23/08/2017

Le désir de l'Elfe jaune

fast.jpgDans le dernier épisode de cette mélancolique série, nous avons laissé l'Elfe jaune et la belle Amariel alors qu'ils se retrouvaient après un sommeil visionnaire du premier. Ayant surgi de l'ombre bleue d'un bosquet, la seconde se dirigeait vers lui, et les deux se fixèrent des yeux tendrement, mais brièvement.

Parvenue à sa hauteur, elle lui mit la main sur le cœur, et il battait avec force; elle dit, de sa voix douce: Remets-toi. Rétablis-toi. Viens.

Elle n'avait que murmuré et pourtant, aux oreilles de l'Elfe, cela avait été comme un coup de tonnerre dans le silence du soir.

Secouant sa torpeur, il demanda dans un souffle: Qu'est-il arrivé? Elle répondit: Je ne saurais le dire.

Ou ne le voulait-elle pas? La pensée traversa l'esprit de l'Elfe jaune.

Viens, répéta-t-elle. Nous allons rentrer.

Mais auparavant nous passerons par un endroit que j'aime, et que je voudrais te montrer.

Elle lui prit la main, et l'attira vers les arbres. Ils passèrent dessous, et elle lui lâcha la main, comme si elle ne l'avait tenue que pour tirer l'Elfe jaune, mais il tint à reprendre la sienne, et elle se laissa faire, en émettant toutefois un petit rire.

Elle le tirait toujours, et il semblait à l'Elfe qu'ils passaient dans des lieux mystérieux, qu'il n'avait jamais vus, et qui semblaient plus annoncer qu'ils ne montraient. Une tonnelle se tint au-dessus de leurs têtes, et elle avait de grosses fleurs blanches qui semblaient luire dans la pénombre, mais d'autres plus petites étaient rouges, jaunes, bleues et violettes. La vue en était magnifique et l'Elfe jaune était étonné de les voir si aisément, alors que la nuit tombait, que le ciel occidental achevait de rougeoyer, et que la lune n'était pas encore apparue. Il lui parut qu'une luminescence secrète était répandue dans le lieu enchanté.

Comme il était émerveillé et que ses yeux brillaient, Amariel se tourna vers lui en souriant, et il rougit; puis elle se retourna, pour continuer son chemin, et la retenant, il lui mit la main sur l'épaule. Elle s'arrêta en baissant la tête, et lorsqu'il voulut l'embrasser, elle détourna le visage pour que cela fût impossible. Il réessaya, mais elle demeura ferme.

Soudain, elle se dégagea et s'élança, courant ou allant aussi vite que si elle courait; car l'Elfe ne voyait guère ses jambes se mouvoir: à peine semblait-elle marcher. Mais sa vitesse était phénoménale, comme si elle glissait sur l'air, et, de fait, en celui-ci, entre ses pieds et le sol qu'ils ne touchaient pas, de fines étincelles s'allumèrent, comme si un feu mystérieux la portait.

Il tenta de la suivre, mais, malgré sa rapidité, il ne gagna pas un pouce sur elle. Il se téléporta donc, comme il en avait le pouvoir, en se mettant devant elle et en lui faisant face. Mais on était sorti de la tonnelle, et on se trouvait au bord d'une rivière, qui scintillait à la clarté des premières étoiles. Elle changea de direction instantanément, sans effort apparent, et l'Elfe jaune ne put la saisir: elle allait trop vite pour ses bras mêmes - pareille à une étoile filante.

Il tenta deux fois encore ce procédé, mais il échoua.

Il était épuisé. Il s'appuya contre un arbre. Il n'eut que la force de l'appeler, demandant pourquoi elle ne voulait pas de son amitié, ou pour mieux dire de son amour! Devant lui, elle s'arrêta, luisante sous le feuillage qui faisait un dais au-dessus de la rivière. Ses yeux brillants le regardaient. Elle parla, et dit qu'il ne devait pas chercher à la saisir contre son gré. Il se tint coi, et elle avança vers lui, lentement et usant cette fois matériellement de ses jambes. Elle avait dû utiliser un enchantement, auparavant. L'Elfe vit que ses mains étaient pleines d'un feu étrange, qui peu à peu s'éteignait. S'en était-elle servie pour se suspendre au-dessus du sol? C'était très vraisemblable. Captain Savoy lui avait parlé de tels pouvoirs, parmi les immortels de la Terre.

