tendresse on sépara en deux groupes des bébés de prisonnières.
Le premier groupe restant en prison en situation quasi précaire mais avec la tendresse de leurs mères.
Le second groupe de bébés placé en situation d'aisance matérielle mais sans tendresse.

Les bébés de ce second groupe sans tendresse accordée tombèrent malades.
Les enfants en prison choyés par leurs mamans demeurèrent en bonne santé.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19/06/2019

Assurément, ce n'est pas à Rémi que je vais révéler ce qu'écrivait Pindare il y a plus de 2'400 ans: «Ô mon âme, n'aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible». Notion reprise par Albert Camus il y a moins d'un siècle: «La croyance en l'absurdité de la vie revient à remplacer la qualité des expériences par la quantité». Formule synthétisée l'année de mes vingt ans par un laconique: «Jouissons sans entraves!».
Un monde familier peut s'expliquer même par de mauvaises raisons, la propagation de mythes est plus aisée que l'examen objectif des situations, l'altération des faits facilite la censure des fautes, une illusion agréable vaut mieux qu'une dure réalité, un concept a le plus de sens au moment où il change de sens, les progrès de la science font violence aux habitudes mentales, la vérité est plus que la vérification des concepts et des lois, le temps n'est pas absolu puisqu'il devient relatif en fonction du mouvement des observateurs, la commodité seule porte à choisir entre des théories opposées, le hasard est l'effet de notre ignorance, le bonheur est un problème de l'économie libidinale individuelle, les hommes sont ce qu'est leur époque, l'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu, le parler oblique laisse ouverte la voie de de la compréhension à multiple entrée, il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
Qui nous dira enfin ce qu'il convient de faire : Myriam a la peut-être la solution.

Écrit par : rabbit | 19/06/2019

Le matérialisme est une habitude de pensée commode pour l'âme, cela explique son succès. Il est plus dur de penser les choses au-delà ou en deçà des manifestations sensibles, que dans ces manifestations, parce qu'alors on doit penser seul, en fonction de ses propres expériences intérieures. L'autorité du nombre n'a plus d'effet, on ne peut plus se reposer tranquillement sur ce que pensent ou disent les autres, les pensées ne se tiennent plus qu'en elles-mêmes, et les unes par rapport aux autres. Le matérialisme est somme toute un de ces mythes propagés pour éviter d'avoir à regarder objectivement la situation. Car l'âme fait l'expérience d'elle-même, mais seule, et ça, c'est dur, pour les héritiers de la cité latine. Dans les champs du possible, tout ne s'ordonne pas au hasard, même Olaf Stapledon, qui explorait d'abord ces champs du possible, essaie de leur trouver une logique à la fois narrative et initiatique, c'est à dire évolutive. Mais pour cela, on ne peut s'appuyer que sur sa propre âme plus ou moins bien éduquée au sens du vrai. Et il est plus simple à cet égard de s'en remettre aux autorités collectives, et d'appeler leurs discours de la science objective.

Cela me rappelle ma soutenance de thèse, la poésie était appelée du discours, les documents administratifs et les présupposés matérialistes sur le comportement humain de la science objective. Mais pour le monde de l'âme, seule la poésie est fiable, car ce monde s'appuie sur la personne prise individuellement, ou n'est que pure fiction.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/06/2019

Souvenir du 17 septembre 2010 :

"(...) il existe d'un côté un discours capable de nommer les étants de façon univoque, et de l'autre un discours de la théologie négative nous permettant de parler de l'inconnaissable. S'ouvre alors la voie qui même tout droit à la conviction que seuls les poètes peuvent parler de l'inconnaissable, maîtres de la métaphore (qui dit toujours autre chose) et de l'oxymore (qui dit toujours la coprésence des contraires) - une idée qui séduira les poètes et les mystiques, mais aussi le scientifique positiviste, toujours prêts, en ce qui le concerne, à réfléchir rationnellement sur les limites prudentes de la connaissance durant le jour et à organiser des séances médiumniques la nuit".

"Le pouvoir de révélation reconnu aux poètes n'est pas tant l'effet d'une revalorisation de la poésie que l'effet d'une dépréciation de la philosophie. Ce n'est pas les poètes qui triomphent, ce sont les philosophes qui se rendent".

