27/04/2014

Captain Savoy et le combat des chevaliers d’argent

fantasy mage war castles warhammer chaos elves dwarfs battles orcs artwork siege 2560x1600 wallpa_wallpaperswa.com_85.jpgDans le dernier épisode de cette noble série, nous avons laissé notre héros, Captain Savoy, alors que, combattant à la fois la grande pieuvre du lac d’Annecy et les hordes noires qui surgissaient des grottes de la montagne, il voyait, conformément à ses vœux, arriver les chevaliers d’argent appelés par lui à la rescousse - les chevaliers de la Lune, par lesquels se guérissent tous les maux.
 
Les neuf guerriers se jetèrent sur les démons, fils de l’Orc, et créèrent dans leurs rangs d’effroyables trouées. L’ennemi recula, sans rompre: toujours de nouvelles troupes arrivaient, vomies par la montagne.
 
Cependant, les chevaliers célestes les contenaient. Leurs pouvoirs étaient fantastiques. Des rayons de feu sortaient de leurs yeux, des éclairs jaillissaient de leurs lances, de leurs épées - et certains volaient, comme soulevés par des ailes de flamme, tout pareils à des dieux!
 
Alors Estalpil s’adressa à Captain Savoy: Va sauver ta noble cité, ô mon frère! lui dit-il. Ne vois-tu pas la pieuvre immense l’envahir, ses tentacules s’y étendre, son ventre s’y couler? Les hommes souffrent; ils attendent ta venue. Et nous ne pouvons la combattre: nous ne pouvons affronter que ces démons, qui sont fils de nos anciens frères. Quant à la pieuvre, elle s’est nourrie du sang des hommes mortels, 0002260003MM.jpget les dieux ont déclaré celui-ci sacré pour nous: il nous est absolument interdit d’y toucher. Toi seul peux racheter les péchés qu’elle représente, et qui viennent de ta race.
 
Le héros de Savoie l’entendit; se dégageant de la mêlée, il se précipita en direction des murs de la ville. Il y pénétra par la brèche créée par le monstre puis monta vers le château assiégé. Il vit plusieurs hommes saisis par les tentacules de la créature et avalés dans sa gueule noire; il en fut épouvanté. Mais la colère aussi le saisit. Il bondit sur son dos, porté par une planche de lumière forgée par son prodigieux anneau, et enfonça sans attendre davantage sa lance étincelante dans le mou de la tête énorme. La pieuvre, surprise, et qui ne l’avait pas entendu venir, tout occupée qu’elle était à dévorer de malheureux Annéciens, et qui même avait eu à peine le temps de percevoir sa présence sur son corps, eut un sursaut; elle hurla, et ce fut un bruit sourd dont résonna toute la combe lacustre. Tous les hommes en furent horrifiés - sentirent leurs cheveux se dresser sur leur tête. La douleur de  la bête était profonde! Des spasmes l’agitèrent, et une grande vague jaillit du lac, soulevée par ses tentacules qui y demeuraient et battaient les ondes; mais bientôt, elle ne bougea plus.
 
Captain Savoy crut que c’était fini, de ce côté-là, et il soupira profondément; il s’apprêtait à rejoindre ses amis de la Lune auprès des hordes noires, qu’il pensait déjà vaincre facilement, quand, soudain, il vit le ventre du monstre mort étrangement bouger. Quelque chose en lui se mouvait hideusement, faisait comme un bouillonnement. Puis, brusquement, il éclata, répandant autour de lui un sang noir, visqueux, puant, immonde.
 
De la peau crevée Captain Savoy vit alors quelque chose de plus effroyable encore: un être que la pieuvre avait enfanté, avait conçu, Dieu sait de quel géant enchaîné aux tréfonds de la Terre! Car sa forme était indistincte, quoiqu’il eût les yeux d’un homme, qu’on y perçût de l’intelligence. Mais elle était accompagnée d’une malice sans bornes, d’une flamme mauvaise.
 
Était-il né du tourbillon de l’abîme? Sur son corps il en porta54261501575285120776.jpgit les marques! Il était, assurément, la matérialisation d’un cyclone…
 
Captain Savoy avait scruté le fond des cieux; il avait vu des anges, dans le ciel d’Ordolün - voire des dieux. Il avait aussi vu des monstres, regardé dans les yeux des fils de l’Orc, humé leur fétide haleine; mais jamais il ne s’était trouvé en face d’une abomination aussi grande.
 
Il eut un éclair d’effarement dans le regard, qui eût fait perdre espoir à tout mortel qui l’eût aperçu. D’ailleurs, la Terre sembla épouvantée aussi: des nuages obscurs s’assemblèrent, jetant le monde dans les ténèbres; un éclair fusa, et une odeur de soufre se répandit, comme si ce monstre, fils de la grande pieuvre, et devant naître à sa mort, n’était autre qu’un des portiers de l’enfer.
 
À quelle magie infâme s’était donc adonnée sa mère pour engendrer cet être? Cela avait dû se dérouler bien au-delà des profondeurs du lac d’Annecy, dans des puits inconnus, inaccessibles - dans des eaux antérieures à l’apparition de l’Homme!
 
Cependant, la peur ne s’empara que brièvement du héros; dès qu’il eut vu ce monstre, il brandit sa lance, et s’apprêta à se jeter sur lui.
 
Il ne savait s’il pourrait le blesser: sa peau paraissait si dure, si épaisse! On l’eût dite en métal, elle luisait. De vagues éclairs couraient sur elle, comme si elle avait contenu les foudres de l’abîme.
 
Et effectivement, lorsqu’il eut assené le coup qu’il projetait, Captain Savoy ne vit pas sa lance, toute puissante qu’elle fût, entamer son cuir. La créature infecte rugit, une lueur d’acier s’alluma dans son œil, et d’un coup d’une de ses nombreuses pattes il frappa notre héros plus durement qu’on ne l’avait jamais fait.
 
Ce qui advint alors ne pourra néanmoins être dit qu’une fois prochaine.

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