05/03/2011

Le baptême de Momulk - seconde partie

imagesCAPOXE2L.jpgJ'ai dit, à la fin du dernier épisode des aventures de Momulk, que j'évoquerais la manière dont il reçut son nom, et je me suis perdu dans les méandres de l'esprit de Mirhé Maumot, son alter ego, pour expliquer pourquoi il n'avait pas suivi le groupe mené par son collègue savant, laissant entendre que son goût pour la poésie, la rêverie et les contes de bonnes femmes l'avaient écarté de la voie juste et droite de la vraie science, et mené vers de délicates et douces lueurs vertes jaillissant d'une faille d'un cylindre d'acier dans lequel on faisait circuler les particules agitées de la matière. On sait que c'est de cette façon, et à cause de cette curiosité vaine, que Mirhé Maumot a connu sa malencontreuse et terrible métamorphose en gros monstre vert. Aujourd'hui, il est temps de raconter comment il a reçu son nom célèbre.

J'ai dit que quand il s'était écarté de ce chemin juste et droit de la vraie science, il était seul. Pourtant, on le sait, il arrive pourtant toujours qu'en pareil cas, le destin lie deux ou trois élèves à de tels professeurs, un peu illuminés et perdus dans les nues colorées de leurs rêves, étant eux-mêmes de doux poètes dans l'âme, et il advint, ainsi, qu'un élève, mais un seul, lui aussi resté en arrière, s'aperçut sans tarder que son cher professeur, M. Maumot, n'avait pas suivi le du reste du groupe, préférant se diriger dans une autre direction. Bientôt attiré par les flots de lumière qui s'étaient manifestés durant les quelques minutes de l'étrange disparition de M. Maumot, l'élève emprunta à son tour le couloir où il s'était mystérieusement engouffré. Tibet_Demon_Mask.jpgAlors put-il voir, profondément stupéfait, la créature hideuse qu'était devenu Mirhé Maumot; et il s'écria: Quoi! M. Maumot? M. Maumot!

Or, en s'entendant ainsi nommer par deux fois, le monstre parut brièvement se souvenir de quelque chose: une vague lueur surgit dans le fond de sa conscience ténébreuse, et bientôt, même un éclair fin et silencieux parut, aux yeux de l'élève, traverser son œil vitreux et jaune, et y jeter une sorte de lointaine lumière; et, d'une voix effroyable et méconnaissable, à peine humaine, il voulut faire écho à l'exclamation étonnée de son élève, mais sa bouche informe ne put achever de prononcer le son correctement, et l'élève ne put percevoir, à son grand effroi, qu'un bredouillis hideux, sonore, grave et en même temps visqueux, baveux, et, enfin, ressemblant à ceci: Momulk!

Dès lors, ce fut son nom.

La fureur, cependant, ne tarda pas à envahir les yeux du monstre, à la vue de l'élève, et de ce qu'il advint alors, je parlerai la prochaine fois, si je puis.

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