"Les poètes font de l'ambiguïté substantielle du langage la matière même de leur travail. Ils cherchent à exploiter cette ambiguïté pour en faire sortir, non un surplus d'être, mais un surplus d'interprétation".

(Umberto Eco, "Kant et l'Ornithorinque", traduction Julien Gayrard, Editions Grasset & Fasquelle, 1999)

Écrit par : rabbit | 19/06/2019

Je ne crois pas à cette bienveillance des savants positivistes, ils en parlent, mais quand ils rencontrent le fait, ils fulminent contre, car les révélations des profondeurs leur font peur. Comme disait Rudolf Steiner, ils demandent à ce qu'on leur parle du monde spirituel, mais quand on le fait, ils font des bonds, car ils s'attendent en réalité à ce que cela se recoupe avec leurs idées préconçues.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/06/2019

À la Libération, la France devient la fille aînée du marxisme: passé de mode, le positivisme est remplacé par l'existentialisme et le structuralisme, alors que l'épistémologie succède à la phénoménologie. Le monde Anglo-Saxon échappe miraculeusement au matérialisme dialectique, pour faire évoluer l'utilitarisme en direction du pragmatisme, du constructivisme et de l'objectivisme. Le positivisme ne devrait donc plus vous empêcher de communiquer avec l'invisible. En ce qui concerne les enfants spirituels de l'ésotérisme goethien, comme Mme Blavatsky, Jiddu Krishnamurti ou Rudolf Steiner, leur message apostolique a un ton sectaire au goût des moralistes actuels.

Écrit par : rabbit | 20/06/2019

Ce sont des jaloux.

Écrit par : Rémi Mogenet | 20/06/2019

C'est vrai, chacun est libre de choisir entre la science-fiction et la fiction scientifique. L'un étant le contrepoids de l'autre. Un bonheur insoutenable...

Écrit par : rabbit | 21/06/2019

Bonjour,
Permettez deux mots au sujet des termes « Jérusalem Céleste ».
Au moment où la suprême autorité morale de la Mère fut menacée par le Droit romain et par les doctrines fausses qui envahissaient le monde, on rappellera dans les nouveau Mystère en Gaule que c'est à elle seule que cette autorité appartient. Ce nouveau grade sera intitulé : LA GRANDE SOUVERAINE (MATRICE) DE LA JÉRUSALEM CÉLESTE
Il aura pour objet de rappeler que l'enseignement de la Vérité avait créé l'Age d'or et l'Eden, dira-t-on symboliquement, c'est-à-dire la vie heureuse.
Les allégories et les symboles de ce grade sont empruntés à l'Apocalypse. On fait chercher à l'aspirant la route qui conduit à la Jérusalem Céleste, le chemin de la Vérité. On y trouve les quatre portes de l'Arbre central aux 12 feuilles, point de départ de toute science.
La Franc-Maçonnerie moderne en a fait le 19ème degré.
Il est utile, pour reconstituer les Mystères antiques, de s'inspirer de la forme qu'ils ont prise dans le monde masculin, car il n'y a généralement de changé que le sexe des personnages ; les rituels ont dû être respectés, car ils se rattachent d'une façon précise aux événements de chaque époque.
C'est ainsi, que nous trouvons dans le discours de l'orateur du 19ème degré ces phrases :
« Il n'y a pas d'autre Vérité que celle qui est enseignée par la raison. L'éducation des masses, par l'enseignement, ramènera seule les beaux jours de l'Eden où vivaient, le premier homme et la première femme. (On aurait dû dire, au pluriel, les premiers hommes et les premières femmes.)
« Le vrai paradis, c'est l'Eden (l'âge d'or perdu depuis que la Femme a été renversée de son trône et réduite en esclavage) L'humanité s'y nourrissait des fruits de l'arbre de la science, et, pour posséder de nouveau le Paradis, il faut que l'interdiction faite par Adonaï (Dieu masculin représenté par le Prêtre) de toucher à cet arbre n'ait plus aucun effet. C'est pourquoi, sous la conduite de l'Ange de lumière (la Femme), les descendants de Myriam (Hiram) (1) monteront à l'assaut de la Jérusalem céleste pour réduire à l'impuissance Adonaï, principe du mal.
« L'Eden reconquis, l'Ange de lumière régnant et Adonaï déchu de son pouvoir néfaste, tel est le but de notre Fraternité. »
Faut-il faire remarquer que le Principe du Mal a pris bien d'autres noms depuis cette époque ?
Les assistants, vêtus d'une robe blanche, ont le titre de fidèles et vrais frères, parce que, depuis la grande apostasie romaine, il y a des infidèles et des faux frères. Ils portent autour du front un bandeau de satin bleu, avec douze étoiles brodées en or, pour représenter les douze livres de la nouvelle science annoncée dans l'Apocalypse et qui doivent rapporter la Vérité dans le monde à venir.
(1) « Hiram » doit se lire de droite à gauche comme lisent les Hébreux et non de gauche à droite suivant L'usage des Européens : Hiram alors devient Maria ou plutôt Myriam. Le heth (H) final en hébreu se prononce A.
Cordialement.

