02/02/2009

Joseph de Maistre à Lausanne

Madame de Staël.jpgJoseph de Maistre vécut quelque temps à Lausanne, à l’époque où il fuyait la Révolution. Jean-Marc Vivenza, dans son ouvrage paru sur Maistre aux éditions Pardès, évoque ce séjour en détail. Il raconte que le philosophe y fut invité par “son ami le baron d’Erlach de Spiez, un protestant intègre et pieux”, et qu’il s’installa “à l’auberge de la Couronne.” La ville étant alors remplie d’émigrés, “Maistre décide de diffuser ses réflexions contre-révolutionnaires qu’il intitule : Lettres d’un royaliste savoisien.”

Puis, Turin lui donne une fonction officielle : “Le 3 juillet 1793, le baron d’Erlach fait savoir à Maistre qu’il est officiellement nommé correspondant du bureau du ministère des affaires étrangères de Turin. Son rôle consistera à servir d’agent de renseignement en Suisse, et de son refuge lausannois il devra informer qui de droit de tout élément susceptible d’être utile aux intérêts de la Couronne”.

Il fréquente à cette époque le salon de Mme de Staël, qu’il aime bien, mais qui l’irrite par sa liaison avec Benjamin Constant. Néanmoins, il est surtout en contact étroit avec le clergé savoyard en exil, dirigé par l’abbé Thiollaz, qui est ultramontain : favorable à l’autorité du Pape sur l’ensemble des évêques catholiques. (C’est-à-dire défavorable à l’emprise des princes, en particulier le roi de France, sur l’Église.)

La défaite de l’armée sarde contre Bonaparte amènera aux côtés de Joseph de Maistre, à Lausanne, son vieil ami le marquis Henry Costa de Beauregard, avec lequel, un soir, il se rend en barque à portée du château de celui-ci, sur l’autre rive.

Joseph de Maistre rédige à cette époque ses Considérations sur la France, l’ouvrage qui le rendra célèbre. Mais en 1797, peu après la publication de ce chef-d’œuvre, on l’avertit que sa mission, à Lausanne, s’achève : il doit partir. Il vivra quelque temps à Aoste, avant de prendre de nouvelles fonctions à Cagliari, en Sardaigne.

 

 

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