05/02/2016

Le combat de l'Homme-Météore

Vasnetsov_samolet.jpgDans le dernier épisode de cette étrange série, nous avons vu l'Homme-Météore s'élancer vers Corbeil-Essonnes et distinguer, par les fenêtres de la cage d'escalier d'un immeuble, la femme qu'il avait aperçue en vision, poursuivie par d'insignes malandrins. Il les voyait descendre d'étage en étage. Il avait regardé d'abord celui du dessus, comme on peut s'en douter.

À l'étage au-dessous, l'Homme-Météore vit qu'ils s'étaient emparés de la femme, et qu'elle hurlait de terreur. Ils remontèrent rapidement pour atteindre le toit. Là, ils se placèrent sur une sorte de tapis, qui sous eux s'envola. L'Homme-Météore les observait, suspendu dans les airs; voyant qu'ils décollaient et s'en allaient vers le nord (comptant sans doute survoler Paris), il s'élança et, déboulant d'un coup, sans que les malandrins eussent eu le temps de réagir, il s'empara de la femme, et repartit.

Les deux sortes de ninjas poussèrent un cri d'exclamation, mais sans tarder se reprirent. Leur espèce de tapis s'élança à la poursuite du héros.

Celui-ci, rapidement, descendit poser à terre la femme qui, évanouie, se laissa étendre sur une bande de gazon proche de la tour dont les brigands l'avaient arrachée, et qui était son immeuble. Des passants, la 11221655_1637840673166745_5759159884529312878_n.jpgvoyant, eurent d'abord peur, la lumière de l'Homme-Météore les faisant reculer; mais un d'entre eux la reconnut, s'écriant: Nadia! Et il accourut pour prendre soin d'elle. D'autres alors l'imitèrent.

Pendant ce temps, l'Homme-Météore s'était retourné pour faire face à ses adversaires, lesquels comptaient bien se venger de l'affront qu'il leur avait été fait et mettre le chevalier d'or hors d'état de leur nuire. Ils sortirent leurs sabres de leurs fourreaux, et voici! les lames en flamboyaient, comme si elles n'eussent été été faites que de feu. Et des éclairs en sortirent, et tentèrent d'atteindre le gardien secret de Paris. L'un d'eux le manqua, mais l'autre l'atteignit en pleine poitrine.

Sous la violence du choc, il fut envoyé à plusieurs mètres en arrière et perdit le sens de l'espace: il ne savait plus où était le nord et le sud, l'est et l'ouest, le bas et le haut, et il tournait, en s'abattant vers la terre. Mais, au moment où il allait toucher le sol, il reprit ses esprits, et rasa la terre sans la toucher, consumant au passage une bande de gazon, puis reprit son vol et s'élança vers les deux hommes, toujours sur leur tapis volant. Il tendit ses mains vers l'avant, et des rayons lumineux en sortirent, touchant l'un des guerriers au ventre, ce qui le fit tomber de son véhicule étrange; car il s'agissait d'énergie pure.

Mais il ne fut pas durement atteint, car, comme le vit l'Homme-Météore, il effectua un saut périlleux pour replacer ses jambes vers le bas, et, de façon surprenante, ne se fit point mal en touchant le sol, pourtant à plus de quinze mètres au-dessous: il plia les genoux, roula, et se releva.

Il s'agissait d'hommes transformés - comme lui l'était, pensa Robert Tardivel. Ils disposaient d'une force surhumaine. Ainsi s'explique que les dieux eussent fait appel à lui: il leur fallait un héros, pour faire pièce à ces méchants surhumains. Dieu sait néanmoins quel mage avait permis cette métamorphose!

Il fut encore plus surpris quand il vit l'autre homme, resté sur le tapis, faire absorber ses rayons de feu par sa lame étincelante. L'Homme-Météore comprit qu'il avait affaire à forte partie. Peut-être ses dons de vision ne l'emmenaient-ils que vers les vilains qui disposaient de forces infernales, qui disposaient de la puissance du gouffre? Car, pour les hommes ordinaires, la police ordinaire devait suffire, et les dieux n'intervenaient pour aider les hommes que si l'un d'entre eux, déchu et maudit, se mettait à les attaquer. Il fallait offrir une compensation, afin que l'humanité ne fût point détruite!

L'Homme-Météore se saisit de son sceptre, pareil à un bâton d'or court, suspendu à sa ceinture, et, sous la pression de sa pensée, il s'allongea et s'affina, formant comme un épieu. Il étincelait.

Il s'approcha, et les armes se croisèrent, car il para un coup d'estoc donné par le malandrin. L'épée de celui-ci crépitait, et eût pu à coup sûr découper n'importe quel métal; mais le sceptre de l'Homme-Météore était taillé star-wars-7-star-wars-artwork-concours-bande.jpgdans un fer météorique, et aucune arme terrestre, ou infraterrestre, ne pouvait le briser. Le malandrin en parut surpris, mais il n'eut pas le temps de s'en inquiéter davantage, car, en réponse à son coup, l'Homme-Météore s'efforça d'en donner un aussi, et il dut le parer à son tour.

Alors commença un combat d'escrime qui eût fait l'admiration des meilleurs bretteurs d'Orient. Car l'Homme-Météore se posa sur le tapis, qui toujours volait, et les deux se battirent, s'aidant aussi du poing gauche et de leurs pieds, quand l'occasion se présentait. D'en bas on eût dit deux artificiers dansant et se faisant entourer de feux virevoltants, de cercles de lumière et d'étincelles colorées.

Après quelques passes d'arme, l'espèce de ninja dit: Tu te bats bien, qui que tu sois; mais tu ne saurais gagner contre un disciple de Radsal-Tör. Et il tenta une botte dont il avait le secret.

Pour savoir ce qu'il en advint, néanmoins, il faudra attendre un autre épisode de cette série: nous verrons alors comment l'Homme-Météore se tira de ce mauvais pas.

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