30/06/2012

Captain Savoy et les chevaliers d’argent

La_Belle_Dame_Sans_Merci_1865 arc.jpgDans le dernier épisode, on s'en souvient, Captain Savoy, proche du désespoir, avait supplié celle pour laquelle il avait eu un véritable coup de foudre, celle dont les yeux éclatants avaient jeté dans son cœur des éclairs d'une force incroyable, l'immortelle fille du roi des Elfes, comme disait Lord Dunsany, et au lieu de continuer à fuir devant ses mains tendues vers elle, le voyant agenouillé et prêt à mourir d'amour, elle s'était retournée et tenue devant lui.

Souriant et le regardant de son œil doux et semblant refléter des mondes d'une profondeur inouïe, semblant contenir des trônes d'or sur lesquels étaient assis des dieux, elle attendait, pareille à une statue d'émeraude. Alors, il lui parla, et voici, il lui demanda pourquoi elle avait fui. Elle répondit qu'il n'avait fait que la poursuivre, et qu'il ne l'avait pas priée, ne l'avait pas nommée pour qu'elle se dirige vers lui. Mais que maintenant elle était devant lui, et qu'il pouvait se relever, qu'elle ne fuirait plus. Et c'est ce qu'il fit. Elle ajouta alors qu'elle était venue de la part de son père, le roi des Chevaliers Immortels, et qu'elle était chargée de le conduire auprès de lui. - Où vit-il? demanda le digne héros. - Non loin d'ici, répliqua la belle princesse. Viens. Elle lui tendait la main, et il la prit, et elle était douce et légère; une fraîcheur parfumée lui monta au cœur, et il lui sembla qu'autour de lui les arbres fleurissaient, que le gazon verdoyait et se constellait de gemmes luisantes. Ils passèrent bientôt sous une arche de feuillage, et des fleurs éclatantes - qu'on eût pu prendre pour des lampions, tant elles brillaient - étaient tressées en guirlandes, créant des arcs-en-ciel. Il sembla d'ailleurs à Captain Savoy que leurs radieuses couleurs l'emplissaient et absorbaient sa vue, et qu'il marchait dans les teintes mêmes, devenues des voies au sein de l'éther. Autour de lui, pendant ce temps, se mouvaient des étoiles comme des flocons de neige. Il avançait parmi elles, et certaines prirent sous ses yeux l'allure d'êtres lumineux, qui le saluaient en souriant, semblables à des anges, et il en prit d'autres dans la main, et elles l'illuminèrent entièrement. Il ne voyait plus rien du monde qu'il avait connu, celui des simples mortels.

Bientôt, ils arrivèrent à un portail d'or; et devant, se tenant un guerrier fier, que Captain Savoy ne devait pas tarder à apprendre à connaître:Asgard Heimdall.jpgil tenait un cor d'argent dans la main gauche, une lance étincelante dans la main droite, et il portait une armure sertie de pierres précieuses qui jetaient cent feux autour d'elles. Or, ce gardien preux les vit, et demanda à la princesse Adalïn qui amenait-elle en ces lieux sacrés, dans le propre palais de son père! Elle le lui dit, et voici! il les laissa entrer. Devant eux, sans bruit, et sans qu'on vît personne tenir les battants, la porte s'ouvrit, comme si un, mot les eût mues, comme si elles avaient été douées de volonté propre. Alors, Captain Savoy vit la cité la plus incroyable qu'il fût donné de voir à un mortel.

De hauts bâtiments s'élevaient, qui étaient semblables à des pierres vivantes, qui paraissaient palpiter, respirer, et qui avaient quelque chose de diaphane, comme s'il s'agissait d'ambre. Les vitres des fenêtres étaient de pierres précieuses, et luisaient. Les pavés miroitaient comme s'ils avaient été d'argent.

