07/11/2018

Le merveilleux moral de Pline le Jeune

Plinius_the_Elder.jpgJe ne sais pourquoi, j'étais obsédé par le souvenir de Pline le Jeune, dont j'avais lu un volume de lettres: il créait un monde idéal, doré - ou ramenait une qualité antique, une sorte de pureté morale qui exista en Italie au temps de l'empereur Trajan. Errant à Chambéry où je travaillais sur ma thèse de doctorat, j'entre chez une bouquiniste que je connaissais, quoique je ne susse pas qu'elle officiait à cet endroit. Je suis content de la retrouver, et de constater qu'elle a un volume de Pline le Jeune bilingue, et pas cher: celui rassemblant sa correspondance avec Trajan, et le panégyrique qu'il lui a consacré. Je le lis, et je suis étonné.

L'éditeur scientifique en effet affirme que ce panégyrique est d'un style ennuyeux, amphigourique, mais je suis frappé par ce qu'il représente à l'âme: une forme de merveilleux moral qui est le fondement du classicisme à la française - en mieux, parce qu'il est assumé par les dieux.

Je repense à Flaubert, qui prétendait qu'entre l'empereur Auguste et l'avènement du christianisme, l'Empire romain connut un moment sans Dieux. Il l'affirmait à cause de Tacite, un ami de Pline le Jeune. Mais celui-ci le contredit, car il invoque sans cesse les Très Hauts. Pour lui, ils protègent Rome et son règne, et ils ont agi, la Providence est intervenue pour porter au pouvoir l'excellent Trajan, empereur vertueux, humble, miraculeux de bonté! Le Prince était l'émanation directe de Jupiter Capitolin, l'esprit tutélaire de la ville, et il est faux que le paganisme se soit éteint avec Octave. Flaubert disait ce qui lui faisait plaisir: il faut l'avouer.

Le merveilleux moral, tel que Pline le pratique, est la présence des dieux à travers Trajan et son comportement saint: plusieurs passages le montrent accomplissant des actes fabuleux de modestie, notamment celui qui le vit faire son serment d'empereur debout devant un sénateur assis. Il confessait la Traianus_Glyptothek_Munich_72b.jpgdignité du Sénat, et qu'il était à son service - rappelait que l'Empereur était le ministre en chef de la République - le représentant auprès d'elle des dieux, et non son dirigeant despotique.

Souvent, Pline proclame son admiration pour des dispositions administratives dont le sens m'a échappé, et qui montraient que Trajan, sans raison apparente (sans contrainte extérieure) faisait le bien, alors qu'il aurait pu penser d'abord à lui - comme son prédécesseur Domitien, que le panégyriste peint sous les traits les plus noirs, et donc délaissé de la divinité. Car pour Pline, les choses sont simples: le bien vient des dieux présents sur Terre, et le mal de leur absence, et de l'humain se dirigeant seul. Il a dans son âme l'essence du christianisme intellectuel pratiqué depuis la Renaissance en Europe.

On apprend des aspects effrayants de l'ancienne Rome: quand son chef décidait qu'un gladiateur l'emportait en valeur sur les autres, on était coupable de lèse-majesté, et condamné à mort, si on émettait un avis contraire. Pline loue Trajan d'avoir mis fin à cette pratique, de l'avoir abrogée, et en même temps d'avoir promu les jeux du cirque, qui donnent selon lui l'exemple de la vaillance. On était libre, sous Trajan, de n'être pas du même sentiment que Trajan! Sous Domitien, on était exécuté cruellement, lacéré et mis en pièces, pour les mêmes motifs.

Cela explique que les chrétiens aient été mis à mort souvent y compris sous le bon Prince. Pline aborde la question dans une lettre, alors qu'il gouvernait la Bythinie, en Grèce. Il doute que les chrétiens soient réellement coupables, même si la loi les condamne, puisqu'ils se contentent de pratiquer des vertus. Comme ils refusent de vouer un culte au génie de l'empereur (c'est à dire, donc, à Jupiter Capitolin), il ne les condamne pas moins: il cherche juste à vérifier leur hérésie - qu'il ne s'explique guère.