Une fois plus proche, Sache, ajouta-t-elle, ô homme insolent, ô hardi mortel, qu'il ne m'est point permis de me marier, ni de connaître les joies de l'amour! Et souviens-toi que tu as toi-même une mission! Captain Savoy ton maître avait prévu que tu pourrais m'aimer. Et, je ne dois pas te le cacher, quand il me peignit tes immenses vertus, il me sembla que je t'aimais aussi. Je me fis une image de toi qui n'avait rien que de très flatteur, et tu te réjouiras peut-être en apprenant que de t'avoir rencontré ne m'a pas fait changer d'avis. Mais pour le moment cet amour est impossible. Le lit conjugal m'est proscrit pour un long temps encore, et Captain Savoy m'ayant 5eebb5b04d517c742262e9889b445883.jpgfait jurer que je ne te détournerais pas de ta mission, il l'est en particulier avec toi! Les flambeaux ne pourront pas, avant de nombreuses années, éclairer nos pas posés en cadence, ô Elfe! Les anges nuptiaux n'ont pas encore, sois-en sûr, fixé le jour de leur chant harmonieux, qui portera nos deux noms noués ensemble. Aucun arbre ici n'a tressé de couronne, pour nous, ni aucun dieu caché, aucun nain, aucune nymphe! Ils sont immobiles, attendant que je te renvoie à ton maître pour qu'en compagnie de Momulk rédimé tu le secoures contre Malitroc. Car les choses sont telles qu'ils lui obéissent à lui, et ne me servent que si je lui suis fidèle en parole. Les dieux n'ont-ils pas fait de lui le maître de toute la Savoie, quoiqu'il n'ait été qu'un mortel, avant sa métamorphose? Cela peut te faire saisir quelques secrets du temps, ô Elfe!

À ces mots, l'Elfe jaune demeura quelques instants interdit. Ses yeux étaient sombres, et ses joues pâles. À la fin il s'écria: Vraiment, n'y a-t-il pas de solution?

Mais il n'est que trop temps, ô lecteur, de laisser cet épisode. La prochaine fois, nous saurons tout de ce que répondit Amariel à l'Elfe jaune.

15/08/2017

Flamenca et le mystère du mari méchant

geoffrey-detail-194x300.jpgOn croit souvent que l'amour courtois est issu de l'ancienne mythologie bretonne et des légendes arthuriennes, mais on n'en voit nulle trace dans l'Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth, le texte fondateur, pour l'Europe, de cette mythologie. On se souvient qu'elle était en latin et que, poète de la cour du roi d'Angleterre, Wace la traduisit en français. L'amour courtois n'est venu qu'ensuite. Il est clairement issu de la société féodale gauloise, et non de l'ancienne Bretagne.

La première trace de sa présence au sein d'une histoire mythologique peut être décelée dans un lai de Marie de France. On y lit qu'une femme mariée avec un méchant homme prie le ciel qu'on la libère de ses tourments. Un oiseau vient la voir, qui se transforme en homme, et fait l'amour avec elle, la consolant de ses malheurs.

Il faut avouer que Jupiter se changeant en cygne, dans la mythologie grecque, ne venait pas en principe libérer Léda d'un mauvais mari; le mythe n'en parle pas.

Le motif du lai de Marie peut faire référence à Geoffroy de Monmouth et à ce qu'il dit de la naissance de l'enchanteur Merlin: son père était un être non physique, intermédiaire entre les hommes et les anges, qui s'est fait un corps solide et a aimé une mortelle. Il avait aussi la faculté de prendre une forme d'oiseau. Mais la mère de Merlin était vierge - et pas du tout mariée avec un homme méchant, par conséquent.

