19/03/2014

Le discours du roi d’or au roi saint Louis

518px-Piero,_Sigismondo_Pandolfo_Malatesta_before_Saint_Sigismund_03.jpgDans le dernier épisode de cette série propre à laisser perplexe plus d’un esprit rassis, un roi étrange avait reçu saint Louis et ses six compagnons dans son merveilleux palais, et curieusement commencé par remercier un chevalier qui les y avait amenés, le disant droit et fiable, loyal et juste - annonçant aussi qu’il viendrait un jour parmi les hommes pour y faire régner la justice sous le nom de Génie d’or! Il s’adressa alors à Louis dans ces termes:
 
Entends-tu, ô roi parmi les hommes mortels? Voici un être qui ne lésinera pas sur les services qu’il rendra à tes descendants, à ton peuple, quand le moment sera venu! Les astres l’indiquent: à cet égard ils sont formels. C’est lui, qu’on appellera parmi les tiens le Génie d’or, ou l’ange de la liberté!
 
Or te demandé-je de garder bien cela en mémoire, afin de le transmettre à des héritiers, que tu initieras à ce mystère, afin que, dans la nuit des siècles qui s’annonce, la mémoire ne s’en perde pas tout à fait, et que des hommes demeurent qui sauront la vérité et resteront aptes, lorsque je l’enverrai ou lorsque mon successeur l’enverra parmi vous, à lui donner son titre et son nom véritables, par-delà les illusions que les mortels se font sur eux-mêmes et leurs capacités, qu’ils croient ou croiront prodigieuses! Car dans l’avenir les hommes seront pleins d’orgueil, différents de ceux de maintenant, qui s’en remettent aux anges, aux saints du ciel, comme ils disent - bien qu’ils haïssent déjà volontiers les génies, qui pourtant peuvent leur servir d’intermédiaires. Mais il est vrai qu’il en est également de fourbes, qui peuvent les induire en erreur, et je comprends cette méfiance.
 
Sache pourtant que le seigneur Solcum, sage entre les sages, est celui qui t’a amené ici, et qui invita saint Germain, entre les astres, à venir l’aider à de convaincre de le faire: la nef que tu as vue glisser sur les étoiles ramenait chez lui cet ange. Mais c’est Solcum qui a fait en sorte qu’il vienne parmi vous, qui s’est donné corps et âme pour le permettre. En échange de son sacrifice, je vais te demander à présent quelque chose: car dans mon royaume il est un mal que seuls des hommes peuvent guérir. Eux Thanos.JPGseuls ont la nature de pouvoir le faire, parce qu’ils ont la solidité, dans leurs membres, qui permet de résister aux assauts du monstre qui assaille ce royaume que je gouverne. Car il fut créé jadis par un ange déchu à partir des forces de la Terre et introduit ici pour me nuire, et même m’abattre. Il dévore ma terre sous ses dents comme une ombre, un rêve, une fleur de cristal!
 
Tu es, sache-le, le dernier homme mortel que je pourrai jamais invoquer à mon aide: car ceux qui vivront plus tard seront trop impurs pour ne pas apporter au monde des génies, si jamais ils y viennent, la corruption et la destruction, vivant constamment avec des spectres immondes qu’ils ne verront pas, qu’ils ne repousseront pas, dont ils s’accommoderont, qu’ils assimileront même à leur propre esprit, souvent. Tant fous seront-ils! Toi, tu es encore pur dans ton cœur, car les pratiques religieuses qui sont les tiennes maintiennent à distance ces mauvais esprits qui vivent dans les membres de l’homme; tu te voues chaque matin à ton ange, qui les domine, les gouverne, les tient en bride. Ta volonté bonne le permet! Et tes compagnons sont pareils à toi, sur ce glorieux chemin ils te suivent! Vous pouvez donc agir - ce que vous ferez, naturellement, avec ce guide étincelant, le vaillant Solcum, le Génie d’or, lumière de la liberté, dont le nom signifie qu’il est né du soleil et reste lié à lui, qu’il tire de lui sa force, ses armes, qu’il y a des protecteurs saints et puissants, fantasy_knight_gold__forever_unfinished__by_conmana-d5olwry.pngque des gens l’y aiment! Jamais il n’a rompu avec cette noble origine de mon peuple, contrairement à d’autres, voués plus sombrement à la Lune.
 
Regarde, dans son fourreau, l’épée qui brille de l’éclat de l’astre d’or. Elle y a été forgée, on la lui a apportée depuis ce monde divin! Il a reçu cette grâce. Ne t’étonne pas, si tu la vois lancer des rayons, elle est d’une telle nature! 
 
Mais toute cette puissance n’est pas encore suffisante, quoiqu’elle soit très méritante, contre le monstre dont je t’ai parlé: elle le ralentit, l’arrête, parfois, le repousse, plus rarement, mais n’empêche pas ses progrès inexorables. Seul un homme maniant une arme comparable peut l’empêcher de s’imposer. C’est pourquoi il te faudra recevoir de telles armes, des armes forgées par les nains célestes, par Vurnarïm en personne! Car tu n’ignores sans doute pas qu’il a avec lui des nains pour accomplir ses volontés. Ce qu’il veut est accompli par eux.
 
Dès lors, tu seras l’égal de Solcum, sage entre les sages. Et tu chevaucheras avec lui, et avec tes amis, au combat contre le monstre de l’ange déchu! De ton écu jaillira une lumière, de ton épée des flammes, et tu pourras, peut-être, venir à bout de l’ennemi! Qu’en dis-tu?
 
Hélas, pour connaître la réponse du bon roi Louis, il faudra, je le crains, attendre une autre fois.

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