01/04/2015

Saint Louis à l’assaut des monstres

67269834.jpgDans le dernier épisode de cette effroyable série, nous avons laissé saint Louis, ses six compagnons et le vaillant Solcum, alors qu’ils venaient d’apercevoir au loin trois monstres hideux; et il fut dit par Solcum qu'ils étaient propres à jeter dans la folie tout homme les contemplant de près.

Alors saint Louis demanda: Mais s’il en est ainsi, ô Solcum, comment ferons-nous pour les combattre sans nous jeter à terre d’épouvante? Solcum répondit: Ô roi, il faut qu’à présent, je passe sur tes yeux un baume préparé par les fées d’Etön - elles-mêmes dirigées par sa fille, la belle dame dont je suis et resterai éternellement amoureux, celle qu’on nomme Ithälun. Car il te permettra de distinguer ce que ces monstres sont au-delà de leur apparence; alors tu ne verras en eux que folie, misère, égarement, désespoir, rage immonde, tu perceras le voile de l’éthérique et verras l’astral, comme qui dirait; et à ce moment le combat pourra avoir lieu. Sans doute, le baume n’a pas d’action parfaite; comme à travers un brouillard tu percevras leur forme effroyable. Mais elle ne t’apparaîtra plus comme épouvantable, comme aussi effroyable qu’elle te le paraîtrait sans cela. Tu entreras en quelque sorte dans leur monde, le monde d’un passé formidable, immémorial - d'un passé où, en réalité, tu vécus toi-même, quoique sous un autre visage, et où ces gens étaient tes maîtres directs: et ils ne te faisaient pas si peur, quoique tu les prisses pour des dieux, à l’image de tous les hommes. Souviens-toi, ô Louis: tu étais alors leur prêtre, leur serviteur de premier rang; souviens-toi que moi-même j’étais là, sous une autre forme - également moins humaine, moins familière à tes sens. Mais j’ai abandonné cette apparence quand les dieux l’ont ordonné, et ils m’en ont donné une autre, plus belle - celle que tu me vois à présent. Et toi tu en avais aussi une autre, celle qu’avaient alors les hommes mortels - à cette époque semblables à des larves aveugles, en vérité; mais la lumière et la chaleur des dieux les baignaient, et ce qu’ils touchaient projetaient en eux des images grandioses, qui les amenaient à assimiler les êtres qui les gardaient à des dieux, parce qu’ils les gardaient au nom de ceux-ci.

tumblr_mu2kjovs8Q1qcdh6qo8_1280.jpg- Tu dis des choses bien étranges, s'exclama le roi Louis; on les dirait science païenne, que seul possède le diable.

- Ne crains rien à cet égard, roi Louis, répondit Solcum: il s'agit de choses vraies, qui arrivèrent avant le Déluge - et même avant l'écroulement de l'antique Lémurie; mais elles ne doivent être connues que de quelques-uns, car elles troubleraient l'esprit du peuple, s'il les savait. Or, il doit échapper à ces maîtres du passé, aujourd'hui devenus mauvais, et se tourner vers le soleil sprituel, le Christ. Mais pour toi il est nécessaire que tu saches ces choses, afin de mieux les combattre. Quoi qu’il en soit, arrêtez vos chevaux, mes amis, car je vais procéder à l’office qui m’est dû.

Et Solcum s’approcha et leur passa le baume sur les yeux. Il leur dit qu’il était fait de la salive d’un dieu sur laquelle avait soufflé une déesse - son épouse -, mêlée à la terre la plus pure des jardins d’Etön. Et quand ils ouvrirent les yeux après la pose de ce baume, le monde leur apparut différent. Ils voyaient devant eux les géants comme des êtres qui rayonnaient, qui certes étaient terribles dans leur arrogance, mais qui n’étaient plus hideux et incompréhensibles extérieurement, qui étaient mus par un orgueil qu’ils saisissaient, des pulsions morales qui leur étaient accessibles. Ils surent alors qu’ils appartenaient au peuple dit des mauvais anges, et qu’ils allaient devoir les combattre. Leurs armes bénies par Etön leur apparurent éclatantes, et propres à trancher les rayons et la clarté dont étaient constitués les êtres se tenant devant - et la croix de saint Louis luisait aussi, jetant ses couleurs devant elle. Les êtres prirent une forme humaine, et à leurs mains étaient des épées, ils devenaient tels qu’on pouvait les combattre! Ils restaient néanmoins d’une haute taille, et très forts, vêtus d’armures éclatantes, d’airain, tel le grand Goliath, dont la Bible parle.

Or leur tentacule ventral restait visible, et s’agitait; et leurs jambes restaient diffuses, comme si elles fussent faites de plusieurs tentaculefantasy battle magic the gathering god weapons giant armor digital art artwork eldrazi 1920x1080_www.wall321.com_45.jpgs pressés les uns contre les autres. Saint Louis les voyait tels qu’ils étaient, mais il n’en était plus effrayé; ou il ne l’était pas plus du moins que face à des ennemis ordinaires. D'eux s'exhalait un feu noir, et leurs yeux étaient cruels, l'orgueil les ayant corrompus et livrés à l'abîme.

Ils étaient trois, comme je l’ai dit, et les sept chevaliers et Solcum se jetèrent dans leur direction. Tandis que les sept criaient: Montjoie et saint Denis! Solcum disait: Par Etön le roi et Ethälun la belle! Et ils tenaient leur bouclier à leur bras gauche, et l’épée à la main droite, pointée en avant.

Ce qu’il advint alors ne pourra néanmoins être révélé qu’une fois prochaine.

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