Il faut remarquer ceci: au Moyen-Âge, Trajan tel que le dépeint Pline faisait l'objet de controverses. On se demandait si tous les païens étaient voués à l'Enfer, ou si leurs vertus pouvaient leur permettre de gagner le Ciel. T. A. Shippey, dans son livre sur J. R. R. Tolkien, rappelle ce débat pour affirmer que l'auteur de The Lord of the Rings, naturellement, était de ceux qui plaçaient les païens vertueux auprès du dieu chrétien. Dante Les Limbes de Delacroix.jpgest plus ambigu, les sages antiques habitant chez lui les Limbes, à l'entrée de l'Enfer. Mais des commentateurs ont fait remarquer qu'il les hissait parfois au Paradis, d'une manière inattendue. Je n'ai pas de souvenir de païens concernés, plutôt, évidemment, de personnages bibliques. François de Sales, docteur de l'Église, est à ce sujet explicite: il admet que certains païens, spontanément vertueux, quoique ignorants du vrai Dieu, ont été aimés de celui-ci, et portés à ses côtés. Cela allait dans le sens qui était le sien, selon quoi la science, notamment théologique, n'était pas indispensable pour gravir les orbes célestes. Toutefois, il limitait la chose à des cas exceptionnels. Dans cet esprit, il disait du bien de Platon - quoique pas de Sénèque.

Le classicisme français a pratiqué ce merveilleux moral de Pline le Jeune: c'est de quoi est faite la beauté d'un Pierre Corneille, par exemple. Il était facile, à cet élève des Jésuites, d'assimiler les vertus païennes aux vertus chrétiennes - la présence, dans le comportement humain, des dieux justes évoqués par Pline, à celle du dieu de la Bible. Chez Racine, c'est plus problématique, ses personnages semblant plutôt habités par le Mal. Il annonce ce que Flaubert affirmait, et le dramaturge avait aussi Tacite pour premier maître. Lorsqu'un homme est suscité par la divinité, comme, dans Athalie, c'est le cas de Joas, l'enfant héritier du trône d'Israël, il s'agit justement d'une pièce inspirée par la Bible. On ne voit pas que le poète eût osé imiter Pline dans son éloge d'un païen. Il avait ce côté radical, triste et vide. Je ne sais pas si j'oserai dire que je préfère Pline. Pour moi les écrivains antiques restent incomparables.

28/10/2018

Les disciples de Captain Savoy et les loups de Tracer

d57e097256167c552eb0852521a5aebe.jpgDans le dernier épisode de cette geste violente, nous avons laissé le Léopard des Neiges, Quatrième Disciple de Captain Savoy, alors qu'il affrontait les loups géants dits de Tracer, dans la cale aux couloirs étroits d'un navire volant de l'ennemi Malitroc!

Dans leurs yeux cruels une malignité incroyable se faisait voir, et le Léopard des Neiges distinguait, aux mouvements de leurs membres, qu'ils étaient doués d'intelligence. Et il entendit des mots, dans leurs hideux aboiements: ils se parlaient entre eux, s'insultaient, s'injuriaient, ne pouvant guère faire autre chose, animés qu'ils étaient par la haine et la rage, mais il s'agissait assurément de loups-hommes, et l'on disait que du sang humain coulait dans leurs veines. On ne savait pas, sans doute, de quel homme ou de quelle femme ils étaient nés, ni qui aurait pu, volontairement ou contraint, s'unir à des loups-démons; un mystère planait sur leur origine. Mais leur péril était clair, et le Léopard des Neiges n'avait pas le temps de réfléchir à la question: de sa queue il les frappait, de ses poings aussi, de ses pieds, et de son sabre il parait leurs coups de dents, qui, magiques, n'étaient pas entamées par le contact avec sa lame de feu, bien qu'il en jaillît des étincelles, et que les monstres en poussassent des cris.

