12/04/2016

L'Homme-Météore domine ses ennemis

0LPF5SFgMPA.jpgDans le dernier épisode de cette étrange série, nous avons laissé l'Homme-Météore alors qu'il combattait deux espèces de ninjas sur un tapis volant, dont un néanmoins était tombé à terre; l'autre venait de tenter contre lui une botte dont il avait le secret.

L'Homme-Météore, plus vif que l'éclair, évita la lame, se détendit et transperça de son épieu son adversaire. Une gerbe d'étincelles jaillit du dos quand la pointe en ressortit. Puis, dans un gémissement, une fumée bleue s'éleva de tout le corps du malandrin, s'étira vers le nord et disparut. Ses membres se ratatinèrent, s'effritèrent et se réduisirent en poudre, comme instantanément consumés.

L'Homme-Météore tira de ces signes étranges de claires idées sur la nature de ces êtres et le repaire de leur maître, mais il n'eut point le temps d'y songer plus avant, car l'adversaire qui lui restait bondit, parvenant à se hisser sur le tapis, qui peu à peu était descendu et ne planait plus comme auparavant près des nuages, alors que le guerrier noir que l'Homme-Météore avait abattu le soulevait encore de sa pensée.

Car il était soutenu par la volonté sorcière de ces hommes, initiés à cet art par l'obscur Radsal-Tör! Voilà comment le second guerrier, prenant le relais, avait pu l'abaisser suffisamment pour sauter dessus, et affronter l'Homme-Météore.

Or, sa puissance et son adresse n'étaient pas moins grandes que celles de son ami. Il fit virevolter son sabre enflammé, et porta des coups d'estoc et de taille si vifs que l'on ne voyait plus la lame, mais seulement les lignes de feu qu'elle traçait dans l'air.

Cependant, de sa lance, l'Homme-Météore parait tous les coups, et des gerbes d'étincelles s'élevaient, Jason_Rusch_001.jpgempêchant encore davantage de distinguer la lame du ninja et ses mouvements rapides. Certes, l'Homme-Météore avait assez de dextérité pour parer ses coups!

Naturellement, Robert Tardivel n'eût jamais su faire une telle chose: il lui semblait que son corps métamorphosé agissait de lui-même - obéissait à plus grand que lui.

Malgré sa vitesse et son agilité, néanmoins, il sentit que ce corps fatiguait, et qu'il était dans une impasse, car il n'avait point le loisir de répondre aux coups de l'ennemi. Et, bientôt, certains atteignirent son haubert, déclenchant encore des étincelles, mais l'abîmant, aussi - rompant des mailles, ou les déformant. Il était dans une mauvaise posture.

L'ennemi ne ralentissait pas. À peine haletait-il; il ne paraissait éprouver aucune fatigue. L'Homme-Météore se demanda comment il allait s'en sortir - si même il allait s'en sortir. Un coup vint près de sa gorge, et il ne le para que de justesse. Il manquait de souffle.

Mais il était écrit que l'Homme-Météore devait encore accomplir des exploits, et défendre sur Terre la justice, la paix, la liberté.

Une chose attira l'attention du guerrier revêtu de noir: dans le ciel, vers l'ouest, assez bas, une étoile filante passa. Le malandrin, curieusement, marqua un temps d'arrêt, comme s'il reconnaissait en elle un coup du sort, un signe du destin - ou quelque guerrier céleste s'apprêtant à l'attaquer. L'Homme-Météore en profita: il asséna sur sa tête un coup du manche de sa lance, qu'il avait retournée parce que son ennemi venait d'en baisser la pointe par un coup de sabre. Le brigand en fut brièvement étourdi.

L'Homme-Météore donna ensuite de son pied droit un coup de côté en faisant tourner sa hanche, et le faux ninja le prit en pleine poitrine. Enfin le héros retourna le sceptre qui lui servait de lance et l'enfonça dans sa gorge. Il se produisit la même chose que pour l'autre: il se ratatina, s'effrita, se dissipa, et une fumée bleue s'en exhala, avant de disparaître.

Le tapis dès lors flotta quelques instants, descendit de quelques pieds, puis, soudain, se tendit, s'élança, portant toujours l'Homme-Météore, vers le nord. Celui qui le dirigeait savait-il que quelqu'un s'y tenait? En ce cas, l'Homme-Météore était attendu. Il rétablit les mailles qui étaient déformées ou distendues, et se prépara à une bataille féroce.

Mais elle n'eut pas lieu. Soudain, un éclair jailli d'une lointaine tour, située au nord de Paris, le frappa, et, s'il ne fut pas véritablement blessé, il n'en fut pas moins rejeté du tapis et assez étourdi pour ne pas pouvoir se ressaisir et se rétablir: il tomba lourdement sur le toit d'un immeuble, dont il heurta une cheminée, la brisant, puis enfonça le zinc, manquant de le déchirer et de choir dans l'appartement du dernier étage.

L'immeuble trembla, tant le choc avait été rude. Des fenêtres volèrent en éclat, notamment au-dessous de l'endroit où il avait chu.

Les habitants en furent épouvantés. Ils crurent à une attaque terroriste, puis à la chute d'une météorite. Mais, encore une fois, ils se trompaient: il s'agissait de l'Homme-Météore. Or, il se reprit, et s'envola, porté par son sceptre-lance. Et les habitants plus tard affirmèrent que la météorite avait rebondi et s'était envolée sgtn_395_full.jpgderechef, ce que les policiers bien sûr ne purent pas croire. On parla d'extraterrestres, mais on en rit, et la cause du sinistre demeura inconnue. Comme les savants se sentent obligés de tout expliquer, mais sans jamais toucher aux causes secrètes des choses, l'idée se répandit que cet immeuble avait un défaut de fabrication, et qu'il fallait demander des comptes à l'architecte; et comme il était mort depuis longtemps, on se retourna vers la Ville de Paris, et l'on fit un procès. Mais cela est une autre histoire.

Celle qui sera racontée la prochaine fois, cet épisode commençant à être long, sera tout autre: car nous saurons ce que Robert Tardivel, sous son identité de simple mortel, fit alors.

Les commentaires sont fermés.