18/05/2015

Captain Savoy: au secours des Disciples

tonique_du_roi_singe_gw2.jpgDans le dernier épisode de cette incroyable série, nous avons laissé Captain Savoy alors qu'il venait d'appeler à son aide son ami l'Homme-Cygne, et quatre de ses disciples alors qu'ils faisaient face à un terrible ennemi – l'atroce Fils de la Pieuvre, soutenu par l'essentiel du peuple annécien laissé par lui en vie en échange de leur servitude!

Déjà les trois disciples mêlés à l'âme d'une bête avaient pris l'apparence surhumaine, semi-divine, qu'un profond mystère leur avait permis d'acquérir - et l'Amazone céleste s'était couverte de son armure enchantée, où fidèlement se reflétaient les étoiles. Il serait trop long de décrire aujourd'hui l'apparence de ces héros; disons seulement que les bêtes auxquelles étaient mêlés les premiers étaient en réalité les anges des espèces auxquelles elles appartenaient, et qu'ils leur donnaient l'air de puissants chevaliers. Ils avaient sur eux des traits de ces bêtes, mais ils gardaient leur aspect d'êtres humains. Le Léopard des Neiges avait un costume tacheté, blanc et or, et tenait dans la main un sabre étincelant. Le Nouvel Hanuman avait un masque rouge et jaune, et à ces deux couleurs son costume ajoutait le vert et le brun; derrière lui une queue puissamment animée claquait dans l'air comme un fouet, et dans sa main était un javelot fin. La Femme-Faucon tenait sur le bras gauche un faucon éblouissant, semblant fait de 2d3e02498a5fac3d655a6e312939d887.jpgfeu et d'or, et dans sa main droite une lance; son habit avait plusieurs nuances de bleu, mêlées à du blanc. Quant à l'Amazone céleste, vêtue d'une armure dorée ornée de pierreries, ses mains rayonnaient; des flèches de clarté semblaient reposer dans sa paume: elle n'avait pas d'autre arme.

Dans leur incertitude (car ils craignaient de blesser de simples mortels), ces quatre jeunes héros étaient sur le point d'être abattus, ou gravement blessés. Si leur armure-costume pouvait, jusqu'à un certain point, les protéger des balles, elles ne pourraient, sans doute, résister aux griffes du monstre, dont bondissaient des éclairs. Ses dents pareillement étaient propres à les percer, et elles étincelaient, comme si un feu les habitait. On ne connaissait pas toute l'étendue de ses pouvoirs: qui sait si de ses yeux rouges, il ne pouvait pas aussi lancer du feu? Ou bien de la sorte de pierre jaune qu'il portait au front, incrustée dans sa chair? Et de ses cornes, encore, ne pouvait-il jaillir d'autres foudres? En tout cas il était assez puissant pour tuer tous les quatre héros, disciples de Captain Savoy.

Mais celui-ci fit alors son apparition, depuis les hauteurs: à toute allure, il glissait sur son ordinaire pont d'émeraude, création de son anneau enchanté.

Il pénétra la foule des hommes, et les repoussa d'un seul coup tournoyant de sa lance luisante, faisant un vide autour de lui: il en surgissait des rais de lumière qui éblouissaient, frappaient, envoyaient au loin - car ils étaient solides, semblables à du feu. Et si jamais quelques-uns restaient debout, il les heurtait de ses épaules, et aussitôt ils en étaient mis à terre, si grande était sa puissance.

La foule donc, frappée de terreur, s'écarta de devant lui, et voici que les hommes étaient tels que des épis, qu'abattait une bourrasque. De sa forte voix il prononça, tout en procédant à sa course, ces mots: Que faites-vous, enfants? Ô vous serez massacrés, si vous restez ainsi cois. Repoussez de vos pouvoirs ce qui reste de ces hommes, pendant que je tente de m'occuper du monstre affreux. Et, parvenu au bout de son élan, il assena au Fils de la Grande Pieuvre un coup, de sa lance, qui eût pu transpercer janemba_by_abelsart-d7ab31e.jpgune montagne; mais il le doubla d'un jet de feu sorti de la gemme bleue qu'il portait au front, et d'un autre rai de lumière solidifiée, jailli de l'émeraude qu'il portait au doigt; car il avait, soudain, laissé son pont de cristal vert, et bondi sur la créature abjecte.

Le monstre, se voyant frappé de trois manières différentes, fut surpris; il chancela. Reculant de deux pas, il sentit comme une nuée noire emplir son âme. Il ne s'attendait point à une telle puissance, chez Captain Savoy!

Les quatre disciples, faisant disparaître dans leur costume leurs armes mortelles, s'élancèrent, pendant ce temps, vers les Annéciens, qui, un instant effarés, revenaient à la charge: car le monstre les avait si profondément ensorcelés, qu'ils ne voyaient en Captain Savoy et en ses disciples que des démons immondes, et, en le Fils de la Grande Pieuvre, leur sauveur. Ils étaient de vrais fanatiques. Les héros leur donnèrent des coups légers, qui pouvaient leur faire perdre conscience, mais non tuer; ils le firent avec leurs poings, leurs pieds - et celui qu'on appelle le Nouvel Hanuman usa aussi de sa queue, qui, malgré sa finesse, pouvait lui servir de massue.

Ils étaient si forts et vigoureux qu'ils repoussaient et mettaient à terre des dizaines d'hommes. Et quand la queue de l'homme-singe balayait l'air autour de lui, plus un homme ne restait debout: tous étaient étendus, couchés, envoyés plus loin.

Les mortels tentaient de leur tirer dessus, au pistolet, au fusil, ou de leur donner des coups de couteau, de hache, de sabre, mais tantôt ils les évitaient, les balles mêmes n'étant pas pour eux assez rapides, url.jpg74.jpgtantôt leur costume ou armure amortissait le choc, étant brodé magiquement par les Fées, ou forgé magiquement par les Nains: un sort était sur eux, qui les rendait invincibles.

Il en était notamment ainsi pour l'Amazone céleste, car le Léopard des Neiges et le Nouvel Hanuman mêlaient au tissu leurs pièces d'armure. Quant à la Femme-Faucon, elle bénéficiait d'une protection spéciale: l'oiseau qu'elle soutenait sur son bras avait créé autour d'elle une bulle d'énergie teintée de rouge qui empêchait les balles de la toucher, les traits de la blesser - les coups de l'atteindre. De son côté, elle pouvait traverser sans difficulté ce champ de force, et frapper les Annéciens de ses pieds et de ses mains - ou bien, reprenant sa courte lance, qu'elle avait glissée dans son baudrier, elle assaillait ses ennemis de sa poignée, ou de la hampe, sans enfoncer dans aucun corps la pointe. Et au plus fort de l'action, son oiseau-fétiche lâchait son bras, mais restait près d'elle, suspendu au-dessus de sa tête, et elle pouvait user aussi de sa main gauche. Cependant l'oiseau n'attaquait pas, car de ses yeux, au moindre commandement de sa maîtresse, il pouvait envoyer des rayons rouges, des jets de lumière concentrée, mais elle ne lui en donnait pas l'ordre, car elle craignait que les Annéciens en fussent meurtris d'une façon trop profonde. Les ailes ouvertes, telle une flamme, il restait donc dans l'air, et de lui partait la bulle d'énergie vermeille qui protégeait la jeune disciple.

Néanmoins, cet épisode commence à être long, et la suite du combat ne pourra être donnée qu'une fois prochaine. L'Homme-Cygne fera alors son apparition. Lui qui était si ardemment attendu!

Les commentaires sont fermés.