Écrit par : Anwen | 21/06/2019

Rabbit: une libre concurrence enlèverait évidemment tellement d'adeptes aux rationalistes qu'ils sont bien obligés d'utiliser la force.

Anwen: la Jérusalem céleste est faite d'âmes affranchies des nécessités terrestres. Le corps astral des hommes a une nature féminine.

Écrit par : Rémi Mogenet | 21/06/2019

Mon expérience de la vie en Chine m'a fait découvrir qu'un régime, parmi les plus rationalistes qui soit, n'a pu modifier le naturel superstitieux de la population au cours de ses 70 années d'existence. Raison pour laquelle il a mieux valu confier aux grandes religions le soin de canaliser ce besoin de surnaturel, plutôt que de voir les gens retourner au chamanisme ou se faire escroquer par des sectes.

Écrit par : rabbit | 21/06/2019

Chacun fait bien ce qu'il veut, le gouvernement n'est pas censé diriger les esprits. C'est d'ailleurs un gouffre financier, puisque ça ne marche que pour légitimer les gens au pouvoir, que pour en imposer aux gens et les culpabiliser, donc les rendre encore plus superstitieux et confus dans leur âme. L'effet est juste à l'opposé de celui qu'on prétend avoir mais du moment que les rationalistes peuvent conserver leur suprématie, qu'importe?

Écrit par : Rémi Mogenet | 21/06/2019

Chacun fait bien ce qu'il veut, le gouvernement n'est pas censé diriger les esprits. C'est d'ailleurs un gouffre financier, puisque ça ne marche que pour légitimer les gens au pouvoir, que pour en imposer aux gens et les culpabiliser, donc les rendre encore plus superstitieux et confus dans leur âme. L'effet est juste à l'opposé de celui qu'on prétend avoir mais du moment que les rationalistes peuvent conserver leur suprématie, qu'importe?

Écrit par : Rémi Mogenet | 21/06/2019

Sans conteste. D'un côté on a un Marx qui théorise: “La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple", alors que d'un autre il crée l'illusion d'une société cauchemardesque, où le salut viendra de la destruction de tout ce qui n'est pas de la condition sociale de sa créature opprimée. Dans le domaine du délire paranoïaque, le cas devrait faire école à côté des guerres de religion et des persécutions raciales. Et cette illusion funeste a près de 150 ans...

Écrit par : rabbit | 21/06/2019

Pour moi c'est un peu un prétexte, les Chinois étaient déjà rationalistes avant le marxisme, Confucius était rationaliste contre le taoïsme, les Han ont simplement développé une peur de l'inconnu et un désir de se réfugier dans les relations sociales et commerciales. Un peu comme les Français. Chez qui Marx aussi a eu du succès, parce qu'il paraissait justifier cette peur par de l'intelligence.

Écrit par : Rémi Mogenet | 21/06/2019

Confucius enseignait qu'en cas d'obscurité mieux vaut allumer une chandelle que pleurnicher et c'est vrai que dans nos vies il y a des êtres phares qui tombent parfois pic poil.

Le Dr Charles Bugnon, par exemple, médecin de campagne "distributeur" de médicaments.