Un autre passage de l'Histoire de Geoffroy suggère l'origine du thème du mari méchant dans la mythologie. Un ogre, un géant, une sorte de démon a capturé la fille du roi Hoël de petite Bretagne, neveu d'Arthur, une arthur.jpgravissante vierge, et l'a violée et tuée. Arthur combat ce monstre et le tue de sa vaillante et magique épée Excalibur en tournant autour de lui à toute allure. Car il était énorme mais manquait d'agilité.

On pouvait donc être mariée à un démon, à un monstre, et être sauvée par un vaillant chevalier. Mais il ne s'agissait pas de mariage chrétien, agréé par les parents, il s'agissait bien d'enlèvement, de violence.

Ariane, de la même façon, fut libérée du Minotaure par Thésée. Il est peu probable qu'à l'origine la mythologie bretonne ait été tellement différente de la mythologie grecque. Mais la seconde paraissait abstraite, aux Français du douzième siècle. La première semblait familière, proche, intime.

Chrétien de Troyes évoque des pucelles, sans doute fées, asservies à des notons, démons des eaux qu'il présente comme des géants armés, et contraintes par eux à travailler dans une sorte d'usine, ou fabrique de tissus. Le fond en est symbolique et mythologique, mais Chrétien le mêle à la réalité ordinaire, de sorte que les choses sont brouillées. Les pucelles viennent d'une île dont le roi a été vaincu au combat par les notons.
Les suggestions en sont grandioses, mais on peut aussi ne pas les voir. Yvain combat ces géants trop forts pour lui, et le lion qu'il a sauvé du dragon vient à sa rescousse. L'épisode est sublime, mais généralement mal appréhendé par la critique.

Mais l'essence de l'amour courtois se manifeste plutôt dans un récit qui ressemble au lai de Marie de France ci-devant évoqué. Il s'agit de Flamenca, qui est inachevé, date du treizième siècle et a été rédigé en langue flamenca-manuscrit-f3 (2).jpgd'oc. Rien n'y est explicitement surnaturel mais tout semble appliquer des principes moraux supérieurs, un peu comme dans les romans de Victor Hugo.

Flamenca l'enflammée est mariée à un homme jaloux, qui l'enferme méchamment dans une tour. Un chevalier pur et beau en entend parler, en tombe amoureux et veut la délivrer. Flamenca entend parler du chevalier, et en tombe amoureuse aussi. Il vient par un subterfuge humain s'unir à elle dans sa tour. Si ma mémoire est bonne, il creuse un souterrain.

Tout est réaliste, et le symbolisme, s'il est présent, ne s'incarne pas dans du merveilleux. Mais le récit peut être dit archétypal.

À un niveau plus vulgaire, il peut être aussi sembler flatter l'instinct adultère. On le justifie par la méchanceté du mari. C'est une tentation ordinaire. Un mari est toujours méchant, un amant fait facilement rêver. Comme les femmes sont les premières à lire des romans, il est habile, pour l'auteur, de montrer que c'est la femme, qui est mal mariée.

Cela me rappelle l'Histoire des Lombards de Paul Diacre, un texte sublime de l'époque de Charlemagne. Une femme au visage rustique est mariée au puissant duc de Frioul et le supplie de prendre une autre femme, plus belle et donc plus digne de son rang. Mais, homme sage, il répond qu'elle a tant de vertu, qu'il la préfère à bon droit à celles qui sont plus jolies. Sainte_Monique.jpgPaul Diacre le loue, évidemment.

On n'est jamais assez bien marié. Mais chaque être humain avec qui le destin lie a des qualités qu'on peut s'efforcer de trouver. L'assiette du voisin n'est pas forcément meilleure. Le christianisme évidemment louait les femmes qui adoucissaient leurs maris à force de patience et d'amour. Le modèle à cet égard était la mère de saint Augustin sainte Monique, dont le mari était un terrible païen. Saint Paul avait recommandé de ne pas divorcer d'un païen, si on était marié avec lui, mais de s'efforcer de le convertir.

