14/12/2013

Le retour sur Terre de Captain Savoy

Dans le dernier épisode de cette mystérieuse série, nous avons laissé Captain Savoy au sein de la fête qui avait été donnée le lendemain du mariage selon l’ordre des Gandharvas - c’est-à-dire, inspiré d’abord par l’amour -, qui l’avait vu s’unir à la princesse Adalïn, fille du roi Ordolün.
 
Or, le soir du troisième jour, les invités se retirèrent, et les jardins se vidèrent, tout comme le palais royal, chacun rentrant dans sa demeure propre. Seul Ordolün, curieusement, resta. Captain Savoy en fut surpris. Il s’en ouvrit à Adalïn, qui lui révéla que son père avait quelque chose de très important à lui dire.
 
Il vint à lui, et se déclara prêt à l’écouter.
 
Et le roi lui apprit qu’il lui fallait, à présent, laisser son épouse seule, et repartir sur la Terre, où l’attendaient des tâches majeures! Il ne pourrait revenir que lorsqu’il aurait accompli tous les travaux dont1150663_539977912739701_398684733_o.jpg les dieux l’avaient chargé. Alors seulement les deux époux pourraient vivre durablement leur amour - et connaître le repos, le bonheur. Il n’était pas temps, encore, pour lui, de vivre parmi les fées; il lui fallait souffrir, combattre, éprouver les peines, accomplir son devoir! Il devait vivre parmi les hommes en butte aux menées du mal, et les secourir dans leurs malheurs. Tel était son destin!
 
Il n’avait été ressorti du monde des ombres, arraché aux ténèbres, rendu à la vie, que pour cette raison; il lui fallait l’assumer. L’heure des récompenses n’était pas encore venue, et l’amour d’Adalïn n’y changeait rien.
 
Pendant ce discours, Captain Savoy tenait la tête baissée; il savait, en vérité, qu’il en était bien ainsi, mais la douleur, le chagrin, entrait profondément dans son âme. Il versa une larme, songeant à la princesse merveilleuse qu’il devrait laisser derrière lui. Il demanda à Ordolün si elle était au courant; Bien sûr, répondit-il, elle l’a toujours su!
 
Lacner en fut ému jusqu’au fond de son cœur.
 
Et voici! les deux époux se dirent adieu, et échangèrent des mots que nous ne saurions répéter, tant leur secret fut grand, et demeura bien gardé: les dieux eux-mêmes n’osèrent pas le chuchoter.
 
Le lendemain, Captain Savoy se vêtit de son armure flamboyante, qui est son costume enchanté, reprit sa lance, et il fut accompagné aux portes du royaume d’Ordolün par tous ses vaillants chevaliers. Et ils asgard-thor294.jpgpleuraient, et lui promettaient qu’ils se reverraient bientôt. Et quand le héros s’en fut, Adalïn à son tour versa des larmes.
 
Mais bientôt tout ce monde fabuleux disparut dans le flot de couleurs claires que Captain Savoy pénétrait dans sa marche virile pour retourner sur la Terre périssable, et son cœur se serra; il se demanda s’il ne pourrait jamais revoir aucun de ces êtres fées, et en doutait: il avait comme un mauvais pressentiment, une ombre était en lui.
 
Bientôt fut-il à la porte de sa base, au sein de la montagne mystérieuse dont le nom sera donné en temps voulu. Il y entra, et soupira. Puis il alluma son écran psychique, qui lui montrait les monstres qui se répandaient à travers la Terre pour y semer le mal, avant même que les effets de leur action ignoble fussent perçus des simples mortels: il avait par lui cette prescience!
 
Il eut la vision de la pieuvre géante qui attaquait la cité d’Annecy depuis les sombres profondeurs de son lac - et qui, au-delà de sa forme ténébreuse, avait le visage d’une femme atroce, méchante. Et c'est liste_Pouvoirs-psychiques-et-mutations_7983.jpegainsi qu’il s’arma, et accourut pour l’affronter. Il se plaça devant elle, et lui ordonna de s’arrêter dans son avancée fatale; mais elle ne fit qu’en rire, et le combat s’engagea, ainsi que cela a été dit déjà.
 
Captain Savoy bondissait de tentacule en tentacule, et leur assénait de terribles coups de sa lance d’or; il faisait aussi jaillir de celle-ci des rafales d’énergie pure, qui atteignaient le monstre au corps, dans son centre. Et certes, il en était blessé, et meurtri, et sa rage s’en augmentait; et Captain Savoy eût pu finir par l’achever, car si sa force était moindre, il était cent fois plus rapide, et l’était au point de laisser derrière lui des traînées d’étincelles quand il se déplaçait d’un tentacule à l’autre ou d’un point à l’autre de l’espace, de telle sorte que le monstre en était aveuglé, étourdi; mais c’est alors que son cri rageur fit sortir des failles de la montagne des nuées de hordes noires, de guerriers démoniaques armés jusqu’aux dents - et ils étaient ceux que d’aucuns ont nommé les Orcs, les Immortels de l’Abîme. Captain Savoy se vit alors perdu, car il était entouré de toutes parts.
 
Il n’avait pas encore élevé ses disciples à la dignité de héros, quoiqu’ils eussent été choisis, ainsi que cela a été raconté déjà; ils n’étaient encore que des élèves, trop jeunes pour affronter ces suppôts de l’enfer. Sans doute l’Elfe Jaune avait acquis une force suffisante; mais, de l’autre côté de la montagne, il combattait Momulk, un homme-monstre, un homme qu’avaient pénétré, défiguré et métamorphosé d’infernales créatures vertes: grande déjà était sa tâche! Et quant à l’Amazone Céleste - elle aussi prête, elle aussi mûre pour le combat -, elle avait voulu faire son chemin seule. Ainsi, Captain Savoy se retrouvait sans aide possible, si  ce n’est celle des chevaliers-fées de la Lune!
 
Ce qui s’ensuivit ne sera néanmoins dit qu’une fois prochaine.

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