Pour le monde chrétien catholique les hosties sont "distribuées".

Un homme qui affectionnait la Galilée et qui se disait présent pour les malades non pour les bien-portants en donnant sa vie par les symboles du pain et du vin, chez les cathos pour les fidèles représentés par l'hostie, se voulait à la fois le médecin et le reméde en tournant les gens (ne sommes-nous pas tous plus ou noins souffrants par une chose ou une autre?) du côté de Celui qui l'envoyait.

L'hostie jusque un peu après la Seconde guerre mondiale, blanche, ressemblait à un comprimé.

Distribution d'hosties comme distribution de médicaments par ce médecin de Thierrens au tempérament emporté et connu pour son rire...

ce qui est probablement deux aspects singularisant Jésus suivi par une foule "populaire" comme toujours sensible à l'humour au rire communicatif:

imitation par Jésus et son équipe des puissants du Temple de Jérusalem y entrant en procession…?

Mort, Jésus... terminée la rigolade… mais un matin, le même jour de la semaine que celui des rires à propos de la procession des Puissants Dominants du Temple, bruits divers… arrivée de Pierre et des disciples reprenant la démarche du rabbi lequel avait demandé ä Pierre de prendre sa suite tout en faisant paître ses brebis!

Pintes de bon sang… notamment?

Oui, pure imagination quoique fondée sur l'épisode de Jésus, au Temple, accueillant avec une arrogance effarante une femme Samaritaine venue lui demander la guérison de sa fille.

Arrogance connue et dénoncée des Sadducéens… grands prêtres du Temple.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/06/2019

Pardon. au Temple de Jérusalem une femme Cananéenne qui demandait la guérison de sa fille

on en profite, rudiments de médecine psychosomatique, pour redire que ce qui alors passa pour un miracle aujourd'hui, enseigné notamment par Françoise Dolto, ne le serait plus car le corps de l'enfant peut dire la souffrance refoulée au plus profond de l'inconscient de la maman

par son arrogance, également les rapports des Juifs et des Cananéens comme d'un homme parlant avec une femme… Jésus provoquait-il cette femme jusqu'à la mettre en état de lui répondre tant avec impertinence que pertinence!?

En ce cas bien-être maternel... sang comme circulant instantanément... transmis à la fillette à la maison (semblable guérison d'un bébé étudiée par Françoise Dolto)

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/06/2019

On pourrait supposer que l'ancêtre de Sigmund Freud se trouvait au Temple à ce moment, et que la scène a imprégné son subconscient pour 60 générations, jusqu'à ce qu'un héritier trouve la meilleure façon de l'exploiter.

Écrit par : rabbit | 22/06/2019

rabbit,

"Exploiter"…?

"Ne pas faire à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît est résumer la loi et les prophètes.
Le reste n'est que commentaires."
Maitre Hillel l'Ancien.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 22/06/2019

Tout comme la gestion d'entreprise : “en tirer le meilleur résultat possible au profit de tous“. C'est bon comme ça ? Et puisque vous maîtrisez la Bible de la Genèse à l'Apocalypse, que pensez-vous de l'Ecclésiaste ?

Écrit par : rabbit | 22/06/2019

Vivre aujourd'hui...

Que penser de l'entropie?

Tout se dégrade l'univers compris.

"Seule la conscience, enseigne le Dalaî lama, ne naît ni ne meurt"… donc non plus prioritairement ou uniquement mère terre-matière condamnée par cette terrible loi de l'entropie mais également la CONSCIENCE laquelle "survit à la mort de l'individu" confirment les scientifiques et INTERVIENT DANS NOS VIES: "Tu as raison... il est légitime que tu décides de vouloir te venger en faisant ce dont on t'a accusé.e sans te permettre de te défendre mais si tu volais... tes ennemis.es auraient réussi à faire de toi ce que tu n'es pas: un voleur ou une voleuse.
Bien réfléchir avant d'agir… dialogue intérieur en "son âme et conscience".

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/06/2019

Vous avez parfaitement raison Myriam, l'Ecclésiaste est un répertoire de citations et de préceptes bouddhistes, taoïstes et confucéens. De là à penser que le christianisme des origines est une forme de syncrétisme judéo-chinois, je vous laisse sauter allègrement le pas (attention à l'atterrissage).