Nos deux personnages augustes traversèrent la place centrale, et montèrent des marches de marbre teinté. Ils entrèrent dans la grande salle et Captain Savoy vit, au fond, au bout de deux rangées de guerriers en armures brillantes, le plus majestueux prince qu'on ait jamais pu voir. Il était sur un trône d'or, et le perron en haut duquel il se tenait était de rubis; un dais le surplombait, de velours pourpre, et des colonnes torsadées d'émeraude le tenaient, ceintes de lauriers d'or. Sous le dais, contre la pourpre du velours, avait été placé un assemblage de saphirs quadrillés de diamants, et on eût vraiment dit le ciel étoilé: les diamants en particulier semblaient avoir une lumière propre, mais il en était également ainsi des saphirs, dans une moindre mesure. Le front du roi en était illuminé. Une étrange clarté, d'ailleurs, semblait tomber du haut du palais, comme si elle était venue d'au-delà du toit: on ne distinguait pas sa source, et là elle brillait, le toit disparaissait. De chaque côté du roi et de son trône, se dressait une porte vermeille surmontée d'un ange semblant sculpté dans l'or mais dont les yeux brillaient comme s'ils eussent été vivants; le mystère de ces deux portes était profond: elles semblaient vibrer d'une présence inconnue, d'une force indicible. Là étaient les appartements privés du roi, où, Captain Savoy l'apprit plus tard, un autel particulier se trouvait, qui permettait à ce roi de se rendre au pays des dieux. Il y retrouvait la déesse qu'il avait épousée dans sa jeunesse, dont était née Adalïn, et qui n'avait pas voulu demeurer dans le pays des immortels de la Terre, de telle sorte qu'une fois l'éducation d'Adalïn achevée, elle était retournée parmi les siens. Mais il n'y avait pas eu de divorce: le roi et elle continuaient de se voir. Un jour, le roi la rejoindrait: ce serait quand sa mission auprès des siens et des mortels serait achevée. Mais au moment où Captain Savoy lui rendit visite pour la première fois, cette heure n'était pas encore venue.

Je dirai un autre jour la suite de cette incroyable histoire.

Commentaires

Ah! On voit bien là qu’on s’est nourris au même biberon littéraire, voilà une histoire comme je les aime!Et les chevaliers d’argent si c’était au sens premier du terme…ça ne gâterait rien !Bien au contraire.

Et dans un registre plus léger, voici un extrait de « Hors de prix » un de mes fils cultes…à propos du "regard qui tue" ; )))))


http://youtu.be/XGvCeHOvBs8

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 30/06/2012

Merci de ton appréciation, Barbie, si je peux me permettre de te tutoyer. J'espérais que ça te plairait. Il s'agit bien sûr de chevaliers d'argent au sens premier du terme, il s'agit de chevaliers de la Lune, leur corps est d'argent.

Merci aussi pour le lien. En regardant l'extrait, je me suis dit: Alors c'est ainsi, elles ont toujours fabriqué ce regard qui m'a fait croire à des choses, qui m'a fait croire que le coeur s'exprimait? La science des femmes n'a pas de limites.

Écrit par : Rémi Mogenet | 30/06/2012

Je te conseille carrément le film en entier, ça t’ouvrira des pans entiers sur le mystère féminin ; ))) J’en ai mis un extrait plus long sur Twitter.

Ça fait partie des rares comédies françaises réussies ces derniers temps (il date de 2006 ) et c’est un exemple parfait du genre de scénario que je prends plaisir à écrire (c’est de la même trempe que Weber, avec le film « La chèvre » ou certains textes de Michel Blanc que j’adore.

PS : Oui, puisqu’on se tutoie dans la vraie vie, pourquoi ne pas le faire virtuellement ? ; ) Comme tu vois, je ne suis pas cet après-midi, à la fête du château de Ferney.

Voltaire et Rousseau devront s’entretuer sans moi, cette météo infernal a eu raison de ma motivation (du coup un certain vieux monsieur costumé et excentrique va beaucoup souffrir dans son costume)

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 30/06/2012

Oui, c'est triste pour lui, je compatis.