Ce n'est pas toujours possible; la loi est dure. Flamenca peut, en un sens, représenter le pan de la vie qui échappe à la loi - qui se situe dans les lieux qu'elle n'atteint pas. Par-delà la rigidité religieuse, il y a une liberté qui peut-être n'est pas désapprouvée par Dieu autant que les prêtres le disent.

Mais tout cela n'était pas dans la mythologie bretonne primitive. Il s'agit de vie sociale. Il s'agit de la France du Moyen Âge.

07/08/2017

Saint Louis et la cour labyrinthique

c7cb2ebfdeaa5b1c11ae9958aae0c1c3.jpgDans le dernier épisode de ce feuilleton héroïque, nous avons laissé saint Louis et ses compagnons alors que, faits prisonniers par Etalacün et ses méchants chevaliers, ils attendaient de pouvoir entrer dans la terrible forteresse d'Ornicalc, gardée par des hommes en armes qui en imposaient par leur prestance. Toutefois avaient-ils un air farouche, qui les plaçait clairement dans le camp des Maufaés.

Etalacün s'approcha d'eux, et il sembla perdre de sa superbe. Le garde central parut le regarder avec mépris. Lorsqu'Etalacün s'adressa à lui en son étrange langage, il ne répondit d'abord pas, ni ne broncha. Finalement, il abaissa le regard vers Louis et les autres hommes mortels, et les fixa longuement de ses yeux insondables et inquiétants. Puis il les releva vers Etalacün et lui dit deux mots que Louis ne comprit point, mais qui étaient dans une langue affreuse, et qui furent jetés comme un crachat. La haine que vouait ce garde à Etalacün était palpable. Elle s'exhalait de lui comme une vapeur noire, comme une fumée si épaisse que la main en y pénétrant eût pu la déplacer et la mouvoir.

Elle se dissipa néanmoins rapidement, et Louis songea qu'il avait dû être victime d'une illusion, que son âme lui avait révélé cette haine et avait suscité en lui cette figure, afin de la lui montrer.

Toutefois, il réfléchit que, dans ce monde enchanté, les forces morales se solidifiaient dans des corps, ainsi qu'il l'avait constaté à maintes reprises, et il ne sut si réellement la fumée ne s'était pas échappée du sein du garde au moment où il avait exhalé ce qu'il avait en lui. Ce garde n'était-il pas, lui-même, la manifestation d'un esprit qu'il ne voyait pour ainsi dire qu'en rêve? Avait-il vraiment une chair? Mais n'en est-il pas ainsi de toutes les fumées? Peut-être ses particules continuaient-elles de s'élever dans les airs, s'éloignant les unes des autres mais volant encore jusqu'à la voûte de nuages qu'elles participaient à noircir, cachant toujours davantage les étoiles pourtant si proches, dans ce royaume de merveille!

La haine en ce monde était-elle telle, qu'elle se matérialisait immédiatement dans l'air? Ou cela venait-il, pour mieux dire, de l'air lui-même, de sa nature? La vapeur que saint Louis avait vue avait-elle été perçue des autres? Ni Etalacün ni les deux gardes qui entouraient le premier ne marquèrent de surprise, ni qu'ils trouvaient le phénomène étrange.

Le chef des gardes se tourna vers ces deux comparses, et, à son ordre, ils s'employèrent à ouvrir les battants de la grande porte de fer. Etalacün, sans abaisser vers eux son regard, s'avança, suivi de ses six compagnons et de leurs prisonniers, liés par des cordes aux selles des chevaliers mauvais.

Lorsqu'ils passèrent près d'eux, les gardes parurent encore plus effrayants aux hommes mortels. Leur visage était énorme, et leurs yeux étincelants n'avaient rien d'humain: ils semblaient être des lampes. Mais en leur centre wallhaven-33660.jpgétait une petite lueur qui se mouvait, et qui était sans doute la prunelle de ces hommes étranges. Une cruauté semblait résider en elle, et saint Louis, en marchant et en se sentant suivi du regard, ne put réprimer un frisson.

