21/11/2014

Momulk et la mort de la Valkyrie

fight_flatFV.jpgDans le dernier épisode de cette très particulière série, nous avons laissé nos héros, Momulk et l’Elfe Jaune, alors qu’ils combattaient un monstre hideux, un homme immense muni de cornes appelé Fomal, qui venait d’envoyer dans les airs le géant vert d’un coup de son énorme poing; l’Elfe Jaune, pendant ce temps, se relevait, après avoir posé un genou à terre au moment où Fomal avait fait assez trembler celle-ci d’un coup de sa hache pour lui faire perdre l’équilibre.
 
Fomal, le voyant debout, ne prit pas le temps de souffler; il fit tourner sa longue hache vers lui, mais l’Elfe fit aussi bien qu’Amariel, qui l’avait évitée - quoique ce fût, lui, en se dématérialisant: l’arme du monstre ne rencontra que le vide. L’Elfe réapparut derrière Fomal, et comme il était d’une puissance très supérieure à la sienne, il fit sans tarder jaillir le feu de ses yeux, priant pour que ce fût suffisant, puisque ensuite il n’aurait sans doute pas la force de recommencer, ni même peut-être de se dématérialiser pour échapper à son ennemi.
 
Le jet d’énergie concentrée frappa Fomal au dos, et lui fit faire un bond en avant, en le déséquilibrant; cyclops_marvel_superheroes_comics_hd-wallpaper-1578490.jpgil fut mis à genoux, mais se rattrapa avec les mains, et aussitôt se releva, l’air terrible: à peine son armure avait-elle été enfoncée par la rafale de l’Elfe Jaune; mais une fissure aussi apparaissait, et du sang coulait, et cela eut le don de mettre l’homme-taureau plus que jamais en fureur: le feu de ses yeux devint éclatant, on eût dit un brasier: la porte de l’enfer semblait s’ouvrir, sur l’Elfe. Or, ce feu se concentra et un éclair en partit, à la plus grande surprise de ce dernier, et même à son plus grand désespoir: car sa puissance en semblait terrible.
 
Lorsqu’on est face à la mort, le temps ralentit; mille pensées traversent l’esprit; l’Elfe jaune eut celle qu’il allait être détruit, et songea à la confiance que lui avait accordée Captain Savoy; et il regardait l’éclair s’avancer vers lui comme s’il n’avait pas été rapide comme la lumière. Mais à ce moment, Amariel bondit, son épée lumineuse à la main, et vive comme la pensée, elle-même, elle asséna un c0b52aa697ffea65f4027cffde2c283a.jpgcoup à Fomal, qu’il reçut sur la tempe droite. En vérité, cela ne le tua pas, malgré la haute qualité de la lame de l’héroïne; car il avait la peau dure comme on ne peut le concevoir. Mais une entaille s’y fit, dont il jaillit du sang, et surtout, sa tête en fut tournée malgré lui, et le jet de feu n’atteignit pas l’Elfe Jaune de plein fouet: il ne reçut que le bord du rayon à l’épaule, qui en fut brûlée et où une plaie s’ouvrit - et encore fut-ce bref, puisqu’au moment de cette décharge le monstre tournait la tête. L’Elfe Jaune trouva bien ironique qu’il eût manqué de périr par la même arme qu’il avait utilisée, et qu’il pensait être le seul à posséder! Quels pouvoirs encore avait donc ce Fomal?
 
La réponse vint aussitôt: sa main soudain flamboya, et il fit jaillir une rafale d’énergie blanche, qui atteignit la princesse enchantée sur sa cuirasse d’argent. Or, un dieu l’avait forgée; un dieu l’avait bénie, plaçant sur elle un sort: nul feu, fût-ce celui du monstre cornu, ne pourrait l’entamer. Mais Amariel n’en fut pas moins violemment repoussée, envoyée au loin, et plongée dans l’inconscience. Désormais l’Elfe Jaune était seul, face à Fomal. Car les suivantes de la princesse n’avaient pas encore osé affronter l’homme-taureau, quoiqu’elles eussent vu par deux fois leur dame s’élancer contre lui; et maintenant, celles qui n’avaient pas fui s’élancèrent dans sa direction, pour voir si elle n’avait rien.
 
Cependant, deux jeunes nymphes bien armées se rendirent compte que désormais l’Elfe Jaune était seul; elles étaient parmi les plus courageuses de toutes, et se nommaient Étamil et Basiclës; la première était rousse, et sa peau était d’une éclatante blancheur; la seconde avait les cheveux entre le blond et le brun, de couleur châtain, comme on dit, et elle était moult gracieuse, belle et grande - quand l’autre était fougueuse, d’une volonté ardente. Hélas! en ce jour, leur courage ne fut point récompensé. Car pendant qu’Amariel s’était jetée sur le monstre, l’Elfe jaune avait retrouvé son Valkyrie.jpgpouvoir de téléportation; aussi, quand Fomal jeta sur lui sa hache, il ne l’atteignit pas, pour une seconde fois; mais il atteignit la belle Basiclës, qui s’était précipitée pour secourir l’Elfe. Elle en fut, comme c’est horrible à dire! mortellement blessée: car la lourde lame tomba sur son épaule, et la trancha; aussitôt le sang jaillit.
 
L’Elfe Jaune en fut horrifié; bruyamment il cria: Non! Et Étamil écarquilla les yeux, et en fut saisie d’une peine immense, et elle perçut la douleur monter en elle, mais son élan en fut d’autant plus vif, car elle se lia à la colère; Fomal la vit arriver vers lui, et il effectua un revers de main qui la projeta en arrière: elle ne mourut pas, mais son bras gauche en fut brisé, et elle ne put se relever.
 
L’Elfe Jaune s’étonnait que le sort pût être si cruel avec de si belles demoiselles; mais elles étaient des guerrières: beaucoup d’entre leurs sœurs déjà étaient tombées au combat, et elles ne se souciaient pas du désir qu’elles inspiraient aux hommes - de la beauté qu’ils leur trouvaient: elles n’en tiraient nul orgueil; elles ne vivaient que pour accomplir leur mission de suivantes de Dame Amariel.
 
Mais cet épisode ne commence-t-il pas à être trop long? La suite ne pourra être dite qu’une prochaine fois.

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