02/05/2009

Divisions de la Savoie

Voltaire.jpgL’attraction exercée par Genève sur la Haute-Savoie est en grande partie due à la création même du département de Haute-Savoie, en 1860. En coupant les Savoyards du nord de Chambéry, la France de Napoléon III a mis fin, en Haute-Savoie, à l’attraction exercée traditionnellement par la noblesse de robe de la capitale savoyarde.

Parallèlement, l’évêque d’Annecy avait perdu son titre prestigieux de prince de Genève: il ne régnait plus guère, sur le plan temporel. Les magistrats de Bonneville, cité qui dépendait de sa juridiction, étaient tournés vers Genève, où ils étaient reçus dans des loges maçonniques, y développant des idées libérales, proches de celles de Voltaire: la Révolution avait ôté au clergé local son vieux pouvoir.

La grande zone franche, imitée de celle du Pays de Gex, laquelle avait été instaurée par Voltaire, allait renforcer l’état d’esprit radical en Haute-Savoie. Les maçons de Samoëns, dont j’ai parlé, ont travaillé avec Voltaire: ils l’ont connu. Or, il est notoire d’un fort courant radical et libéral, lié aussi à la franc-maçonnerie, se développa à Samoëns sous leur influence.

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de réunir à nouveau les deux départements savoyards, les élus du nord font valoir que leur économie est liée à celle de Genève, tandis que le sud est lié à Grenoble. On ne fait plus référence aux magistrats de Chambéry, et au duché de Savoie: c’était une autre époque.

Était-il dans l’intention de Paris que l’influence économique de Genève prenne le pas, en Haute-Savoie, sur l’autorité de Chambéry? Naturellement non: il s’agissait seulement de limiter l’influence de Chambéry. Le problème de l’influence de Genève s’est posé ensuite, et il a conduit Paris à supprimer la grande zone franche. Il n’est jamais facile, apparemment, d’administrer un territoire dont les limites s’enfoncent vers l’étranger!

14:04 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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