Je vais regarder l'extrait. Mais ne peut-on même pas espérer que les dames croient à leurs propres mises en scène?

Écrit par : Rémi Mogenet | 30/06/2012

(Pour le tutoiement, on oublie parfois que Barbie n'est qu'un surnom, on se dit: C'est quelqu'un d'autre.)

Écrit par : Rémi Mogenet | 30/06/2012

Sans dévoiler l’intrigue du scénario, il y en a qui tombent dans leur propre mise en scène ! Enfin je veux dire les humaines, car les filles des elfes et autres créatures à l’ADN super diluée… nous sommes trop lucides pour tomber dans la toile qu’on a laborieusement tissée ; ))

PS : Oui Barbie c’était mes ex copines qui m’avaient surnommée comme ça mais c’était juste par effet de contraste, parce qu’elles ressemblaient plutôt à GI Jane.

Puis il ne faut pas oublier que c’est aussi une insulte prononcée par toutes les femmes (hétéros ou pas) envers toutes celles qui ne dépassons pas le 46 kg ou qui sommes trop apprêtées.

(Pas besoin d’être bronzée comme un chaman dans le désert de Sinaï, ou d’être pulpeuse) même en ayant le look d’une fantômette toute fluette, on a droit au sobriquet, alors depuis le temps, je l’utilise par pure provocation. ; )))

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 30/06/2012

Oui, dans l'extrait, que j'ai regardé, j'ai cru comprendre qu'elle était réellement amoureuse, et qu'elle faisait semblant de faire semblant. Mais pour les filles des elfes, il n'y a que les méchantes, qui font réellement semblant, pour les autres, cela dépend. Certaines ont trop de dignité pour agir de cette façon, trop humaine et rappelant trop que chez les êtres humains, l'apparence contredit souvent l'essence, de telle sorte qu'il faut se cacher pour ne pas dévoiler ses désirs, qui donneraient une mauvaise image de soi; mais chez les princesses parmi les elfes, il ne peut pas en être ainsi, car leurs désirs sont toujours parfaitement légitimes, toujours purs. Cela dit, dans le peuple, il y en a qui agissent de cette façon très humaine, j'en ai connu. Captain Savoy m'en a parlé, et je les ai vues.

L'important, pour une poupée Barbie, est d'être pleinement animée, d'avoir une âme, et un coeur, ô Barbie. Et naturellement, tu es dans ce cas, tu n'es certainement pas réductible à la poupée muette qu'on connaît. Tu connais peut-être ce roman qui a pour titre: "les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?" Dans le film qui en a été tiré, on voit un homme visiblement androïde sans le savoir rêver à une licorne, c'est alors qu'il est devenu pleinement humain.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

(J'ajoute que les mises en scène bien faites sont en principe destinées à accueillir l'âme de ce qu'elles mettent en scène et à devenir réalité. C'est le mythe de Pygmalion. Mais le film traitait-il de cette question?)

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

Non, sur un ton humoristique le film pose une autre question : Peut-on souhaiter la réussite de l’être aimé même si cette réussite nous éloigne de lui ??? Par exemple dans « A la recherche du temps perdu » Proust avoue sans vergogne qu’il souhaiterait voir tomber en disgrâce (surtout financière) celle qu’’il aime tant, pour que cette comtesse inaccessible et hautaine, une fois reniée de tous, se tourne enfin vers lui…Il deviendra ainsi son « sauveur » et son unique appui.

En revanche dans la comédie « Hors de prix » Jean est d’une parfaite pureté, il ne souhaite que le bonheur d’Irène, même dans les moments où celle-ci est exécrable avec lui et même si elle n’est pas amoureuse au début car elle a d’autres soucis en tête (harponner un mari richissime alors que Jean n’est qu’un pauvre barman) à la fin du film, elle lui dit bien : « T’es un vrai prince » car il était prêt à lui servir sur un plateau et l’aider à piéger (quitte à la perdre) le mari au portefeuille bien garni qu’elle souhaite tant.

