21/02/2016

Captain Savoy et les Elfes du Léman

comics marvel comics archangel xforce angel comics character_wallpaperswa.com_81.jpgDans le dernier épisode de cette série imitée des chansons de geste, nous avons laissé Captain Savoy et ses disciples alors que, assiégés par le Fils de la Pieuvre, ils se tenaient avec l'Homme-Cygne dans la grotte du Roc de Chère, base de Captain Savoy qui avait jadis appartenu au héros Dal. Or, par une projection d'image, la mère de l'Homme-Cygne, la belle Nalinë, Dame du Léman, nymphe immortelle, avait annoncé l'arrivée, pour les secourir, de ses guerriers, qui, disait-elle, passeraient par le Rhône puis le Fier puis le Thiou. Et elle assurait qu'elle conservait assez de guerriers pour la protéger.

Hélas, l'Homme-Cygne savait qu'il n'en serait rien, et que sa mère se garderait de le prévenir si on l'assaillait tandis que lui-même demeurerait dans un âpre besoin: elle préférerait certainement se sacrifier plutôt que de mettre en péril son cher enfant.

Il voulut lui parler, mais Nalinë dit: Et maintenant, je te dis au revoir, ô mon fils, et garde-toi bien; il faut que je te quitte, car cette communication m'épuise, et mes pouvoirs, tu le sais, ne sont pas illimités. - Nalinë! s'écria l'Homme-Cygne, et il se jeta vers la source et la forme de sa mère, pour essayer de la saisir dans ses bras; mais il ne rencontra que de l'eau pure et blanche, toujours ornée de reflets lunaires, mais sans cette fois la lumière étrange qui s'y était ajoutée. Car elle s'était évanouie, et l'ombre de sa mère avait disparu: il crut en saisir des pans chatoyants, des lambeaux colorés, mais ils se dissipèrent à leur tour sous son étreinte. Bientôt ils ne furent plus que des flocons qui également s'en furent, pareils à une neige dans une main chaude.

Captain Savoy posa la main sur l'épaule de l'Homme-Cygne, et dit: Ne t'inquiète pas, ô ami; ta mère est une grande reine, et elle saura se garder face au mal, si jamais il l'assaille. D'ailleurs il ne le fait pas encore: inutile de craindre ses propres conjectures, avoir peur des images de son propre esprit. C'est là pure folie, et il faut à présent se tenir prêt. L'Homme-Cygne se retourna et: Bien sûr, dit-il, tu parles d'or, noble génie de la Savoie! Mais mon cœur me tire toujours vers ce cher auteur de mes jours, et il n'est personne au monde que je chérisse autant; elle est ma lumière et ma chaleur, et, je dois l'avouer, aussi ma faiblesse. Donc suis-je heureux de t'avoir avec moi pour me réveiller à mes tâches d'homme, à mes devoirs de Gardien de la Justice et de la Liberté - ces deux chers anges du Ciel que je me dois d'aimer autant que ma mère, et tous les hommes qui sont sur Terre.

Captain Savoy alors rit, et n'ajouta rien. Les dix, les entendant, comprirent qu'il fallait se préparer, et ajustèrent leurs armes.

Puis ils attendirent, assis et calmes, s'efforçant de trouver la paix intérieure, et d'aller chercher au fond 701008-marvel_universe.jpgd'eux-mêmes la source de leur invincible courage, si elle existait.

Mais n'existe-t-elle pas chez tous les êtres pensants? Les héros ne sont-ils pas d'abord les hommes qui ont réussi à la trouver, et se sont ainsi unis au dieu qui vit en eux - à l'ange qui les guide, à l'archange qui les dirige, à l'archée qui les éclaire?

Dans le silence de leur cœur ils partirent loin, écoutant le grondement de la Terre, le chœur des planètes, la voix des constellations. Ils sentirent s'approcher d'eux des êtres, pensèrent les entendre leur dire des mots. Le temps autour d'eux sembla se suspendre.

Soudain, un bruit sourd retentit, qui les arracha à leur torpeur. Ils entendirent des cris, et comme des coups de tonnerre. La caverne trembla. La bataille, au-dehors, avait commencé. Des foudres étaient lancés!

Aussitôt, Captain Savoy se leva, et dit: Allons, les amis! Les jeunes disciples le suivirent, et il fit ouvrir la porte; car il parla, et elle s'ouvrit seule, un Nain invisible présidant à son ouverture. Il suffisait de dire le mot qu'il attendait.

Au dehors, ils virent le spectacle saisissant d'un âpre combat. L'eau giclait, et il en jaillissait des guerriers d'argent qui se jetaient sur le Fils de la Pieuvre et les douze guerriers-sorciers. Ceux-ci, pris par surprise, ne sachant d'où venaient les attaques, reculaient, et prenaient peur.

C'était les éclaireurs de l'armée de Nalinë. Par dessous les ondes ils avaient nagé, ou avaient pris des routes sèches inconnues des mortels. Le gros de l'armée suivait: elle apparut sur les ondes du lac. Elle était portée par trois nefs pareilles par leur forme à des cygnes. Elles glissaient sur l'eau comme des bulles de savon, semblant à peine la toucher, s'enfonçant de façon presque imperceptible. Elles étaient sorties d'une brume qui jusque-là les avait cachées: elles avaient traversé la ville sans être vues. Brillantes, jetant des feux, elles avaient la splendeur des anciens jours. Une gemme à leur proue, figurant un cygne, éclairait devant elles la brume et les eaux. Des rayons de feu en jaillissaient, atteignant les monstres, et les repoussant et les dispersant. Les simples soldats venus soutenir les douze monstres en étaient meurtris mortellement.

La suite de cette bataille ne pourra néanmoins être livrée qu'une fois prochaine. Nous verrons alors comment les héros pourront affronter les douze monstres du Fils de la Pieuvre.

Les commentaires sont fermés.