Écrit par : rabbit | 23/06/2019

rabbit,

Au risque de fâcher à mon ressenti, une personne qui n'impose rien et qui n'est surtout pas une théologienne par le fait risquant de figer Dieu, les origines du christianisme vont chercher sans doute parmi tous les lieux fréquentés par des nomades en passant par l'Egypte et la Mésopotamie entre autres

mais en mon coeur il y a un petit garçon qui est traité de bâtard par sa fratrie, à part une soeur qui le chérit,
Il console dehors en en étant sans doute consolé en son for intérieur.
Renvoyé de chez son maître théologien il devient un rabbi prêchant le retour à Dieu: très nombreux prédicateurs en ces temps où l'on croit venir l'Apocalypse non seulement par les injustices variées mais également par des séismes d'une violence inouïe qui descellent les pierres tombales (à propos des anges ou hommes en blanc veillant au tombeau de Jésus (lire l'Evangile Essénien de Jésus par Bordeaux-Szekely.)
En ce cas ces hommes en blanc aux tuniques sans coutures blanches magnifiques étaient sans doute des Esséniens.
Ne vivant pas avec son père Jésus n'a-t-l pas idéalisé ce Dieu d'Israël…? Au moment où Jésus lui demandera de lui épargner la coupe de souffrances qu'il prévoit… ce Dieu répondra, autant qu'on sache, aux abonnés absents.

Ou Jésus aurait-il "fâché Dieu" en étant capable, entre autre, de traiter de Satan cet ami véritable qu'est Pierre qui ne veut pas qu'il souffre au point de renoncer à ce qu'il apporte!? A d'autres de les traiter de race de vipère en cours d'emportement…!?

Je crois, pas seulement par imagination ou vœu… pieux… qu'il y a une force avec un fil directeur… avec un peu quelque chose comme un aimant qui nous attire mais il faut, comme on rapproche des aiguilles d'un aimant, suivre la route d'amour de soi comme du prochain indiquée.

Avec l'argent non comme but mais moyen… tout le contraire de notre abominable société ultralibérale de marché sans éthique.

IL faut passer de cette voie d'enfer à une société de partage et d'amitié.
La paix, la lumière et la joie, ce à quoi nous aspirons, le bien-être pour tous, également, sont à ce prix.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/06/2019

En effet, c'est là que les Esséniens essaimèrent de toutes les batailles ! La limpidité de votre propos suffirait à lui accorder un crédit en ligne. Permettez-moi de glisser ce court récit dans une page où les pépites sont nombreuses : un miroir où chacun reconnaîtra les siens.

«Maître Chü Chih, un maître célèbre du IXe siècle, avait l'habitude de lever un doigt pour toute réponse, chaque fois qu'on lui posait une question sur le Zen. Il avait aussi un jeune disciple, un apprenti, qui suivait le maître et le servait en permanence. Ayant observé ce comportement du maître, le garçon commença lui-même à lever un doigt chaque fois qu'en l'absence du maître, on lui posait des questions sur le Zen. Au début, le maître ne s'en aperçut pas et les choses allèrent leur train. Mais le moment fatal arriva où il apprit ce que le garçon faisait derrière son dos.
Un jour, ayant dissimulé un couteau dans sa manche, il convoqua le garçon et lui dit:
- J'apprends que tu as compris l'essence du bouddhisme. Est-ce vrai ?
- C'est exact, répondit le garçon.
Le maître lui demanda alors:
- Qu'est-ce que le Bouddha ?
En guise de réponse, le garçon leva un doigt. Chü Chih l'attrapa et lui trancha le doigt.
Comme l'enfant s'enfuyait en hurlant de douleur, le maître le rappela et sa question fusa tel un éclair:
- Qu'est-ce que le Bouddha ?
Obéissant à une sorte de réflexe, le garçon voulut lever le doigt absent et... il atteignit sur le champ l'illumination !»
(Toshihiko Izutsu, "Le koân zen", Fayard, Paris, 1978)

Écrit par : rabbit | 23/06/2019

rabbit,

Il y a chez moi un bouddha rieur installé sur un piano.
Comment ne pas l'appeler Joyeux?

