17/09/2013

Bref répit pour l’Elfe Jaune (Momulk)

2428998749_small_1 (1).jpgDans le dernier épisode de cette épique série, nous avons laissé Momulk et son adversaire l’Elfe Jaune au moment où celui-ci, après avoir tenté de se jouer du monstre, avait lui-même été attrapé et saisi, et était sur le point de se faire pulvériser.
 
Mais il n’en fut pas ainsi: car des yeux de l’Elfe jaillirent deux rayons vermeils qui avaient une formidable puissance, et que le héros n'utilisait que le moins possible: ils avaient le pouvoir de tuer, anéantir, consumer totalement les êtres ordinaires qui subissaient leur feu, et il ne voulait pas que cela advînt. De surcroît, ils lui étaient venus d’un don spécial qu’il n’entendait pas galvauder, et dont l’auteur appartenait à un monde autre, supérieur. C’est lui qui avait fait de lui un elfe, après qu’il avait été un homme…
 
D’abord avait-il, à dire vrai, suivi l’initiation voulue pour lui par Captain Savoy; puis ce héros l’avait mis en relation avec cet être fantastique, afin qu’il lui donne ses pouvoirs.
 
Mais cela sera raconté un autre jour. Pour le moment, il faut seulement savoir que l’Elfe Jaune ne pouvait lancer ces rayons oculaires à tout instant, que cela lui demandait une grande énergie, laquelle il devait puiser dans sa propre âme: elle n’était pas illimitée.
 
Cependant la minute était grave; il risquait sa vie. Et, de fait, la puissance de ce feu vermeil était telle hulk_fire_by_libre_comme_lart.jpgque Momulk hurla et lâcha le poing de l’Elfe, qu’il recula. Ses cheveux même furent brièvement en feu. Mais le monstre y passa la main et l’éteignit.
 
Dans ses yeux, toutefois, un doute survint. Une vague angoisse monta en lui, qui ramena un semblant d’humanité: car sinon, d’ordinaire, seules les forces les plus enfouies de l’abîme l’habitaient - et elles sont insensibles au doute et à la peur, ayant renié absolument la vérité et la clarté, la vie et la chaleur, la bonté et l’amour: n’ayant plus rien à perdre, elles se moquent de tout; elles sont dans l’état de folie qu’on attribue à ceux qui n’ont pas peur sans avoir pour autant aucun courage! La peur est le début de la sagesse, en ce sens qu’elle est faite pour être surmontée: car elle est le sentiment qu’un éclat, qu’une chaleur, qu’une vie pourraient être perdus, et qu’il s’agit de quelque chose de précieux - comme c’est le cas -, et qu’il faut s’efforcer de le regagner. En quelque sorte, on peut l’appeler un signal de la divinité.
 
Mais bientôt la nature de Momulk reprit le dessus: à nouveau il se mit en colère, et son œil, plus ardent que jamais, parut habité d’une flamme obscure. Il s’élança une fois de plus contre l’Elfe Jaune, qui sentit que les choses désormais seraient pour lui bien difficiles: Momulk était d’une puissance qu’il avait sous-estimée, malgré les nombreuses mises en garde de son maître et ami Captain Savoy. On n’accorde jamais assez de force à la Terre, et à ses profondeurs: on la croit dénuée d’âme, alors que depuis toujours les sages en ont fait une déesse. Et même si en Momulk les puissances démontéléchargement.jpgiaques se déchaînaient particulièrement, elles se mêlaient à celles de la divinité même, et en tiraient leur force propre - la lui volant, la lui arrachant. C’est parce qu’on ne mesure pas la présence de l’esprit cosmique dans l’abîme, n’y regardant que ce qui a trait au diable, et pensant celui-ci absolu, en même temps que totalement indépendant de Dieu, qu’on se laisse toujours prendre par surprise par la puissance du mal, plus large qu’on ne croit justement parce qu’elle a ses racines dans les profondeurs de l’univers. Car il ressortit au mystère, et n’est pas tout d’une pièce: ses ressorts secrets rendent sa teinte incertaine; dans l’obscurité sourde il se mêle souvent du bleu, et des éclairs d’argent!
 
L’Elfe Jaune ensuite eut beau se déplacer instantanément d’un lieu à un autre: Momulk le retrouvait fingon_and_gothmog1.jpgtoujours; il n’avait même plus besoin , pour cela, de se concentrer, de fermer les yeux: il saisissait ce que se passait au-delà des apparences tout en agissant; cela lui était devenu aussi clair que les apparences mêmes: celles-ci n’étaient à ses yeux qu’une vitre, et il parvenait à distinguer les deux pans du réel.
 
L’Elfe Jaune lui échappait toujours de justesse, et, naturellement, il n’avait pas le temps d’ajuster au monstre de véritables coups: car même lorsqu’il y parvenait, ils n’avaient point la puissance qu’il eût fallu.
 
Bientôt fuir lui devint impossible: l’eût-il voulu, il n’eût pas pu; il était, pour cela, trop tard. Momulk bondissait à l’endroit où il se matérialisait après s’être dissous lui-même, et il ne pouvait faire, dans la strate invisible située derrière la matière, de longs trajets: le monstre le rattrapait sans peine, bien qu’il dût emprunter la voie des éléments; mais il les dominait et les écartait d’un geste, faisant fuir devant lui les êtres de l’air.
 
Ce qu’il advint alors ne pourra cependant être dit qu’une fois prochaine.

09:46 Publié dans Momölg | Lien permanent | Commentaires (0)

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