08/05/2009

Résurrections

200px-Juan_de_Flandes_001.jpgDans son Introduction à la vie dévote, François de Sales propose une méditation sur le Jugement dernier au sein de laquelle il annonce, conformément à la Tradition, la résurrection des morts et leur jugement ultime, la séparation des bons et des méchants pour l’éternité. Il dit qu’alors, tous les hommes ressusciteront, sauf ceux qui ont déjà ressuscité. C’est un écho de l’Apocalypse, au sein duquel il existe deux séries de résurrections: la première pour les saints, et en particulier les martyrs, la seconde pour les simples justes.

Lorsque j’habitais en Franche-Comté, j’ai entendu un curé plutôt intellectuel, grand amateur de la mystique rhénane - notamment de Maître Eckhart -, dire qu’un seul avait ressuscité, au cours de l’histoire, et que c’était Jésus, et que telle était la croyance des chrétiens.

Et Lazare, ai-je demandé plus tard à des fidèles du lieu ? On m’a répondu : Mieux vaut s’adresser à Dieu qu’à ses saints.

La Légende dorée présente, conformément au livre de l’Apocalypse, beaucoup de saints martyrs qui ont ressuscité et ont été couronnés au Ciel, et qui règnent conjointement avec le Christ. C’est la tradition catholique, à laquelle François de Sales était fidèle.

Noémi Regard, une Savoyarde protestante, disait qu’à ses yeux, toutes les résurrections de l’Évangile, y compris celle de Jésus, étaient des embellissements, des ornements poétiques destinés à honorer la mémoire d’un homme bon et pur: idée qui a le mérite de la cohérence. Et qui est connue.

La vision de François de Sales et du catholicisme médiéval avait aussi sa cohérence: elle se soutenait pour ainsi dire par elle-même, comme se soutiennent les astres entre eux. Entre les planètes et les étoiles, existe-t-il un point fixe, absolu? Pourquoi devrait-il en exister un pour la pensée? Que François de Sales et ses prédécesseurs ne se soumissent pas aux lois reconnues de la matière ne les privait pas de cohérence interne.

Au reste, l’expérience personnelle contient bien le sentiment du retour à la vie, et de la santé recouvrée. Au sein d’un organisme vivant, des organes eux-mêmes pourrissants peuvent guérir. La logique de François de Sales était qu’au sein du Christ, la mort pouvait être vaincue; or, comment refuser de croire que les saints les plus purs n’étaient pas entrés dans l’organisme du Christ?

L’affirmation qui isole Jésus manque à mon avis de crédibilité.

Commentaires

Merci! oui je crois que la mort et la souffrance n'auront pas le dernier mot. L'esprit de Jésus ressuscité, on le perçoit vivre et revivre aussi dans les victimes des guerres

Écrit par : cmj | 13/05/2009

Assurément. Même si cela reste terrible. Merci de votre commentaire.

Écrit par : R.Mogenet | 14/05/2009

Et je vous remercie pour votre blog.

Écrit par : Arnold : calling cards | 01/10/2009

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