25/05/2009

L’universalisme selon Teilhard de Chardin

Pierre_Teilhard_de_Chardin.jpgTeilhard de Chardin était prêtre, mais sa philosophie reposait fondamentalement sur l’universalisme. Cependant, chez lui, il ne s’agissait pas d’un simple concept: il croyait à une force psychique universelle réelle, avec laquelle l’individu humain était en relation plus ou moins intime. Cette force, dans son esprit, était le Christ. Celui-ci exerçait une force d’attraction sur les âmes, qui tendaient à se fondre en lui.

L’universalisme était donc une idée vivante qui se glissait dans les consciences avec plus ou moins de netteté: car si Teilhard croyait en l’excellence de l’Homme, il ne regardait pas les individus comme égaux dans les faits.

La mondialisation était, ainsi, l’effet naturel de l’attraction christique. L’économie telle qu’elle est devenue, rompant les digues des États, attestait la présence, par-delà les nations, d’une force universelle non seulement dans les consciences, mais dans l’instinct, c’est à dire dans la nature. Ainsi s’expliquait l’Évolution, aussi.

La Nation était pour Teilhard de Chardin un concept dépassé, une étape intermédiaire vers une unité vraiment humaine - et, même, cosmique.

Cependant, il disait comprendre les peurs modernes, face à la perspective de l’universelle synthèse. Le refuge dans les nations était leur reflet: l’individu ne veut pas d’une sublimation qui le ferait se perdre dans un tout qui, pour lui, serait en réalité un néant, un tout dissolvant. Mais il était convaincu que la parousie de l’univers n’ôterait rien à l’individu, qu’il lui donnerait une ampleur cosmique en s’ajoutant à ce qu’il est, et non en le détruisant.

Il faut admettre l’extrême modernité d’un tel point de vue, face à la mystique chrétienne traditionnelle, et à ce qui en est issu. On pourrait par exemple évoquer la doctrine de Jeanne Guyon, qui défendit l’idée d’une forme de passivité intérieure face à Dieu, et la suprématie absolue d’un amour qui se fond en lui sans plus pouvoir s’en détacher et donc créer une forme de distinction entre Dieu et Soi.

Néanmoins, le Christ fait Homme contenait en germe l’idée que l’Homme pouvait à son tour sans cesser d’être lui-même évoluer jusqu’au monde divin. Teilhard a poussé jusqu’au bout cette logique.

Commentaires

Je reprends votre article sur mon blog qui comporte une rubrique "Teilhard" avec évidemment le lien habituel.
"Tout ce qui monte converge"
Salutations blogueuses

Écrit par : Alain | 25/05/2009

Merci. Je devrais normalement publier d'autres articles sur Teilhard, prochainement.

Salutations.

Écrit par : Rémi Mogenet | 26/05/2009

Lisez la "fable" de Pierre Teilhard de Chardin et le cerveau de toutes les sciences. Une odyssée d'Ora et Gad au pays du point Oméga.

Il s'agit de 10 mille requêtes Google cristallisées en une histoire fabuleuse. Un récit étroitement corrélé aux travaux en cours au grand collisionneur de hadrons du CERN à Genève.

Un exode qui permet à l’esprit de voguer sur des voies inédites.

Le passé africain s'hominise,
le présent humain se divinise,
le futur divin s'universalise.

Alain Cocarix

Écrit par : Alain Cocarix | 03/11/2009

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