Mais il arrive, selon l'ambiance du moment, que sa gaieté m'irrite et que je lui demande s'il ne se rend pas compte de ceci ou de cela...

Je lui racontai l'histoire que vous nous rapportiez… mais le Bouddha enseignait la non violence…

Le doigt de l'apprenti de ce Maître a-t-il repoussé?

Il y avait un petit garçon qui avait un aîné qui lui faucha sa banane pendant qu'il regardait ailleurs

nous ramène à l'histoire du héros Gilgamesh auquel on faucha ce qu'il avait si longtemps cherché: l'herbe d'immortalité

en pensant à notre conscience qu'il nous faut, telle une plante, entretenir, n'est-elle pas, elle qui survit à notre mort, cette herbe d'immortalité

faucher, en l'occurrence, signifiant à la fois faucher l'herbe et la voler…

Le petit garçon racontait à n'en plus finir que son grand frère lui avait fauché sa banane et à chaque nouveau récit par ses deux mains agrandissait la banane au départ de taille modeste pour finir gigantesque

et je me demandai si à force de redire les évangiles nous n'avons pas fait d'une modeste histoire de prédicateur comme il y en avait tant à l'époque une histoire plus importante qu'elle ne le fut en ses débuts en réalité

imaginons que Jésus revient, avec sa mère.
Il apprend ainsi que le bâtard qu'il fut est devenu fils unique de Dieu

et sa mère dite impure (Jésus, "bâtard, fils d'impure" est historique, Jésus et Israël, Jules Isaac, Fasquelle) et sa mère, donc, la Sainte Vierge...

Au moment où l'on parlait le plus d'Edmond Kaiser, fondateur de Terre des Hommes, quelqu'un avec un accent du sud téléphona chez lui pour demander "si le saint guérissait"!

La maître est intérieur.

Il faut apprendre à nos enfants l'art d'écouter… (faire premièrement silence, en ce cas) l'art d'entendre… de l'"entendement"... en profondeur: soi, l'autre…

Merci, rabbit, pour ce dimanche accompagné.

Myriam

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/06/2019

Regardez bien votre bouddha sous tous les angles, il pourrait encore vous surprendre.

Dans la région de Hangzhou, à l'extrémité du Lac de l'Ouest, on trouve nombre des temples bouddhistes enveloppés d'encens et de beautés invisibles. Pour y accéder, il faut suivre un chemin bordé d'une paroi rocheuse. Ici et là, des bouddhas ont été sculptés à l'intérieur de niches. Mme Rabbit m'avait dit de prêter attention à l'une d'elles en particulier, celle où l'Éveillé est d'une humeur différente suivant le profil qu'il présente. De face, il est impassible ; depuis la gauche, sa bouche a un pli maussade, mais il offre un sourire jusqu'à l'oreille depuis la droite. On dit qu'il réagit ainsi aux comportements bons ou mauvais de l'espèce humaine dans son ensemble. Ou, en particulier de celui ou celle qu'il prend par surprise au détour du chemin...

Écrit par : rabbit | 24/06/2019

Bonjour à Madame rabbit.

je suis très entourée mais le dimanche je demande à mes enfants de bien vouloir, une fois terminés les travaux non suivis la semaine d'aller faire un tour: voir de la beauté avant tout nos paysages uniques sans devoir aller tellement loin.
A propos de maître Chu Chih je vais vous dire ce qui est arrivé juste après avoir lu votre commentaire.
Je passe par la cuisine me couper une trance de cake au citron puis en en sortant longe une bibliothèque un livre que je tire au hasard: LAO ZI et le Tao… je vois que j'en ai lu quelques pages il doit y avoir très très longtemps.

Cette coïncidence est une synchronicité domaine qui passionna Jung.


Jung, orientalisme également

Dolto en revint aux évangiles… Dolto, fidèle à Freud… Lacan, après un temps d'éloignement y revint également.

Be jamais, insistait Jung, nous couper de nos racines.

exemple le coquelicot pimpant mais qui se fripe et se fane dès que coupé de ses racines.

Rabbit, merci pour ces points de vue.
Laissons la place aux autres commentateurs.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 24/06/2019

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