C’est l’abnégation totale, la preuve d’amour ultime.

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 01/07/2012

Hé oui. C'est beau, c'est noble. On est toujours traversé par les souhaits de Proust, et on sait toujours qu'on doit agir comme le personnage du film, on est toujours à la croisée des chemins. Parfois, on doute. Car cela rejoint ce que je rapporte de Rousseau, dans mon dernier article du blog de la "Tribune de Genève", "Jean-Jacques Rousseau & le Dhammapada": il dit qu'on doit agir selon la vertu, car même quand on échoue à atteindre le but, on a des consolations. Mais alors, je pose la question: lesquelles? Dans "La Nouvelle Héloïse", il en parle, au bout du compte: Saint-Preux sera uni à Héloïse au Ciel! Le "Dhammapada" eût dit: dans une vie prochaine. Les films disent presque toujours: en cette vie, bientôt. Mais ce n'est pas sûr. "The Tree of Life", de Malick, dit, comme Rousseau: au Ciel. Qu'en penses-tu, toi, Barbie?

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

En fait, il y a un doute pire que cela, Proust pourrait se demander après une si piètre victoire: Est-ce que elle serait venue à moi si elle n’avait pas été aussi malheureuse ? Et va-t-elle s’envoler dès qu’elle aura retrouvé ses ailes ?

En fait, même les anges et les démons sont censés respecter le « libre arbitre » des humains avec lesquels ils jouent…Toute influence, même inconsciente, rendrait le triomphe moins éclatant et ça ne serait que du provisoire.

Le sacrifice de Jean est le comble de l’élégance, (N’oublies pas que depuis 2000 ans on a fondé une religion sous l’idée de qu’un martyre s’est sacrifiée pour nous sauver…) l’idée est donc très puissante, et quand elle est placé dans un registre amoureux, l’attachement est durable, il ne s’agit pas d’une récompense dans une autre vie, mais l’assurance d’une victoire loyale à la longue.

PS : Je dirais aussi que c’est une question d’orgueil et de confiance en soi, en se disant : « Si elle m’est vraiment destinée, elle me reviendra quoi qu’il arrive par des justes moyens"

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 01/07/2012

Oh, Barbie, n'est-ce pas bien optimiste? Les obligations rendent parfois impossible une union qui paraissait fatale. Rousseau n'avait quand même pas tort, de montrer que Saint-Preux et Julie certes étaient destinés à s'unir, mais que la vie sur Terre l'empêchait et que cela aurait lieu au Ciel. A mon avis, l'idée de destinée n'acquiert du sens que si elle ne s'arrête pas aux limites d'une vie. D'avoir limité la destinée à une seule vie, n'est-ce pas justement ce qui a donné l'impression qu'elle n'était qu'un vain mot, au sein du matérialisme? Jésus a d'ailleurs aussi sauvé ceux qui étaient déjà morts, selon la tradition, il est allé les chercher en enfer. Et il sauve ceux qui se sacrifient pour une noble cause sans parvenir à la voir vaincre. Plus que l'orgueil, n'est-ce pas alors l'humilité, qui entre en jeu?

Je ne crois pas, du reste, que les démons respectent le libre arbitre, c'est même ce qui les différencie des anges, sinon, leur nature est exactement la même. Leur apparence différente vient de ce que dans leur monde, on prend extérieurement la forme de ses qualités et de ses défauts. Les démons ne respectent jamais le libre arbitre des êtres humains, c'est pourquoi les anges entrent en guerre contre eux et les repoussent dans les ténèbres. Enfin, c'est ainsi que je vois les choses, et que je crois conforme à la tradition de tous les pays.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

Ah encore ce que j’appelle une valeur « repoussoir » de la religion, cette idée d’humilité, la vérité est que la seule limite à l’impossible se situe dans notre propre système de croyances, et cette limite il y en a qui la franchisent en une seule vie et d’autres qui mettent plusieurs réincarnations.