Toutefois le disciple de Captain Savoy reculait, et il eût été en fâcheuse posture, puisque, derrière lui, accouraient aussi des nuées de gobelins bien armés, si, soudain, le Noton bleu, passant comme un trait de lumière, ne l'avait pas soulagé de ces ennemis de l'arrière, les décimant de son bâton magique. Il était revenu sur ses pas, et, ayant vu le trou dans la coque du navire volant, avait deviné que le Léopard des Neiges s'y trouvait. Comme il n'avait pas constaté que le vaisseau eût arrêté sa course, il en avait conclu que son condisciple n'en avait pas vaincu l'entier équipage, et que, malgré les tremblements et les bruits sourds qu'il entendait, le combat se poursuivait, peut-être dangereux pour le jeune héros.

Son arrivée ôta de celui-ci un poids dangereux, et il sentit qu'un feu nouveau animait ses membres, comme si un ange avait accompagné le Noton bleu, qui se fût placé en eux; et, usant d'une vitesse jamais encore vue sur Terre, il contourna le pourtant rapide premier loup qui l'attaquait, dont le nom était Portronoc, et enfonça, ice_mage_concept_by_jasontn-d94xzau.jpgsans que le monstre eût eu le temps de réagir, dans son flanc son glaive étincelant jusqu'à la garde. La créature hurla, et s'écroula, battant des pattes et brisant dans son dépit une paroi du navire. Puis, après un dernier spasme, il ne bougea plus.

Ses deux frères, stupéfaits (ils se croyaient jusque-là invincibles), mirent un moment à réagir. La colère n'en monta pas moins jusqu'à leur cœur, et, débarrassés du corps encombrant de leur frère, ils attaquèrent à deux, frontalement, le Léopard des Neiges, dont la taille, pourtant grande pour celle d'un homme normal, n'était pas comparable à celle de ces hommes-loups, de telle sorte qu'il se retrouva devant eux comme une feuille d'or sur une paroi d'onyx, un reflet de lune au fond d'un puits profond, une étoile entourée de nuées sombres. Car il brillait, si eux étaient obscurs!

En vérité, le combat fut si rapide que l'œil humain n'eût pu le suivre. Les crocs et la lame mauve flamboyaient dans la pénombre du bateau, pendant que le Noton bleu traversait les rangs des gnomes hideux comme s'il nageait dans le flot d'un torrent contraire, quoique sans s'arrêter, et en vainquant à chaque coup ses ennemis. Derrière lui un chemin jonché de cadavres tordus ruisselait de sang noir; devant, les hordes beuglantes de Nains infernaux continuaient à faire des vagues, comme montant les uns sur les autres pour mieux l'abattre. Mais dans ce flot il faisait des trouées, et il était tel, lui, qu'une flamme écartant les ténèbres, qui prétendaient l'empêcher de briller.

Soudain, un autre hurlement de loup se fit entendre: le Léopard des Neiges était parvenu à couper une patte au benjamin de la fratrie, qu'on nommait Balishac. Une gerbe de sang épais jaillit, et recouvrit l'armure dorée du Léopard. Curieusement, cela le protégea, car le troisième loup (qu'on nommait Itlacac) profita de l'instant de soulagement du disciple de Captain Savoy pour lui donner un coup de griffe qui eût été fatal, s'il n'avait pas glissé sur le sang gluant. Toutefois, les mailles scintillantes sautèrent, et une blessure apparut dans la poitrine et au flanc du Léopard, dont le sang coula.

Se mêlant au flot noir de l'ennemi, il scintilla comme un fil rouge, mais le Léopard des Neiges n'en fut pas chagriné. Profitant de la joie vaniteuse d'Itlacac à cette vue, il bondit, enroula sa queue autour de sa tête, le fenrir.jpgtira en arrière, rebondit contre la paroi d'acier qu'il avait atteinte, et, se jetant sur le cou du monstre, l'égorgea de son épée flamboyante. De nouveau un épais sang noir se répandit. Le loup-démon s'écroula.

