11/04/2009

Genève, rive gauche

200px-Francis1-1.jpgLe traité de Cateau-Cambrésis, en 1559, rendait les États de Savoie au duc de Savoie, après qu’ils avaient été occupés durant plus de vingt ans par la France de François Ier, lequel, fils de Louise de Savoie, avait attaqué le Duché à la faveur de l’assaut donné au nord du Léman par les Bernois, et sous prétexte que, par sa mère, il eût dû recevoir la Bresse et le Faucigny en héritage: ces deux seigneuries, en effet, pouvaient se transmettre par les femmes.

Ce traité, néanmoins, laissait à la Suisse ses conquêtes: les Valaisans gardaient la partie du Chablais qu’ils avaient annexée, les Fribourgeois faisaient de même pour le comté de Gruyère et les quelques autres cités issues du Pays de Vaud, les Bernois gardaient le reste du Pays de Vaud et le Chablais situé sur la rive droite du Rhône et du lac - Vevey et Chillon, pour l’essentiel.

Le duc de Savoie étant regardé comme le successeur du roi des Allobroges, on lui laisse donc la rive gauche du Rhône et du lac, qu’on regarde comme liée au monde latin, et la rive droite est laissée à ceux qu’on appelait les Allemands. Le problème demeurait, pour Genève.

Le flou du traité, en effet, permit aux seigneurs du duché de Genevois de prétendre pouvoir récupérer la cité de Calvin. Sous Emmanuel-Philibert, le duc qui avait récupéré ses États, le nord de la Savoie est dans une situation pour lui difficile: le protestantisme répandu dans le Chablais met à mal son autorité, liée à l’Église romaine et à l’Espagne. Son successeur Charles-Emmanuel Ier décide de mettre fin à cette sorte de désordre, et charge l’évêque dit de Genève de regagner à la foi catholique Thonon et la rive gauche du Léman. On connaît le succès que connaîtra François de Sales lors de cette mission.

Cependant, la question de Genève est également militaire, puisque François de Sales ne peut pas y entrer, non plus qu’aucun prélat du diocèse dit de Genève. L’assaut est donc lancé en 1602, et il échoue, comme on sait. Le traité de Saint-Julien, en 1603, précisera clairement les choses, pour ce qui concerne la république de Genève. Certes, la ville était issue des Allobroges; pour autant, le duc de Savoie n’avait aucun pouvoir sur elle.

Peut-être est-ce de cette façon que les princes de Savoie ont pensé pouvoir devenir rois d’Italie, abandonnant peu à peu l’idée allobroge qui avait longtemps présidé à leur destinée.

09:48 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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