La Bruyère nous avertit qu’il fait se garder de d’une modestie exagérée et qu’une certaine vanité négligente et naïve est toutefois admise… (A mon avis c’est cette candeur qui fait braver tout les obstacles)

Oui j’ai dit qu’ils étaient « censés » respecter le libre arbitre, du moins le pacte initial entre la lumière et les ténèbres ainsi le préfigure.

PS : Je viens de finir le dernier roman d’Anne Rice , « L’épreuve de l’ange » en plein dans le sujet ! MDR


http://mystral.over-blog.com/article-l-epreuve-de-l-ange-anne-rice-106649609.html

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 01/07/2012

Sinon, je n'ai rien lu d'Anne Rice, mais j'ai parcouru la page à laquelle tu renvoies, ça a l'air pas mal.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

Je ne savais pas qu'il y avait un pacte initial entre la lumière et les ténèbres, ô Barbie. Je pensais que le premier dieu les avait mis d'accord en les séparant; Vishnou a créé le monde en faisant tirer une corde par, d'un côté, les anges, de l'autre, les démons, et en laissant le gouvernement du monde aux premiers; lui se tenait au milieu. Les démons ne l'ont jamais accepté, dit-on.

Trop d'humilité naturellement ne sied pas, même celui qui se sacrifie pour les autres doit pouvoir se dire qu'il peut réaliser de grandes choses. Il s'agit naturellement de l'attente du résultat, le sage dit qu'il faut agir pour la beauté du bien, et non pour obtenir un résultat prédéterminé.

Bien sûr, on peut déplacer des montagnes, mais les autres aussi peuvent le faire, et ils ont souvent des croyances qui s'opposent à celles qu'on a soi-même. Et c'est ainsi, à mon avis, que beaucoup de volontés se neutralisent, et que les effets des croyances ne se mettent pas en place, avant qu'une sorte de jugement ne décide quelles sont les meilleures, au-delà de ce qu'on peut vouloir soi-même. Je ne crois pas que la force de la croyance soit la seule chose en jeu, sa justesse fait qu'elle est reprise par les anges qui gouvernent l'univers, et sa force alors en est décuplée. Je crois à la force de ce qui est juste, je crois que ce qui est juste a une force propre.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

(Je sais que tu n'aimes pas les images orientales, mais permets-moi de renvoyer quand même à une image que peut-être tu aimeras, car elle mêle modernité et tradition, un groupe sculpté sublime dans l'aéroport de Bangkok qui montre d'ailleurs que la corde est en fait un serpent, symbole de la vie: http://4.bp.blogspot.com/-N8V7cLs1xVs/TuTB62ouWcI/AAAAAAAAAIY/q29yOr4W7KY/s1600/Bangkok_Airport_07.jpeg )

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/07/2012

Oh mon Dieu ! L’horreur suprême, je n’ai même pas pu la contempler une seconde, j’ai aussi éclaté de rire car je suis la première à être étonnée à propos de cette phobie…Mon seul goût du raffinement néo-classique ne suffit pas à l’expliquer rationnellement (ça doit venir de très très loin...) (0_0)

Je ne connaissais pas cette variante de la création du monde, mais ce que tu dis à propos de volontés qui se neutralisent mutuellement est en partie vrai, comme la matière et l’antimatière, même si à la fin, l’une a prédominé sur l’autre (Je ne sais pas si c’est pour de raison de justice cosmique ou parce que les deux opèrent symétriquement dans des dimensions parallèles et que nous, pour l’instant, on a eu accès qu’à un seul plan.

