07/03/2012

La beauté vient du Ciel

DeessesPapillons.jpgLes rondeurs du corps des femmes sont une grâce de la nature, et comme toutes les grâces, elles viennent du Ciel. Les sphères célestes leur donnent cet aspect. L'homme, à comparer de la femme, a un corps qui est davantage en lignes perpendiculaires, notamment droites: signe qu'il est lié à la Terre, car même si celle-ci est ronde, à l'échelle de l'être humain, cela ne signifie rien.

Le Ciel donne la beauté, la Terre donne la force - d'un point de vue corporel. Les femmes sont naturellement - corporellement - des anges. Les anges qui prennent une forme corporelle deviennent des fées: ils changent de sexe. La sainte Vierge est donc légitimement la reine des anges, dans le christianisme ancien.

Au Cambodge, le bon ange qui accompagne chacun et le réalise pleinement dans son âme a une forme féminine. Tous les anges qui gardent les lieux importants apparaissent sous une forme féminine au sein du rêve, et cela explique pourquoi on chérit tant les apsaras, danseuses célestes d'Indra, roi des dieux. Elles sont innombrables, dans les vestiges d'Angkor; elles sont le sel du Ballet Royal khmer, marquant les pensées divines du Prince - les manifestant. Car le Roi se confond avec Indra. Et elles sont dans le même temps les pensées de Bouddha, car dans la légende, c'est justement Indra qui a demandé à l'esprit du futur Gautama, non encore incarné, de descendre sur Terre pour une dernière fois au sein d'un corps de chair. Lorsque les pensées divines atteignent l'atmosphère de la Terre, elles prennent la forme de fées qui dansent gracieusement et majestueusement au fond de l'air!

En amour, l'impulsion sexuelle est d'abord chez l'homme: elle vient de la Terre; mais la rêverie amoureuse, les illusions sublimes du dieu Amour, viennent de la femme, dont le corps représente un idéal, quelque chose qui, pour l'homme, renvoie spontanément à ce qui est vertueux. Lorsqu'une belle femme apparaît, on s'efforce de se rendre digne d'elle par des actions nobles et grandes, parce que la beauté, dans l'ordre moral, prend la forme de la bonté, de la vaillance: la chevalerie, aux temps courtois, le saisissait d'emblée. On aurait tort de réduire l'ancienne chevalerie à un déguisement de désirs purement terrestres: on pensait bien, par l'idéal 2161576179_3d69cc300e.jpgcourtois, se rattacher au Ciel - quoi que disent les universitaires de notre temps, notamment à la Sorbonne! Car ils sont pleins de matérialisme.

Cependant, du point de vue de la femme, l'homme représente une forme de stabilité: la femme est un nuage qui ne parvient pas à se poser, l'homme, un objet qui ne parvient pas à s'envoler; mais par l'union des deux, les problèmes de chacun sont résolus: à l'homme il pousse des ailes, à la femme, une ancre. La complémentarité amoureuse est une réalité.

La rencontre se faisant, il en naît un troisième corps, qui est censé unir les deux précédents: le mystère de la procréation est dans cette union du haut et du bas. Conçue de cette manière, toute génération nouvelle est un progrès, marque l'évolution de l'humanité vers son accomplissement. Les enfants sont par essence supérieurs aux parents.

L'effet sur l'âme de la forme corporelle est une réalité. L'homme est plus terrestre, et cela l'amène à avoir des pensées spontanées plus basses, mais aussi, en vérité, à créer des pensées plus abstraites: car la solidité qui lui est inhérente lui permet en quelque sorte de cristalliser ce qui en principe apparaissait comme insaisissable: lui permet de le capter. Il n'est d'ailleurs pas vrai qu'il y ait des limites à la pensée humaine: les grands moments de la philosophie ont montré qu'on pouvait la repousser toujours plus loin, dans l'exploration de l'inconnu. La philosophie allemande, à l'époque moderne, l'a manifesté d'une façon éclatante. La femme, en principe, a des préoccupations moins basses que l'homme, elle est davantage dans la vie morale: elle veille à ce que la pulsion sexuelle s'accorde avec ce qui est acceptable moralement, viable matériellement; elle veille, aussi, à la moralité des familles, chez les peuples du monde entier. Je ne dis pas cela dans le sens où un sexe serait privé de la faculté propre à l'autre, ou dans le sens où cela créerait des obligations particulières: chacun est libre, et on peut toujours développer des qualités spécifiques; je dirais même qu'on le doit. Mais il existe des tendances naturelles, spontanées, une orientation due à la nature corporelle.

Au départ, la femme est nymphe et l'homme est faune: la fée est désirée par le gnome; mais la rencontre humanise les deux, si elle se fait en profondeur, et non simplement à l'extérieur, par la mécanique de la relation sexuelle. Alors Persée s'unit à Andromède! Il la délivre du Kraken, et lui-même trouve son épanouissement dans l'univers entier. Il devient, avec elle, constellation.

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