27/02/2009

La France en talonnettes

Nicolas_Sarkozy.jpgOn se moque volontiers de Nicolas Sarkozy parce qu’il est de petite taille et qu’il porte des talonnettes (dit-on), mais n’est-ce pas l’image de la France même ?

Nicolas Sarkozy, enhardi par son titre de Président de tous les Français, intervient sur beaucoup de choses, même sur des choses sur lesquelles il n’a pas de pouvoir réel : et évidemment, cela lui ôte une part de son autorité.

Mais Jacques Chirac, au sujet de la guerre en Irak - même si sur le fond il avait raison -, n’a-t-il pas fait une impression similaire ? Car contrairement à ce qu’il a cru ou fait croire, il n’a pas été en mesure d’empêcher l’attaque américaine. Or, avoir raison en théorie est de peu de poids, quand en pratique on n’empêche pas les catastrophes. Cassandre a toujours conservé quelque chose de pathétique.

La France inspire de la sympathie, mais pas toujours autant de respect qu’elle voudrait, et la raison en est que ses belles idées manquent de capacité d’exécution. Au demeurant, le monde est ainsi fait qu’il semble souvent plus facile de faire mal que de faire bien. Pour faire bien, il faut vraiment le vouloir : avoir une volonté sans faille. Pour faire mal, il suffit de laisser parler son instinct.

C’est sans doute pour cela que François de Sales conseillait une méditation du matin qui contenait d’abord la volonté de bien faire, des résolutions claires et détaillées, ensuite la reconnaissance que leur exécution était du ressort de Dieu seul, et donc, pour finir, une prière à celui-ci pour qu’il renforce la volonté. Comme il faut bien avouer que la plupart des bonnes résolutions restent en général lettre morte, ou alors n’existent qu’en paroles, je ne sais pas comment on pourrait reprocher à François de Sales les termes de cette méditation matinale, et comment on pourrait ne pas la pratiquer, si on s’estime chrétien, ou du moins catholique. Le miracle pourra peut-être alors se produire : les bonnes idées qui attirent à la France tant de sympathie pourront enfin trouver une matérialisation en ce monde, et la France retrouver un rang répondant à ses ambitions.

08:59 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Pour trancher avec le sérieux de votre propos, sans vouloir du tout en diminuer la portée, bien sûr, je ne peux m'empêcher d'essayer de traduire en paroles une suite de dessins de Sempé, tant j'y ai pris de plaisir à l'époque où je l'ai vu:
Un homme de très petite taille se rend chez le psychiatre pour lui conter les souffrances, moqueries, vexations et autres, que cette particularité lui infligent. Le psychiatre lui fait alors l'éloge de toutes les qualités dont on peut faire preuve tout en étant de petite taille, illustrant ses propos par quelques exemples bien choisis, dont celui de Napoléon Bonaparte.
Ragaillardi, les petit homme, s'apprête à quitter le cabinet du médecin, le pas sûr et la poitrine bombée, lorsqu'il fait tomber par accident un grand vase de Chine posé sur un guéridon.
Sans hésiter, le psychiatre le gifle.

Écrit par : Mère | 28/02/2009

Oui, les petits sont censés être moins vigoureux, et je suppose qu'en moyenne, ils le sont. Les grands passent pour lents, néanmoins. Pour les anciens, un grand prince devait aussi être un homme de haute taille. On n'y peut rien. Mais Tolkien a créé des hobbits qui étaient petits et qui n'en accomplissaient pas moins des miracles, au regard de ce qu'ils étaient au départ, qui même en accompllissaient plus que les êtres plus grands, ayant plus besoin de se livrer tout entier à leur tâche, de se sacrifier au destin. Se faire grand quand on est petit n'est pas forcément la solution : il ne faut pas se fier aux apparences. Même une ressemblance extérieure avec Napoléon ne signifie en fait rien.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/03/2009

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