À l'intérieur de la forteresse, une immense cour s'étendait, entourée de murs si élevés qu'on eût cru être au sein d'une tour. La lumière du ciel bien sûr ne devait jamais y pénétrer, et des lanternes l'éclairaient. Elles ne fumaient pas, mais brillaient d'un éclat qui leur était propre, diffusant une odeur ambrée et une couleur assez belle, douce et dorée, quoiqu'il fût difficile à Louis de l'admettre, car il n'y voyait qu'infâme sorcellerie. Il s'agissait de pierres brandies par des piliers de fer, et comme enserrées, à leur sommet, par des doigts fins. Elles étaient pareilles à du cristal, et un art ineffable avait dû les créer, et les tailler, car saint Louis s'avoua qu'elles contenaient la lueur des étoiles, qu'elles en avaient la beauté, quoique sans doute pas la grandeur; car on les disait très grandes. Dans leur rayonnement, des reflets colorés se faisaient voir, notamment du bleu et du rouge, et elles clignotaient faiblement, comme si en elles un sang circulait, comme si en elles un cœur battait. Louis trouva cela plus étonnant que nulle chose qu'il eût vue auparavant.

Ces lampes étaient réparties dans la cour selon un dessin régulier, mais compliqué, que Louis ne comprit pas, étant parmi elles; plus tard, seulement, quand il serait au-dessus d'elles, les regardant depuis une fenêtre, il saurait que c'était un labyrinthe, que traçaient ces lampes.

Un chemin passait entre elles, et Etalacün l'emprunta. D'autres, à vrai dire, s'embranchaient à droite et à gauche, menant à des portes closes, au pied des murs sombres. Mais Etalacün les menait à une autre porte, close également, lourde et effrayante, devant laquelle nul ne se tenait.

Parvenus près du mur, les sept chevaliers mauvais descendirent de cheval, et laissèrent aller leurs montures. Celles-ci, d'elles-mêmes, entrèrent sous une arche qui s'enfonçait dans le mur, et Louis ne les vit plus. Il pensa que ce devait être l'écurie, le logement des chevaux, où les animaux se rendaient mus par leur propre intelligence, car en ce monde les chevaux, ainsi que cela a été dit déjà, n'avaient rien d'ordinaire.

Un des hommes d'Etalacün s'approcha de la porte close, et prononça un mot que Louis ne comprit pas, étant dans une langue qu'il ne connaissait point. La porte coulissa de droite à gauche, seule, lentement, silencieusement, comme dans un rêve. Nul homme ne fut vu la tirant, la poussant, la maniant, et Louis songea qu'il devait s'agir d'une nouvelle sorcellerie, que la porte obéît d'elle-même.

De l'autre côté était un couloir sombre, et de nouveau Louis crut voir s'en exhaler une fumée pleine de haine. Il lui vit même des demons-devil-fantasy-art-fire-hell-horns-king-satan-smiling-smoke-soul-wings.jpgailes, dont il entendit le son, lorsqu'elles battirent l'air. Il se dit que cela pourrait être aussi les pans d'un grand manteau, qui eussent claqué en passant près de lui. Mais il ne vit personne. Il sentit seulement pénétrer en lui un froid, et une faiblesse lui venir. Un ricanement diffus parvint alors à ses oreilles, et il songea que l'un des chevaliers d'Etalacün, ou Etalacün lui-même, avait dû le pousser, mais en se tournant vers eux, il put voir qu'ils avaient tous l'air parfaitement sérieux, et même graves.

Mais il est temps, ô lecteurs, de laisser là cet épisode, et d'attendre une fois prochaine pour savoir ce qui s'est passé dans cet étrange couloir: Louis et ses compagnons iront au bout, et connaîtront le cylindre de l'air!