Le problème réside surtout avec notre ressemblance avec la source, ce fameux « faits à son image ». Les faux concepts peuvent se développer avec autant d’aisance que les vrais, ce qui fait la différence c’est la durée et l’intensité de la croyance, tout le monde n’a pas le temps ou l’énergie pour les entretenir, à mon avis.

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 01/07/2012

Hum... Tu parles, Barbie, comme si tu admettais bien l'existence des anges et des démons, mais pas celle de Vishnou, à l'image duquel l'homme est bien censé être. A mon avis, l'énergie d'un être humain ne suffit pas. Il y a une énergie unitaire aussi dans le cosmos. Que Vishnou soutienne les anges contre les démons l'exprime. Cette image que tu n'as pu regarder est la même, au fond, que celle qu'évoque François de Sales dans une de ses méditations, quand il parle de l'ange gardien qui montre en haut le paradis, en bas l'enfer, et encourage à le suivre sur la route du paradis. Il s'agit d'un symbole, et l'ange gardien est présent au nom de Dieu. Néanmoins, cela n'empêche pas le besoin d'équilibre. L'ange gardien est détaché du paradis, il n'y est pas, il est bien parmi les éléments. Il doit repousser les démons et rester lié, accroché aux anges du Ciel. Un tel ange situé entre les deux pôles a été sculpté dans l'église de Saint-Nicolas-de-Véroce, en Haute-Savoie. Tu peux l'apercevoir en haut à droite de la photo ci-jointe : http://storage.canalblog.com/34/71/292292/29421882.jpg ; il est dans ce qu'on appelle l'attique. En haut à gauche un ange conducteur, emmenant un enfant (qui est aussi l'âme humaine dans son état présent, dans son état d'enfant qui croît encore, et qui n'a pas les moyens à soi seule d'aller vers le bien et de fuir le mal, de dominer l'univers dans ses différentes forces), a été représenté. Ce sont des symboles forts, à mon avis, et comme ici ils sont occidentaux, tu pourras les contempler! Je mettrai plus tard sur un blog une photo plus rapprochée de l'ange de droite.

Écrit par : Rémi Mogenet | 02/07/2012

Je la trouve plus rassurante, l’image du vieux mec en barbe blanche, tel que l’architecte qu’on voit dans Matrix…après les anges et les démons c’est sont des hybrides, des variantes de l’agent Smith ; ))) même s’ils sont carrément plus esthétiques que ce dernier ; )))

Cette image est plus dans mes cordes, il est beau Michel, le chef de toutes les armées célestes, on dirait le visage d’une femme avec le corps d’un guerrier, clique sur l’image pour l’agrandir…Tu vas avoir le souffle coupé :

http://onlyhdwallpapers.com/wallpaper/guido_reni_lethave_some_epic_angels_vs_demons_battle_pic_general_desktop_1576x2358_wallpaper-57563.jpg

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 02/07/2012

Oui, il est bien, mais je le connaissais. Dans l'église d'Arâches, en Haute-Savoie, il y en a qui est très pur, très éthéré, je l'aime. Je n'ai pas trouvé d'image. Mais il est dans mon diaporama sur les églises baroques du Faucigny. Le Père éternel se voit souvent aussi, dans ces églises. Mais en principe, les démons ce sont les agents de l'Architecte, mais les anges, en fait, c'est Morpheus et sa compagnie. Ils ne sont pas agents d'un dieu clair, et d'ailleurs, c'est ce qui manque au film, car il est matérialiste, et ne montre que ce qui est terrestre. Mais ils sont au service du bien, de l'amour du prochain, de l'humanité, c'est à dire du dieu juste et bon qui est dans le Ciel, et que le film par conséquent ne montre pas. "La Guerre des étoiles" le montre sous la forme d'Obi-Wan Kenobi ressuscité luisant dans la Force. "Conan le barbare" sous la forme de la lumineuse Walkyrie, Valeria revenue d'entre les morts. Cela manque, à "Matrix", ces manifestations célestes.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/07/2012

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