Il ne restait que Balishac, qui avait perdu la patte avant gauche. Du sang gouttait du moignon, fumant et acide. Le monstre serra les dents, ses yeux devinrent de braise. Il s'élança vers l'Homme-Léopard, pensant le blesser de sa patte gauche, car elle avait de longues griffes acérées, pareilles à des lames de poignard. Mais la douleur le ralentissait. Le valeureux Disciple l'évita en se baissant, et, après s'être tapi, il bondit, mains en avant, vers la poitrine du loup. L'épée, cependant, glissa sur sa cuirasse, et il en fut quitte pour le saisir de ses bras, aux flancs, tâchant de l'étouffer.

Mais le monstre était trop fort, même avec une patte en moins. Il s'aplatit judicieusement au sol, pensant écraser le Léopard des Neiges, et il l'eût fait, si celui-ci, toujours vif et prompt, n'avait roulé sur le côté, et ne s'était placé sur le dos du loup. Il leva l'épée, qu'il tenait la lame tendue vers le bas, et l'abattit sur le flanc droit de la bête, qui en fut transpercée, et mourut sur le champ.

Mais il est temps, lecteurs, de laisser là cet épisode, pour laisser au suivant le soin de la suite de l'aventure de la Femme-Faucon, aux prises avec Oclitit le Démon.

20/10/2018

J. R. R. Tolkien et l'Irlande verte

37550575_10156263680457420_6283842951424507904_n.jpgAlors que j'étais en Irlande, regardant les coteaux couverts de tapis verts dans lesquels paissaient des moutons blancs, je me suis souvenu de J. R. R. Tolkien, commentant dans ses lettres l'idée de la bannière des Rohirrim, dans Le Seigneur des anneaux - de sinople au cheval d'argent, soit: un cheval blanc sur un fond vert. Tolkien disait que cela correspondait chez lui à un sentiment profond, quelque chose qui tenait du rêve, plongeant dans les réminiscences les plus diffuses. Or, rien ne ressemble davantage à cela que les visions qu'on peut avoir de l'Irlande, notamment dans le Connemara: tout est vert, immense et désert, les plaines entre les montagnes s'étendent à l'infini, et seuls des moutons parfaitement blancs constellent ce ciel d'émeraude cristallisé.

Et Tolkien allait généralement en vacances en Irlande, son pays préféré. Il en adorait les paysages - mais il est également possible qu'il en ait apprécié le catholicisme, aimant aller régulièrement à la messe, et que l'habit traditionnel de saint Patrice sur les images, vert et blanc, lui ait plu. L'occultisme dirait que l'astral est représenté dans son symbole par le cheval, l'éthérique par le fond vert, et qu'il s'agit d'une Saint_Patrick.jpgmanifestation forte du divin. Vénus est verte, dans l'hermétisme; et le blanc, c'est la pureté - la virginité lunaire, ou stellaire. C'est de cette façon que saint Patrice incarne le christianisme irlandais: il est l'étoile blanche éclose dans un ciel vert...

Le lien entre Tolkien et l'Irlande est méconnu, car il n'a pas dit beaucoup de bien des anciens Celtes, dont il voulait se démarquer, les trouvant trop étranges, trop confus - en particulier les anciens Irlandais: s'il a confessé s'être nourri de mythologie bretonne et avoir étudié le gallois, il a aussi dit n'être parvenu à aucun résultat en gaélique. Il n'a jamais fait non plus aucune allusion aux héros de l'Irlande ancienne.

Selon T. A. Shippey, il n'en était pas moins jaloux de sa mythologie, rêvant qu'une comparable existât pour l'Angleterre. Et je pense qu'il n'aimait pas beaucoup Yeats et ses amis, qu'il trouvait trop politisés et néopaïens. D'ailleurs ils étaient généralement protestants.

Le lien entre la résurrection celtique suscitée par ces poètes, chantres de l'ancienne Irlande, et la mythologie de Tolkien est quand même patent, et c'est justement parce que l'assimilation était possible qu'il s'inquiétait qu'on pût la faire. Il eut la même attitude vis à vis de Richard Wagner, exagérant ses défauts parce qu'il investissait de conceptions propres, modernes, la mythologie germanique. Le problème était sans doute plus idéologique que poétique. Il n'a confessé d'affection que pour Lord Dunsany: celui-ci créait des mythologies nouvelles, comme lui-même le faisait, et ne tentait pas outre mesure de réhabiliter le paganisme - le mêlant facilement de satire.

J'ai été choqué quand Peter Jackson, le réalisateur des films du Seigneur des anneaux, a choisi de tourner les scènes se passant dans les vertes plaines de Rohan en Islande - en une saison, de surcroît, où le vert y est invisible. C'était méconnaître fondamentalement le ressort poétique de l'œuvre de Tolkien - et le ramener à Rohan Banner.jpgde l'idéologie ou à du nationalisme, puisqu'il est vrai que Tolkien préférait la mythologie islandaise à l'irlandaise; oui, mais il n'est jamais allé en Islande, et tout chez lui n'est pas références abstraites: il était un poète, et s'appuyait d'abord sur sa propre expérience, notamment des paysages!

Il a même trahi sa pensée en estimant que le panthéon des Celtes, à l'origine, devait être le même que celui des Germains. Il fallait placer Gandalf en Irlande, car si Gandalf est un reflet positif et sanctifié, christianisé d'Odin, lorsqu'il chevauche avec son cheval blanc dans les plaines de Rohan, Tolkien l'imaginait certainement dans un paysage irlandais. Ce mage est l'éclair blanc et pur venu des dieux, et qui remet de la sainteté dans l'amour terrestre. Il est un avatar de saint Patrice, lui aussi surgi d'au-delà de la mer – quoique ce soit de l'est, non de l'ouest. Chez Tolkien, les idées se mêlaient, car, catholique, il aimait en même temps le paganisme germanique et les pays anciennement celtiques, et il pensait, au fond, que, à maints égards, la sagesse antique des pays du nord préparait le terrain au vrai christianisme. Si l'on se souvient que pour les Celtes convertis, l'articulation entre le paganisme et le christianisme était plus fluide qu'on ne pense; que les fées elles-mêmes avaient désapprouvé les druides au profit de saint Patrice en Irlande; que Merlin était réputé fils d'un elfe et en même temps voué au Christ par le Gallois Geoffroy de Monmouth, on saisit ce que Tolkien doit aux Celtes médiévaux: car ses elfes sont aussi voués au Christ, on ne peut le contester. C'est d'opposer le paganisme et le christianisme, qui lui semblait aberrant.

Mais comme le disait Lord Dunsany, la terre irlandaise est physiquement si grandiose, qu'on ne peut pas ne pas imaginer des elfes, des mages, des dieux, en son sein! Et quand on songe à saint Patrice allumant des feux sur Tara, on peut le concevoir ressuscitant les dieux dans leur ancienne pureté. C'est lui qui désormais incarnait le sacré vivant.

Je ne sais pas si le catholicisme irlandais moderne, si méprisé par Yeats, est encore tel. Il est probable que sa grandeur soit à son tour amoindrie, et que Yeats l'ait saisi: il a sa légitimité. En Irlande, on voit souvent, dans les montagnes, des ensembles de statues blanches, inspirées par la Renaissance italienne, représentant des descentes de croix. J'ai été surpris qu'on ne trouve guère ces jolis oratoires contenant des statuettes féeriques de Marie - si fréquents en Savoie.

Le blanc sur le vert n'en est pas moins persistant! Et saint Patrice continue de déverser sa grâce: il brandit toujours son trèfle d'émeraude, symbole de la Trinité, et met toujours en fuite le serpent, symbole des passions mauvaises. Dans les églises, le roi à la lyre, avatar local de David, symbole du roi païen qui chante le Christ avant son arrivée, est partout présent aussi. Quoi de plus tolkinien?